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« Et mon baiser, alors? »
Ajouté le 11/07/2007 04:44:42 par lisejolin

Il était une fois une petite fille appelée Cindy. Son père travaillait six jours par semaine et il rentrait souvent fatigué du bureau. Sa mère aussi trimait dur à faire le ménage, les repas et toutes les tâches qu’exige une famille. Cindy vivait dans une bonne famille qui menait une bonne vie. Il ne manquait qu’une chose, mais Cindy n’en avait même pas conscience.


 Un jour, quand elle avait neuf ans, elle alla pour la première fois coucher chez une amie, Debbie. Quand arriva l’heure de se mettre au lit, la mère de Debbie borda les deux filles, puis elle les embrassa pour leur souhaiter bonne nuit. « Je t’aime », dit la mère de Debbie. « Je t’aime aussi », murmura Debbie.

 

Cindy fut si intriguée qu’elle ne parvint pas à s’endormir. Personne ne l’avait jamais embrassée pour lui souhaiter bonne nuit. En fait, personne ne l’avait jamais embrassée, point à la ligne. Toute la nuit, elle resta éveillée, pensant sans cesse C’est comme ça que ça devrait se passer. À son retour chez elle, le lendemain, ses parents semblèrent heureux de la voir. « Alors, tu t’es bien amusée chez Debbie? », demanda sa mère. « La maison était terriblement tranquille sans toi », dit son père.

 

Cindy ne répondit pas. Elle courut jusqu’à sa chambre. Elle les détestait tous les deux. Pourquoi ne l’avaient-ils jamais embrassée? Pourquoi ne l’avaient-ils jamais prise dans leurs bras? Pourquoi ne lui avaient-ils jamais dit qu’ils l’aimaient? Ne l’aimaient-ils pas?

 

Comme elle aurait aimé s’enfuir! Comme elle aurait voulu vivre avec la mère de Debbie! Mes parents ne sont peut-être pas mes vrais parents, songea-t-elle. C’est peut-être la mère de Debbie qui est ma vraie mère.

 

Ce soir-là, avant d’aller au lit, elle alla voir ses parents. « Eh bien, bonne nuit », dit-elle. Son père leva les yeux de son journal.  « Bonne nuit », répondit-il.  Sa mère cessa sa couture et sourit.   « Bonne nuit, Cindy. »  Personne ne leva le petit doigt. Cindy n’en pouvait plus. « Pourquoi vous ne m’embrassez jamais? » demanda-t-elle.

 

Sa mère parut troublée.  « Eh bien, bégaya-t-elle, c’est que, j’imagine… c’est que personne ne m’a embrassée quand j’étais petite. C’était comme ça, c’est tout. »

 

Ce soir-là, Cindy s’endormit en pleurant. Sa colère demeura en elle pendant plusieurs jours. Finalement, elle décida de s’enfuir. Elle se rendrait chez Debbie et leur demanderait si elle pouvait rester avec eux. Jamais elle ne remettrait les pieds dans une maison où on ne l’aimait pas.

 

Elle remplit son sac à dos de vêtements et partit sans dire un mot. Une fois rendue chez Debbie, cependant, elle fut incapable de frapper à la porte. Elle se persuada que personne ne voudrait la croire et ne lui permettrait de rester avec les parents de Debbie. Elle renonça à son plan et rebroussa chemin. Cindy sentit sa situation désespérée et sans issue. Elle n’aurait jamais de famille comme celle de Debbie. Elle resterait pour toujours avec les parents les plus cruels et les plus sans cœur du monde entier.

 

Au lieu de rentrer chez elle, elle alla au parc et s’assit sur un banc. Elle resta là un bon moment à réfléchir, jusqu’à la tombée du jour. Puis, tout d’un coup, elle imagina une solution. Ce plan fonctionnerait. Elle ferait tout pour qu’il fonctionne.

 

Quand elle rentra chez elle, son père parlait au téléphone. Il raccrocha immédiatement. Sa mère était assise, l’air très inquiet. Dès que Cindy franchit le seuil de la porte, sa mère s’écria : « Où diable étais-tu? Nous étions fous d’inquiétude. »

 

Cindy ne répondit pas. Elle s’approcha plutôt de sa mère, l’embrassa sur la joue et dit : « Je t’aime, maman. » Étonnée, sa mère ne souffla mot. Cindy se tourna alors vers son père et le serra dans ses bras. « Bonne nuit, papa », dit-elle. « Je t’aime. » Elle alla ensuite se coucher, laissant dans la cuisine ses parents muets de stupeur.

