RÉSEAU PLANÈTE QUÉBEC : Planète Québec - Ma Planète - Planète Généalogie - Planète Cuisine
Bienvenue, identifiez-vous ou inscrivez-vous !
SIGNETS
29 369 122 données


Coffret 6 volumes des Trésors


Prix: 79.99



BLOGUES  
 
RSS
Pierre Hudon, Migrant
Ajouté le 07/22/2009 08:42:02 par Pilote_Qc

Voici la deuxième partie de mon cours de recherche 0101 pour généalogistes débutants. Il s'agit ici, d'étudier le magnifique travail de monsieur Paul Wyczynski, tiré de son ouvrage intitulé Nelligan (1879-1941), Biographie, vol. de 638 pages, publié chez Fides, en 1987. On disait, à ce moment là, que cette publication serait suivie d'un album Nelligan, et je cite [les deux livres sont en réalité deux volets d'un même ouvrage; ils se complètent l'un l'autre, ayant la même structure générale, la même division en chapitres; ils sont à consulter parallèlement.] col. [Le Vaisseau d'Or]. Par la suite plusieurs autres volumes seront ajoutés à cette collection... . Alors, comme il faut bien commencer quelque part, nous poursuivons notre étude de cas avec la branche maternelle du poète Émile Nelligan,soit la famille Hudon.

 

Au travail!


  

 

 Les Ancêtres maternels: Les hudon

 

 Il faut remonter à  1664  pour retrouver les traces de Pierre Hudon, le premier de cette famille à s'installer en Nouvelle -France, lointain ancêtre du poète Émile Nelligan. Le nom de Pierre Hudon figure dans le jugement du 3 avril 1664 du Conseil souverain de la Nouvelle-France:

 

 SUR LA PLEINTE faide en ce Conseil par Pierre Hudon seruiteur domestique du sieur Marsollet a raison des exceds commis en sa personne par le nommé S ~ Martin seruiteur domestique d'Abraham Martin Requérant prouision d'alimens et medicamens luy estre adiugés, Veu les informations faictes ce jourd'huy par le sieur de Tilly conseiller Commissaire en cette partie, le rapport de Jean Madry M ~ chirurgien en date de ce jour. LE CONSEIL a adiugé et adiuge au dict Hudon vne provision d'alimens et medicamens de la somme de vingt liures tournois sauf a lui estre pourueu de plus grande somme si faire ce doibt, au payement de laquelle dicte somme de vingt liures le dict sieur Martin sera contrainct par toutes voyes et rigueürs de justice Mesme par corps (24).

 

C'est donc à la suite d'une altercation avec un domestique répondant au nom de Saint-Martin que le jeune Pierre Hudon obtient gain de cause devant le Conseil souverain. Le jugement permet de constater qu'il est alors en service chez le sieur Nicolas Marsolet de Saint-Aignan, voyageur et commerçant, ami du Père Charles Lalemant, seigneur de Bellechasse et propriétaire d'une terre sur le coteau Sainte-Geneviève.

 

 L'explication que nous donnons sur l'origine de Pierre Hudon diffère de celle de Philéas Gagnon, reprise par Carl Beaulieu dans une intéressante étude sur les Beaulieu au Canada. Parmi les noms propres au Canada français, groupés et publiés par Gagnon dans le Bulletin des recherches historiques de mars 1909, on remarque celui de Pierre Hudon dit Beaulieu avec une référence à un acte notarié de l'Isle d'Orléans de  1661 où l'on trouve, toujours selon Gagnon, la signature [Pierre Houdon] cet homme devrait [être celui qui épouse Marie Gobeil] en  1676 (25). Or, l'orthographe du nom donné par Gagnon est fautive. Marcel Trudel, dans son  Terrier  du Saint-Laurent en  1663, a bel et bien démontré qu'il s'agit d'un Pierre Houdan [et non de Pierre Hudon ni de Pierre Houdon!] à qui, le 17 juillet 1661, le cultivateur Jacques Asseline de l'Isle d'Orléans [la seigneurie de Beaupré] a cédé à bail pour deux ans, une terre de deux arpents et demi (26). Deux ans plus tard, Pierre Houdan fait partie de la garnison du Québec sous le sobriquet  [Montigny], comme le confirme un autre jugement du Conseil souverain  (27). À la lumière de ces documents, il faut conclure que Pierre Houdan et Pierre Hudon sont deux personnes distinctes et que les premières traces de ce dernier en Nouvelle-France remontent à  1664.

 

 Le jugement du 3 avril 1664 infirme aussi la légende qui a longtemps entouré l'arrivée de Pierre Hudon en Nouvelle-France. En effet, certains généalogistes ont prétendu que  [Pierre Hudon était arrivé au Canada en 1665, en tant que soldat dans le régiment de Carignan, faisant partie de la compagnie du sieur de Granville (28)]. Ainsi, sans preuve aucune, associait-on son nom à la petite épopée de deux navires français, L'Aigle d'or et La Paix, qui, le  13 mai 1665, avaient quitté La Rochelle, pour faire voile vers la Nouvelle-France. Huit compagnies s'acheminaient alors vers Québec: le premier voilier avait à son bord les compagnies Salières, la Freydière, la Mothe et Grandfontaine; le deuxième navire transportait les compagnies la Colonelle, Maximy, Contrecoeur et Sorel. Le commandant de l'expédition, le colonel Henri de Chastelard marquis de Salières, faisait partie du contingent. L'Aigle d'or et La Paix accostèrent à Québec le 17 août 1665, acclamés par la population. Ce jour-là le régiment de Carignan débarqua au port de la vieille capitale. Toutefois, Pierre Hudon n'était pas parmi ces soldats. Le recensement de 1666 signale sa présence comme non habitant travaillant à Québec, à titre de boulanger (29).

 

Mais il est vrai par ailleurs que Pierre Hudon s'est enrôlé à Québec dans l'armée, probablement en 1667, toujours à la recherche d'une vie meilleure. Soldat, il fait partie de la compagnie commandée par le chevalier Hector d'Audigné de Grandfontaine [nom qu'on écrit aussi Grand Fontaine], le lieutenant François Prévost et l'enseigne Pierre Bécart de Granville. Cette unité en poste tantôt dans la ville de Québec, tantôt dans ses environs, est affectée surtout à la construction et à la solidification des fortifications (30). En examinant les noms, on remarque que presque chaque soldat avait un sobriquet. Cet usage était courant dans l'armée française afin de brouiller les traces d'un soldat: la famille bourgeoise ne voyait pas d'un bon oeil un de ses membres attaché comme troupier à quelque garnison. Il advenait ainsi que le sobriquet prenait plus d'importance que le nom véritable (31).

 

Pierre Hudon avait choisi comme sobriquet [Beaulieu], le nom de son village ancestral. Ses descendants allaient signer  tantôt Hudon, tantôt Hudon dit Beaulieu, tantôt Beaulieu. Ainsi, trois branches généalogiques prennent racine sur les bords du Saint-Laurent, et sont à l'origine finalement de deux grandes familles: les Hudon et les Beaulieu. À remarquer que le grand-père de Nelligan garde jusqu'à sa mort le nom de son premier ancêtre canadien enrôlé dans l'armée; il signait Joseph-Magloire Hudon dit Beaulieu.

 

Selon toute vraisemblance, Pierre Hudon naquit aux environs de 1649 (32). Nous établissons sa date de naissance  par déduc -
tion: le recensement de 1666 indique que le boulanger Pierre Hudon est âgé de 18 ans; l'acte de sépulture précise que ce cultivateur de Rivière-Ouelle est mort à 60 ans, le 25 avril 1710. Ces deux données sont évidemment approximatives. Originaire de Chemillé [autrefois arrondissement de Cholet, évêché d'Angers, aujourd'hui département de Maine-et-Loire], il fut baptisé en l'église Notre-Dame de cette localité. Son père s'appelait Jean Hudon, sa mère Françoise Durand. Son village ancestral, situé à 12 km au nord de Chemillé, portait et porte encore aujourd'hui - le nom de Beaulieu-sur-Layon (33). C'est une jolie région vallonnée, riche en vestiges d'Andécaves et de Huguenots, située à la frontière de l'Anjou et du Poitou. On peut supposer que les parents de Pierre Hudon se sont établis à Chemillé et qu'ils ont transmis à leur fils le goût de cultiver la terre. Cepenchant se concrétisera en 1668, lorsque le soldat se fera colon. Il est impossible de préciser les circonstances de son arrivée en Nouvelle-France; il n'est cependant pas exclu que ce soit Nicolas Marsolet de Saint-Aignan qui l'ait recruté lors d'un de ses voyages en France. Ce qui est certain, c'est qu'il est venu en Nouvelle-France très jeune.

