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Les Leroux en Canada
Ajouté le 12/05/2007 16:40:38 par JeanLeRoux

LES LEROUX EN CANADA  par: Eddy LeRoux

(« Le Bottin» Journal mensuel de la famille immédiate,  conçu, créé, édité et distribué par la bonté d’Eddy LeRoux)

     ( Publié de Janvier 1995 à avril 1997 inclusivement)

 

Quatre colons du nom de Leroux sont venus de France, s'établir au Canada. Ils ont fait la traversée presqu'en même temps, dans un délai de moins de dix ans. Malgré cela, selon une source commune, rien n'indique qu'ils aient été parents les uns des autres.  Le premier, François Leroux, marié en 1668, venait de Poitou, le second, André Leroux, marié en 1671 était Normand et originaire de Rouen. Notre ancêtre Hubert le Roux, marié en 1675, venait de Champagne et enfin le quatrième Gilbert Leroux, marié en 1675, lieu d'origine inconnue, et ne semble pas parent des trois autres puisqu'il s'établit dans un endroit séparé. Hubert, notre ancêtre s'établît dans la région de Montréal et il est l'ancêtre des Leroux de la Pointe‑Claire, de Vaudreuil et de Soulanges.

 

HUBERT LEROUX ORIGINAIRE DE VITRY LE FRANCOIS.

 

Vitry le Francois est une petite municipalité d'environ quinze milles habitants. Elle est située dans le département de la Marne à vingt milles de Châlons. L'église actuelle de Notre‑Dame fût commencée en 1629 et terminée en 1678. Hubert le Roux naquit dans cette paroisse en 1639. C'est dans cette église qu'il a fréquenté pendant la première partie de sa vie, et c'est dans les registres de cette paroisse que l'on peut retracer son histoire et celle de sa famille. Le père de notre aïeul s'appelait aussi Hubert (Humbert) et il était dans la ville de Vitry le Francois, notaire royal et avait comme épouse Madeleine Varnier. Hubert, fils, était dans le commerce de la pelletrie et lorsqu'on retrouve sa trace dans un contrat de mariage au Canada, à la mention faite pour sa profession on peut y lire fourreur. Les pelletiers étaient à cette époque très important en France. Ils étaient érigés en corporations et leurs status dataient de 1586. Ils étaient quatrième des corps des Marchands de Paris. Pour un tel commerce, le Canada offrait des portes intéressantes et ce fût sans doute de telles circonstances qui déterminèrent notre ancêtre Hubert Le Roux à venir s'établir au Canada peut‑être d'abord qu'avec l'idée d'un séjour temporaire. En quittant la France notre ancêtre semble n'avoir plus de père, car on constate dans son contrat de mariage au Canada, que son père est qualifié de défunt. Le fait qu'il portait le même prénom que son père semble indiquer qu'il était le fils aîné de la famille.

 

HUBERT LEROUX VINT S'ÉTABLIR À MONTRÉAL

 

Notre ancêtre est arrivé au Canada entre 1668 et 1672. Celui‑ci n'apparaissait pas au recensement général des colons du pays fait en l'année 1667. Il n'est pas inscrit sur la liste des recenseurs et comme il se marie à l'automne de 1673, il y a raison de croire qu'il était au pays depuis au moins un an, peut‑être quatre ou cinq ans. Les premières traces de notre ancêtre au pays sont dans les registres de l'église Notre‑Dame de Montréal à la date du 20 novembre 1673. Pour être plus précis, c'est dans son acte de mariage et dans les minutes des greffes du notaire Bénigne Bassett en date du 7 novembre, 1673, que nous trouvons la première fois sa trace: (extrait du contrat de mariage: Hubert Le Roux né en 1639, baptisé à Vitry-le-Francois en France, maître fourreur, marchand pelletier, pélissier, fils de Hubert Le Roux et de Madeleine Varnier, épouse Annemarie Van Zeigt, le 20 novembre 1673 à Notre‑dame de Montréal Que, née en 1657, fille de Christian Van Zeigt et d’Anne‑Catherine Phananque. Possédant une terre au Sault St‑Louis, paroisse de Lachine maintenant divisé et devenu Ville Lasalle).