 

Le lendemain, lorsque Cindy descendit pour déjeuner, elle embrassa sa mère. Elle embrassa son père. À l’arrêt d’autobus, elle se mit sur la pointe des pieds et embrassa sa mère.« Bye, maman », dit-elle. « Je t’aime. » Cindy répéta ce rituel chaque jour de chaque semaine de chaque année. Parfois, ses parents avaient un mouvement de recul, l’air crispé et mal à l’aise. Parfois, ils en riaient. Mais jamais ils ne lui rendaient son baiser. Cindy ne se découragea pas. Elle avait pris une décision et elle irait jusqu’au bout. Puis, un soir, avant d’aller au lit, elle oublia d’embrasser sa mère. Peu de temps après, la porte de sa chambre s’ouvrit. Sa mère entra. « Et mon baiser, alors? » demanda-t-elle, feignant d’être fâchée. Cindy s’assit sur son lit. « J’ai oublié », dit-elle. Elle embrassa sa mère.

 

« Je t’aime, maman. » Cindy se recoucha. « Bonne nuit », dit-elle en fermant les yeux. Sa mère ne bougea pas. Finalement, elle parla. « Je t’aime aussi », dit-elle. Puis elle se pencha et embrassa Cindy sur la joue. « N’oublie plus jamais de m’embrasser », dit-elle d’un ton faussement sévère. Cindy éclata de rire. « Promis. » Et elle n’oublia plus.

Aujourd’hui, Cindy a un enfant qu’elle embrasse, dit-elle, « jusqu’à ce qu’il en ait les joues rougies ». Et lorsqu’elle rend visite à ses parents, sa mère l’accueille toujours avec ce commentaire : « Et mon baiser, alors? » Au moment de repartir, sa mère lui dit : « Je t’aime. Tu le sais, n’est-ce pas? »  « Oui maman », répond cindy. « Je l’ai toujours su. » 

M.A. Urquhart : Adaptation d’une chronique de Ann Landers


Ce texte provient du livre : Bouillon de poulet pour l'âme de l'enfant. 
 
Comment pouvons-nous dire “Je t’aime” ou le démontrer lorsque nous n’avons jamais eu d’exemples?

 

Personnellement j’ai reçu multiples baisers à la maison mais les “je t’aime” étaient démontrés sans être prononcer. J’ai donc fait de même avec mes enfants puis depuis environ une quinzaine d’années j’ai commencé à leur dire “je t’aime”.

 

Rendus dans la trentaine tous les deux, ils semblent gênés de prononcer ces mêmes paroles, ils sourient alors et chacun me répond “moi aussi”, ce qui je pense est un bon départ. Un jour j’espère qu’ils pourront à leur tour me dire “Je t’aime Lise”, parce qu’ils m’appelle maman seulement dans les grands moments d’émotion et ce jour-là sera pour moi une grande victoire.  

 

Lise Jolin



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Visionner 1 - 3 de 3 Commentaires

De: Philippe
11/07/2007 15:40:27

[URL=http://img144.imageshack.us/my.php?image=baiserzq7.jpg] [/URL]

 C`est un bon texte  ça prend pas grand chose pour dire je t`aime

 



De: lisejolin
11/07/2007 12:46:16
Si vous aviez connu ma tante Gracia, religieuse des SSNJM, personne ne pouvait dire qu’elle avait peur des hommes. Mon père avait des discussions avec elle sur la vie et garanti qu’il ne lui faisait pas peur. Lorsqu’elle parlait à un homme ou à une femme, il fallait toujours qu’elle leur touche. Si vous aviez été assis près d’elle, elle vous aurait toucher le genoux même à votre première rencontre et toujours avec le sourire. Sans malice, elle était très affectueuse et que ce soit mon père, mon frère ou nous les filles, nous avions droit à son baiser à notre arrivée ainsi qu’à notre départ.


De: Denise_Lauzon
11/07/2007 07:21:11

Bonjour Lise,

On peut dire que ce matin tu es venu me chercher très loin.

Moi non plus mes parents n'étaient pas des personnes très affectives extérieurement.  On ne manquait de rien mais les marques d'affections tel  les baisers et les mot doux c'était tabou.

Un jour quand j'ai eu 50 ans ma mère était chez moi pour quelques jours et elle m'a dit qu'elle aimerait prendre un bain.  J'étais en train de lui préparer son bain elle est arrivé a l'improviste et m'a dit Denise tu sais je ne le dis pas souvent mais je t'aime beaucoup, c'était la 1ère fois qu'elle me le disais  j'ai eu un tel choc je n'ai rien répond, je me suis sauvée dans ma chambre et j'ai dit a mon conjoint ma mère vient de me dire qu'elle m'aime et je me suis mise a pleurer.  Depuis cette fois la ma mère a commencé à nous dire qu'elle nous aime je ne sais pas ce qui a change en elle mais c'est bon de se faire dire je t'aime.

Aujourd'hui maman a 79 ans et si on a le malheur de partir sans lui donner un baiser et une bonne caresse c'est un reproche immédiatement elle y tient beaucoup.

Moi je suis contente de dire au gens que je l'ai aime, c'est une chose tellement importante

 

Merci Lise

 

Denise







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