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Le chalet des Jolin
Ajouté le 10/26/2007 21:24:01 par lisejolin

En 1960 papa avait acheté un terrain situé au « Lac Flamingo », à St-Adolphe d’Howard. Son rêve était d’y ouvrir un magasin général mais il fallait commencer par un petit chalet afin d’être sur place. 

 

Il y avait une source qui coulait à une centaine de pieds et on y allait s’approvisionner pour une partie de la journée. L’eau était toujours claire et fraîche et sans arrière goût, sans aucune comparaison avec l’eau du robinet.

 

La construction du chalet temporaire

 

Après l’achat du terrain, à temps perdu, papa a commencé la construction du chalet dans la cave. On ne savait pas ce que ça pourrait donner mais on avait confiance. C’était son métier et ce n’était pas la première fois qu’il se construisait.

 

Peu à peu, on a vu des panneaux tous égaux de douze pieds par douze pieds se construire : quatre pour les murs dont deux avec fenêtre et un autre avec une porte, un pour le plancher et un autre pour le plafond. Un camion a été loué ensuite et le tout fut transporté dans le « Nord ». Le montage s’est fait en une demie journée car il ne restait plus qu’à réunir ces panneaux.

 

Nous n’avions pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de téléphone. Quel bonheur! Lorsqu’il avait vraiment besoin d’électricité, papa payait au voisin un certain montant afin de pouvoir se servir de son branchement. Mon frère Roger s’est donné aussi corps et âme pour aider papa dans sa construction. Jeune marié, c’est certain qu’il aurait trouvé autre chose à faire au lieu de monter à toutes les fins de semaine à Flamingo.

 

L’intérieur du chalet était très compact comme à l’ancienne : un seul appartement.

En entrant, on accédait au deuxième étage du lit double par une échelle. Sur le deuxième mur, à côté de la tête de lit se trouvait « la » chaise berçante qui côtoyait le poêle à bois. Ce dernier en a vu des rôtis, des pots de « beans » et des bouillis. Venait ensuite une chaise droite sous la petite fenêtre et une série d’armoire à trois portes avec évier et comptoir où on y déposait notre chaudière d’eau potable. Enfin devant la grande fenêtre du dernier mur, trônaient la table et six chaises droites. Une lampe à l’huile complétait le tout mais on possédait une lampe au « naphta » avec pochette qui éclairait beaucoup plus lorsqu’on faisait des mots croisés ou qu’on faisait notre jeu de patience.

 

On a couché jusqu’à huit personnes dans ce chalet temporaire : six adultes dans le lit double, un enfant sur les chaises collées au grand lit et un sac de couchage par terre. Le lendemain matin si celui dans le sac de couchage ne se levait pas, il était transporté au bout du terrain en bordure de la rue et tout le monde riait.

 

À l’extérieur du petit chalet, sur la petite galerie juste à côté de la porte, il y avait un vieux réfrigérateur non branché. Il servait de garde-manger et mettait nos réserves à l’abri des animaux qui se promenait aux alentours. On pouvait souvent y apercevoir des tamias rayés, des écureuils  qui venaient récolter les noisettes qui traînaient ça et là, des ratons-laveur, et au petit-matin une magnifique famille de moufettes qui se suivaient à queue leu leu.

 

Au coin du chalet, un gros baril récoltait l’eau de pluie. Maman s’en servait pour laver le linge qu’on étendait ensuite sur une corde tendue entre deux arbres. On se servait aussi de l’eau de pluie pour se laver les cheveux qui devenaient plus souples et plus brillants que lorsqu’on les lavait en ville avec l’eau du robinet.

 

À une centaine de pieds et plus, il y avait la bécosse. Merveilleuse petite cabane ou on pouvait se soulager à l’abri des regards indiscrets mais qui semblait si loin à la nuit tombée. On prenait alors une lampe de poche pour y monter car on ne savait pas quelles bêtes on pouvait y rencontrer.

 

Les vacances d’été

 

Maman et moi passions les mois de juillet et août au chalet. Papa et ma sœur qui travaillaient en ville venaient nous rejoindre la fin de semaine.  Presque à tous les matins nous faisions des parties de badminton et nous étions très en forme. Si le temps était au beau, ça nous prenait cinq minutes à travers bois pour se rendre à la plage mais s’il avait mouillé, on prenait la route qui contournait les lacs et on en avait pour au moins une heure. Après le souper, les longues marches agrémentaient notre soirée.

 

Mon frère parti travailler à Wabush, dans le Grand Nord revient au chalet.  Parti depuis près de six mois, petit et frêle, il revient plutôt bien charpenté avec une brosse en guise de coupe de cheveux, toute une surprise pour nous tous, nous ne le reconnaissions plus.