 

À l'époque où le régiment de Carignan se trouve à Québec, l'intendant Talon  (34) planifie une grande expansion agricole. Le recensement de 1666 établit qu'il y a dans la colonie une population de 3 215 âmes [2 034  hommes et 1 181 femmes] réparties en 528 familles. On y distingue des [familles pauvres] et des engagés. Talon élabore et fait approuver par Colbert un système de colonisation sur les deux rives du Saint-Laurent. Il concède donc des fiefs et des titres, favorise le principe de peupler [de proche en proche, conformément aux desseins du roi. Avant de s'occuper des manufactures, il lui semble primordial de consolider la vie dans les rangs, de tracer des chemins, de construire des moulins et des magasins généraux, de fonder des paroisses, d'établir des villages. La terre de Talon aux Islets, sur la rivière Saint-Charles, sert d'entreprise modèle. Elle montre comment élever les bovins, les chevaux, les moutons, les porcs, comment cultiver le blé et le houblon. Le colon - simple aventurier ou ancien soldat - entrevoit en général son avenir avec enthousiasme dans l'immense espace de la Nouvelle-France: c'est un pays à conquérir.

 

 Le licenciement du régiment de Carignan fournit du même coup à Talon 762 hommes jeunes et forts, capables de défricher bien des champs et des pâturages (35). À ce moment, Pierre Hudon dit Beaulieu est âgé de 20 ans et se dit maçon. Il a probablement
appris ce métier en tant que soldat affecté, la plupart du temps, à la construction des fortifications. Il reste pendant quelque temps à Québec et ne cesse de rêver de devenir cultivateur: labourer son champ, bâtir sa maison et sa grange. Son désir se réalise d'une façon tout à fait inattendue. Au cours de l'été 1671, le bateau Saint-Jean-Baptiste amène à Québec Jean-Baptiste-François Deschamps de la Bouteillerie (36) avec 120 filles et 100 hommes parmi lesquels quelques maçons. Talon accueille avec joie ce gentilhomme de 25 ans et lui confie, le 22 octobre 1672, la concession de la seigneurie de Rivière- Ouelle. Le nouveau seigneur s'y rend peu de temps après et sept colons s'y mettent à l'oeuvre entre 1672 et 1676: Damien Bérubé, Robert Lévesque, J.-Galleran Boucher, François Dubisson, Pierre Daucosse, Jacques Thiboutot et Pierre Hudon dit Beaulieu (37). C'est le début de l'histoire de Rivière-Ouelle.

 

 Situé à deux jours en barque de Québec, sur la rive sud du fleuve en route vers l'Acadie, la région de Rivière-Ouelle forme une plaine parsemée de petits coteaux.

 

 Une partie de cette plaine forme une pointe dans le fleuve Saint-Laurent d'environ deux milles; c'est la région du quai
 de Rivière-Quelle. De chaque côté de cette prééminence, la [mer] a rogné la plaine profondément créant ce que les
 résidents ont appelé: l'Anse de Sainte-Anne la Grande Anse] et  l'Anse de Kamouraska. À marée basse, la mer se retire loin
 du littoral dans ces petites baies. Au centre de cette plaine croupit une savane marécageuse et inculte couvrant plusieurs  acres de terrain, savane que l'on est convenu d'appeler: la Grande Plaine ou la Tourbière (38).

 

 C'est précisément à cet endroit que commence, dans la huitième décennie du XVIIème siècle, la vie agricole des Hudon canadiens.

 

 La terre de Pierre Hudon dit Beaulieu se compose d'abord d'un lopin de terre situé entre le Roule-Billots et le fleuve, à l'endroit nommé l'Anse aux Iroquois: huit arpents de large et 42 de long. Cette concession, située tout près du domaine seigneurial, lui est officiellement concédée en  1676,  après une période d'essai. La même année, le 13 juillet, Pierre Hudon dit Beaulieu se marie à Québec avec Marie Gobeil et 12 enfants naissent de cette union (39).  Plus tard, en  1692, le colon achète les terres attenantes à la sienne, celles de Galleran Coucher et de feu Thiboutot. Il devient ainsi propriétaire d'un vaste terrain situé entre le fleuve et les terres de l'église (40). Il semble que le couple ait bien organisé sa ferme.

 

La vie des premiers colons à Rivière-Ouelle, parmi lesquels oeuvrent les Hudon, n'est ni facile ni exempte de danger.

 

 Ils arrivent avec leur hache, leur croc, leur fusil et grains de semence; quelques-uns ont quelques animaux: qui une
 vache, qui une couple de moutons ou des volailles. Cela débute par une besogne ardue. On abat sans ménagement tout ce qui   obstrue le terrain: les arbres sont jetés à terre, ébranchés, coupés en pièces. Les [billots] droits sont réservés à la    future demeure, pendant qu'on brûle les abattis et qu'on nettoie les déboisés de sa pierraille, des aulnes et arbustes. Au   printemps, sur ces cendres, on sème à la volée le blé, l'avoine, voire les légumes entre les souches encore dressées, un   hersage léger, et peut-être un premier enclos sommaire pour éviter que le semis soit écrasé (41).

 

 Tout en défrichant une lande, en construisant les bâtiments et les canots, on va à la pêche et à la chasse car souyent le colon doit se nourrir uniquement de poisson et de gibier. À force de travail, le censitaire s'affirme de jour en jour dans son fief primitif, n'ayant de compte à rendre qu'à son seigneur et à son curé et, parfois à un capitaine de milice en tournée d'inspection. En 1690, Pierre Hudon prend part à la lutte contre les Bostoniens de Phipps en route vers Rivière-Ouelle. Le secret de la réussite de Pierre Hudon dit Beaulieu semble relever de sa propre initiative. Instinctivement son âme se façonne à la grandeur de la majestueuse nature qui l'entoure. De nombreux enfants assurent à l'entreprise agricole l'expansion et la continuité.

 

Cinq générations de Hudon se succèdent à Rivière-Ouelle avant d'arriver en ligne directe à Joseph-Magloire Hudon, le grand-père du poète Émile Nelligan. Le huitième enfant de Pierre Hudon dit Beaulieu, Nicolas [né le  25  mai  1691, décédé le 14 septembre 1756] se marie avec Madeleine Bouchard le 27 novembre 1713. Le couple a 11 enfants. Leur fils aîné, Joseph [né le 1er mai 1716] épouse, le 5 avril 1742,  Marie-Madeleine Langlois. Son fils Pascal [né le 27 juillet 1752, décédé le 2 juin 1834], se marie avec Marie-Anne Hudon [fille de Joseph Hudon et de Marie Ouellet] qui lui donne cinq enfants: Joseph, Salomée, Marie-Josephte, Pierre-Paul et Paschal, d'après l'orthographe sur l'acte de baptême établi par l'abbé Bernard Canet, ce dernier est l'arrière-grand-père de Nelligan. Né le 6 avril 1784 à Rivière-Ouelle, Paschal, comme son père d'ailleurs, prend part à l'organisation de la paroisse dont l'église Notre-Dame-de-Liesse est construite par le curé Claude Canet, futur coadjuteur de Mgr Plessis. Il se marie à la Pocatière, le  22 février 1813, avec Marie-Victoire Gagnon dont il a six enfants. À cette époque les Hudon sont devenus relativement nombreux et plusieurs d'entre, eux quittent le village natal, à la recherche de nouvelles terres. À quelques exceptions près, tous sont cultivateurs, [habitans], comme on disait alors (42).

