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Le combat de la Coulée Grou, 1690
Ajouté le 08/30/2009 05:25:50 par lisejolin

Jean Grou est le troisième de six enfants d’Étienne Guéroult (Grou), maître cordonnier et de  Judith LeFaé ou Lefer.  Malgré ce qui est dit ou écrit à plusieurs endroits, l’ancêtre Grou aurait été baptisé le 21 septembre 1644 et non 1649.  Deux frères et une sœur viennent au monde après lui, pendant que son père est inhumé le 21 octobre 1648.

 

Appartenant à une famille protestante, Jean Grou devient catholique avant son arrivée en Nouvelle-France, vers 1665. Il n’arrive pas seul en terre nouvelle.  Une tradition familiale veut qu’il apporte un crucifix en argent massif.  Vers 1910, la « précieuse relique » est encore la propriété de l’un de ses descendants.

 

Au recensement de 1666 Jean Grou vit à Montréal et se dit originaire de la paroisse Saint-Maclou de Rouen, en France.  Il y exerce le métier de cordonnier chez Pierre Pigeon et Jeanne Godard, son épouse. 

 

 

La Pointe-aux-Trembles

 

« … jusqu’en 1671, personne n’avait osé s’établir sur la rive de l’île de Montréal qui borde la Rivière-des-Prairies, par où les Iroquois venaient quelquefois attaquer les colons (..) ».

 

Du début de la colonie, les premiers habitants de Pointe-aux-Trembles et d’ailleurs font preuve de courage car leur liberté et leurs biens sont, à tout moment, menacés par les attaques fréquentes des Iroquois.

 

La première terre concédée à Pointe-aux-Trembles est celle de Jacques Molinier, le 5 février 1671.   Le 10 mai suivant, Jean Grou obtient des Sulpiciens une terre de soixante arpents « à prendre » au dit lieu de la Pointe-aux-Trembles, à l’extrémité est de l’île de Montréal.  

 

Le 22 novembre 1671,  Jean Grou et sa fiancée Anne Goguet se présentent devant le notaire Bénigne Basset.  Les parents d’Anne,  Pierre et Louise Garnier (ancêtres de la famille Goyette), les témoins et leurs amis les accompagnent.  Leur mariage est célébré le lendemain, 23 novembre 1671 à l’église Notre-Dame de Montréal, en présence de Gilles Peror, Michel Preseau (Presseau), habitant de cette paroisse, Charles Lemoyne, écuyer, sieur de Longueuil et de Châteauguay, Pierre Dagenais dit Lépine et de Jacques Leber dit Larose, marchand.   La mariée et ses parents sont les seuls à ne pas savoir signer.

 

Le 5 juin 1675, Grou achète la terre de Jacques Molinier portant le numéro 1 sur le terrier du séminaire de St-Sulpice.  Elle est traversée par le ruisseau Des roches qui, à cet endroit, prend le nom de «Coulée Grou».

 

À Montréal en 1681, en plus des maîtres, la maisonnée Grou comprend leurs fils Pierre, Paul et Mathurin Grou.  Jean Grou, chef de famille, possède un fusil, quatre bêtes à cornes et dix arpents de terre en valeur.

 

Jusqu'en 1689, le voisin de Jean Grou à la Pointe-aux-Trembles,  est Joseph-Charles Ailleboust des Musseaux, fils de Nicolas D’Ailleboust de Coulonges et Dorothée de Montet d’Argentenay. Joseph-Charles s’était marié le 16 septembre 1652 à Québec, Québec-Ville à Catherine Le Gardeur, fille de Pierre Legardeur de Repentigny et Marie Favery.  M. Ailleboust est juge civil et criminel de Montréal et gouverneur intérimaire de Montréal.

 

C'est sur la terre de Jean Grou qu'aura lieu la bataille appelée « combat de la Coulée-Grou »

 

 

 

Pointe-aux-Trembles. 2 juillet 1690

 

Une bande d'iroquois de la nation des Onneiouts est découverte alors qu’elle campe derrière la Pointe-aux-Trembles.  Le sieur de Colombet, lieutenant à la retraite, prend le commandement d’un groupe de vingt à vingt-cinq habitants du fort et décide d'aller à leur rencontre.

