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ÉVANGÉLINE
Ajouté le 01/23/2008 20:34:20 par CGagnon

Pour chacune et chacun, pour l’histoire et pour les généalogies Bellefontaine et Lajeunesse, ou Forest et Melanson, ce long blogue.

 

Il y a longtemps que j’ai entendu parler de la Déportation des Acadiens en 1755, que j’ai entendu nommer Évangéline…

 

Le poème et ses traductions

 

Il faut savoir qu’Évangéline est d’abord un poème-conte, qu’Evangeline, A tale of Acadia, fut écrit par l’écrivain américain Henry Wadsworth Longfellow (27 février 1807 – 24 mars 1882) et parut en 1847.

 

Il rapporte l’émouvant récit de la séparation des fiancés Évangéline Bellefontaine et Gabriel Lajeunesse, occasionnée par la cruelle déportation, et de leur ultime rencontre alors que, parmi les malades qu’elle soigne dans un hôpital philadelphien, Évangéline reconnaît sur son lit de mort le Gabriel de sa jeunesse.

 

Ma lecture est pourtant récente de la traduction française du poème, achetée au Musée acadien de l'Université de Moncton, à Memramcook, le plus ancien musée acadien. Lecture décevante, s’il en fut, car dans une édition parsemée de fautes et que les Acadiens de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick laissent s’écouler sans mot dire en la belle Acadie.

 

Cette édition française que j’ai lue d’Evangéline, Un conte d’Acadie, sortait des presses de Nimbus Publishing Limited, Halifax, N. S.  La maison fait paraître, sans le mentionner dans les pages liminaires, la traduction du poème américain par le poète Pamphile Le May, natif de Lotbinière, au Québec, avec une longue introduction par C. Bruce Fergusson, M.A., D. Phil. (Oxon).  Le texte comportant de nombreuses fautes et incorrections, cette édition de 129 pages gêne tout lecteur de langue française.

 

Cette édition m’incita donc à sa correction et, conséquemment, à la correction et à la révision de la traduction de Pamphile Le May.  Je m’explique dans une présentation de celle-ci que j’ai fait publier en ligne dans :

 

La Bibliothèque électronique du Québec : http://jydupuis.apinc.org/ 

http://www.ibiblio.org/beq/pdf/index.htm
Évangéline :  http://www.ibiblio.org/beq/pdf/longfellow6.pdf

 

Cette traduction revue paraît également sur
http://www.cyberacadie.com/acadie_evangeline_d.htm.  Sans mention qu’il s’agit d’une traduction revue.

Et sur L’Encyclopédie de l’Agora, également sans mention : http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Acadie--Evangeline_par_Henry_Wadsworth_Longfellow

 

J’ai en mains les éditions suivantes d’Évangéline :

 

a)  La traduction libre de Le May a pour titre Évangéline – Et autres poèmes de Longfellow, Montréal, La Cie J.-Alfred Guay, éditeurs, 5, rue Notre-Dame Est, 5, Troisième édition, 1912, 211p.  Elle inclut une note de Le May À ceux qui me liront et une préface de Edouard Richard.  Il existe une édition pdf en ligne de cette traduction libre :  www.gov.ns.ca/legislature/library/ digitalcollection/Evangeline_french.pdf –

 

b)  Une autre traduction française est préfacée par le poète Paul Morin.  Serait-il l’auteur de cette nouvelle traduction ?  Rien ne le dit, mais il exerça la fonction de traducteur.  Évangéline, par H. Longfellow, parut à Montréal, à la Bibliothèque de l’Action française, MCMXXIV, 80p.

 

c)  En 1994, en collaboration, les Éditions Perce-Neige, Moncton, et les Écrits des Forges, Trois-Rivières, publièrent une édition dite « conforme à la traduction de Pamphile LeMay publiée en 1912 » :  Évangéline – Poème, Henry Wadsworth Longfellow, 104p., préfacée par Claude Beausoleil et postfacée par Yolande Villemaire.

