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Les Atkinson à St-Romuald (Lévis) : Notes intimes
Ajouté le 11/26/2008 10:02:15 par CGagnon

Les Atkinson à St-Romuald (Lévis) :  Notes intimes

 

 NOTES INTIMES

 

 M. Stewart Atkinson (prénommé William Stuart dans le précédent article, Les moulins Atkinson) habitait autrefois une grande maison (jaune), près de la résidence Gravel qu’occupent aujourd’hui les Frères Marianistes, et près de la ferme Atkinson (…).

 

Il avait engagé comme bonne une petite canadienne-française, Mlle Rachelle (?) qui resta 14 ans à son service, c.à.d. jusqu’au départ de M. Stewart pour Québec le 29 sept. 1944.  Alors, Mlle Rachelle... devenue Mme Wellie Cadoret, s’établit à New-Liverpool, et c’est d’elle principalement, que nous tenons les quelques détails qui vont suivre.  Détails tout intimes, il est vrai, mais qui ne manquent pas de saveur et qui nous aideront à mieux connaître l’histoire de notre île.

 

Entrée au service de M. Stewart Atkinson en 1930, Mme Cadoret demeura donc 7 ans près des Gravel, et sept ans à la Pointe Atkinson.  Ce qui lui valut de déménager ici sur la Pointe, ce fut, en 1936, la mort de M. Donald Atkinson (Donald Cambron Thompson Atkinson), frère de Stewart.  Mme Donald Atkinson continua d’habiter la maison St-Michel pendant un an, puis Stewart vint en prendre possession avec son épouse, ses 3 fils et sa servante.

 

Mme Cadoret conserve un souvenir ému de M. et Mme Atkinson, et de leurs trois grands garçons, dont deux jumeaux (les trois dépassent aujourd’hui la vingtaine).  Tous gens très polis.  Jamais un mot plus haut que  l’autre à mon adresse.  Ils me parlaient toujours en français, malgré mon désir d’apprendre l’anglais...

 

Madame touchait le piano en artiste, et les trois fils chantaient admirablement bien.  Les soirs de Noël surtout, c’était plaisir de les entendre chanter nos cantiques, en français, s.v.p.

 

“Le dimanche, ils mettaient leur voiture-automobile à ma disposition pour me permettre d’entendre la messe.  Ils se seraient même fait un scrupule s’ils m’avaient empêché de satisfaire régulièrement à mes devoirs religieux”.

 

Eux-mêmes assistaient aux offices religieux de leur temple sur la Côte-Rouge, à Sillery, ou à l’église anglicane de la rue Saint-Jean (Québec).  Comme tous bons protestants, ils ne se permettaient guère autre chose que de lire, le dimanche.  Les grands garçons, eux, auraient préféré de beaucoup la balle ou le ballon, mais le puritanisme anglican condamnait les sports le dimanche.

 

Mais voilà!  On se sépara. Si tout allait pour le mieux, extérieurement du moins, il n’en était pas de même dans l’intimité de la famille, puisque Mme Cadoret sut un jour par le Petit Journal de Montréal que M. et Mme Stewart Atkinson allaient bientôt se séparer.

 

Pas possible!  s’exclame la brave Rachelle.  Non, ce n’est pas possible!  Mme Atkinson, une si brave personne!  Mais il fallut se rendre à l’évidence lorsque Mme Atkinson elle-même confirma la nouvelle de son prochain départ pour Montréal.

 

Elle emmenait les trois garçons — la loi l’y autorisait d’ailleurs — et permettait à Rachelle de demeurer avec M. Stewart.

 

Pauvre Stewart!  Le voilà seul maintenant.  Heureusement que ses trois fils viendront passer les vacances avec lui.  Quant à Madame on ne la reverra plus à Saint-Romuald.

 

Ajoutons ici que madame Atkinson, appartenant à une famille de millionnaires, n’était guère habituée aux mille sacrifices qu’exige la vie conjugale.  D’autre part, M. Atkinson lui-même, étant le bébé de sa famille, avait toujours fait ses quatre volontés, dans son enfance.  A la fin, un tel ménage devait nécessairement mal tourner.

 

M. Stewart recourait parfois aux liqueurs alcooliques pour chasser l’ennui.  Les gens de St-Romuald le voyaient alors circuler à toute vitesse à travers la ville, ou encore enfourcher une bicyclette, ou enfin se rendre au garage, à cheval, et réclamer... 10 gallons de gaz.  Alors on murmurait dans l’entourage: “Stewart est chaud… »

 

 

Mariage de Rachelle

 

 Quand Rachelle épousa M. Cadoret... Stewart revêtit ses habits de fête et s’en fut à l’église paroissiale où il assista dévotement à la messe comme l’aurait fait un fervent catholique. Après la messe, il tint compagnie aux nouveaux mariés tout l’avant-midi, leur déclarant tout bonnement:   “J’ai déjà assisté à bien des mariages de gens haut huppés, mais je ne me suis jamais amusé autant que chez vous!”

 

M. Cadoret travaillait aux chantiers maritimes de Lévis.  Après son mariage avec Rachelle, il aurait dû, normalement, se chercher un loyer à St-Romuald, mais Stewart poussa la condescendance jusqu’à leur dire:  “Un de plus dans la maison, ça ne paraitra pas.  Tu vas rester ici avec ta Rachelle.”