 

Les Pointeliers tombent malheureusement dans une embuscade.  Ce qui semblait à prime abord être que quelques hommes, regroupe en réalité  une centaine d’Iroquois.  Il s’en suit un rude combat. Sains et saufs, une dizaine d'hommes seulement réussissent à regagner le fort mais les autres, dont monsieur de Colombet, sont tués sur-le-champ ou bien amenés en  terres indiennes. C’est le cas de  Jean Rainaud dit Planchard qui, après être fait prisonnier, meurt brûlé vif. 

 

Un seul des hommes faits prisonniers, Pierre Payet dit  St-Amour, est épargné grâce à l'intervention  "de dernière minute" du père jésuite Pierre Millet, lui-même prisonnier des iroquois.  Pierre Payet dit St-Amour est cependant gardé en captivité  chez les Onneiouts pendant près de trois ans, les suivant même jusqu'aux États-Unis, leur terre d'origine.  Il est ensuite échangé contre le neveu du chef de la bande, alors prisonnier des Français.  Ce n'est qu'en 1693 que Payet dit St-Amour  peut retourner à Pointe-aux-Trembles, où il retrouve sa femme Louise Tessier et son jeune fils né durant sa captivité.

 

Outre l’officier Sieur de Colombet, les autres hommes tués dans le combat  de ‘La Coulée Grou’ sont : le Sieur Joseph de Montenon sieur de Larue, le lieutenant de milice Guillaume Richard dit Lafleur, le chirurgien Jean Jalot, Joseph Cartier (ou Carrier) dit Larose, Jean Delpué dit Parisot, Jean Raynau dit Planchard, Jean Beaudoin, fils, Nicolas Joly, Jean Grou, Pierre Marsta fils, un engagé de Beauchamp, Isaac, soldat, Paschange et Le Bohême. ». Jean Grou laisse dans le deuil son épouse Marie Anne Goguet et cinq enfants vivants.

 

On enterre les corps dès leur découverte et ce, sans plus de cérémonie. Le 2 novembre 1694, leurs ossements sont transportés au cimetière où ils furent inhumés en présence de presque tous les paroissiens. 

 

En moins d’un an, le 8 mai 1691, des Iroquoïens  tuent Grégoire Simon et sa femme.  Le 27 août de la même année, les hommes de la même tribu surprennent Nicolas Millet et sa femme dans leurs champs.  Faits prisonniers, le couple est relâché huit  jours plus tard.

 

Le 26 octobre 1693, monsieur Dollier de Casson, vicaire général, bénit l’union de veuve Marie-Anne Goguet et Jacques Desnoyers. Ce dernier est soldat de la  compagnie de monsieur Marin, commandée par monsieur Plagnol

 

Anne Goguet, née à Marans, en Aunis, est l’ancêtre féminine  de la famille Groulx, mais elle est également celle de la famille Desnoyers dit Lajeunesse. 

 

En 1925, Joseph La Jeunesse donne un terrain à la Commission des Lieux et Monuments Historiques du Canada. On y élève un cairn de pierres. Le 3 septembre 1939, un grand rassemblement nationaliste a lieu à la Coulée Grou et l'abbé Lionel Groulx, historien et descendant de Jean Grou rend un vibrant hommage à son aïeul et à tous les colons de la Nouvelle-France qui s'y sont battus. On remplace le cairn en 1971 par un nouveau monument, sorte de stèle portant une plaque sur laquelle figure un nouveau texte intitulé : ‘La Bataille de Rivière-des-Prairies’.

 

On retrouve encore plusieurs descendants de Jean Grou et de Anne-Marie Goguet ainsi que son deuxième époux Jacques Desnoyers dit Lajeunesse dans le quartier.

 

 

Lise Jolin

 

 

 

Enfants d’Anne Goguet et de Jean Grou, cordonnier

 

 

Mathurin Grou

- Baptisé le 17  janvier 1674, Notre-Dame de Montréal 

- Parrain : Mathurin Roullé (?), habitant

- Marraine : Marie-Michelle Garnier, femme de Simon Cardinal (m. en 1652, dans la localité de Marans, en Charente-Maritime, France)

- Meurt en bas âge

…………………………………

 

Jean Baptiste Grou

- Baptisé le 1er mai 1676 St-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles (Mtl)

- Parrain : Pierre Goguet

- Marraine : Jeanne Goguet

- DCD à l’âge de 21 mois environ

 

- Sépulture le 23 janvier 1678

…………………………………

 

Paul Grou

- Baptisé 16 avril 1678 St-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles (Mtl)

- Parrain : Paul Dazy (?)

