VOIR LA VERSION PLEINE: Lien
Titre: Marcelle Ferron, peintre verrière (1924-2001)
Mots-clés: Marcelle-Ferron peintre vitrail verrière Refus-Global
Entrée du Blogue: À l’âge de trois ans, la jeune Marcelle Ferron est atteinte de ‘tuberculose osseuse’. Ce sont surtout ses séjours fréquents à l’hôpital qui marqueront  son désir de vivre et de créer.  A une époque où les femmes étaient très peu nombreuses à percer dans le domaine des arts visuels au Québec, Marcelle Ferron a dû faire sa place et travailler très fort pour s'imposer dans ce milieu d'hommes.  Signataire du Refus global et première femme à recevoir le prix Paul-Émile-Borduas, Madame Ferron est aujourd'hui une inspiration pour les jeunes femmes artistes qui débutent dans le métier.     M arcelle Ferron, femme et artiste   Marcelle Ferron https://www.collectionscanada.gc.ca/obj/030001/f1/nlc004293-v5.jpg   Fille d’Alphonse Ferron  et d’Adrienne Caron, Marcelle naît le 29 janvier 1924 à Louiseville.  C’est à la cathédrale l’Assomption de la paroisse Immaculée-Conception (Trois-Rivières) que Monsieur l’abbé  H. Deschênes, curé suppléant, baptise Marie Valéda Marcelle Ferron   le 30 janvier suivant.  L’enfant a pour parrain et marraine, son oncle,  Émile Ferron, avocat et  Valéda Robichaud, celle qui deviendra  l’épouse de ce dernier le 5 août de la même année.   Dans sa prime jeunesse, la ‘tuberculose osseuse’ de Marcelle l’oblige à faire plusieurs séjours à l’hôpital. Durant des journées entières, elle observe le spectacle du ‘passage de la lumière et ses réfractions colorées à travers la vitre biseautée de sa fenêtre, de là, sa fascination pour la lumière et la couleur.    Adrienne Caron, mère de la jeune Marcelle âgée de 7 ans, meurt de la tuberculose le 5 mars 1931 et est inhumée le 9 mars suivant dans le cimetière de la paroisse St-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup à Louiseville.  Suite à la disparition de sa femme, le notaire Alphonse Ferron emménage à la campagne avec sa petite famille où il donne à ses enfants une éducation très libérale.  Garçons et filles sont élevés sur un pied d'égalité et tous deviendront ‘ des personnes très indépendantes et engagées dans la transformation de la société québécoise des années 1940. ’  (sic)   Outre Marcelle, il y a Jean-Jacques, médecin humaniste et Madeleine écrivainequi sont aussi reconnus dans le monde entier, Thérèse est journaliste et Paul , médecin de famille.  « La couleur était quelque chose de vital pour mon père. Orphelines de notre mère, nous avions toutes, les trois sœurs, été habillées en rouge pour lutter contre la mort et le deuil ». (Marcelle Ferron) Marcelle Ferron fait ses études secondaires chez les Sœurs Sainte-Anne à Lachine, puis au collège Marguerite-Bourgeois.   Ce n’est que cinq ans après la mort de sa mère que la jeune fille décide de devenir peintre et de vivre de son art : « Je serai peintre, je ferai ce que ma mère n’a pas pu faire.. .»  En 1941, Marcelle s’inscrit à l’École des beaux-arts de Québec et étudie sous la direction de Jean-Paul Lemieux et Simone Hudon .  Suite à un désaccord avec son professeur, elle abandonne ses cours pour revenir à Montréal. Elle rencontre Paul-Émile Borduas à l’école du Meuble. « Avant ma rencontre avec Borduas , dit-elle, je peignais des tableaux représentant un homme et une femme, c’était assez sinistre, toujours dans des cimetières ».  Sur la suggestion de Borduas, elle  supprime les personnages de ses cimetières, qu’elle peint à la spatule. Dès lors, elle se crée un style bien personnel. Elle intègre ensuite le groupe Automatiste (1946) mais n’expose avec ce groupe que beaucoup plus tard, à partir de ‘ l’étape des vivants’ .    Le 15 juillet 1944, à St-Antoine-de-Padoue, Louiseville (Maskinongé),  Marcelle Ferron épouse Louis-René Hamelin, fils de Romuald Hamelin et Juliette Lalonde. Trois filles naissent de cette union : Danielle, Diane et Babalou.  En 1948, la jeune femme de 24 ans est l’une des signataires du Refus global. La librairie Tranquille, propriété d’Henri Tranquille ouverte en 1937, se fait connaître grâce à la publication et la mise en vente des 400 exemplaires de ce manifeste.  C’est dans cette librairie que Marcelle, en 1949, y tient sa première exposition.    