 

 

L'ÉPOUSE DE HUBERT LEROUX

 

Selon Mr. Drouin les recherches de l'épouse d'Hubert Leroux, Annemarie Van Zeigt était la protégée de la Bienheureuse Marguerite Bourgeois. Annemarie était pressentie pour devenir religieuse, mais la providence la destinait plutôt au mariage. C'est pourquoi elle demeure sous la protection de Marguerite Bourgeois jusqu'à son mariage avec notre ancêtre. Fait à noter, dans le contrat de mariage on peut lire "fille du défunt et noble Christian Van Zeigt, Capitaine dans les troupes impériales. Aussi dans le contrat de mariage, Annemarie Van Zeigt était inscrite: originaire de Hambourg, ville d'Allemagne. Nous vous donnons un extrait des minutes du contrat notarié, daté du 7 Novembre 1763 soit treize jours avant la date de son mariage. Les témoins qui assistaient au mariage indiquent qu'ils étaient en relation avec la meilleure société. Nous remarquons les noms de l'Abbé Gabriel Souart curé de Ville Marie, Philippe de Hautnesnil, écuyer, Zacharie Dupuy écuyer et major de l'ile et beaucoup d'autres... On peut se demander enfin comment il se fait qu'une jeune fille soit venue d'une partie de l'Allemangne assez éloignée des frontières francaises. Notons que Hambourg fut toujours la capitale d'un état libre et indépendant, et que par intervalle elle a eue des sympathies pour la France autant que pour l'Allemagne. Aussi Hambourg a toujours été une grande métropole commerciale et les familles de cette ville, surtout les familles de qualité, pouvaient avoir des relations assez internes avec des familles de la même classe en France.

 

HUBERT LEROUX, SA MORT ET SES ENFANTS

 

Dans les registres de la paroisse Notre‑Dame, on trouve les actes de baptêmes de trois des enfants de Hubert Le Roux; deux filles, Charlotte et Jeanne et un garçon du prénom de Jean. Hubert

Le Roux fut enlevé prématurément à sa famille après huit ans seulement de mariage. On peut voir son acte de sépulture dans la même paroisse Notre‑Dame de Montréal, à la date du 12 octobre 1681. Il était âgé de quarante-deux ans et il était au pays depuis environ dix ans. Sa veuve Annemarie Van Zeigt  était âgée de vingt quatre ans seulement et restait avec ses trois enfants

 en bas âge; Charlotte âgée de six ans, Jean âgé de trois ans et Jeanne âgée de seulement trois mois. L'année suivante Annemarie épousa en seconde noces à Montréal Gabriel Cardinal, dont

elle eût un autre fils Jean‑Baptiste. Les trois enfants Le Roux furent élevés et grandîrent dans la maison de Gabriel Cardinal avec leur demi‑frère Jean Cardinal.

 

LEROUX DIT CARDINAL

 

Les enfants de Hubert Le Roux, élevés dans la maison de Gabriel Cardinal, furent souvent appelés Cardinal, nom de leur père adoptif. C'est la raison pour laquelle par la suite et pendant plusieurs générations, les membres de notre famille seront appelés, Leroux dit Cardinal. Il est intéressant de noter que l'un des autres chefs de famille arrivés en Nouvelle‑ France et dont nous avons indiqué a la première page, Francois Le Roux, dont les descendants se sont établis dans la région de Québec et Charlebourg, avait apporté lui aussi de France, le nom de Cardinal et que ses descendants ont conservé eux-aussi ce surnom. Les premières impressions que l'on éprouve en constatant que le surnom est le même, et qu'il serait peut‑être relié entre eux, sont négatives; après plusieurs vérifications notre ancêtre, Hubert Le Roux ne l'a jamais porté. Notre nom dans l'origine s'écrivait plutot en deux mots, Le Roux. Nous constatons que plusieurs de nos ancêtres l'écrivaient de cette façon, dont Hubert Le Roux et son fils Jean, de même que plusieurs de ses petits fils. Vers la quatrième génération l'on commença à l'écrire en un seul mot, Leroux et depuis plusieurs adoptèrent cette orthographie.