- Marraine : Claude …………,

- Meurt en bas âge

…………………………………

 

Marie Grou

- Baptisée 23 janv. 1683 St Enfant Jésus de Pointe aux Trembles (Mtl)

- Parrain : Étienne Forestier dit Lafortune

- Marraine : Marie Chénier, femme de feu Jean Bricault dit Lamarche (m. 12 nov. 1674 Notre-Dame, Montréal)

- Mariée le 19 février 1709. Rivière-des-Prairies, À  Daniel Moreau dit Desrosiers (Daniel Moreau et Suzanne Renaud).

- DCD à l’âge de 48 ans environ, en juin 1731, Rivière-des-Prairies, île de Montréal 

- Sépulture 2 juin 1731, Notre-Dame, Montréal

…………………………………

 

Marie-Anne Grou

- Née vers 1685

- Mariée le 25 nov. 1709 Rivière-des-Prairies, à Gilles Lauzon (Gilles et Marie Archambault),

- DCD à l’âge de 93 ans environ

- Inhumée le 3 février 1778, St-Louise de Terrebonne

*** Ma grand-mère maternelle étant une Lauzon, Marie-Anne Grou fait partie de sa lignée direct par son mariage à Gilles Lauzon, fils de l’ancêtre Gilles Lauzon et de Marie Archambault.
…………………………………

 

Pierre Grou

- Né et baptisé en mars 1686, St-Enfant Jésus, Pointe-aux-Trembles, Montréal

- Parrain : Pierre Majeau, fils de feu Augustin Majeau et de Francoise Gouillon (?)

- Marraine : Françoise Lozon, femme de François Boileau dit Cambray (m. 20 novembre 1675, Montréal)

- Marié  1) le 5 février 1703, Notre-Dame, Mtl, à Gabrielle Cherlot dit Desmoulins (Jean-Charles Cherlot-Desmoulins et Jeanne Mansion),

- Marié  2) le 12 oct. 1716 Notre-Dame, de Montréal, à Angélique Cousineau (Jean Cousineau et Jeanne Bénard)

- DCD 5 novembre 1739 St-Laurent, île de Montréal

- Inhumé le 6 novembre 1739, St-Laurent, île de Montréal

…………………………………

 

Jeanne Grou

- Baptisé le 30 mars 1686, St-Enfant-Jésus, Pointe-aux-Trembles, Mtl 

- Parrain : Pierre Goguer, fils

- Marraine : Jeanne Goguet

- DCD le 14 nov. 1703 à l’âge d’environ 18 ans

- Inhumée 15 novembre 1703, Notre-Dame de Montréal

…………………………………

 

Jean Grou 

- Baptisé le 22 avril 1687 St-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles (Mtl)

- Parrain : Jean Goguet, fils

- Marraine : Anne Charron, femme de Pierre Goguet

- Marié le 15 juillet 1708, Notre-Dame de Montréal, à Marie-Jeanne Cousineau (Jean Cousineau et Jeanne Bénard)

- DCD à ville St-Laurent, île de Montréal

- Inhumé le 10 février 1768, St-Laurent, île de Montréal

…………………………………………….

 

 

Enfants d’Anne Goguet et de Jacques Desnoyers = Lajeunesse

 

Jacques Desnoyers, fils

- Baptême 28 juillet 1694, St-Enfant Jésus, PAT , Mtl

- Marraine : Suzanne Chartrand 

- Marié 1) le 16 novembre 1716, Rivières-des-Prairies, Montréal, à Marie-Anne Migneron (Jean Migneron et Marie Labelle)

- Marié 2) le 26 juillet 1724 St-François, Ile Jésus, Laval, à Marie-Catherine Noël (Maurice Noël=Labonté et Catherine Glory

- Jacques décède en janvier 1769, St-Vincent-de-Paul, Ile Jésus (Laval)

……………………………………………….