 

 Le grand-père de Nelligan, Joseph-Magloire Hudon, appartient donc à la sixième génération de cette branche. Né à Rivière- Ouelle, le 13 juin 1821, troisième enfant de Paschal Hudon et de Marie-Victoire Gagnon, il a cinq frères: Pascal, Thomas-Bruneau
Noël, Louis-Cyprien, Louis-Rodolphe (43). Le vicaire Labelle rédige ainsi son acte de baptême:

 

 L e  treize ju i n mil huit cent vint un je prêtre vicaire soussigné ai baptisé Joseph Magloire né le même  jour du
 légitime mariag e de Paschal Hudon dit Beaulieu, cultivateur et de Marie-Victoire Gagnon. Le parrain a été Pierre Paul
 Hudon dit Beaulieu  et la marraine Marie Josephte  Case, sa femme, oncle et tante de l'enfant qui ne savent signer ce
 requis. Le  père absent (44).

 

L'écriture n'était pas le fort de ces colons assujettis à la hache et à la charrue. Plus tard, comme pour résumer cette période besogneuse des pionniers, on écrira dans les armoiries de Rivière-Ouelle cette devise combien expressive: [Labeur et valeur] (45).

 

Joseph-Magloire  Hudon aurait dû labourer le champ sans savoir ni lire  ni écrire,  mais le destin en avait décidé tout  autrement. Depuis 1825, Rivière-Ouelle possédait son  école paroissiale aux  programmes très modestes. C'est une réussite
certaine si l'on pense aux rares enseignants de passage qui, avant cette date, étaient venus dans les rangs pour montrer à  lire et à chanter à quelques enfants intéressés. Joseph-Magloire suit donc un cours élémentaire à l'école de la fabrique, il semble que l'élève s'acquitte bien de ses tâches puisque le curé Pierre Viau l'encourage à continuer ses études, il entre donc, le 16 septembre 1834, au Collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière, fondé par l'abbé Charles-François  Pinchaud en 1827, il quitte cette institution le 12 août 1841, avant de terminer sa dernière année, appelée alors la [philosophie senior (46)].

 

Le collégien se rend à Québec en 1842 pour y étudier le droit, pendant quatre ans, dans la célèbre étude de Dunbar Ross,
59, rue Saint-Louis (47). C'est le début de l'époque de l'Union. Les souvenirs de la Rébellion de 1837-1838 sont encore très vivaces dans l'esprit des gens. Le jeune étudiant vit profondément ces événements, réfléchit sur leur signification et collabore au journal populaire et littéraire, L'Artisan (48), animé par James Huston, Charles Bertrand et Stanislas Drapeau. Une lettre de son professeur, l'abbé François Pilote, relative à la vocation de L'Artisan et à la distinction qu'il convient de faire entre l'instruction et l'éducation, en est la preuve (49). L'activité sociale de Joseph-Magloire Hudon [qui signe aussi à l'époque Joseph Hudon], semble être tout à fait remarquable. Son ami intime, Guillaume Talbot, garde de cette époque un souvenir significatif:

 

 Il y avait alors à Québec un assez bon nombre de jeunes gens parmi les étudiants de professions libérales qui aimaient les  lettres. Leurs écrits éveillèrent l'attention publique. Ils avaient formé une [société de discussion], et se réunissaient chaque semaine dans le but de s'instruire; il s'agissait dans ces discussions d'histoire, de sciences, de philosophie et plus souvent de jurisprudence. M.-Hudon était l'un des plus assidus aux réunions. Là comme au barreau, plus tard, il se faisait remarquer par sa  didactique serrée. Il s'y distinguait surtout par un jugement sûr et utile, une critique juste, mais toujours pleine de réserve et bienveillante! Il Y avait parmi cette société des hommes qui se sont depuis distingués, tels que l'hon. Chauveau, président du Sénat, les hon. juges Tessier et Casault, J.-c. Taché, et tant d'autres (50).

 

 Dans la société autant que dans l'étude de Dunbar Ross, Joseph-Magloire Hudon brille par son intelligence. Il est admis au barreau le 17 octobre 1846 (51) et exerce aussitôt sa profession d'avocat, d'abord comme associé d'Aurèle Plamondon (52) [premier président de l'Institut canadien], 12, rue Saint-Pierre, ensuite seul, au numéro 38 de la même rue (53).

 

 À cette époque, la ville de Québec compte 68 avocats dont à peu près la moitié sont canadiens-français. On ne peut dire que l'étude de Joseph-Magloire Hudon est vite florissante. On vit plutôt dans l'attente de jours meilleurs. Le 21 janvier 1850,  le jeune avocat se marie avec Émilie Julie Morissette, fille d'un commerçant de Saint-Roch de Québec. Le contrat de mariage, signé à Québec devant le notaire Jean-Baptiste Pruneau et son associé, stipule qu'il [n'y aura point de communauté de biens (54)]. Le lendemain, la messe nuptiale est célébrée en l'église Saint-Roch (55). Vers la fin de 1850, les nouveaux mariés s'installent à Kamouraska. Le jeune avocat réalise ainsi son rêve de retourner au pays de ses aïeux.

 

Joseph-Magloire Hudon avait de bonnes raisons d'aller vers le bas du fleuve. La colonisation progressait rapidement aux abords de la route vers Rimouski. À Kamouraska, dont le site est géographiquement joli et historiquement légendaire (56), il n'était pas loin de Rivière-Quelle. Mais surtout, l'endroit venait d'être choisi comme chef-lieu de la Cour supérieure (57). Autrefois, pour les causes majeures, les comtés de Kamouraska et de Rimouski relevaient du pouvoir judiciaire de Québec. En juillet 1850, le menuisier Frédéric Tremblay commença la construction d'un nouveau palais de justice. La nouvelle Cour supérieure s'y installe en octobre 1851. Pour un jeune avocat comme Joseph-Magloire Hudon cet événement est de bon augure. Il pense trouver un appui précieux dans la personne du juge J.-André Taschereau (58).

 

 L'arrivée de Joseph-Magloire Hudon à Kamouraska coïncide avec la fin du séjour du curé Joseph-Honoré Routhier, oncle de l'écrivain et futur juge Adolphe-Basile Routhier. Le jeune avocat trouve un ami dévoué en son successeur, l'abbé Nicolas- Folentin Hébert. Le curé de l'église Saint-Louis-de-France est également l'habile organisateur de la Société de colonisation de l'Islet et de Kamouraska [appelée aussi société de Monsieur Hébert]. L'avocat Hudon prendra part à ce développement. Le  27 juin 1854, le curé Hébert baptise son premier enfant, Joseph Adolphe qui mourra en bas âge. Il bapqsera deux autres de ses enfants: le 5 mai 1856, la future mère d'Émile Nelligan, Marie Émilie Amanda, née la veille, et le 1er juillet 1857,  Joseph Édouard, né le 30 juin. Le parrain de Marie Émilie Amanda est Georges Lebel, écuyer avocat, et la marraine,  demoiselle Aglaé Lebel (59). Le mode de vie des Hudon est celui de la petite bourgeoisie de l'endroit, composée d'avocats,  de notaires, de médecins et de marchands.

 

 Entre 1850 et 1860 la colonisation sur la rive sud du Saint-Laurent progresse rapidement vers l'est: Fraserville [Rivière-du-Loup], Cacouna, Rimouski. Sur les anciennes terres des  Malécites, des Micmacs et des Abénakis surgit une nouvel- le civilisation dont les Cabot, Cartier, Roberval, Champlain avaient tracé les  premiers sentiers, mais où les seigneurs - Au gustin Rouer, sieur de la Cardonnière, René  et Pierre  Lepage, Joseph Drapeau - posèrent des jalons durables pour le développement agricole  et industriel aux abords des rivières Hâtée et Rimouski. Dans les années 1850, le port de Refuge et la voie de l'Intercolonial ouvrent un chemin vers Matane. Des colons affluent vers Rimouski [dont le nom, selon les linguistes, vient de la langue des Micmacs et veut dire  [rivière de chien], [maison de chien (60)] et la paroisse Saint-Germain,  qui comptant, en 1851, 3 653 âmes, aura en 1858 deux paroisses-soeurs: Saint-Anaclet et Saint-Mathieu. Au dire du chanoine
Léo Bérubé, le village de Rimouski n'avait, en 1860, qu'une cinquantaine d'habitations échelonnées le long d'une seule rue,  le Chemin du Roy. [On y trouvait un couvent de religieuses, un palais de justice en construction, mais pas encore d'évêché,  ni d'hôpital, ni de séminaire (61).] Or, en 1857, Saint-Germain de Rimouski est désigné comme cadre administratif pour le territoire  couvrant le bas Saint-Laurent et la Gaspésie.