 

M. et Mme Cadoret occupèrent dès lors les appartements situés juste au-dessus de la cuisine (…).

 

 

La visite de M. le Curé

 

À quelque temps de là, M. le Curé visitait ses paroissiens.  Quand Stewart l’apprit, il appela sa bonne:  “Rachelle, j’aimerais ça, moi aussi, recevoir la visite de votre pasteur.  Quand il viendra vous voir, introduisez-le au salon et… payez-lui la traite!”

 

Grands dieux!  Introduire M. le Curé au salon ça va, mais lui payer la traite, cela, non, la brave Rachelle ne saurait jamais se le permettre.  Tout de même, devant l’insistance de M. Atkinson, il fallut céder...

 

Et c’est ainsi que M. le Curé Dupont goûta aux vins et aux cigares de M. Stewart Atkinson.  Après une bonne demi-heure d’entretien, le patron manda son chauffeur et tint à accompagner lui-même M. le Curé jusqu’au presbytère.

 

 

Divers

 

 Le “chauffeur” de M. Stewart s’occupait également de tondre les gazons.

 

 

Mme Atkinson (Henry Crawford Atkinson)

 

 Mme Atkinson (Mme Henry) mourut vers janvier 1939. Trois servantes et une garde-malade s’affairaient constamment autour de madame.

 

Tout le temps qu’elle le put, madame s’accordait chaque jour une petite promenade à cheval sous les sentiers ombreux de sa propriété.  A l’heure dite, l’écuyer s’amenait devant la grande maison de madame avec deux superbes chevaux noirs.  Mais avant de monter en selle, madame promenait un mouchoir de soie sur la croupe des bonnes bêtes et, s’il s’y trouvait un peu de poussière, elle ordonnait d’un geste, de les ramener â l’écurie pour les étriller mieux que ça.

 

 

Prêtresse

 

 Mme Atkinson affectionnait beaucoup son temple de la Côte-Rouge. Elle en était devenue en quelque sorte la prêtresse, puisque c’est elle qui s’occupait de décorer le temple, d’apporter ou de ramener des ornements liturgiques, etc.

 

Mme fut enterrée au cimetière protestant d’Aubigny Church, à Lévis.

 

 

Moulin

 

 Le moulin fut démoli en 1935. Et comme les machines étaient démodées, elles durent être vendues comme simple fer de rebut (scrap).

 

Qui donna le coup de grâce à la Cie Henry Atkinson?  Un certain Davidson qui jouait à la bourse, qui ne se gênait pas pour confondre ses intérêts avec ceux des Atkinson et qui finit par se donner la mort à Montréal.

 

Aux jours prospères, on ne chargeait pas moins de douze barges de bois par marée.  L’écurie, beaucoup plus grande que celle d’aujourd’hui, abritait une vingtaine de chevaux.  Tous des gros: 1600 â 1700 livres, et gras dur!

 

Ces chevaux servaient principalement à charroyer le bois qui descendait par le C.N.R. des moulins Scott à la gare, et puis de la gare à la Pointe.

 

Un certain M. Giroux (…) s’occupait de l’entretien des chevaux.

 

Principaux survivants: - M. Jos. Matte.     St-Romuald.

 

            &nb sp;                         - Barbier Lambert

 

            &nb sp;                         - M. Malcolm Slater - agent d’ass.

 

Histoire de mon volume “St-Romuald”, cadeau du notaire Demers.

 

Les « foyers de la maison St-Michel » sont l’oeuvre d’un M. Pichette.  (Voir NOTE).

 

On connut jusqu’à 20 hommes pour s’occuper des parterres et jardins.

 

Retranscrit par RETROSPEC III, le 26 mars 82.

 

L. M.

 

 

 

NOTE :  S’agit-il du menuisier Louis Saint-Hilaire, dit Pichette, dont il est question dans le blogue Saint-Romuald, jadis le centre de l’art religieux au Québec, ajouté le 11/02/2008 16:46:53 par andregar, sur Planète Généalogie ?

 

 

Mots-clés: Atkinson Moulins St-Romuald



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: CGagnon
11/27/2008 16:23:49

Merci à M. Garant pour ses commentaires sur les blogues « Atkinson », spécialement pour sa référence à la « Publication de la Société historique de Lévis: No 14, été 1984 » et pour attirer l’attention sur l’abbé Demers :  « Un des spécialistes de l'histoire ancienne de Saint-Romuald est l'abbé-historien Benjamin Demers (1848-1919), natif de Saint-Romuald: http://www.ourroots.ca/f/page.aspx?id=428883 ».  M. Demers est l’auteur de la monographie La paroisse de St-Romuald d'Etchemin, avant et depuis son érection.


 


 Ces textes offerts en blogues auraient en effet besoin de développements, d’explications et de corrections.  Par exemples :


 


Qu’est-ce cette « maison St-Michel »?


Quelle est l’histoire des Marianistes à St-Romuald?


On parle de « moulins ».  Il y en avait un grand, paraît-il, et un plus petit, je suppose.  S’il est écrit que « le moulin fut démoli en 1935 » (le grand ou l’autre?), il est probable que l’un d’eux l’avait été plus tôt.  En quelle année?


 


CGagnon

 







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