 

LES ENFANTS D'HUBERT LEROUX

 

Nous avons vu plus haut qu'Hubert Le Roux à son décès en 1681, laissait trois enfants de bas âge, et que ses enfants fûrent élevés dans la maison de leur père adoptif Gabriel Cardinal. Nous retrouvons dans un contrat notarié dix sept ans après la mort de leur père, le document qui nous fait apprendre plusieurs détails intéressant au sujet de notre ancêtre et de sa famille. C'est un acte de rétrocession par un nommé, Jean Paré, aux héritiers d'Hubert Le Roux, d'une concession de terre de quatre arpents de front par vingt de profondeur. Gabriel Cardinal, le beau‑père avait vendu cette terre à Jean Paré et en avait reçu la somme de cinquante livres. Cette terre lui venait de sa femme, veuve de Hubert Le Roux. En 1698, les enfants sont devenus grands, et l'aîné Charlotte est mariée depuis plusieurs années. Ils examinèrent les tîtres et constatent que cette concession appartenait à leur père bien avant son contrat de mariage avec leur mère et encore moins à son second mari qui ne pouvait en aucune façon en disposer. Ils ont fait connaître ces faits à l'acheteur Jean Paré, et on le somma de leur remettre cette terre, sauf le recours du dît Paré contre son vendeur Cardinal pour se faire rembourser. Jean Paré reconnait immédiatement le bien fondé des prétentions des héritiers et leur remet volontairement la terre. Cet acte nous apprend donc que notre ancêtre lors de son mariage était déjà au pays depuis quelque temps et avait eu le temps d'y acquérir une propriété, il nous donne en plus le renseignement que cette propriété était située au Sault‑Louis. La sommation et la rétrocession étaient au nom de Claude Leblanc qui avait épousé l'aîné des filles de Charlotte Le Roux. Claude Leblanc agit aussi pour sa belle‑soeur Jeanne âgée de dix‑huit ans, et pour son beau‑frère Jean âgé de vingt ans. Il s'engage à leur faire ratifier l'acte de rétrocession lorsqu'ils seront majeurs. Jean âgé de vingt ans comparait lui‑même et s'engage à ratifier à sa majorité. Au point de vue légal cet engagement ne devait pas valoir alors plus qu'aujourd'hui, il valait au point de vue moral, et le moral comptait pour beaucoup alors plus qu'aujourd'hui.

 

JEAN LEROUX

 

Nous savons que Hubert Le Roux a laissé trois enfants, un garçon et deux filles, dont l'une d'elle épousa Claude Leblond. Jeanne l'autre fille resta célibataire. Quant à Jean Le Roux, fils unique, et seul continuateur de la lignée, il épousa en l'église Notre‑Dame de Montréal, le 13 février 1702 à l'âge de vingt trois ans, Louise Chaussé. Dans l'acte de mariage de Jean le Roux et Louise Chaussé que nous reproduirons ci‑après nous constatons que l'un des témoins de Jean Le Roux est son demi-frère Jean Cardinal. L'acte de rétrocession que nous avons vu, aurait pu nous laissé croire que ces questions financières séparaient les enfants Le Roux et leur frère utérin Cardinal; la présence de ce dernier à la fête de famille nous confirme le contraire. Jean Le Roux et Louise Chaussé eûrent une nombreuse famille et cinq de leur fils, parvinrent à l'âge d'adulte, se marièrent et devinrent chefs de nombreuses familles, dont les descendants se sont répandus dans Lachine et Pointe‑Claire, débordant dans Ste‑Geneviève et surtout dans les comtés de Soulanges et de Vaudreuil. Nous avons vu que la terre prise par le fondateur de la famille, Hubert Le Roux dès son arrivé en ce pays, était située au Sault St‑Louis, c'est‑à‑dire, dans la paroisse de Lachine. C'est sur cette terre sans doûte que Jean Le Roux et Louise Chaussé élevèrent leur famille, et c'est là que les Le Roux, et leurs descendants rayonneront dans toutes les directions. Jean Le Roux vécut jusqu'à lâge avancé de quatre‑vingt ans et sept mois. On peut voir son acte de sépulture dans les registres de Lachine à date du 2 juillet 1759. Il décédait juste à temps pour ne pas voir son pays passer aux mains des Britanniques.