 

 Pour Joseph-Magloire Hudon s'offre ainsi une nouvelle possibilité. En 1858, il prend le chemin de Rimouski. La Cour supé- rieure y est présidée par l'honorable Jean-Thomas Taschereau, frère de Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau [futur cardinal];
Magloire Derome y est protonotaire. Joseph-Magloire Hudon agira comme membre du barreau, en compagnie de Me Auguste Michaud. En 1859 commence la construction d'un nouvel édifice qui abritera dès 1862 le palais de justice et la prison (62).

 

Joseph-Magloire Hudon est décidé à faire fortune à Rimouski, dans cette localité en forme d'amphithéâtre qui grandit au bord du fleuve. Sa demeure  est au premier  rang, donc près de la rue Saint-Germain; son bureau d'une pièce, loué chez le notaire
Désiré Bégin, se trouve rue des Avocats [l'actuelle rue de la Cathédrale]. Depuis 1858 son nom figure sur la liste des avocats de Rimouski. Il prend une part active à l'achèvement de la construction de la quatrième église de la paroisse Saint-Germain qui, terminée en 1862, devient la cathédrale de Rimouski avec Mgr Jean Langevin comme premier titulaire. Le 5 avril 1869 a lieu l'incorporation de la ville de Saint-Germain de Rimouski. La première réunion du conseil municipal se tient dans la salle des audiences du palais de justice le 10 mai 1869. L'avocat Joseph-Magloire Hudon est élu maire. Pendant quatre ans, il s'appliquera à organiser cette nouvelle municipalité en compagnie de ses conseillers, Fernand-Fortunat Rouleau ,avocat, Jean-Théophile Couillard, marchand, Louis-Antoine D'astous, marchand, Germain Langis, cultivateur, Louis Fournier, cordonnier, Tobic Michaud, peintre. Le nouveau maire fait adopter plusieurs règlements qui contribuent grandement à l'essor de la ville (63). Le maire est aussi président de la première Société Saint-Jean-Baptiste de cette localité.

 

 La famille de Joseph-Magloire Hudon grandit rapidement. Entre 1858 et 1864 quatre enfants naissent: Elmina, Ernest-Arthur, Ernest-Édouard et Marie Laure Henriette (64). Mais aux cris de joie succèdent souvent pleurs et chagrins: tous les enfants de Joseph-Magloire Hudon meurent en bas âge, excepté Émilie, Joseph Édouard et Elmina; en 1871, ceux-ci sont âgés respectivement de 14, 13 et 12 ans. À cette époque, le maire de Rimouski possède, en dehors de la ville, 623 arpents de terre répartis comme suit: 400 arpents [occupés], 170 arpents [améliorés], 50 arpents en pâturage et trois arpents en verger jardin. De plus, il est propriétaire d'un arpent de terre à l'intérieur de la ville. Il est propriétaire de deux maisons et de deux écuries. Il dispose de trois voitures, d'une charrette, d'un chariot et d'un traîneau. Si la ferme ne produit pas encore autant qu'on le voudrait, elle contribue cependant grandement au bien-être de la vie quotidienne (65).

 

En apparence, la situation économique de la famille Hudon paraît bonne. Elle devrait même être jugée excellente si l'on sait que les Rimouskois de 1871 - 162 maisons, 191 ménages dans les limites de la ville - exploitaient en tout 11 223 arpents de terre dont un vingtième appartenait à Joseph-Magloire Hudon. En réalité, ces chiffres sont trompeurs. Le maire est fort endetté. Son bureau d'avocat lui donne du prestige, mais non pas les revenus escomptés. À l'époque, on le sait, l'avocat et le médecin n'étaient pas toujours payés en espèces sonnantes: la population en général n'était pas riche et payait souvent [en nature] ou pas du tout.

 

 Au printemps de  1871, une épidémie de fièvre typhoïde ébranle fortement la petite communauté de la ville de Rimouski. Le maire et sa femme ne sont pas épargnés et vont se ressentir longtemps des effets néfastes d'une maladie qui devait réapparaître l'année suivante.

 

Le 20 septembre 1873, la nouvelle de la mort subite du maire de la ville de Saint-Germain de Rimouski se répand comme une traînée de poudre, semant partout l'étonnement et la consternation. Réuni en séance  extraordinaire le 22 septembre sous la présidence de F.F. Rouleau, le conseil municipal croit devoir exprimer le vif et universel chagrin causé par la mort de J.-M. Hudon, écuyer, C.R. et maire de cette  ville, et se joint de tout coeur aux sentiments de condoléance exprimés dans les résolutions des membres du barreau et officiers de justice, adoptées ce jour et actuellement communiquées à ce Conseil et que les membres de ce Conseil porteront le deuil pendant un mois (66).

 

Les funérailles ont lieu le mardi matin 23 septembre, devant une nombreuse assistance. Le service solennel est chanté par le vicaire général, l'abbé Edmond Langevin. L'évêque du diocèse de Rimouski, Mgr Jean Langevin préside la cérémonie. On loue les qualités du défunt: esprit éclairé, jugement sûr et nuancé, noblesse de coeur, élévation d'âme, imagination brillante. Le rédacteur du Courrier de Rimouski, H.-Z. Duberger, ne craint pas de brosser ainsi le portrait moral du disparu:

 

 Il se montre invariablement homme d'un commerce facile, agréable et sûr, indulgent envers les torts, [...] d'un coeur bienveillant et ce que tout le monde ne sait pas, d'une charité réelle mais discrète en faveur du pauvre. À ces divers titres que l'on ne peut contester à sa mémoire, M. Hudon représentait en lui le citoyen parfait et le chrétien exemplaire  (67).

 

 Tous les témoignages concordent sur un fait: Joseph-Magloire Hudon a été un avocat respecté et un maire dévoué, aimé de ses concitoyens, de sa femme et de ses enfants.

 

 L'inventaire après décès des biens de Joseph-Magloire Hudon, écuyer, avocat et conseiller de la Reine, marié avec Émilie Julie Morissette sous le régime de la séparation, permet de constater que le défunt possédait, en  1874, trois terres en dehors de la ville d'une superficie de quelque  270  arpents, et une terre dans la ville de Saint-Germain de Rimouski où se situe sa demeure  (68). À  son modeste bureau d'avocat [rue des Avocats], il avait une table, un pupitre, deux bancs de bois et une petite boîte en fer blanc, ainsi qu'une bibliothèque contenant 92 volumes, surtout des livres de jurisprudence: ces effets furent vendus à l'encan, le 26 avril 1874, pour la somme de 25,89$ dont 20,60$  provenant de la vente de livres achetés surtout par Guillaume Talbot, ami du défunt (69). L'inventaire ne donne pas l'évaluation des biens. D'après le contrat de mariage, il avait été décidé qu'advenant le décès du mari une somme de 2 000$ serait remise à l'épouse. Il est difficile de dire si oui ou non on a respecté cette clause. En tout cas, en 1873, la situation financière de Joseph-Magloire Hudon était très mauvaise. L'inventaire après décès ne révèle aucun [argent monnayé]; les dettes actives totalisent la somme de 248$, alors que les dettes passives s'élèvent à 3 008,15$. Les plus grands montants étaient dus aux marchands: à Eusèbe Moreau de Québec [1 180$] et à Louis-Antoine D'astous de Rimouski [1 395,50$]. Joseph-Magloire Hudon avait probablement d'autres dettes qui échappèrent au notaire, Désiré Bégin. Les 19 actes notariés 70 décrits dans l'inventaire permettent de suivre les efforts du premier maire de Rimouski pour faire fortune, mais sans trop de succès.