 

d)  Le texte américain que je possède d’Evangeline – A Tale of Acadia fut édité à Boston, New York, Chicago, Dallas et San Francisco, par Houghton Mifflin Company, c 1883, 1912 and 1944, The Riverside Litterature Series - The Riverside Press Cambridge, 119p.

 

Au moins deux sites sur Internet publient en ligne des traductions françaises qui laissent à désirer chez des organismes normalement sérieux, l’un, universitaire; l’autre, gouvernemental:

http://www.umoncton.ca/maum/longfellow.html et et

http://www.gov.ns.ca/legislature/library/digitalcollection/f_page0.stm.

 

Les chansons

 

Beaucoup pensent, je crois, qu’Évangéline est d’abord une chanson.  Non! comme on vient de le voir :  l’histoire est d’abord un poème, sans doute écrit à partir de quelque fait divers, d’une tradition orale, d’une légende, ou, plus probablement, du témoignage d’un prêtre de Cambridge qui avait été en contact avec des Acadiens déportés.

 

Le poème fut composée en 1847 alors que la première chanson, bien connue, ne fut écrite qu’en 1910.  La voici :

 

Évangéline (André-Thaddée Bourque)

 

Je l'avais cru, ce rêve du jeune âge/
Qui, souriant, m'annonçait le bonheur/
Et confiante en cet heureux présage/
Mes jeunes ans s'écoulaient sans douleur./
Il est si doux, au printemps de la vie/
D'aimer d'amour les amis de son coeur/
De vivre heureux au sein de la Patrie/
Loin du danger, à l'abri du malheur/
Loin du danger, à l'abri du malheur./

 

Refrain
   Évangéline, Évangéline/
   Tout chante ici ton noble nom/
   Dans le vallon sur la colline/
   L'écho répète et nous répond:/
   Évangéline, Évangéline./

 

Qu'ils étaient beaux, ces jours de notre enfance/
Cher Gabriel, au pays de Grand-Pré/
Car là régnaient la paix et l'innocence/
Le tendre amour et la franche gaité./
Qu'ils étaient doux, le soir sous la charmille/
Les entretiens du village assemblé!/
Comme on s'aimait! Quelle aimable famille/
On y formait sous ce ciel adoré/
On y formait sous ce ciel adoré./

 

Là, les anciens, devisant du ménage/
Avec amour contemplaient leurs enfants/
Qui réveillaient les échos du village/
Par leurs refrains et leurs amusements./
La vie alors couplait douce et paisible/
Au vieux Grand-Pré, dans notre cher pays/
Lorsque soudain, notre ennemi terrible/
Nous abreuva de malheurs inouïs/
Nous abreuva de malheurs inouïs./

 

Hélas! Depuis, sur la terre étrangère/
J'erre toujours en proie à la douleur/
Car le destin dans sa sombre colère/
M'a tout ravi, mes, amis, mon bonheur./
Je ne vois plus l'ami de mon enfance/
A qui j'avais juré mon tendre amour/
Mais dans mon coeur je garde l'espérance/
De le revoir dans un meilleur séjour/
De le revoir dans un meilleur séjour./

http://members.shaw.ca/tunebook/evangeln.htm 

 

Il faut ensuite attendre jusqu’en 1971 pour que Michel Conte nous arrive avec sa célèbre Évangéline.  Alors, l’on crut presque à l’invention du personnage, pourtant depuis longtemps vivant.  La dernière interprète de cette chanson, Annie Blanchard, remporta pour ainsi dire le gros lot, et l’on oubliait qu’avant elle, d’autres l’avaient chantée.  Quelle est notre devise :  Je me souviens ou J’ai la mémoire courte?   Isabelle Pierre fut la première à l’endisquer avant que Marie-Jo Thério nous en offre une sublime interprétation.  Voici le texte de cette chanson:

 

Évangéline (Paroles et musiques: Michel Conte)

 

Les étoiles étaient dans le ciel/
Toi dans les bras de Gabriel/
Il faisait beau, c'était dimanche/
Les cloches allaient bientôt sonner/
Et tu allais te marier/
Dans ta première robe blanche/
L'automne était bien commencé/
Les troupeaux étaient tous rentrés/
Et parties toutes les sarcelles/
Et le soir au son du violon/
Les filles et surtout les garçons/
T'auraient dit que tu étais belle/

Évangéline, Évangéline...

