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Laiterie J.-J. Joubert Limitée
Ajouté le 07/27/2009 04:06:52 par lisejolin

Janvier-Jacques Joubert, fils de Jacques-Charles Ziphirin Joubert et de Marie-Célina Dagenais, est né le 3 janvier 1869 à la paroisse St-François d’Assise de la Longue-Pointe.  En s’installant  sur une terre appelée « Ferme Saint-Michel », à St-Léonard-de-Port-Maurice, personne ne se doutait alors que l’enfant aîné de la famille Joubert allait devenir un grand homme d’affaires dans le domaine de la Laiterie car plusieurs de ses ancêtres avaient été meuniers. 

 

Vers 1882, Janvier-Jacques, adolescent d’à peine 13 ans, livre du lait dans le voisinage et quelquefois, se rend même à Montréal.  Le lait est alors distribué à l’aide de ‘petits bidons de un gallon dont le couvercle sert de mesure.

 

 

 

Petite laiterie deviendra grande…

 

 

 

En 1890, le jeune homme commence la distribution de lait dans des contenants de verre qui sont des jarres à confiture avec des couvercles en métal vissé. Ce simple changement qui diffère de ses concurrents fait augmenter de beaucoup, son chiffre d'affaire.

 

En 1892, un oncle de Janvier demeurant à Boston, lui apprend  ’qu'aux États-Unis, des bouteilles recouvertes d'une rondelle de carton sont spécialement conçues pour la distribution du lait.   Peu de temps après, J.-J. Joubert devient le premier laitier de l'Empire Britannique à livrer du lait en bouteilles.

 


Chopine et demiard de la ferme St-Michel (JJJoubert)

 

Sept ans ont passé, nous sommes en 1899 et on est presque rendu au tournant du siècle.  Pour satisfaire les besoins de sa clientèle toujours croissante, J.-J. Joubert ouvre sa première laiterie au 317-C et 319 rue Rachel à Montréal.  Il possède alors deux voitures à cheval pour les livraisons.  Les frères Donatien,  Ernest et Gérard Desnoyers (Arthur + Rose-Anna Papineau) travaillent sur la ferme Joubert dès ses débuts. La «Laiterie JJJoubert Ltée » devient au cours des années, une des plus importantes dans la région de Montréal. 

 

La fabrication du beurre commence en 1905.  L’année suivante (1906), la petite laiterie déménage au 4141 Saint-André, à Montréal.  Deux cents  gallons de lait et cent-cinquante livres de beurre sont distribués quotidiennement sur huit routes à travers Montréal. 

 

En 1907, J.-J. Joubert confie à M. Napoléon Charest la direction de la comptabilité de son établissement.  Deux ans plus tard, il le nomme son gérant général.   Homme d'expérience considéré d'un jugement solide, M. Charest est pour M. Joubert, un collaborateur précieux dans la réalisation de son entreprise.  En 1908, J.-J. Joubert  fait l'acquisition d'un système de pasteurisation et d'un système de lavage de bouteilles mécanique (système de stérilisation).  Avec ce nouveau procédé de pasteurisation, Joubert est un des premiers à contrer la croissance de la mortalité infantile dans la ville.  Plusieurs années plus tard, soit le 8 juin 1925, la cour municipale de Montréal adopte un règlement : « … à compter du 1er mai 1926, la pasteurisation du lait vendu dans la métropole sera obligatoire. »   Joubert acquiert ensuite, un système servant à l'embouteillage et d'un autre pour la réfrigération.  Il compte alors 12 routes de lait, augmentant à 20 vers 1913.

 

La laiterie  acquiert son premier camion Ford et c’est le début de la fabrication de la crème glacée en 1910.

 

 (Photo André Pépin, après 1910)

Entre 1914-1918, Janvier-Jacques Joubert ouvre une laiterie au 975, rue Saint-André, à Montréal.  En 1918, l'installation d'un laboratoire devient nécessaire.   Cinq ans plus part (1923), c'est l'ouverture d'une première succursale au 920 Boul. Décarie, à Notre-Dame-de-Grâce.  Plusieurs fois M. Joubert agrandit ses locaux si bien qu'en 1925 sa principale place d'affaire se situe au 4141 rue Saint-André.

 

En 1926, un nouveau bâtiment doit être construit pour abriter les écuries, une boutique et le garage.  Il est situé au 5415 rue Saint-André.  Afin d'assurer l'approvisionnement en lait, un poste de réception et d'écrémage du lait est ouvert à Baie-du-Febvre. Ce poste restera ouvert jusqu’à son transfert à Nicolet, en 1947.