 


 

 


L'HISTORIQUE DES ARMOIRIES DE LA FAMILLE LEROUX

 

Les armoiries illustrées ici ont été conçues à partir d'informations officielles recueillies dans les anciennes archives Héraldiques. La documentation des armoiries des LeRoux peut être trouvée dans la publication "Rietstap Armorial General". Les artistes héraldiques ont développé eux-même au cours des âges leur propre langage pour décrire une armoiries individuelle. Dans leur langage particulier, la description des armoiries se lit ainsi: "Rouge, avec un chevron entre deux étoiles, logé en haut et un annulet au dessous, le tout, d'or". Une devise de famille n'a jamais été enregistrée pour les armoiries. Il est à noter que le nom de LeRoux s'écrivait originalement "Le Roux". Cependant plusieurs variations ont été utilisées au cours des âges tels que LeRoux, Les Roux, Laisrous et Deroux.

 

 

 


Des recherches effectuées auprès des archives de Montréal et bien d'autres endroits prouvent en effet que Hubert Leroux est probablement arrivé au Canada à l'été ou l'automne 1671. En effet, la première mention de son nom est celle qui figurait à l'acte d'achat d'une terre de 50 arpents le 4 mars 1672. Originaire de la Champagne, plus précisément de Vitry-le-François, il est le fils de Hubert Leroux, notaire Royal, décédé à l'époque et de Madeleine Varnier. Hubert  (père)  a pratiqué  le notariat de 1620 à 1642. Malheureusement, tous ses actes furent détruits lors de la seconde guerre mondiale. Hubert fils est né le juillet 1639 selon les archives françaises. Qu'est-ce qui a attiré un fils de notaire ici..? Probablement les récits d'aventure des personnages tels que Marguerite Bourgeois, originaire  de Champagne. Hubert vendît sa terre en octobre 1673 trouvant sûrement plus lucratif le métier de marchand de fourrures que celui plus éreintant d'agriculteur. Le 7 novembre 1673, à 34 ans, il se marie à Montréal avec Annemarie Van Zeigt , probablement la première allemande en terre canadienne. Son nom à consonnance allemande causâ bien des problèmes aux hommes de loi. Il devait  être Van Zeigt, mais fut écrit  Phanseque, Vanzegue, Fannexexe, Vandezzegue etc... De ce mariage naquît 3 enfants: Anne Charlotte, née en 1675, Jean, notre ancêtre, né le 2 décembre 1678 et Jeanne née en 1681 présumément décédée en  bas  âge (L’on découvrira ultérieurement qu’elle vécu longtemps, se maria avec un nommé Lefort et eût plusieurs enfants).  Hubert meurt prématurément à 42 ans. Annemarie se remarie mais la vie dure en Nouvelle- France ne semble pas lui plaire. Elle quitte son mari et le 11 mars 1692 ses enfants sont mis en tutelle. Un dénommé Lory prendra alors soin d'eux. Plus tard, elle fit même de la prison pour avoir tenu un débit de boisson et chose interdite à l'époque, pour avoir vendu de l'eau de vie aux indiens. Elle meurt seule et fût enterrée en 1722 âgée d'environ 66 ans sous le nom irrévérentieux de «La Bonne Femme Cardinal » .

 

LA VIE DE NOS ANCÊTRES À MONTRÉAL.

 

L'article suivant est une reproduction d'information obtenue des archives de Montréal. Certaines informations sont illisibles mais on sait que les faits consignés plus bas datent de 1689. Commençons par Jean Leroux dit Jean Baptiste Leroux dit Rousson (1678- 1759), notre ancêtre.