 

De ces mois d’été, les orages électriques étaient ce que je détestais le plus. Dans ces terres de rochers on aurait dit qu’il y avait des tremblements de terre à chaque fois que l’éclair frappait à quelque part et le bruit était infernal.

 

Le grand chalet

 

Il y a eu corvée pour le creusage à « mitaine » du grand chalet qui devait mesuré 30 pieds carrés. Les familles des oncles Victor, Georges et Léopold sont venus à tour de rôle pour aider à ce creusage. Ma sœur Thérèse et maman transportaient des brouettes de terres là où il en manquait.

 

Lorsque la journée était finie certains s’en retournaient chez eux. Ceux qui apportaient leurs tentes installaient leur campement. On mangeait alentour du feu de camp, à l’abri de tout danger d’incendie car il ne faut pas oublié  que nous étions entouré d’arbres. C’était alors la fête avec histoires et chants et petites bestioles pour nous tenir compagnie.

 

Ce fut ensuite le temps du dynamitage. Une firme spécialisée a été engagée à fin de réduire ces gros morceaux de pierres qui entravaient la construction du grand chalet. À travers les courses qu’on prenait souvent pour se rendre d’un endroit à l’autre, je me suis frôlée sur un des blocs de pierres qui restait et j’en ai encore un bonne cicatrice sur la jambe.

 

Soudain, on a vu s’élevé la cheminée de ciment qui d’une hauteur de trois étages, dominait le terrain et ses alentours et le salage fut coulé. Peu à peu les panneaux se sont ajoutés et le grand chalet était debout grand et fort comme un roi au milieu de ses sujets car il était entouré de très petits chalets. Une grosse machine sest ensuite venue creuser le puits artésien. Par l’entremise de cette bruyante et si impressionnante machine, nous avions maintenant la pompe à eau dans la maison.

 

Après que le grand chalet a été construit rien n’a plus été pareil. C’était moins chaleureux que lorsqu’on était cordée dans le chalet familial de douze pieds carré où on se pliait chacun sur les pieds mais là où aussi, on a tous été si heureux ensemble. Papa n’a jamais ouvert son magasin général mais son rêve l’a gardé beaucoup plus longtemps parmi nous.

 

Quelques fois au printemps, je descendais à Flamingo avec mon amie et belle-sœur Denise. L’autobus nous laissait à l’entrée de développement puis nous faisions le restant à pied, soit une distance d’environ deux milles. Les routes de terre étaient fermées aux visiteurs en auto et seuls les résidants permanents avaient le droit d’y entrer.  Nos visites se sont faites ensuite de plus en plus rares.

 

À la mort de papa, maman ne pouvait plus garder cet énorme chalet et personne ne voulait aller y rester car sans personne qui y habitait, c’était aussi plus risquer pour les incendies et actes de vandalisme. Le chalet a donc été vendu au milieu des années 1980 à un jeune entrepreneur en construction.

 

En 1999, « R.M. » nous a fait visiter l’ancien chalet familial mais il n’y avait déjà plus rien de comparable. Il avait fait son atelier d’artisan dans le pignon où la lumière était si abondante. On pouvait y monter par un escalier très étroit. Les grands appartements qui étaient à l’étage sont devenus en double et restreints presque de moitié. La grande galerie a été détruite et un grand escalier en métal a été ajouté à l’arrière. En 2007, c’est encore le même propriétaire qui possède la maison mais on ne la reconnaît plus.

 

Parfois il est mieux de rester avec nos souvenirs. Voir ce qu’il était advenu de cette maison après tant d’années m’a beaucoup déçue. Je ne reconnaissais plus la personnalité de papa dans cette maison, lui qui y avait mis tout son cœur et toute son âme à la réalisation de son rêve…

 

(Souvenir de Lise)

Mots-clés: Rêve



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Visionner 1 - 5 de 5 Commentaires

De: croahi
10/28/2007 22:41:17

 Merci de partager avec nous d'aussi beaux souvenirs

Anita



De: Rosalie
10/27/2007 13:22:45

Quelle belle histoire!  merci de nous la partager et de mettre un peu de soleil en cet après-midi gris.

Rosalie



De: cecyle
10/26/2007 23:05:30

Moi qui aime les histoires vrai et les mémoires je me suis gaver, de vos beaux souvenirs de votre enfance.  Cécyle



De: Dragon
10/26/2007 21:55:23
Merci de nous avoir raconter l'histoire de ce chalets.


De: genealou
10/26/2007 21:42:06

Wow Lise quel beau souvenir. As-tu vu les site de ma maison? C'est la maison rose, immeuble du décor extérieur du film "Bonheur d'occasion"

Tourlou de Lou







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