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Vivre DES déménagements
Ajouté le 11/12/2007 18:49:23 par lisejolin

Depuis ma naissance en 1948 jusqu’à mon arrivée à Repentigny en 1978, j’ai vécu 9 déménagements.
 

Le premier ne m’a pas dérangé outre mesure car j’avais seulement  trois ans. De Montréal-Nord , nous partions de la maison où je suis née et qui appartenait à grand-père Bélisle pour une toute nouvelle maison que papa avait construite à Saint-Vincent-de-Paul (Laval). C’est là que j’y ai mes premiers souvenirs d’enfant.
 

Maman ayant failli mourir en avril ou mai 1955 et la maison devenue trop grande à entretenir pour elle, papa a décidé de vendre et de s’en aller à Montréal.
 

De tous les déménagements que j’ai vécu,  je crois que c’est le deuxième qui a été le pire pour moi. Partir de ma campagne pour arrivée à la ville a été désorientant avec toutes ces rues et surtout ces autos qui n’en finissaient pas de passer devant notre porte. J’étais confinée sur le trottoir ou dans la ruelle car il n’y avait plus de champs pour m’amuser.
 

Étant une enfant de 7 ans et très gênée par surcroît, s’adapter à une nouvelle institutrice et se refaire des amies a été un peu difficile. Au premier bulletin que j’ai eu à l’école Sainte-Jeanne-d’Arc, je pensais m’être faite une ennemie car elle était habituée être la première de classe et je lui avais enlevé sa place. Nous sommes alors entrées en compétition et au second bulletin nous étions deux premières, ce qui nous a rapproché par la suite.
 

Après l’école, nous allions jouer au parc Lalancette. Mes parents ne voulaient pas que j’y aille seule, il fallait toujours attendre mon frère ou une de mes soeurs. Ce que je trouvais drôle était de voir un parc clôturer alors qu’à la campagne je pouvais jouer à peu près n’importe où sans qu’il y ait de danger. Peu de temps après quelqu’un avait fait un trou sous la clôture et on pouvait s’y glisser même après la fermeture du parc.
 

Ce nouveau logement à Montréal était quand même très grand pour une maison de ville. Nous avions une petite cuisine qui donnait sur la galerie arrière, une très grande salle à dîner qui faisait face à la chambre des trois filles puis venaient ensuite deux appartements doubles qui servaient de chambres à mes parents, à mon frère et qui comprenait aussi le salon. Nous y sommes restés 18 mois. Par trois fois, en 1956, 1958 et 1966, notre famille a été obligée de déménager par ce que la maison s’est vendue et que le nouveau propriétaire prenait le logement.
 

En 1958, quand nous sommes partis de la rue Aylwin, nous sommes allés rester en face du parc Lafontaine juste devant la fontaine lumineuse. La rue s’appelait alors Parc-Lafontaine et était située au Nord de la rue Rachel.  Nous avions vraiment une très belle vue extérieure sur le parc mais à l’intérieur… beaucoup de petites bêtes indésirables, des C. pour ne pas les nommer. Ça faisait seulement trois semaines que nous étions là et maman maigrissait à vue d’œil. Papa a donc encore une fois décidé de partir. Ça lui a coûté 200.00$ pour casser le bail.  J’ai donc été trois semaines à l’école St-Sacrement  juste le temps de commencer mes examens de fin d’année.
 

Comme il fallait à nouveau trouver un autre logement papa a appelé grand-père Bélisle pour lui demander s’il en avait un à louer. Grand-papa lui dit que non et lui explique que ses anciens locataires  avaient sous-louer à quelqu’un d’autre et que tout le ménage leur était vendu.  Papa qui s’y connaissait dans beaucoup de domaines s’est arrangé avec son contremaître pour partir quelques heures. Il a été cherché grand-papa et l’a amené à la « Régie des Loyers ». On lui a donc expliqué ses droits donc, il pouvait refuser la sous-location pour y loger sa propre fille. Nous sommes donc restés là jusqu’au décès de grand-papa en 1964. La succession Bélisle a ensuite vendu maison à oncle Léopold Jolin, frère de papa. Léopold a souvent fait des farces sur ce point, il disait toujours en riant « Rosaire, je vais acheter la maison de ton beau-père et c’est moi qui prendra ton logement ». Presque deux ans après l’achat, lui et tante Hélène prenaient possession de leur maison, notre ancien logement. Nous y avons habités pendant 8 ans, jusqu’en 1966. Et voilà! c’est un nouveau départ.
 

La résidence suivante était  située dans le voisinage à cinq minutes seulement. Nous y sommes demeurés 4 ans jusqu’à mon mariage.  Mon futur mari possédait un duplex à une quinzaine de minutes de notre dernière résidence. Comme je ne voulais plus déménager trop souvent, j’ai  donc  É P O U S É  le propriétaire. Le déménagement s’est presque tout fait à pied avec « une voiturette et un diable ». Seuls les gros morceaux tels cuisinières, réfrigérateurs et fauteuils ont eu besoin d’être transportés par camion. C’est mon mari, cette fois qui en prenant le logement, délogeait son locataire.  Comme mes parents et moi nous y étions entrés en avril et que je me mariais seulement en juillet, l’ancien locataire a envoyé les inspecteurs de la « Régie des Loyers » pour vérifier si le mariage n’était pas un excuse pour le faire sortir de là. Il a donc fallu leur montrer des preuves.
 