 

Le 9 juin 1926, un terrain de jeux ouvre à l’angle des rues Panet et Notre-Dame.  C’est un des quatre parcs aménagés grâce à un legs de l’avocat Charles S. Campbell.  À cette occasion, J.-J. Joubert s’associe aux laiteries Purity, Montreal Dairy et Robertson & Co afin d’offrir gratuitement aux enfants, des cornets de crème glacée, encore très rares à l’époque. 

 

En 1931, les membres de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal acceptent le projet de la Laiterie Joubert pour organiser un service de distribution du lait dans les classes.  Le lait est alors vendu aux écoliers désireux et capables de l'acheter au prix de 0,03 $ le demiard.  Dans les années 1950 à Montréal, le lait se vend encore dans les écoles mais tous n’ont pas les moyens de s’en payer…  Le lait est fournit gratuitement aux plus démunis.

 

J.-J. Joubert , vend sa laiterie en 1932, à la « Borden » de Toronto, filiale de la multinationale new-yorkaise Borden. Cette dernière la revendra ensuite  à « Québec Lait » à l’automne 1976. 

 

Ferme modèle à St-Vincent-de-Paul

  

Pendant la grande dépression des années 1930,  peu de personnes peuvent  investir beaucoup d’argent dans une ferme modèle.  Pourtant, Janvier-Jacques Joubert est un de ceux qui peuvent se le permettre.  Selon la rumeur de l'époque,  la vente de son commerce à la compagnie Borden lui rapporte environ un million de dollars.  C'est alors qu'il achète, à Saint-Vincent-de-Paul, quelques terres adjacentes pour les transformer en ferme modèle.   

 

Située aux limites des anciennes municipalités de Saint-Vincent-de-Paul et de Pont-Viau, la ferme partait un peu à l'est de l'intersection de la rue Hauterive et du boulevard Lévesque et se rendait jusqu'à la rue Languedoc. Dans sa longueur, elle comprenait l'espace comprise entre la rivière des Prairies et le boulevard Saint-Martin, à Laval.

 

J.-J. Joubert fait tout pour améliorer la fertilité du sol de sa ferme  et refait le système d'irrigation.  Il achète à gros prix les meilleures vaches disponibles de race Ayrshire’.  Son troupeau laitier comptant  80 têtes dont une quarantaine de vaches en lactation, logent dans une grange-étable des plus modernes.  Un poulailler de plusieurs centaines d'oiseaux, un couvoir, un hangar à grain, un garage, une grande remise et des logements pour le personnel complètent l'ensemble immobilier de la ferme. Six chevaux belges, un tracteur et plus tard un deuxième assurent la force motrice de l'entreprise agricole. La machinerie aratoire  répond aux meilleures normes du temps.

 

Même si son nom officiel est la ferme « des Écores », tout le monde la reconnaît sous le nom la ferme « Joubert ».  Cette ferme est une des premières de la région à posséder une presse à foin et une moissonneuse-batteuse tirées par un tracteur.  Quelques années avant sa fermeture, la ferme possède un puissant motoculteur qu’un tracteur traîne afin  d'ameublir le sol avant de l'ensemencer.  Les produits récoltés sont les plantes fourragères, des céréales, du maïs à ensilage, des pois et différentes variétés de légumes. Un verger complète l'ensemble de la ferme. L'été, une dizaine d'hommes y travaillent dont au moins cinq d'une façon permanente.

 

En 1937, Janvier-Jacques ouvre avec ses fils Jean et Maurice Joubert, une conserverie qui est située à mi-chemin entre le boulevard et la rivière des Prairies, au 1738, boulevard Lévesque, aussi  à St-Vincent-de-Paul.  Cette industrie  emploie en permanence bon nombre de personnes de la place. Au plus fort de la production de l’été, des gens autant de Pont-Viau que de St-Vincent-de-Paul viennent travailler pour la production des marinades, des confitures de fraises et autres conserves.  Joubert signe des contrats avec des fermiers de l'île Jésus et des environs pour  l'approvisionnement de certains produits.

 

Al'été de 1941, la romancière Gabrielle Roy, collaboratrice au Bulletin des Agriculteurs, visite la ferme des Écores, pour un article qui  paraîtra dans le journal agricole du temps.   C’est Maurice Joubert qui lui sert de guide et ‘c’est  avec fierté qu'il lui montre une de ses vaches qui vient  de battre un record de production, soit celui de 19 400 livres de lait pour la durée d'une période de lactation.’ 