P aris, France   Alors que le groupe Automatiste connaît ses dernières heures (1945-1954),  Marcelle quitte son mari et amène ses filles en France pour étudier la gravure et la lithographie.  Elle loue une maison à Clamart, en banlieue de Paris.  Marcelle fréquente les cafés de Paris où elle rencontre plusieurs autres peintres dont Léon Bellefleur et Jean-Paul Riopelle.    Sa peinture pleine de lumière est remarquée par Herta Wescher qui prend la jeune femme sous aile.   Ferron expose à Bruxelles, Munich et Paris.  Dans cette dernière ville, Marcelle Ferron participe ‘au Salon des Réalités nouvelles (1957-1960), Comparaisons  (1957-1965), aux expositions ‘ phases de l’Art Contemporain ’.  Vers 1957-1958, le Conseil des Arts du Canada octroie  une bourse importante à la jeune peintre.  De 1958 à 1960, l’artiste travaille la gravure et illustre le recueil ‘Voyage au Pays de Mémoire’ de Gilles Hénault.  En 1961, elle représente le Québec et remporte la médaille d’argent à la biennale de Sao-Paulo, au Brésil, unique prix gagné par une Québécoise.   Ce sont apparemment les convictions politiques de Marcelle Ferron qui seront la cause de son retour au Québec, en 1966.  « Je suis rentrée de France parce que j’ai été accusée d’espionnage. À ce moment-là, ça voulait dire que la carrière internationale qui s’ouvrait à moi était finie.... alors je me suis mise à l’art public. Tout ça, ça a beaucoup réorienté ma vie . » (Marcelle Ferron)  De retour au Québec, Ferron  enseigne l'architecture et l'art à l'université Laval.  Elle donne aussi des conférences en Europe et en Amérique sans toutefois délaisser la peinture.     L e verre et les couleurs   Alors qu’elle réside toujours en France, Marcelle Ferronétudie le travail du ‘verre’ avec Michel Blumm, ce qui marquera un tournant dans sa vie d’artiste.  À partir de 1964, elle s’y consacre exclusivement.  Déterminée ‘à explorer à fond la lumière et les couleurs’, elle  s'associe à la firme Superseal de St-Hyacinthe.  Avec une équipe d’ouvriers, l’artiste met au point une méthode permettant de réunir des parois de verre par joints invisibles, pour en faire ‘un mur de lumière’.   Avec l’architecte Roger d’Astous, Ferron réalise une immense verrière pour le pavillon CIT de l’Expo 67, mais c’est pourtant celle de la station de métro Champ-de-Mars qui la fait ‘connaître et apprécier’ des Québécois. Commandité par la ville de Montréal en 1966, sous le maire Jean Drapeau, cette première œuvre non figurative ’est mis en place avec le concours du maître verrier Aurèle Johnson’ à la station de métro Champ-de-Mars, à Montréal en 1968. De larges bandes rouges, bleues et vertes semblent danser sur trois baies vitrées de la mezzanine sur une longueur de 60 mètres par 8-9 mètres de hauteur.  Ce chef-d’œuvre de Ferron est restauré par Johnson en 1999.   «  Je veux que mon art entoure le monde ordinaire de bonheur et de couleur .  » (Marcelle Ferron)   L’ambition de la jeune femme est comblée lorsqu’elle voit une entrevue à Radio-Canada.  Lorsque le présentateur demande à une vieille femme pourquoi elle descend toujours à la station de  métro Champ-de-Mars, la dame lui répond : « Qu’il fasse beau, qu’il fasse mauvais, ces grandes formes qui dansent me font chaud au coeur .» ( https://voir.ca/societe/2001/11/29/marcelle-ferron-1924-2001- )    Plusieurs édifices publics se sont aussi enrichis des œuvres de Ferron : le Palais de justice de Granby, l’hôpital Sainte-Justine à Montréal et l'hôpital de Trois-Rivières pour ne nommer que ceux-là.  Toujours active en 1985, elle conçoit et crée une verrière à Tokyo, pour le célèbre architecte Kikutake.   Marcelle Ferron participe à la grande exposition « Borduas et les Automatistes » aux Galeries Nationales du Grand Palais, à Paris, à l’automne 1971.  En 1996, elle publie son autobiographie ‘L'esquisse d'une mémoire’ aux Éditions Les intouchables. Âgée de 77 ans, Mme Ferron meurt à Montréal le 19 novembre 2001.  Les funérailles de la peintre québécoise sont célébrées le samedi suivant en l’église Saint-Viateur d'Outremont.      Banc et Monument funéraire de Mme Ferron au Cimetière Mont-Royal Photos de Lise Jolin, sept. 2015   H ommages   Au cours de sa vie, Mme Ferron est honorée de différentes façons. Elle est reçue membre de l’Académie royale du Canada (1972), reçoit le Prix Louis-Philippe-Hébert du Québec (1976 ou 77). Elle est faite Chevalier le de l’Ordre national du Québec (1985) puis, reçu au rang de Grand Officier (2000).  