 

 À sa mort à 52 ans, les trois enfants de Joseph-Magloire Hudon sont encore mineurs: Émilie Amanda a 17 ans, Joseph Édouard [qui prendra aussi le prénom de Magloire] 16 ans, et Elmina 14 ans. En juriste clairvoyant, Hudon avait nommé subrogé tuteur de ses enfants son frère Noël, cultivateur de Saint-Anaclet, paroisse éloignée de  15 km de Rimouski. Précaution judicieuse, car 15 mois plus tard, les enfants perdent aussi leur mère: décédée le 13 décembre 1874, Émilie Julie Morissette est inhumée au cimetière de Rimouski deux jours après (72). Devant cette situation difficile, Joseph Édouard Magloire prend les choses en main et essaye tant bien que mal de gérer les affaires de la maison. Amis fidèles des Hudon, les avocats Talbot et Rouleau organisent un réveillon qui, malgré leur bonne volonté, n'a pourtant rien d'une fête. Pour le Nouvel An, les orphelins partent pour Saint-Anaclet où l'oncle Noël, la tante Sara et leurs cinq cousins tentent de combler le vide laissé par la disparition des parents. Il faut envisager, avec espoir, une vie nouvelle, une vie sans parents.


________

24 Jugements et Délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, Québecq.
    Imprimerie A. Côté et Cie, 1885, vol. 1, p. 157. Jugement rendu le 3 avril 1664 par
    Augustin de SAaffray de Mézy, Juchereau de LaFerté, Ruette D'Auteuil et Legardeur de Tilly.

 

25 Philéas Gagnon. Noms propres au Canada français, dans Bulletin des recherches
 historiques,  vol. 15, n° 3, mars 1909, p. 113; renseignement repris par Carl Beaulieu,
 dans Généalogie. Famille Hudon dit Beaulieu. [Descendants saguenéens d'Antoine
 Hudon dit Beaulieu  et de Scholastique Dubé], dans Saguenayensia, vol. 27, n° l,
 janvier-mars 1986, p.1-2.

 

26 Marcel Trudel, Le Terrier du Saint-Laurent en 1663, Ottawa, Éditions de l'Université
 d'Ottawa, 1973, p.63.

 

27 [Pierre Houdan dit Montigny, de la garnison de Quebec, demandeur], dans Juge-
 ments et Délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, op. cît., vol. l,
 p. 13. Jugement émis le 2 octobre 1863.

 

28 Paul-Henri Hudon, Rivière-Ouelle de la Bouteillerie. 3 siècles de vie, [s.I.], Comité du
 Tricentenaire, 1672-1972, p.l0.

 

29 ANC, MGI, Archives des Colonies, série G Registres de l'état civil, recensements et
 documents divers, 1666, vol. 460, F-765, Recensements du Canada, [Nominatif: noms,
 surnoms, âges, qualités et métiers des habitans, des gouvernements de Québec, des
 Trois-Rivières et de Montréal, p. 1-166.] Pierre Hudon, 18 ans, boulanger, dans la
 liste qui fait partie de ce document, intitulée: [Noms des volontaires non habitans
 demeurant dans Quebecq], p.27.

 

30 Selon la liste nominative, préparée en novembre 1928 à Paris par Léo Leymane (ANC),
 la compagnie de Grand Fontaine ,  outre Pierre Hudon dit Beaulieu, comptait, en 1668 ,
 21 soldats: Jean Soucy dit Laroque, André Babel dit la Marche, Pierre André Renond
 dit Lecalle, Jean Bugeoni dit L'Augeoni, St-Laurenf, Pierre la Croix, La Volonté, Noël
 Pourveu dit La Fortune, Aubin Lambert dit Champagne,  René Dumas dit Rencontre,  Le
 Parisien, Jean Merienne dit la Solay, Pierre Cocquin dit la Tournelle, Jolicœur,  Louis
 Boulduc dit Bosleduc, Julien la Bouche dit la Louche,  François Biville dit le Picart, La
 Flesche, Les Smoulins, Le Valon, Ro g er la Touche dit la Louche. Sur le régiment de
 Carignan voir: Relations des Jésuites, Québec, Augustin Côté,  éditeur-imprimeur, 1858,
 p. 25. Lettre de Colbert de Terron à Jean-Baptiste Colbert, La Rochelle, 4 mai 1665,
 ANC, MG 71, A6, [Mélanges de Colbert], vol. 129, p.33. Germain Lesage, o.m.i.,
 Manereuil, fondateur de Louiseville, 1665-1672, Presbytère de Louiseville, [s.é.], 1966,
 p. 58, 81-83.

 

31 Pour connaître l'histoire et l'importance des noms de guerre, nous recommandons une
 excellente thèse de doctorat de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Universi-
 té de Paris, préparée par An dré Corvisier: L'Armée française  de la fin du  XVIIème siècle
 au  ministère de  Choiseul. Le soldat, Paris, Presses universitaires de France,  1964, 2 vol.
 En voici deux extraits: [Le soldat, interrogé par le major ou l'aide-major, déclinait son
 identité et celui-ci inscrivait sur son registre  les noms,  les prénoms de l'homme, le
 surnom qu'on lui attribuait, le lieu de naissance d'une manière plus ou moins précise]
 (vol. 1, p. 364). [Le marquis de la Pailleterie aurait répondu à son fils légitimé qui
 manifestait le désir de s'engager: [Soit, mais je ne veux  pas que vous traîniez mon
 nom dans les derniers rangs de l'armée. Vous prendrez un nom de guerre.]. Le jeune
 homme suivit cet avis et s'illustra sous le nom de Dumas]. (vol. 1, p. 480): c'est le père
 d'Alexandre Dumas.

 

32 Il est malheureusement impossible d'avoir son acte de baptême: la collection des
 duplicata des registres paroissiaux conservée aux Archives départementales de Maine -
 et-Loire commence en 1668 et celle  des originaux, habituellement détenue dans les
 mairies, a été détruite lors des Guerres de Vendée. On consultera aussi sur les origines
 de Pierre Hudon, René Jetté, Dictionnaire généalogique  des familles du Québec,
 Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 1983,  p.839. Nous remercions
 l'honorable juge Jean Beaulieu de  Québec pour  les renseignements sur Pierre Hudon
 qu'il a bien voulu nous communiquer.  Le juge Beaulieu s'est rendu à Chemillé en 1981
 et y a fait des recherches sur ses ancêtres. Aujourd'hui encore quelques familles y
 portent le nom de Hudon.

 

33 Les renseignements historiques sur Chemillé, l'église Notre-Dame-de-Chemillé où fut
 baptisé  Pierre Hudon, ainsi  que sur Beaulieu-sur-Layon  proviennent du Dictionnaire
 historique,  géographique et biographique de  Maine-et-Loire de C. Port, Angers, J.
 Levron et P. d'Herbécourt, 2èmem édition, p. 288-289, 716-722. La vue générale  de ces
 endroits se trouve dans les Archives départementales de Maine-et-Loire, Angers,
 Collection iconographique C. Port, carton 20, n° 70, 74. Nous re mercions  la  direction
 des Archives  départementales  de Maine-et-Loire ainsi que Mlle Odette Condemine
 pour leur précieuse collaboration.

 

34 Jean Talon (1625-1694), originaire de Châlons-sur-Marne (Champagne). fort estimé par
 Mazarin, fut nommé, le  23 mars 1665,  [intendant de la justice, police et finance pour
 le  pays  de Canada , Acadie, île de Terre-Neuve de notre pays de  la  France septentriona-
 le].

 

35 ANC, MGl, [Archives des colonies], série D2C, [Troupes des colonies], vol. 47,
 [Colonies françaises de l'Amérique du Nord],  1658 - 1771, bobine F-582, document
 n° 45:  [Rolle des soldats du régiment de Carignan-Salières qui se sont faits habitans du
 Canada en 1668], 10 folios.