 

Au cours de sa vie, Janvier-Jacques Joubert occupe diverses fonctions.  Il est tantôt directeur du conseil national de l'industrie laitière canadienne tant sur le plan national et provincial, tantôt  gouverneur à vie de l'hôpital Notre-Dame.  Durant trois ans, il siège sur le conseil d'administration du foyer Notre-Dame-de-la-Merci.  Veuf d’Antoinette Robin, Janvier-Jacques meurt le 11 juin 1943 à Outremont, à l'âge de 74 ans.  Il laisse dans le deuil quatre enfants : Jean, Maurice, Juliette et Annette.  

 

La mort du fondateur des Entreprises J.J. Joubert et Fils ne change pas grand chose à l'administration de la conserverie et de la ferme.  Jean, chimiste de profession, secondé par son beau-frère Louis Beaugrand-Champagne, dirige la conserverie depuis sa fondation et continue de le faire.  Jean préside aussi la Commission scolaire de Pont-Viau durant une vingtaine d'années. Quant à Maurice, diplômé en agronomie, il poursuit son travail sur la ferme.

 

En 1945, trois commis voyageurs assurent la vente de la production de la conserverie qui s'élève à 100 000 caisses de deux douzaines chacune.  Tout va bien jusqu’à ce que l’épidémie de coryza dévaste le poulailler à l’été 1948 et tous les oiseaux sont abattus.  À l’automne suivant, plusieurs vaches  meurent  dans l’incendie qui détruit la grange-étable.  Les vaches qui ont survécue  sont logées dans le poulailler réaménagé en étable.  

 

En 1953, la Société canadienne d'hypothèque et de logement prête pour la construction domiciliaire dans l'île Jésus.  Maurice Joubert vend alors le troupeau ainsi que tout le roulant.  Des terres qui, jusque là, se vendent cent dollars l'arpent, en vaut maintenant plusieurs centaines.  Maurice vend alors la partie frontale de sa ferme, puis vend le reste au fur et à mesure des développements domiciliaires. 

 

Pendant nombre d’années jusqu’en 1976, les camions de la Laiterie JJJoubert Ltée ont parcourus presque tous les quartiers de Montréal.  Depuis le 27 mai 1981, ce nom est seulement inscrit sur les plaques d’une nouvelle avenue de Rivière-des-Prairies.

 

 

Lise Jolin

 

 

Maurice Joubert (fils de Janvier Jacques J.)– Il préside la Société des éleveurs de vaches de race Ayrshire du Québec en 1948.  L'année suivante, il occupe le poste de deuxième vice-président de la Société d'agriculture du comté Laval.

 

En 1957, Maurice est élu maire de Saint-Vincent-de-Paul. C’est sous son administration que la municipalité obtient un statut de ville sous le nom de ville de Duvernay.  Défait au mois de mai 1959, il se retire de la politique municipale. Tout en remplissant son mandat comme maire, il s'implique dans la fondation de la paroisse de Saint-Maurice-de-Duvernay.  Il donne le terrain pour la construction  de l'église et il est membre du syndic qui veille à son érection. 

 

Maurice Joubert occupe quelque temps le poste de sous-ministre, sous Jean Lesage.  Indépendant de fortune, il se retire à Ottawa où il décède au début de la décennie 1990. 

Napoléon Charest – (Joseph Charest, cultivateur de Vaudreuil, et de Martine Lebrun, fille de Pierre Lebrun de Saint-Eustache, m. 1859-11-07 à St-Eustache) est né à Montréal, le 11 novembre 1874.  Napoléon est parrain de Maurice, fils de J.-J. Joubert, le 16 juin 1915 à la paroisse La Visitation du Sault-au-Récollet.

 

 

Napoléon épouse Berthilde Joubert (Jacques Joubert et Célina Dagenais) le 14 mai 1901, St-Jean-Baptiste, Montréal.  De cette union sont nés : Jean, Pierre, Clément, Gertrude, Thérèse et Françoise.

 

En 1932, M. Charest fait partie de la Commission d'Industrie Laitière de la Province de Québec. Il est Gouverneur de l'Hôpital Notre-Dame, membre du Board of Trade, de la Chambre de Commerce, des Forestiers Canadiens, du club de Réforme et du club Laval sur-le-Lac

 

…………………………………………

 

 

Lignée des Joubert

 

Maurice Joubert

(Janvier-Jacques et Antoinette Robin)

Marié le 23 juin 1937,

St-Germain d’Outremont.

