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Souvenirs de ruelles
Ajouté le 02/09/2008 10:22:40 par lisejolin

Refuges pour les uns, témoins des premières amours de plusieurs adolescents ou terrains de jeux pour les autres,  nos ruelles ont été le théâtre de beaucoup de beaux moments de notre enfance. C’était un endroit plein de vie où tout bougeait…

Apparaissant au 19e siècle dans le quartier de la bourgeoisie anglophone, les ruelles se répandent dans les quartiers populaires
pour répondre aux problèmes de livraison et d’entreposage du charbon et du bois.   

À l'origine, elles sont aménagées afin de permettre l'accès aux arrière-cours puisque les maisons étaient construites en rangée. À une certaine époque, on y circulait surtout à cheval, pour effectuer les diverses livraisons: charbon, lait, pain et divers autres produits.
 

Les marchands circulaient chaque jour dans nos ruelles avec voiture et cheval, et  énuméraient en chantant la liste des produits qu'ils offraient à la vente
 



Les avez-vous vus passer?    … 
Les Entendez-vous?     Écoutez bien! 


«… fraises, on a des belles fraises à vendre…  des concombres, des choux, des carottes, des navets, des patates... On a des belles fraises à vendre...».   -  Quand j’y pense, il devait bien se soulager à quelque part! Où, quand et comment pouvaient-ils se laver les mains. Je comprends maintenant pourquoi maman nous disait de toujours laver nos fruits et légumes avant de les consommer.  

«Des guenillllles à vendre... des guenilllles à vendre... des guenilllles à vendre...»
.  -   Mal habillé, pas rasé, il  semblait souvent sale, ce qui lui valait des surnoms car son cheval avait meilleure allure que lui.  Souvent la risée des enfants,  guenillou était souvent la risée des enfants mais il était en même temps très serviable auprès de nos parents.  Il débarraisait les familles de leurs “vieilleries” en .échange de quelques sous ou produits utiles. Était-il, ce qu’on appelle aujourd’hui un sans-abri?  Peut-être pas! nul n’a pu me le dire mais il occupait une place importante de nos ruelles. 

«Ice, d'la glace, dix cennes le morceau... Ice, d'la glace...».   -  
Dans son gros camion, le marchand de glace conservait  ses blocs de glace dans du brin de scie. Avec ses grosses pinces, il prenait un gros bloc qu’il rapetissait quelques fois avec un pic, puis  venait ensuite le déposer dans la glacière à maman qu’on avait sur la galerie.  

« … gue ling, gue lang et tinte la clochette, »
  -  Un vieux monsieur poussant une vieille carriole arrivait, c’était l’aiguiseur de couteau.  On voyait nos mamans sortir de la maison en apportant couteaux et ciseaux afin qu’il puisse les affûter.  Lorsque notre aiguiseur avec fini avec eux, je peux vous assurer que nos outils étaient devenus bien tranchants. 

« … et les papotages de ruelle »  -
   On pouvait entendre d’innombrables conversations et commérages de passerelles, d’une cour à l’autre :
-         Bonjour Madame Z, comment va votre mari ce matin, j’espère qu’il prend du mieux?”
-         Imaginez-vous donc…
-         Et votre Luc?  Comme ça il a réussi ses examens à l’université!
-         Avez-vous entendu dire ce qu’à dit Mme X à propos de 

Il y avait aussi beaucoup de cordes à linge qui traversaient de l’autre côté de la ruelle. Si une de celles-ci était trop basse, il n’était pas rare de voir des draps soigneusement lavés qui nettoyaient à leur tour les camions des vidangeurs. Je n’ai jamais compris sachant cela,  comment les ménagères pouvaient ne pas y faire plus attention!
 

Les clôtures étaient en ce temps-là toutes faites de bois. Parfois des planches ajourées nous laissaient percevoir ce qu’il y avait derrière, un petit
jardin, une balançoire. Ces petits trésors cachés nous dévoilaient un peu l’intimité des gens qui nous entouraient.  

« Si vous aviez pu voir ce qui se cachait dans le hangar en bas de chez nous, vous auriez devinez tout de suite le métier de l’ancien propriétaire. À l’achat de la maison, mon mari a découvert dans le hangar… des pierres de granit. Et oui! le monsieur était graveur de pierres tombales. Je crois même que lorsqu’on a  vendu la maison, elles devaient y être encore. »
 

Et que dire des poubelles!  En ce temps-là nos ruelles servaient aussi pour le ramassage des vidanges mais pas seulement par les camions.  Si on pense aujourd’hui qu’on a inventé le recyclage que dirait-on de ceux qui faisaient déjà les poubelles.  J’ai moi-même ramassé chez un voisin, une petite table de téléphone mais c’est mon conjoint qui a travaillé pour enlever la rouille et la  repeindre. Il a aussi rembourré le dossier et le siège mais  vous devriez la voir encore aujourd’hui, après 30 ans, elle est toujours comme neuve. 
 

Chez nous, un escalier de bois, droit, partait de la ruelle et longeait le hangar jusqu’à une passerelle défraîchi.  Peu de temps après notre mariage, l’escalier et la passerelle ont été remplacé par du fer forgé, c’était quand même plus prudent avec les enfants à venir. Notre maison faisait face à une seconde ruelle et de ma galerie du deuxième, je  pouvais surveiller ma fille qui commençait seulement à sortir seule de la cour.  Elle pouvait enfin faire du vélo en se sentant un peu plus libre.
 

Qui des gens des villes n’ont pas joué dans ces endroits merveilleux de notre enfance? Nos jeux nous y réunissaient  pour jouer à la marelle, au ballon-chasseur ou pour sauter à la corde.  
 

Aujourd’hui, de nombreuses ruelles constituent  une partie du Montréal fleuri
.  -  Il y a quelques années, le gouvernement provincial a largement encouragé l'embellissement de ces petites voies d'accès et on a procédé à la démolition de nombreux hangars en bois, source de bien des incendies. Les anciennes clôtures aussi, pour la plupart en bois, ont fait place à des clôtures de broches et plus aucun secret ne se cache dans les cours. 

Certaines ruelles du quartier Rosemont, ont conservé leurs hangars ainsi que leur charme d’antan.  Si vous avez encore l’occasion de flâner dans une d’elles,  une chose n'a cependant pas changé avec les années: les ruelles demeurent très souvent le terrain de jeux des enfants!
  


Pour lire à ce  sujet :
http://www.maisoninternationaleduconte.com/activites.html
http://leplancherdesvaches.over-blog.net/article-14483839.html

http://genealogie.planete.qc.ca/user/Micheline/blogs
(article de Micheline: Livreurs et Colporteurs)


Lise Jolin
 

Mots-clés: Marchands Jeux



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: germaine21
02/09/2008 16:37:35

  J'ai bien aime votre article sur les ruelles.Je n'ai pas connu ça mais j'en ai vu chez ma belle-soeur.Que de bons souvenirs.

Merci pour ce clin d'oeil.

            &nb sp;            Germaine 21
 







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