 

François Desnoyers-Lajeunesse

- Né et Baptisé le 6 septembre 1697, St-Enfant-Jésus, Pointe aux Trembles, (Mtl)

- Parrain : François …

- Marraine : Marie Grou

- Mariée le 23 novembre 1722, Montréal, Qc, à Suzanne Alix (défunt Vincent Aly/Alix=Larosée et défunte Marie-Delphine Perrin)

…………………………………………….

 

Marie-Anne Desnoyers

- Mariée le 17 juin 1726 Rivière-des-Prairies, Montréal, Qc , à Pierre Morisseau (Pierre et Catherine Caillonneau),.

…………………………………………….

 

 

Sources:

 

Ancestry.ca

 

 

Atelier d’Histoire de la Pointe-aux-Trembles

BMS2000v.9

Family Searh

Nos racines vol. 45 (Les Grou, Groulx, Groust, Grout et Groux)

http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=30571

http://membres.lycos.fr/justina68/ouverture.htm

http://genealogie.planete.qc.ca/user/gallery/view/name_digger/id_395383/title_MONUMENT/ (monument  aux victimes)

 

Mots-clés: Jean Ancêtre Lauzon Iroquois Pointe-aux-Trem Bles



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De: Nicole
09/10/2009 14:07:28

Bonjour Lise,  j'ai lu ton texte lors de sa parution ; comme à l'habitude il est intéressant et fort documenté.  Et depuis j'y reviens presque tous les jours car les commentaires sont à leur tour très instructifs.


 


Pierre Payet dit St-Amour était le grand-père de Catherine Payet épouse de Pierre Delguel Labrèche, mon ancêtre direct.


 


Pour voir la plaque commémorative de la bataille de Rivière-des-Prairies et situer exactement l'endroit : http://inventairenf.cieq.ulaval.ca/inventaire/oneLieu.do?refLieu=1394&sortPropRepere=typeRepere.description&ascRepere=true



De: CGagnon
09/08/2009 10:32:19

Dans le commentaire de Pilote_Qc, l’historien Pierre Desjardins s’appui, à un moment, sur une relation faite par Charles de Monseignat.


 


 Très intéressante la lecture de la note sur Monsieur de Monseignat par Peter N. Moogk dans le Dictionnaire Biographique du Canada en ligne.  Je cite seulement cet extrait :


«…le roi et Pontchartrain s’étant mis à s’intéresser de façon plutôt gênante à l’administration de Frontenac, Monseignat, à titre de témoin oculaire, fut chargé en 1696 de relater en termes éloquents, à Versailles, la campagne du gouverneur contre les Onneiouts et les Onontagués. »

 



De: Pilote_Qc
09/05/2009 23:07:25

Voici un extrait de la brochure de Pierre Desjardins, intitulé Les Pointeliers En Guerre [mars 2008], qui répondra en partie, je l'espère,  à vos dernières interrogations et confirmera vos recherches, lisejolin.



Pointe-Aux-Trembles de Montréal


La bataille de la coulée Grou


 


Mise en situation
_________


 


Le double contexte de guerre iroquoise et de guerre inter-coloniale


 


En 1687 débutait le deuxième guerre contre les Iroquois que le gouverneur Dongan de New-York fournissait en armes et incitait à attaquer les Français.


 


De leur côté, le gouverneur Denonville ravageait le pays des Tsonnontouans et l'intendant Champigny s'emparait de quatre-vingt Onontagués dont une quarantaine furent expédiés en France comme galériens.


 


En Europe, l'Angleterre et cinq pays alliés déclaraient la guerre à la France en mai 1689, la guerre de la Ligue d'Augsbourg qui durera jusqu'en 1697. Les Iroquois l'apprirent à New-York avant même que la nouvelle ne parvienne à Québec! À la demande du gouverneur de New-York, le maire d'Albany remit un baril depoudre à chaque nation iroquoise [à être employé contre nos


ennemis et les leurs].


 


Les Iroquois montèrent alors une armée colossale et se fixèrent pour objectif la reprise du contrôle de la vallée du Saint-Laurent. Leur opération sera facilitée par le fait que jusqu'alors les autorités de la Nouvelle-France interdisaient la fortification des villages pour favoriser la colonisation et l'appropriation du territoire!