à Suzanne Baril

(Georges Hermyle Baril, médecin et de Florence Seers)

…………………………………………

 

Janvier-Jacques Joubert

(Jacques Jean-Baptiste Jan.)

Marié le 12 avril 1910,

St-Jean-Baptiste, Montréal, Qc

À Antoinette Robin

(Joseph Robin, cordonnier et Marie Chapdelaine)

 

…………………………………………

 

Jacques-Charles Zéphirin Joubert

(Zéphirin + Clémence David)

Marié le 11 février 1868,

La Visitation de la B.V.Marie,  Sault-au-Récollet, (Mtl), Qc

à Célina Dagenais

(Jean Baptiste Dagenais + Marie Pigeon)

………………………………………

 

Zéphirin Joubert (Jean-Didier-Zéphirin)

(Didier et Marie-Louise Jutteau)

Marié le 24 oct. 1837,

La Visitation de la B.V.Marie,  Sault-au-Récollet, (Mtl), Qc

à Marie Clémence David

(Jacques et Clémence Beaudreault)

…………………………………………

 

Didier Joubert

(Honoré + Genevieve Lafoy / Lafoix dite Laframboise)

Marié le 7 oct. 1805,

La Visitation de la B.V.Marie,  Sault-au-Récollet, (Mtl), Qc

à Marie-Louise Jutteau

(François + Marie-Louise Bélanger),

…………………………………………

 

Pierre-Honoré Jaubert dit Sansregret (Joubert)

L’ancêtre arrive en Nouvelle-France entre 1755 

Marié le 23 déc. 1758

à Geneviève Lafoix dite Laframboise (La Foy)


Sources :

 

Ancestry.ca

 BMS2000 v9

Nos Ancêtres (CGFA)

Family Search

Dossiers personnels

http://www.genealogie.org/club/shgij/Journal_020.html

http://www.laiteriesduquebec.com/laiteries/mtl-jjj.htm  

http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/QuebecHistory/encyclopedia/NapoleonCharest.htm

Mots-clés: Joubert Lait Livreur Ferme Lignée



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Visionner 1 - 4 de 4 Commentaires

De: Lulu2268
07/30/2009 14:39:34

Allo Lise


Ça me rapelle beaucoup de souvenirs ,c'était mon premier emploi à la conserverie J.J.Joubert au 1738 blv.Lévesque à St Vincent de PAUL


 


 En 1953 j'équetais des fraises pour .01 sous le casseau


avec Roger et Thérèse mais toi tu étais trop petite ,je me faisais $1.00 la journée c'était beau .


 Quand j'ai eu 14 ans j'ai travaillé à .45 sous de l'heure pendant 3 semaines vacances d'été 1954



De: Nicole
07/27/2009 14:17:41

Bonjour Lise, vous présentez encore un texte  bien documenté et très intéressant. 


 


Est-ce une impression, mais il me semble que le lait avait meilleur goût à l'époque de la pinte de lait de vitre ? 


 


Je me souviens que ma mère plaçait un coupon pré-payé dans le haut de la pinte de lait vide et allait la porter dehors sur la galerie juste avant d'aller au lit.  Le lendemain matin à notre réveil, le lait était déjà à la porte.  Il y avait un beau dépôt de crème sur le dessus du lait. 


 


Merci, Lise pour ce texte



De: Pilote_Qc
07/27/2009 06:29:13

Bravo lisejolin! ce n'est que justice de rendre ainsi hommage à nos pères. [Père et mère tu honoreras... , vous vous souvenez?]


 


    Nos canadiens ne furent pas tous des découvreurs de pays ou de continents, ils ne se sont pas tous illustrés comme guerriers, mais à force de travail acharné et persévérent, ils ont su bâtir un pays à leur mesure. Dans ce cas-ci, la famille Joubert est un bel exemple pour démontrer le pouvoir de créativité et de détermination de nos gens.


 


    L'ancêtre Didier Joubert avait déjà donné le ton, dès le début, en ouvrant sa maison du pressoir au Sault-Au-Récollet, en son temps. La maison existe encore aujourd'hui, bien que trop maquillé, vous la verrez sur ma page, dans mes photos, en regard du titre Didier Joubert. Par contre, j'ignore s'il existe encore des vestiges de la Laiterie, ou de la terre expérimentale sur l'Île-Jésus, mais de toutes façons, grâce à notre mémoire collective, ces beaux souvenirs resteront graver dans nos coeurs; Il s'agit simplement, comme vous lisejolin, de les puiser [dans cette mémoire] et de les distribuer au plus grand nombre, pour les revivifier.


 


Vive la famille Joubert!







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