Né le 2 décembre 1678 à Montréal, son père meurt alors qu'il n'a que deux ans. Il est placé en tutelle avec sa soeur chez les Lory jusqu'à l'âge de treize ans. À l'âge de quinze ans il est placé comme apprenti menuisier chez Michel Leblond. Il y restera quatre ans tel que le stipule son contrat. Le 13 février 1702, il se marie avec Louise Chaussé une fille de Lauzon, fait plutôt inusité à cette époque où les voyages étaient rares dans la colonie; mais il faut expliquer qu’AnneMarie Van Zeigt et la mère de Louise Chaussé, soit:Marie-Madeleine SEL avaient effectué la traversée en Nouvelle-France, passagères toutes deux sur le bateau L’Espérance qui quitte le port de La Rochelle le 11 juillet 1673 et accoste au port de Québec en septembre 1673. Elles étaient devenues de très grandes amies. Il faut souligner que Marie-Madeleine Sel avait rendu l’âme avant le mariage…! Nous pouvons extrapoler que Louise Chaussé connaissait ne personne d’autres dans la Colonie et s’en est allé rejoindre la famille LeRoux (les amis intimes de sa mère). Peu après  son  mariage,  il déménage  à Lachine où il exerça conjointement les métiers d'habitant et de menuisier. On retrouve son nom fréquemment au bas des actes notariés de l'époque: bail de vache en 1703, emprunt de 221 livres, 10 soles pour un voyage en France en 1705, vente à Jean Baptiste Groux en 1743. Jean Leroux et Louise Chaussé eurent douze enfants mais plusieurs moururent en bas âge. Le 5 novembre 1741 Jean Leroux lègue tout à ses fils vivants: Hubert, Vital et François, notre ancêtre. Il a alors soixante et deux ans. En échange de ses terres, il réclâme de ses fils le droit de demeurer dans sa maison, une rente en blé, eau de vie, vache et 100 messes après sa mort ainsi que pour sa femme. Il meurt à l'âge vénérable de 80 ans le 2 juillet 1759.

 

 

L 'article suivant est le récit de la vie d' Anne-Charlotte Leroux, soeur de Jean, à  partir d'informations recueillies aux archives de Montréal.

 


Le 4 mars 1689 vers une heure et demie de l'après midi, le menuiser Michel Leblond frappe à la porte du presbytère de Montréal pour informer son curé d'une triste histoire. En somme, il demande au curé de parler à Anne-Marie Van Zeigt femme de Gabriel Cardinal, sa belle-mère pour faire en sorte de faire retourner Anne-Charlotte Leroux, sa fille et femme du plaignant qu'elle retient chez elle depuis sept à huit mois et l'empêche de retourner avec lui. Incontinent, le pasteur se transporte chez la Van Zeigt pour lui transmettre le message de son paroissien et de prier de laisser sa fille rejoindre son mari. La réponse n'est guère favorable à celui-ci puisque la belliqueuse belle-mère ne voulait pas que sa fille retourna auprès de son mari parce qu'il était un coquin et qu'il s’en repentirait. La Van Zeigt a le verbe haut, attendu que sa fille avait dit qu'elle n'irait jamais avec son mari et qu'elle souffrirait plutôt la prison pour le reste de sa vie. Voilà ce qui nous renseigne sur l'état d'esprit de la mère et la fille. La vindicative belle-mère n'échappe pas à tout soupçon. Sitôt qu'il a vu son curé, Michel Leblond va trouver Jean-Baptiste Migeon, sieur de Branssat, bailli et juge civil et criminel de l'île de Montréal pour déclarer que la Van Zeigt "vend vin" et que toutes sortes de personnes vont chez-elle où il se commet bien des désordres et ivrogneries pendant le jour et presque toutes les nuits. Il s'ensuit que la jeune épouse Leblond se laisse conduire à cause de sa jeunesse par les méchants conseils que sa mère lui donne. En serait-il autrement puisque Anne-Charlotte n'a à peine que quatorze ans ayant vu le jour en juillet 1675. La maison Van Zeigt n'est pas le meilleur lieu de prédilection pour les pucelles. A quelques temps de là, cette mère à la gorge ferme a failli se faire tuer par un soldat qu'elle avait fait boire et saouler avec elle et sa fille. Entre deux esclandres, la Vandzzegue trouve le temps de menacer journalièrement son gendre, si bien que le tribunal décide de le placer sous la sauvegarde du "Roy et de la Justice". Voilà comment  on  se chamaille à Montréal seulement quelque mois avant le sanglant massacre de Lachine.