 


C'est dans ce contexte que, dans la nuit du quatre au cinq août seize cent quatre-vingt-neuf, le village de Lachine fut attaqué par mille cinq cent Iroquois qui firent vingt-quatre morts et quarante prisonniers.
________



La guerre Iroquoise à la Pointe-aux-Trembles


 


Le dimanche deux juillet seize cent quatre-vingt-dix, un parti d'une centaine d'Iroquois avait descendu la rivière des Prairies et séjournait derrière la Pointe-aux-Trembles près de la confluence des quatre rivières.


 


Il semblerait qu'au retour de Repentigny, le chirurgien Jean Jalot les ayant observés se rendit donner l'alerte au village de Pointe-aux-Trembles. On regroupa alors vingt-cinq hommes dont le lieutenant réformé, le sieur Colombet, prit la tête. La troupe devait comporter plus de la moitié des hommes adultes dela paroisse puisqu'au recensement de 1692, la Pointe-aux-Trembles comptera quarante-deux hommes majeurs et trente-deux garçons de quinze à vingt-et-un ans sur une population totale dedeux cent trente-trois âmes.


 


Rendus à la coulée qui sillonne la terre de Jean Grou, on dressa une embuscade. On avait cependant sous-évalué l'importance numérique de l'ennemi. [Les ennemis les chargeront vigoureusement et en furent receus de mesme, mais comme le nombre de nos gens leur estoit àbeaucoup [...] inférieur, ils furent obligés de se retirer avec perte de douze hommes parmy lesquels fut le


sieur Collombes. Les ennemis y perdirent vingt-cinq hommes et se retireront aussy.] [Relation par Charles de Monseignant].


 


En ce triste deux juillet seize cent quatre-vingt-dix, les Iroquois tuèrent sur place à la coulée, le lieutenant Colombet, le chirurgien Jean Jalot, Guillaume Richard dit Lafleur, capitaine de milice de Pointe-aux-Trembles et premier commandant du Fort Cataracoui, Jean Delpué dit Parisot, Joseph Cartier dit Larose, JeanBeaudoin fls, Pierre Masta fils et un engagé du Grand Beauchamp.


Les Iroquois firent six prisonniers. Ayant retraité en direction de Lachenaie, c'est là qu'il vont brûler Joseph de Maintenon, sieur de la Rue. Les cinq autres vont être ramenés en Iroquoisie, à Onneyouts. Quatre d'entre eux seront exécutés: Jean Rainau dit Planchard, Jean Grou, Paschange et le Bohème. Quand au cinquième, Pierre Peyet dit Saint-Amour, il eut la vie sauve et fut adopté par les Onneyouts. Le père Millet, ce grand missionnaire et diplomate, en avertit le curé Séguenot en


février seize cent quatre-vingt-onze.


 


Pierre Peyet, l'ancêtre de Julie Payette l'astronaute, servit de monnaie d'échange dans les négociations de paix entre le chef onneyout Tariha qui se présenta en seize cent quatre-vingt treize devant Frontenac, accompagné de Payet qui fut échangé contre le neveu de Tariha, prisonnier des français. Peyet revint à la Pointe-aux-Trembles et vit pour la première fois, son


fils de trois ans, né durant sa captivité.


 


Les Pointeliers n'avaient pas pour autant été au bout de leurs peines. Les Iroquois avaient attaqué de nouveau la


Pointe-aux-Trembles au cours de l'année 1691. Bénac dans unelettre au Ministre des colonies précise que: [Nos ennemis estoient desja dessendeus vers le montréal, sept à huit cents du costé nord et environ deux cents du costé sud, les premiers se jetèrent dabord sur le bas de l'Isle de montréal ditte la Pointe-aux-Trembles où ils brulèrent vingt-cinq ou trente tant


maisons que granges et tuèrent quelques habitants hommes et femmes, apprès avoir exercés sur eux destranges cruautés.] C'est ainsi que le huit mai seize cent quatre-vingt-onze des Iroquois tueront Grégoire Simon et son épouse Jeanne Collet. Quelques


mois plus tatd, Nicolas Millet et sa femme seront surpris dans les champs, faits prisonniers puis heureusement relâchés huit jours plus tard.