En 1983, Marcelle Ferron reçoit le prix Paul-Émile-Borduas, la plus haute distinction en arts visuels décernée par le gouvernement québécois.  L’artiste peintre-verrier devient ainsi la première femme à recevoir ce prix ‘ pour son engagement continu à promouvoir l'expression artistique, de même que pour son activité dynamique et inspirante de caractère nettement international’ .  En 1989 la cinéaste Monique Crouillère réalise un documentaire sur  la vie Marcelle Ferron, ses rêves, son parcours, ses expériences, etc. ( http://www.onf.ca/film/ferron_marcelle ).   Une rue et une place porte son nom dans Outremont puis en 2005, une rue prend aussi son nom dans le quartier Tétreaultville, arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.    E xpositions   En 1970, puis en 2000, le Musée d’art contemporain de Montréal présente une rétrospective majeure des œuvres de Marcelle Ferron.  La galerie Simon Blais organise l’exposition « hommage à la disparue » en 2003, puis, cinq ans plus tard, « Marcelle Ferron: rétrospective 1947-1999 ».  Cette dernière exposition présente une soixantaine d’œuvres, des grandes toiles et de petites œuvres sur papier dont plusieurs sont inédites. Cette rétrospective souligne trois faits marquants de la carrière de Ferron : le 60ième du Refus global, le 40e de la verrière du métro Champ-de-Mars et le 25e du prix Borduas.   La galerie Michel Guimont organise une exposition (2001) qui couvre la production de Marcelle Ferron, de 1950 à 1990.  On y voit des huiles sur toile et sur bois, des oeuvres sur papier, rarement montrées au public.  « Mes papiers sont ma musique de chambre », disait   Marcelle Ferron.  Selon sa fille, Diane Hamelin, «Ce sont les morceaux manquants de la production de ma mère, des pièces révélatrices, puisqu'elle a passé une douzaine d'années à ne peindre que sur papier».   Membre du Groupe canadien de peintres et sculpteurs, Marcelle Ferron ‘ a contribué aux recherches en arts appliqués dans le domaine de l'architecture au Québec par son travail de verrière  (...) Sa vie de peintre, ses prises de position politiques et sociales tout au cours de sa vie en font une artiste incontournable dans notre paysage culturel’. Sic   Lise Jolin     Sources   http://artistespourlapaix.org/?p=887 http://fr.mayberryfineart.com/artist/marcelle_ferron http://genealogieplanete.com/blog/view/id_4266/name_lisejolin/title_Madeleine-Ferron-crivaine-1922-2010/ http://interactive.ancestry.ca/1091/d13p_25500391/8553111?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn%3dmarie%2bvaleda%2bmarcelle%26gsfn_x%3d0%26gsln%3dferron%26gsln_x%3d0%26msbdy%3d1924%26msbdy_x%3d1%26MSAV%3d1%26uidh%3dp01%26ssrc%3dpt_t32456929_p18262543560&ssrc=pt_t32456929_p18262543560&backlabel=ReturnSearchResults http://interactive.ancestry.ca/1091/d13p_25500391/8553111?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn%3dmarcelle%26gsfn_x%3d0%26gsln%3dferron%26gsln_x%3d0%26msbdy%3d1924%26msgdp%3d2%26MSAV%3d1%26uidh%3dp01&ssrc=&backlabel=ReturnSearchResults (baptême) http://microculture.ca/2013/08/20/banc-public-tricote-les-amis-de-la-place-marcelle-ferron-journees-de-la-culture/ http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/marcelle-ferron/ http://www.francoidentitaire.ca/quebec/texte/T3029.htm   http://www.galerievalentin.com/art-du-canada/marcelle-fer ron/biographie.php      http://www.guildegraphique.com/#!marcelle-ferron/c1f2m http://www.heffel.ca/links/Sales_F.aspx?ID=5E5D5756 http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/expositions/201109/26/01-4451626-marcelle-ferron-chez-guimont-papiers-intimes.php http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/191093/la-sensualite-chez-marcelle-ferron http://www.macm.org/activites/marcelle-ferron/ https://fr.pinterest.com/orimi20/marcelle-ferron/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Tranquille https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcelle_Ferron https://plateauartsetculture.wordpress.com/2013/12/02/marcelle-ferron-%E2%80%A2-epilogue/ https://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1160-f.html https://www.lharmattan.com/v2/oeuvres_v2.asp?langue=f&galerie=1&option=2&artisteID=75&offset=6&pnouveaute=0 https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=221