 

Mais les Anglais sont arrivés/
Dans l'église ils ont enfermé/
Tous les hommes de ton village/
Et les femmes ont dû passer/
Avec les enfants qui pleuraient/
Toute la nuit sur le rivage/
Au matin ils ont embarqué/
Gabriel sur un grand voilier/
Sans un adieu, sans un sourire/
Et toute seule sur le quai/
Tu as essayé de prier/
Mais tu n'avais plus rien à dire/

 

Alors pendant plus de vingt ans/
Tu as recherché ton amant/
À travers toute l'Amérique/
Dans les plaines et les vallons/
Chaque vent murmurait son nom/
Comme la plus jolie musique/
Même si ton coeur était mort/
Ton amour grandissait plus fort/
Dans le souvenir et l'absence/
Il était toutes tes pensées/
Et chaque jour il fleurissait/
Dans le grand jardin du silence/

 

Tu vécus dans le seul désir/
De soulager et de guérir/
Ceux qui souffraient plus que toi-même/
Tu appris qu'au bout des chagrins/
On trouve toujours un chemin/
Qui mène à celui qui nous aime/
Ainsi un dimanche matin/
Tu entendis dans le lointain/
Les carillons de ton village/
Et soudain alors tu compris/
Que tes épreuves étaient finies/
Ainsi que le très long voyage/

 

Devant toi était étendu/
Sur un grabat un inconnu/
Un vieillard mourant de faiblesse/
Dans la lumière du matin/
Son visage sembla soudain/
Prendre les traits de sa jeunesse/
Gabriel mourut dans tes bras/
Sur sa bouche tu déposas/
Un baiser long comme ta vie/
Il faut avoir beaucoup aimé/
Pour pouvoir encore trouver/
La force de dire merci/

 

Il existe encore aujourd'hui/
Des gens qui vivent dans ton pays/
Et qui de ton nom se souviennent/
Car l'océan parle de toi/
Les vents du sud portent ta voix/
De la forêt jusqu'à la plaine/
Ton nom c'est plus que l'Acadie/
Plus que l'espoir d'une patrie/
Ton nom dépasse les frontières/
Ton nom, c'est le nom de tous ceux/
Qui, malgré qu'ils soient malheureux,/
Croient en l'amour et qui espèrent.../

Évangéline, Évangéline.../
Évangéline, Évangéline.../

http://www.Indigo.net/Evangelint.htm 

 

Daniel Robichaud fournit dans Le Cyber Acadien d’intéressantes informations sur le sujet :

http://www.cyberacadien.com/?p=40 

 

L’histoire se poursuit toujours avec cette chanson récente fort bien interprétée par Les Amies Louisianaises :

http://cdbaby.com/cd/lalouisianaises  

 

La magie d'Évangéline (The Magic of Evangeline.  David Émile Marcantel-John S. Smith, Jr.  Musique Acadienne Pub. Co. BMI and Pocahontas Music BMI).

 

Un jour d'automne sur la côte de l'Acadie/
Les navires faisaient voile vers l'horizon/
Vers la mort et les brouillards de l'oubli/
Vers le silence de la déportation/

 

Refrain:
Évangéline, Évangéline/
Tu as fait renaître toute une nation/
Évangéline, Évangéline/
Par la magie de ton nom, Évangéline/

 

Les enfants de ce grand dérangement/
Oubliaient qu'ils étaient une seule famille/
Jusqu'au jour qu'un poème dans le vent/
A sonné le réveil de l'Acadie/

 

Devant l'église à Saint-Martin et à Grand-Pré/
Tes statues veillent sur nous comme anges gardiens/
Pour nous inspirer et assurer/
Que l'on naisse et que l'on meure Acadiens/

 