 


Tant et si bien que ce n'est que quatre ans après les événements de la coulée Grou que les corps des victimes enterrés à la hâte sur place, seront exhumés et inhumés dans le cimetière de la paroisse, le deux novembre seize cent quatre-vingt-quatorze. Le curé Séguenot écrivit alors aux registres: [j'ai fais enlever aujourd'hui leurs os que nous avons tous mis dans une même bière, et dans une même fosse: on leur dira un service dans huit jours: le tout dera gratis et en présence de M. le Breton, prêtre missionnaire, et de presque tous les paroissiens, dont j'ai fait signer: C. le Breton, Jean Beauchan, L. Archambau, N. Senet et Séguenot.


 


Source: Les Pointeliers en Guerre, page 10 et 11
Par: Pierre Desjardins
Pour: L'Atelier D'Histoire De La Pointe-Aux-Trembles



De: CGagnon
09/05/2009 08:32:39

(Tout est digne d'intérêt, mais je me suis permis de mettre en gras certains extraits plus percutants).


 


D’une part, l’on sait que le régiment de Carignan-Salières fut envoyé en Amérique du Nord, sur le territoire de la Nouvelle-France , pour combattre les Iroquois, appelés "Agniers" à cette l'époque.  En 1665, Louis XIV consent à apporter une aide à sa colonie et envoie 1 300 soldats du régiment Carignan-Salières (commandé par le marquis Henri de Chastelard de Salières Henri de Chastelard) pour combattre les Iroquois qui tuent et pillent les colons établis en Nouvelle-France. Ce régiment établi en plusieurs compagnies affrontera successivement les Iroquois et les Néerlandais (Hollandais) de Nieue Amsterdam (l'État de New York actuel. Deux expéditions guerrières sont également menées en Iroquoisie par le régiment. En 1666, les Iroquois sont défaits. La paix est complètement rétablie en 1667. (voir Wikipédia).  Mais les traités, qu’en fait-on?


 


D’autre part, voici l’opinion de l’historien William John Eccles sur l’intendance de Champigny:


 


Ce fut heureux que des relations cordiales entre l’intendant Champigny et le marquis de Denonville, gouverneur général de la colonie aient existé pendant les trois premières années de l’intendance de Jean Bochart de Champigny, car la colonie était à la veille d’une guerre terrible qui devait durer 13 ans. Champigny allait être témoin de la dévastation de très grandes parties de la colonie par les Cinq-Nations de la confédération iroquoise et verrait la flotte et l’armée de la Nouvelle-Angleterre assiéger Québec.


 


En temps de guerre, on oublie souvent toute compassion, surtout si l’on combat un ennemi cruel et impitoyable. La tâche la plus importante pour Champigny, à son entrée en fonction, fut d’aider Denonville dans ses plans de campagne contre les Iroquois de l’Ouest, qui menaçaient l’influence française dans cette région et se montraient très agressifs depuis plusieurs années. Cette campagne, qui débuta en 1687, fut préparée avec un très grand soin par Denonville, comme les circonstances l’exigeaient, car ce n’était pas une petite entreprise que de déplacer une armée, composée en grande partie d’éléments douteux des troupes françaises régulières, sur plusieurs centaines de milles au cœur des solitudes canadiennes, et d’attaquer un ennemi aussi rusé, aussi nombreux et aussi féroce que l’était cette puissante tribu. Il est incontestable qu’une grande part du mérite, pour l’attention apportée aux plans de stratégie, revient à Champigny.


 


Pour réussir, Denonville comptait surtout sur l’élément de surprise. Dans le but de s’en assurer, et aussi pour avoir en main des otages qu’il pourrait échanger au cas où des Français seraient capturés, il fit prisonniers tous les Iroquois qu’il rencontra en remontant le Saint-Laurent jusqu’au fort Frontenac. C’était là, sans aucun doute, un acte de guerre légitime. Avant que le gros de l’armée n’eût atteint le lac Ontario, Champigny s’avança jusqu’au fort Frontenac, avec une petite avant-garde, pour préparer l’arrivée de l’armée et sa progression en territoire ennemi. Deux bandes d’Iroquois campaient dans le voisinage du fort. Un détachement envoyé par Denonville fit l’une d’elles prisonnière, mais l’autre, qui comptait une trentaine d’hommes et environ 90 femmes et enfants, fut invitée par Champigny à venir au fort pour une fête. Une fois à l’intérieur du retranchement, les Iroquois furent capturés et les hommes furent attachés, pieds et poings liés, aux palissades. Quand Denonville arriva au fort avec l’armée, il envoya un détachement pour capturer un autre groupe d’Iroquois des environs et tous les prisonniers furent, par la suite, dirigés vers Montréal. Pour obéir aveuglément à un ordre du ministre, voulant que tout Iroquois en bonne santé, capturé pendant la campagne, fût envoyé dans la métropole pour être mis aux galères, 36 parmi les 58 prisonniers iroquois furent embarqués pour la France. Deux ans après, ils furent renvoyés à Québec, sur l’ordre de Denonville. Certains d’entre eux cependant étaient morts aux galères ou au cours des traversées.