 


Nous nous souviendront que le plaignant  Michel Leblond, l'époux de Anne­ Charlotte Leroux avait été chez le Bailli et Juge civil et criminel de l'île de Montréal pour déclarer "que  la Van Zeigt  vend vin et qu'il se passe bien des choses chez elle". Il n'exagère pas. Sise sur la rue St-Jacques, la maison de la Van Zeigt est un "berlan" (bordel) ouvert à tout venant. Il s'y déroule de singulières agapes. Quelques années plus tard, vers la mi-mars 1693, des indigènes du Sault et de la Montagne, dont l'un au nom significatif de Gros-Vin, s'arrêtent chez la Van Zeigt  qui leur vend un chien. Il est sept heures du matin. L'indien a toujours été friand de la chair de cet animal. Les joyeux compères abattent la bête, la font cuire et la mangent, vers midi sur la galerie du logis. Pareil festin s'arrose. Anne-Charlotte Leroux alors présente, se rend chez Saint-Germain pour y quérir une chopine d'eau-de-vie. Les gobelets se vident aussi rapidement qu'ils se remplissent. Nouveaux voyages chez Saint-Germain. D'aussi joyeuses libations se termineront dans le calme. Vers sept heures du soir, un Français, Saint-Gilles, puis des soldats qui logent chez eux, c'est-à- dire à la mission de la montagne se joignent aux autochtones pour vider les bouteilles. Passablement "gris" le dénommé Gros-Vin frappa un certain sauvage de la montagne qui tombe par terre comme mort et après, Anne Charlotte Leroux  le remua et avec l'aide des soldats parce que sa mère n'y était pas et lui mis un oreiller sous la tête à la même place où il était tombé. Coup sans gravité puisqu'un quart d'heure plus tard il se releva et après un peu de temps sorti sans avoir couché. La fête ne s'arrête pourtant pas là. Histoire de mieux s'amuser, Gros-Vin sort pour revenir peu de temps après avec quelque "françois et françoises" comme entre autre le tambour de Me De Miuest (De Muy), Lavigne, forgeron de chez la veuve Demers et la fille du forestier Chirurgien et la femme du "Roy" nommée Marie-Anne Guy. A l'époque, il était d'usage de faire ainsi les maisons du voisinage pour en ramener des "veilleux". Tout ce beau monde s'amuse tard dans la nuit, même que les femmes font de la "sagamite du bouillon du chien". Aux petites heures, on se sépare avec promesse de se retrouver au même endroit le dimanche suivant. La Van Zeigt  ne sortit point ce jour là que pour aller à la Grand-messe et au salut. La pratique religieuse a quand même ses droits. Après le salut, Gros-Vin s'amène de nouveau  avec  du  lard et d'autres  denrées.  Les réjouissances recommencent de plus belle. Passablement éméché, le dénommé Gros-Vin pris querelle avec un autre sauvage auquel il donna un coup de casse-tête par la tempe de l'oeil avec lequel il l'étendit à demi mort dans la place. Après pareil  branle-bas  la Van Zeigt  est accusée de vendre de la boisson aux indigènes et de troubler la paix publique par sa conduite licencieuse. Réfutant la première accusation, la prévenue est quand même condamnée à verser cent livres d'amende le 27 mars 1689. Signé par Deschambault, le placard est lu et affiché par l'officier de justice Pruneau. Le texte légal révèle des faits qui aggravent la culpabilité de l'accusée. Au cours de ces beuveries, il y a mort d'homme. De cette presse officielle, retenons ces lignes: "Annemarie Van Zeigt , séparée de biens avec Gabriel Cardinal son mari, accusée et emprisonnée en prison de notre bailliage du 26 du mois dernier par l'ordre de Monsieur Le Chevalier de Caillière notre gouverneur pour cause  du  scandale  qu'elle fait actuellement par le débit d'eau-de-vie qu'elle cause journalièrement dans sa maison par les sauvages qu'elle ennivre plusieurs avec excès, particulièrement la dernière fête de Pâques ce qui cause entre les  dîts  sauvages  des  querelles très sanglantes et d'avoir causé mort d'homme à cause de leur ivresse". Pour que la punition soit plus humiliante, la femme Van Zeigt  et sa fille Charlotte Leroux seront amenées ensemble en la chambre d'audience pour y être blâmées à genoux d'avoir commis de tels excès et leur faisant défense de récidiver sous peines sévères. Le châtiment est-il salutaire? Sans doute puisque 