 

36 Nive Voisine, [Deschamps de la Bouteillerie], dans DBC, t. 2, p.188-189.

 

37 Sur les origines du peuplement de cette région voir Adolphe Michaud, Généalogies des
 familles de la Rivière-Ouelle  depuis  l'origine de la  paroisse  jusqu'à nos jours, Québec,
 Imprimerie H. Chasse, 1908, 705 p. À noter que la seigneurie de Rivière-Ouelle
 appartint successivement  à  trois familles: les Deschamps de Boishébert de la Bouteille-
 rie, les Perrault et les Casgrain. Parmi ces derniers, l'abbé Henri Casgrain (1831-1909),
 homme de lettres bien connu, a écrit une légende inspirée de cette région, Le Tableau
 de la Rivière-Quelle (1860), faisant partie de ses  Légendes canadiennes. On doit aussi à
 sa plume une monographie romancée, Une paroisse canadienne au XVIIème siècle. La
 Rivière-Quelle. Cf. l'abbé H.R. Casgrain, Oeuvres complètes.  Tome premier:  Légendes
 canadiennes et variétés, Montréal, Beauchemin & Valois, Libraires-Imprimeurs, 1884,
 p.13-46, 457-562.

 

38 Paul-Henri Hudon, Rivière-Ouelle de ]a Bouteillerie. 3 siècles de vie, Ottawa, Comité
 du Tricentenaire, 1672-1972, p.3 - 4. Écrit par un descendant de Pierre Hudon, cet
 ouvrage, richement documenté , est une source indispensable pour connaître la géogra-
 phie et l'histoire de Rivière-Ouelle.

 

39 Ce sont: Marie-Gertrude (baptisée le 8 juillet 1677), Pierre (baptisé le 16 mai 1679),
 Catherine-Marguerite (baptisée le 2 juillet 1681), Jeanne (née vers 1683), Joseph (né le
 21 avril 1685), Jean-Baptiste (né le 26 avril 1687), François (né le 8 avril 1689), Nicolas
 (né le 25 mai 1691), Jean-Bernard (né le 2 février 1694), Marie-François (né le 26 mars
 1696), Louis-Charles (né le 4 décembre 1697), Alexis (né le 3 août 1700). Liste établie
 par Michel Wyczynski, ANC, division des manuscrits ,  section des Archives françaises,
 janvier 1985.

 

40 On trouve des renseignements sur les terres de Pierre Hudon dans les greffes de
 plusieurs notaires: Duquet (12 juillet 1676), Chaublon (26 février 1692), Jeanneau (13
 juin 1723). Voir aussi Paul-Henri Hudon,  op. cit . ,  p.10-11 .

 

41 Paul-Henri Hudon, op. cit., p.21.

 

42 Nos renseignements au sujet des Hudon viennent essentiellement des registres parois-
 siaux de l'église Notre-Dame-de-Liesse de Rivière-Quelle. Nous remercions ici le curé
 de cette paroisse, l'abbé Jacques Simard, qui est aussi professeur de littérature au
 Cégep de la Pocatière, pour son aimable collaboration. Notre reconnaissance va aussi à
 Paul-Henri Hudon, de Rimouski qui, dans une lettre en date du 23 avril 1985, nous a
 tracé des pistes généalogiques qui mènent vers Joseph-Magloire Hudon. Quant au mot
 «  habitant  »,  il fut défini pour la première fois dans  Le Spectateur  de Montréal du 15
 juillet 1813 (vol .  l,  n° 8, p .  30):  «  ce mot au Canada est consacré par l'usage, pour
 désigner un Agriculteur  » .

 

43 Voici leur date de naissance: Pascal- 16 août 1815; Thomas-Bruno - 3 janvier 1819;
 Noël  -  24 décembre 1823; Louis-Cyprien  -  15 septembre 1825 ;  Louis-Rodolphe -  3 0
 mai 1828.

 

44 L'acte de baptême de Joseph-Magloire Hudon, Registres paroissiaux de Notre-Dame-
 de -Liesse de  Rivière- Ouelle,  1821,  74ème feuillet, B 397.

 

45 En trois couleurs, bleu, blanc, rouge, où se retrouvent des motifs de fleurs de lys d'or,
 d'épis de blé et de marsouins,  le blason réalisé par l'abbé Lucien Godbout  sy mbolise
 avant tout l'attachement à la terre et la fidélité aux origines françaises. Cf .  Paul-Henri
 Hudon, op.  cif.,  p.494-495.

 

46 Catalogue des anciens élèves du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière 1827-1927,
 Québec, L'Action sociale limitée, 103, rue Sainte-Anne, 1927, 423 p. , surtout p. 253.
 L'élève est inscrit sous le prénom de Joseph.

 

47 Né en Irlande vers 1800, venu jeune au Canada, Dunbar Ross fut admis au barreau du
 Bas-Canada  le 2 février 1834.  D'esprit  réformiste,  libéral,  doué d'un  sens  nuancé  de la
 justice,  l'avocat Ross observe attentivement les  effets de  l'Union.  Il  écrit deux essais,
 The  Seat  of  Government (1843) et, sous le  pseudonyme Zeno,  Metcalfe  and th e
 La Fontaine-Bald win  cabinet defended (1844)  jugé à l'époque comme  un modèle de
 critique  politique. Plus  tard,  il  sera  député  de Mégantic à l'Asse mblée  législative et
 solliciteur  général du Haut- Canada  sous  le gouvernement de  Francis Hincks et d'Au-
 gustin-Norbert Morin. Il meurt à Québec,  le 16 mai 1865. Cf.  Irène  Bilas ,  [Ross,
 Dunbar],  dans DBC,  vol.  IX, p.762-763.

 

48 L'Artisan (10 octobre 1842-26 septembre 1844), bihebdomadaire fondé par James
 Huston, se déclare [journal politique littéraire, de l'agriculture, du commerce et de
 l'industrie]. On y publie les  poèmes de Chateaubriand,  de Hugo, de Vigny ...  Y
 paraissent également la Donation  de Pierre Petit clair et le  prospectus de l'Histoire du
 Canada de François-Xavier Garneau.

 

49 L'abbé François Pilote, lettre à Joseph Hudon, 24 janvier 1844, Archives du Collège
 Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

 

50 Guillaume Talbot, M. Joseph M. Hudon, dans L'Opinion publique, vol. 4, n° 51, 18
 décembre 1873 ,  p.604. Cet article suit la mort de Joseph-Magloire Hudon. Guillaume
 Talbot précéda de  quelques mois son ami Hudon au barreau. Il pratiqua le droit à
 Québec et, en 1873, il s'établit à Rimouski où il fut avocat pendant 10 ans. Vers la fin
 de sa vie il devint prêtre.  Cf .  Pierre-Georges Roy, Les Avocats de la région de  Québec ,
 Lévis, [s.é.], 1936, 427 p.

 

51 Pierre-Georges Roy, op. cit., p.222.

 

52 The Quebec Directory, and City and Commercial Registar 1847-8, Montréal, Alfred
 Hawkins ,  Printed at the Canada Office ,  1847 ,  xi ,  204 p. ,  surtout p .  1847; aussi  Mackay's
 Quebec Dire c tor y  for  1848-9 ,  Québec ,  Robert W . S .  Mackay, 1849 ,  xii, 13-252, surtout
 p.68 .

 

53 Mackay's Quebec Directory, Corrected in July 1850, Quebec, Robert W.S. Mackay,
 1850 ,  2ème vol . ,  xii ,  13-270 .

 

54 Contrat de mariage entre Joseph-Magloire Hudon et Émilie Julie Morissette, fille de
 Louis Morissette et de Suzanne Derry, signé à Québec devant le notaire Jean-Baptiste
 Pruneau et son associé ,  le 21 janvier 1850, document 1330. Il est  à  noter que le notaire
 et la jeune mariée signent bel et bien le nom  [Morissette], forme qui dans certains
 documents ultérieurs subira quelques modifications. Émilie Julie Morissette est la fille
 de  [Louis Morisset[te] et de Suzanne Elizabeth Derry].  Elle est née le 9 avril 1826 et a
 été  baptisée, le jour même, en l'église Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce .

 

 55 L'acte de mariage  entre Joseph-Magloire Hudon dit Beaulieu, avocat, et Émilie Julie
 Morissette, Registres paroissiaux de l'église Saint-Roch de Québec, 22 janvier 1850,
 document M 10. Ici encore,  comme sur le contrat de mariage, la jeune mariée signe
 [Julie Morissette].

 

56 Les origines de Kamouraska - nom dérivé d'un mot algonquin signifiant [joue au
 bord de l'eau] - remontent à l'année 1674. Le village actuel est bâti sur un autre
 emplacement que celui des  premiers colons.  Au bord de l'actuelle  ro ute 132, à droite, à
 environ  1 km  vers  l'est, se trouve une petite chapelle ouverte entourée  d'un terrain
 clôturé.  C'est là que fut construite la première église et c'est là que reposent les cendres
 de 1 300 pionniers avec  leur premier curé Philippe Rageot, décédé à 33 ans, le 21
 septembre 1711. On appelle  cet endroit [Le berceau de Kamouraska]. La deuxième
 église  fut  construite sur l'e mplacement actuel en 1727-1735; la troisième en 1791-1793;
 la quatrième en 1914-1916.

 

57 L'acte Victoria, chapitre 38.

 

58 Vers 1850, la population de Kamouraska a sensiblement diminué à cause de l'érection
 de la nouvelle  paroisse  Sainte-Hélène,  formée en grande partie de la paroisse Saint-
 Louis-de-France. [Par contre, le district judiciaire de Kamouraska [ . . .] allait amener
 des hommes de profession légale.]  Cf.  Alexandre Paradis, p. m. é.,  Kamouraska  (1674-
 1948), Québec, [s.é.], 1948, réédition à Kamouraska, 1984, xix, 337 p., surtout p. 52-53
 129-134.

 

59 D'après les registres paroissiaux de l'église Saint-Louis-de-France: Joseph Adolphe est
 né et a été baptisé le 27 juin 1854; Marie Émilie Amanda, née  le 4 mai 1856, est
 baptisée le jours suivant; Joseph Édouard, né le 30 juin 1857, est baptisé le 1er juillet.

 

60 Voir à ce sujet Charles Guay, Chronique de Rimouski, Québec, P.G. Belisle, 1873-1874,
 417 p.  Le mot  [Rimouski] vient de [Animousk] [chien] et  [ki] ou [gi] [demeure].

 

61 Léo Bérubé, Retour sur 1860, dans Centre Saint-Germain, vol. 21, n° 228, janvier 1960,
 p.21 .

 

62 Mosaïque rimouskoise. Une histoire de Rimouski, Rimouski, Le Comité des fêtes du
 cen t  cinquantième anniversai r e  d e la paroisse Sai n t - Germai n  de Rimouski ,  1979 ,
 810 p., surtout  [Le  district judiciaire], p. 150-152. Nous tenons plusieurs rensei -
 gnements historiques et géographiques de cet excellent ouvrage collectif préparé sous
 la direction de Marie-Ange Caron,  Pierre Collins, Marie  Côté - Turbide, Lucie Fournier,
 Antonio Lechasseur,  Joseph-Marie Levasseur et Jacques Morin. Voir aussi:  Fêtes du
 Centenaire de Rimouski: Album-Souvenir. Notes historiques 1829-1929,  Rimouski,
 Séraphin Vachon, (1929), i-xvi, 84, xvii-xxxii, surtout p.54.

 

63 Nous remercions ici M. Hubert Dubé, greffier-relationniste de la ville de Rimouski, qui
 nous a permis de consulter les procès-verbaux du conseil municipal de la ville de
 Saint-Germain de Rimouski.

 

64 D'après les registres de la paroisse Saint-Germain de Rimouski, Marie Louise Elmina
 est née à Rimouski le 1er février 1859.  Trois autres enfants vont naître, mais mourront
 en bas âge. Ernest Édouard vit le jour le 6 juillet 1861 et fut baptisé le 9 du même mois.
 Marie Laure Henriette, née le 30 juillet 1864, fut baptisée le 1er août. Ernest Arthur, né
 le 7 juin 1867, fut baptisé le lendemain.

 

65 En 1870, le champ de Joseph-Magloire produit 80 minots de blé de printemps, 82
 minots d'avoine, 12 minots de pois, 100 minots de pommes de terre et 6 000 bottes de
 foin de 16 livres chacune. Le maire possède un cheval et deux vaches laitières. On a
 fabriqué 50 livres de beurre et on a tué cinq cochons. Ces données proviennent des
 déclarations de Joseph-Magloire Hudon, relatées dans le Recensement du Canada 1871,
 Liste nominative, ANC, B C-10367.

 

66 Résolution du Conseil municipal de la ville de Saint-Germain de Rimouski, Archives
 municipales, texte reproduit dans Le  Courrie r de  Rimouski, journal bihebdomadaire
 politique, religieux,  commercial,  agricole  et littéraire, vol. l, n° 37, 23 septembre 1873,
 p. 2. Voir aussi l'acte de  sépulture,  Registres  paroissiaux de l'église Saint-Germain de
 Rimouski, 1873-1874, S69.

 

67 [H.-Z. DubergerJ, annonce sans titre dans Le Courrier de Rimouski, vol. 1, n° 38, 28
 septembre 1873, p. 2.

 

68 .. Inventaire des biens de la succession de feu J.M. Hudon», greffe du notaire Désiré
 Bégin, acte n° 787,  1er avril 1874, palais de justice de Rimouski, 12 f. Nous y trouvons
 les précisions suivantes: la première terre (4 x 40 arpents) se situe en haut du troisième
 rang entre les terres de George Benson Hall et de Georges Dionne  et le champ Rozal. La
 deuxième terre (5 %  x 6 arpents) se trouve plus au nord par rapport à la première et
 s'étend le long de la rivière de Rimouski. La troisième terre est située  à  l'endroit appelé
 Beauséjour, comprenant deux arpents de front sur 40 de profondeur, elle est bornée  à
 l'ouest par une terre dont le propriétaire est inconnu et à l'est par la propriété  de Jean-
 Baptiste Dubé. Enin, en ville, un terrain au premier rang, six perches et deux pieds de
 front sur un peu plus d'un arpent de profondeur se délimite ainsi: au nord-ouest par
 un poteau planté par l'arpenteur D'Auteuil, au sud-est par un arpent de la Côte et au
 sud-ouest par la propriété de Fortunat Rouleau, avec droit à la source qui se trouve sur
 l'emplacement du notaire A. Fournier.

 

69 [Procès-verbal de vente des effets immobiliers appartenant à la succession de feu
 Joseph-Magloire Hudon], greffe du notaire Désiré Bégin, acte n° 820, 6.

 

70 [Inventaire des biens de la succession de feu J.M. Hudon], document cité, section
 [Titres et papiers].  Nous remercions beaucoup M. Yvan Morin, professeur au Cégep
 de Rimouski, pour la précieuse documentation, mise à notre disposition, ayant trait à la
 situation économique de la famille Hudon.

 

71 Noël Hudon dit Beaulieu est né le 25 décembre 1823, à Rivière-Ouelle. Il se marie avec
 Sara Caron, à Saint-Roch-des-Aulnaies, le 28 janvier 1851. Il arrive à Saint-Anaclet en
 1858, en même temps que son frère Joseph-Magloire à Rimouski. Il est père de cinq
 enfants: Adjutor, Célanise, Alphonse, Philéas et Paul. Nous remercions ici M. l'abbé
 Narcisse Lepage de Rimouski, arrière-petit-fils de Noël Hudon, qui nous a aimablement
 fourni de précieux renseignements sur ses ancêtres. L'abbé Narcisse Lepage est né dans
 la maison construite par Noël Hudon, léguée successivement à Alphonse Hudon (fils)
 et à Marie-Élise Hudon (petite-fille) qui a épousé Alphonse Lepage. La maison de Noël
 Hudon existe toujours et elle appartient aujourd'hui à Yvon Lepage, neveu de l'abbé
 Narcisse Lepage.