 


À l’époque, la plupart des gens qui commentèrent ces événements considérèrent que la conduite de Denonville et de Champigny était justifiée, niais certains condamnèrent l’un ou l’autre, ou parfois même les deux. En agissant ainsi, ils ont brodé un tant soit peu et laissé une version assez erronée des faits, confondant les Iroquois, pris par les armes, avec ceux que l’on avait capturés par la ruse, accusant à tort des gens qui n’avaient rien fait et exagérant les conséquences de cet épisode. Les historiens d’aujourd’hui, pour la plupart, n’ont fait qu’ajouter à la confusion. Lorsqu’on se livre à une analyse précise des motifs, des circonstances et des conséquences de l’affaire, il s’avère que, au fort Frontenac, la capture d’une petite bande d’Iroquois par Champigny fut faite en des circonstances incontestablement équivoques. Il faut ajouter, par contre, qu’il n’y a aucune preuve que cela ait changé le cours des événements. Certains historiens ont affirmé que ce geste de trahison fut la cause de ce que l’on a coutume d’appeler le massacre de Lachine, mais ces dires sont réfutés par des preuves trop nombreuses pour qu’on puisse leur accorder le moindre crédit.


 


La Nouvelle-France étant de nouveau en état de guerre, il fallait renforcer les défenses de la colonie – elles étaient de fait pratiquement inexistantes – et, dans cette tâche, Champigny apporta à Denonville toute son habileté.


 


Dès l’arrivée dans la colonie du nouveau gouverneur Frontenac ses rapports avec Champigny furent très tendus. Champigny était un ardent critique des plans militaires de Frontenac, tout comme l’étaient Hector de Callière, gouverneur de Montréal, qui avait la direction des plans de combat, et Philippe de Rigaud de Vaudreuil, commandant des troupes de la-marine. Champigny estimait que les coups de main menés par Frontenac, en 1690, contre les établissements frontaliers de New York et de la Nouvelle-Angleterre n’avaient que très peu entravé les préparatifs de campagne de l’ennemi, tandis qu’une seule attaque générale sur Albany, principal centre iroquois, serait plus effective. C’était aussi l’opinion du gouverneur de New York, qui fut très soulagé que Frontenac ait renoncé à tenter l’aventure. Plus tard, au cours de la guerre, Champigny, Callière et Vaudreuil purent cependant, à force d’insistance, amener Frontenac à abandonner sa politique de temporisation. Cette nouvelle orientation porta ses fruits et obligea les Iroquois à en venir à un arrangement qui empêcha une défection générale des nations indiennes de l’Ouest, alliées des Français. (voir W. J. Eccles, in Dictionnaire biographique du Canada en ligne).


 


Enfin, le traité de la Grande Paix de Montréal a été signé à Montréal en 1701 par de Callière, représentant la France, et par 39 nations amérindiennes. Ce traité mettait fin aux guerres intermittentes du XVIIe siècle et marquait un tournant dans les relations franco-amérindiennes.


 


À la question de savoir si les nations iroquoises attaquaient parce que l'on occupait leur terre ancestrale, si la nation onneioute possédait la rive de l'île de Montréal qui borde la Rivière-des-Pariries, je réponds non puisque les nations iroquoises habitaient l'actuel État de New-York. 


 



De: Pilote_Qc
09/04/2009 19:20:57

Excellent travail lisejolin,


 


fidèle à vous même dailleurs. Votre document m'est d'autant plus précieux qu'il contient des données me permettant de collationner avec les miennes propres. Vous y avez mis du coeur dans vos recherches et le résultat en témoigne vivement.


 


Amitié,


Pilote_Qc




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