Anne-Charlotte laisse  la  maison familiale pour aller désormais habiter avec son mari. Néanmoins, vers la fin  du siècle, les allées et venues de plusieurs femmes font les frais des conversations. La plus visée serait Anne-Charlotte Leroux, femme du menuisier Michel Leblond dit Picard. Il paraît, dit-on un peu partout, que la sémillante Anne-Charlotte trompe son mari autant qu'elle le peut. Les militaires ont la préférence. Que la frivole épouse acceptait les hommages de ses galants dans l'intimité de l'alcôve, passe encore, mais voilà qu'elle s'avise désormais de faire l'amour aux

quatre vents et en plein jour. Telle audace la conduira au tribunal de Montréal sus une accusation d'adultère. Il ne manquera pas de femmes pour épier Anne-Charlotte alors qu'elle fait étalage de ses charmes en plein midi sur la voie publique. Les moindres gestes et paroles n'échappent pas aux curieuses.

 

A la fin du 17e siècle, Montréal ne manque pas de femmes curieuses pour  épier  les moindres gestes et  paroles  d'Anne-Charlotte Leroux, qui devait comparaître au tribunal sous accusation d'adultère. Leurs témoignages n'en seront que plus qu'accablants. L'audience débute le 19 mai 1695. Au dire d'une première déposante, le printemps est à peine arrivé que la femme "Picard" s'allonge sur l'herbe pour "goûter aux délices d'Éros". Mais mai n'est-il pas le mois des amours? Cette déposante qui est  Marie Valade, l'épouse  de  Philippe Bourdier narre ainsi ce qu'elle a vu:

 

"Le premier jour qu'on exposa le St-Sacrement pour les quarante heures, allant voir le linge qu'elle avait étendu sur des perches le long de la clôture de la ville elle entendit parler quelqu'un et appréhendant que ce ne fût quelqu'un qui fusse venu pour y tacher ou dérober son linge elle voulu savoir ce que c'était et après avoir regardé à travers une canonnière, elle aperçut la femme du nommé Picard menuisier de cette ville, couchée dans un fossé de la ville avec un homme couché sur elle dans la posture ordinaire du coït la femme ayant ses jupes levées et que l'homme s'étant levé un autre revint se mettre dans la même position sur la femme pendant que l'autre se soit retiré à l'écart et firent la même chose environ pendant une heure revenant chacun à leur tour avec la femme; déclare la déposante qu'elle ne connaît pas les hommes mais que seule elle croit que ce sont plutôt des hommes de troupe que des habitants et que l'un d'eux avait un juste corps blanc avec un bonnet de taffetas noir derrière la tête dans laquelle était ses cheveux et que l'autre avait aussi un juste corps blanc avec une veste bleu et que c'était environ quatre heures de l'après-midi; ce qu'elle dépose

est arrivé dans la fosse de la ville derrière l'emplacement d'Argenteuil".

 

Surprenante révélation que celle de ces partenaires habitués à prendre leurs ébats amoureux en plein jour, à la vue des passants. N'est-ce ­pas suffisant pour inquiéter les gardiens de la morale publique? Mais tout n'a pas été dit. A l'officier chargé de l'interrogatoire, une jeune fille de dix-sept ans, Catherine Quenneville déclare ce qui suit:

 

Ø      "vendredi dernier sortant de chez Perthuis et allant du coté de la clôture de la ville pour y chercher quelque chose; elle monta sur un bastion qui est vis à vis du jardin d'Argenteuil elle vit la femme du Picard, menuisier de cette ville couchée sur le dos dans le fossé de cette ville et le dénommée Laferté, officier des troupes couché sur elle. Ce qu'ayant vu elle descendit de dessus le bastion et dit n'avoir aperçu quelque chose sinon un homme vêtu d'un juste corps blanc qui se promenait entre le fossé de la ville et le pied qui l'entoure près de la guérite qui est vis a vis la maison du nommé Bonnier, maçon".