On va rester Acadiens, Évangéline/
Une seule famille pour toujours, Évangéline/

http://musiqueacadienne.com/devangeline.htm 

 

Le roman

 

Enfin, Pauline Gill transforma le poème en roman : Évangéline et Gabriel – La plus grande histoire d’amour d’Amérique, Lanctôt éditeur, 2007, 425p : http://www.ledevoir.com/2007/06/09/146750.html 

 

La romancière donne à ses héros des noms plus adaptés à la réalité acadienne d’alors, car ses recherches lui ont appris qu’au moment de la déportation il n’y avait ni de Lajeunesse ni d’Évangéline en Acadie : dans le roman, Évangéline Bellefontaine dite Labiche aura pour mère Marie-Ange Forest, fille de Joseph et de Madeleine Maillart; Gabriel ne sera plus Lajeunesse, mais Melanson.  Les Melanson et les Forest furent des familles pionnières acadiennes.

 

Une phrase pour conclure

 

C’était ma manière de contribuer à la connaissance de l’histoire d’Évangéline et de Gabriel; et, surtout, de donner accès à une édition en ligne, plaisante à lire, du poème américain que traduisit Pamphile Le May. 

 

CGagnon

 






 

 







 
 

 


 

 



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Visionner 1 - 5 de 7 Commentaires


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De: CGagnon
08/31/2008 12:58:31

Je joins au dossier Évangéline le texte de cette chanson de Lambert que chantait Julie Arel:


 


Julie Arel


ÉVANGELINE ET GABRIEL


(Lambert)


 


 


Ensemble ils avaient quarante ans


L'âge de voir venir le temps


Ils étaient beaux, ils étaient forts


Et ils s'offraient des mots d'amour


Qui les recouvraient d'or


 


Evangéline et Gabriel


Désiraient s'aimer jusqu'au ciel


De leurs jeunesses entremêlées


Et l'espoir semblait habiter


Ces êtres ensoleillés


 


Heureux ils voulaient vivre


À deux ils étaient ivres


Car ils s'aimaient


Et l'amour les chaviraient


 


Ils espéraient se marier


Aux premiers jours du mois de mai


 


Mais cet amour de tant d'éclat


N'aura jamais vu ce printemps


Ni les fleurs de lilas

Mais cet amour de tant d'éclat
N'aura jamais vu ce printemps


Ni les fleurs de lilas


 


Pourquoi ce jeu de chance


Pourquoi cette vengeance


Pour quel méfait


L'amour leur appartenait


 


Evangéline et Gabriel


Désiraient s'aimer jusqu'au ciel


De leurs jeunesses entremêlées


Et l'espoir semblait habiter


Ces êtres ensoleillés



De: Carole
01/25/2008 17:53:08

Merci Daniailes,

Je vous transmets ma version préférée

http://fr.youtube.com/watch?v=vbxvf2OflWk&feature=related

Bonne soirée à tous,

 

Carole



De: Daniailes
01/25/2008 11:16:57

Très belle hitoire que celle d'Évangéline - une légende.

Je vous laisse ici une vidéo de la chanson de Michel Conte, ici chanté par Carabella, une jeune chanteuse "non populaire". Le montage de photos qu'elle a fait est aussi représentatif de l'histoire des acadiens.

http://fr.youtube.com/watch?v=--OtEOozUuY&feature=PlayList&p=5ACD61ED2764B0D2&ind ex=8



De: Carole
01/23/2008 21:07:06

Pour Philippe,

Merci beaucoup de me faire connaître la première version de la chanson Évangéline que je ne connaissais pas... Cependant, je préfère la seconde version, puisqu'elle me parle de l'histoire... l'histoire de mon ancêtre... le notaire René LeBlanc qui a voulu défendre les siens, par les pourparlers et des écrits que j'ai d'ailleurs retrouvés dans mes recherches...

Merci beaucoup,

 

Carole



De: Philippe
01/23/2008 20:58:26

Évangéline

http://gauterdo.com/ref/index.html

Par Philippe

 




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