 

72 Acte de sépulture d'Émilie Julie Morisset[te]-Hudon, Registres paroissiaux de l'église
 Saint-Germain de Rimouski, 1873-1874 , SM, f. 72.

 



Je vous prie d'être très indulgent envers moi concernant la qualité de la disposition du texte ainsi traité: au départ tout est relativement bien disposé mais à l'arrivée cela se gâte un peu, comme vous pouvez facilement le constater. Cependant, je vous rappelle que vous pouvez vous procurer le livre de monsieur Paul Wyczynski [d'origine polonaise], qui contient énormément plus de richesses que je ne vous en rapportent ici! 

 

Adieu,

Pilote_Qc

 


Le 27 novembre 2008 est décédé à l`âge de 87 ans, l`historien des lettres, critique littéraire et comparatiste Paul Wyczynski à sa résidence à Ottawa (Ontario). Il était le plus grand spécialiste de l`œuvre du poète montréalais Émile Nelligan. Il était membre de la Société royale du Canada depuis 1964. Il a joué un rôle majeur dans l`essor des études canadiennes-françaises à l`Université d`Ottawa, au Canada et à l`étranger.

Il naît le 29 juin 1921 à Zelgoszcz (Pologne) où il fait ses études primaires. Il effectue ses études collégiales au Gimnazjum de Joseph Haller, à Starogard, interrompues par la guerre. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fonde une cellule de résistance nommée Jaszczurka dans l`espoir d`aider son pays à conserver sa dignité et sa liberté. En 1946, il obtient un baccalauréat au Lycée organisé à Salzbourg par le IIe Corps militaire polonais. De 1946 à 1951, il poursuit ses études en France, à l`Université de Lille. En 1949, il acquiert une licence ès lettres à cette même institution. En 1950, il décroche un diplôme d`études supérieures, toujours à l`Université de Lille.

Résidant au Canada depuis 1951, il enseigne à l`Université d`Ottawa où il entreprend de vastes recherches sur la littérature canadienne-française, plus particulièrement sur l`époque de l`École littéraire de Montréal. À son arrivée au Canada, il se lie d`amitié avec la famille d`Émile Nelligan, et devient vite le dépositaire des archives du poète. En 1957, il se mérite un doctorat en philosophie (mention : littérature) à l`Université d`Ottawa, pour une thèse sur Émile Nelligan. La même année, il est embauché comme professeur adjoint à l`Université d`Ottawa. De 1958 à 1973, il est directeur-fondateur du Centre de recherches en littérature canadienne-française (devenu Centre de recherche en civilisation canadienne-française en 1967) de l`Université d`Ottawa.

En 1960, il est professeur agrégé. De 1963 à 1969, il est membre de la Commission royale d`enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Ainsi, pendant six ans, avec neuf autres commissaires, il travaille à la préparation d`un rapport en six volumes. En 1964, il devient professeur titulaire. En 1968, il est nommé professeur de l`année à l`Université d`Ottawa. En 1969, il est élu membre de la Société royale du Canada. En 1970, il est nommé titulaire de recherche par le Bureau des gouverneurs de l`Université d`Ottawa. La même année, il entreprend, avec Réginald Hamel et John Hare, les travaux en vue du Dictionnaire pratique des auteurs québécois. Ce même ouvrage est publié aux Éditions Fides, à Montréal, en 1976. En 1974, sous sa direction, paraît un volume collectif sur Nicolas Copernic, Sur une terre incertaine – On a Disquieting Earth, résultat d`un colloque organisé par la Société royale du Canada, le 28 novembre 1973. En 1989, il est coauteur du Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord (Fides).

M. Wyczynski s`est mérité de nombreuses distinctions au cours de sa vie. En 1977, il reçoit la Médaille de la Reine Élisabeth II pour « la qualité des services rendus ». En 1978, il se voit décerner un doctorat honorifique de l`Université Laurentienne. En 1979, il reçoit la Médaille d`argent de la Fondation Nelligan. En 1980, il reçoit la Médaille Jean-Paul II de l`Université catholique de Lublin (Pologne). En 1983, il reçoit la Médaille du Centenaire de la Société royale du Canada pour l`ensemble de son œuvre. En 1984, il obtient la Bourse de recherches Killam, pour la continuation de ses travaux sur Nelligan, notamment biographie et album Nelligan. En 1988, il reçoit l`Ordre des francophones d`Amérique. En 1989, l`Université Guelph (Ontario) et l`Université Laval lui confèrent, respectivement, un doctorat ès lettres honoris causa. En 1990, il est fait Chevalier de l`Ordre des arts et des lettres de France. En 1993, il est fait Officier de l`Ordre du Canada. En 1994, il reçoit la Médaille du Mérite de l`Université catholique de Lublin (Pologne). En 2001, il reçoit la Croix de Commandeur de l`Ordre du Mérite du gouvernement polonais. En 2006, il reçoit la Médaille Lorne Pierce de la Société royale du Canada.

Il était également membre de l`Association de littérature comparée, de la Société des écrivains canadiens-français, de la Société française d`histoire d`outre-mer, de l`Institut polonais des sciences et lettres en Amérique du Nord, de l`Association canadienne des professeurs. Il fut professeur invité à l`Université Laval, à l`Université de Colombie-Britannique, à l`Université de Montréal, à l`Université Queen`s (Ontario). Il a créé, entre autres, les collections « Archives des lettres canadiennes » et « Cahiers du CRCCF ».

Il publie seul et en collaboration environ 65 livres dont plusieurs sur le poète montréalais Émile Nelligan (1879-1941) ainsi que sur le poète et historien québécois François-Xavier Garneau (1809-1866). Parmi ses nombreuses publications, signalons : Émile Nelligan. Sources et originalité de son œuvre (EUO,1960), Poésie et Symbole (Librairie Déom,1965), Émile Nelligan (Fides,1967), François-Xavier Garneau. Voyage en Angleterre et en France, dans les années 1831,1832 et 1833 (EUO,1968), Nelligan et la musique (EUO,1971), Bibliographie descriptive et critique d`Émile Nelligan (EUO,1973), Louis-Joseph Béliveau et la Vie littéraire de son temps, suivi d`un Album-souvenir par l`École littéraire de Montréal (Fides,1984), Nelligan, 1879-1941. Biographie (Fides,1987).

Il est marié depuis 57 ans à son épouse Régine. Il est le père de 7 enfants : Michel, Isabelle, Rita, Bernard, Marc, Monique et Anne; il est aussi le grand-père de 13 petits-enfants. La dépouille mortelle fut exposée au Centre Commémoratif national Beechwood du cimetière Beechwood, à Ottawa. Les funérailles eurent lieu le 6 décembre 2008 à 11h00 à l`église paroissiale St-Hyacinthe, à Ottawa.

Source: http://philosophie.cegeptr.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=542

 

Mots-clés: Pierre Hudon Migrant Généalogie



signets:



Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: neilim65
07/23/2009 15:57:03
Il me fait toujors plaisir de lire l'histoire de Pierre Hudon dit Beaulieu qui est en passant l'ancêtre de ma famille Beaulieu.Moi et Marie- Amanda Hudon fille de Joseph-Magloire Hudon et  Émile Beaulieu fils de Louis Beaulieu ont presque le même âge,Émile Beaulieu qui est le grand-père de mon père est né en 1868 et Marie-Amanda Hudon est née en1856.Lors d'un voyage dans le bas du fleuve,je me suis arrêter à Rivière -Ouelle et j'ai pris une photo de la pierre tombale de Pierre Hudon dit Beaulieu et je l'ai installé dans mes photo sur ma page.Je suis aller aussi au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal et  aussi pris une photo du monument de la famille David Nelligan,qui était marié à Marie-Émilie-Amanda Hudon.Neilim65     (Émilien Beaulieu)






*** Planète Généalogie ***