 

Nous sommes fixés sur l'identité d'au moins un galant. Antoine Térault, dit Laferté fait partie de la compagnie de Monsieur de Subercause. La présente liaison ne l'empêche pas de prendre femme quelques années plus tard alors qu'il épouse Michelle Fortin, petite nièce de Marguerite Bourgeois, fondatrice des soeurs de la congrégation de Notre-Dame. Un premier enfant à naître de cette union sera baptisé à Lachine, le 25 septembre 1702 sous le nom de Marie-­Louise. La déposante a une soeur, Marie-­Anne âgée de quinze ans qui a partiellement surpris la femme Picard en doûteuse compagnie. Ecoutons-la narrer ce qu'elle a vu en telle occasion:

 

"'... que vendredi dernier sur les trois heures elle rencontre la femme du Picard, menuisier de cette ville devant l'enclos du nommé Pastenostre avec Monsieur Deschambault, procureur du Roy qui partaient ensemble et qu'ayant continué son chemin vers la chapelle de Notre-Dame de bon secours la femme de Picard et la joignant près de la maison du nommé Soussex, cordonnier, et que la femme du Picard les ayants aperçu lui dit de venir avec elle. Ils entrèrent tous les deux dans la chapelle et en sortirent tous les deux en même temps pour se diriger vers le côté de la rivière. La déposante y étant allé peu de temps après trouva la femme de Picard couchée sur l'herbe et crût entendre le sieur de Laferté parler dans le même lieu et qu'ensuite elle les vit ensemble se diriger du côté de la ville en montant vers la maison des révérend pères Jésuites.

 

Désormais, la plantureuse Anne-Charlotte Leroux, femme du "Picard", donne donc ses rendez-vous galants aux alentours de la chapelle Bon secours à Montréal. Mépris et sans gêne qui lui vaudront l'anathème public. Le 19 mai une accusation de racolage et adultère est portée contre Anne Charlotte. Mais prévenue à temps de ce qui l'attend, celle-ci disparaît sans laisser d'adresse. Lorsque l'officier de police et ses hommes se présentent le lendemain matin au logis de la belle, ils n'y trouve personne; après avoir perquisitionné dans "les charnbres", cave et grenier de la maison, et irrités d'avoir été déjoué par une femme, les poursuivants ratissent les environs allant de porte en porte. Ils frappent d'abord chez le plus proche voisin, Jean Cousineau où ils ordonnent à la maîtresses des céans de leur remettre entre les mains la Leroux s'y qu'elle fit en sa maison. Vaine démarche puisque la femme Cousineau réplique qu'elle n'y était point et qu'elle ne savait point où elle était. Mais la patrouille n'y croit pas un mot de ce qu'on lui dit et fouille systématiquement la maison allant de la cave au grenier sans rien remarquer d'anormal. Et les perquisitions continuent de plus belle. Cette fois on se rend chez Annemarie Van Zeigt mère de la prévenue pour la sommer de remettre sa fille entre les mains ou de nous dire où elle est. Même réponse que chez la Cousineau. En désespoir de cause, les policiers visitent toutes les demeures du voisinage. Peine perdue. Personne n a vu la fugitive ni n'a entendu parler d'elle. Pour couper court à cette poursuite, le lieutenant-général civil et criminel de Montréal fait faire une criée publique pour informer Anne-Charlotte Leroux, la femme du Picard, d'avoir à se présenter devant le tribunal d'ici quinze jours, sans quoi elle tombera sous les rigueurs de la loi. Entre temps le mari indulgent demande à la cour de se montrer clément à l'égard de sa femme. Il semble que l'appel ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd, car la police abandonna rapidement ses recherches. Tout compte fait l'aventure ne se termine pas trop mal. Ce dernier récit est la dernière entrée que j'ai en ma possession provenant des archives de la ville de Montréal.

 

Ceci termine la rubrique de l'histoire des Leroux depuis son origine au tout début de la fondation du Canada.

 

 



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: Andre_Lefort
12/05/2007 16:47:13
Je suis heureux d'avoir la généalogie des Leroux dit Rousson....mille fois merci pour ce travail que je vais conserver certainement...






*** Planète Généalogie ***