Cette période a été tout de même un petit peu difficile car  papa étant malade, nous avons gardé mes parents avec nous et mes beaux-parents habitaient au premier étage. Papa est décédé en 1972 et maman a continué de vivre avec nous.
 

En janvier 1977, il y a eu un incendie à l’épicerie Laliberté, voisine de chez nous.  Notre jeune voisin est venu sonner et frapper à notre porte à une heure du matin à fin de nous réveiller pour que l’on sorte en vitesse. Quand les pompiers ont défoncé la vitrine de l’épicerie, les flammes ont monté d’une flèche, longeant les murs et brûlant tout sur son passage. Chez nous, nous avons été chanceux car les dégâts ont été seulement occasionnés par l’eau et la fumée. 
 

Mes beaux-parent sont déménagés quelques mois après le feu. Peu de temps après, mon mari m’a demandé si on prenait le logement du bas. J’ai refusé car je voulais aller vivre à l’extérieur de Montréal et je savais bien qu’en acceptant je ne serais jamais partie de la ville.  Nous avons donc vécu là les neuf premières années de notre mariage.
 

À l’été 1978, M. Georges Brisson, un compagnon de travail à mon mari à la « Biscuiterie Viau Ltée », lui dit qu’il y avait une maison à vendre à Repentigny. Nous sommes venus la voir mais il y avait trop de réparations à faire. La deuxième fois devait être la bonne. Monsieur Cofsky, 92 ans ne pouvait plus rester seul et voulait vendre.  Il s’était fait « attacher et  voler » et personne ne voulait plus demeuré avec lui. Comme nos deux enfants étaient assez jeunes à cette époque, il nous a favorisé face aux autres acheteurs potentiels.
 

Emballe… déballe… je suis devenue une experte pour faire et défaire les boîtes. Il fallait tout marqué ce qu’il y avait dans ces dernières et aussi inscrire l’appartement où elles étaient destinées.
 

Ma mère était toujours avec nous lors de son décès le 14 mars 2001.  Je demeure toujours à Repentigny et c’est la première fois que je suis si longtemps à la même place depuis ma naissance.
 

Vingt-neuf ans, pensez-donc!  … et j’espère bien y finir mes jours.
 

(Souvenirs de Lise)

Mots-clés: écoles Amis



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Visionner 1 - 4 de 4 Commentaires

De: michelineboisvert
11/14/2007 19:12:08

Merci Lise pour cette fabuleuse histoire de ton vécu

J'apprécie

Micheline



De: Rosalie
11/13/2007 08:45:57

Bonjour Lise

Contrairement à toi, je peux dire que j'ai vécu dans une famille sédentaire, ayant déménagé qu'une seule fois en 23 ans. Depuis mon mariage j'ai emballé des boîtes seulement deux fois  et ce, toujours  en demeurant dans le même patelin.  

Merci pour tous tes blogues qui sont très intéressants.

Amicalement

Rosalie 



De: Chevreuil
11/12/2007 20:13:04

Votre récit m'ébranle au sens où bien des pensées contradictoires me viennent à l'esprit.

1- Je vous admire de vous livrer comme ça, dans un blogue. Sachant fort bien par contre que lorsqu'on écrit, on ne sent pas que tout le monde pourra lire ce qu'on raconte.

2- Je me dis que vous devriez garder tous ces récits et en faire un livre. Je me dis que si vous livrez toutes vos histoires aussi facilement au public, qu'adviendra-t-il quand vous voudrez les réunir et en faire un tout? Mais je me dis que ça ne me regarde pas.

3- Vous nous donnez bien sûr le goût de raconter nos souvenirs aussi. Non que les vôtres se passent au même endroit que les miens, mais ils en font surgir d'autres. Dès la première phrase, vous dites qu'en 20 ans vous avez déménagé neuf fois. Moi, en 20 ans, j'ai déménagé ou plutôt, mes parents ont déménagés et je suivais... 15 fois. 13 écoles en 15 ans! Mais après je me dis que nous n'allons pas commencer un concours. Il est vrai que c'est normal de comparer nos vies. Vous avez été première de classe alors que moi en déménageant, surtout de Lévis à Ville Saint-Laurent où les matières étaient assez différentes, je suis plutôt arrivée dernière au premier bulletin.

Mais une fois adulte, mes choix m'ont permis de tracer des pas dans un chemin et je demeure où je suis depuis 35 ans.

ON a du vécu!!!

Chevreuil qui vous remercie de partager ainsi vos souvenirs et réveiller les miens.







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