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ANDRÉ CYR tué par les iroquois
Ajouté le 09/02/2009 18:52:28 par Claudette46

ANDRÉ  SIRE

 

 TUÉ  PAR  LES  IROQUOIS

 

         A la suite de l’expédition de l’Intendant Champigny et du Gouverneur De Nonville, en 1687, contre les Indiens, dont plusieurs chefs avaient été envoyés aux galères, il fallait s’attendre à ce que les tribus iroquoises organisent une riposte.  C’est pourquoi l’année 1689 s’annonçait pour être une année de vengeance de la part des Iroquois, mais malgré certaines alarmes, rien ne s’était encore produit.

 

         Pour défendre son arrière-fief du Bon-Pasteur, à cette époque d’inquiétude, Marguerite Bourgeoys, supérieure des filles séculières de la Congrégation Notre-Dame, assistée de sœur Marguerite Gariépy, économe de cette congrégation, concède, le 16 juillet 1689, des terres de 60 arpents à savoir trois arpents de large par vingt de profondeur à Louis Sagot et André Sire et le 25 juillet suivant à François Dazé.  Le notaire Bénigne Basset rédige ces trois actes.

 

         Puis la colère des Iroquois éclate le 4 et 5 août 1689 par le massacre de Lachine.  Les Indiens se répandent dans tous les environs de Montréal.  Ce fut au tour de l’île Jésus de subir leurs attaques.  En premier lieu, Thérèse Hunault, femme de Guillaume Leclerc est tuée cruellement dans une grange.  Sa sépulture est enregistrée le 17 août à Lachenaie.  Mais l’attaque véritable commence le 22 août.  André Sire est tué et inhumé ce jour là, toujours d’après ce registre mais sous le nom de Le Cire.  Son corps est enterré près de la croix de la pointe de l’île Jésus. Louis Sagot qui avait été tué le même jour n’est inhumé que le 25 août, au bas du côteau des habitants de l’île Jésus. Le registre de Lachenaie indique qu’il était soldat et qu’il faisait partie du détachement du Sieur de Clermont.  Puis, le 28 août 1689, le registre indique encore la sépulture de Jean Derosni tué 4 ou 5 jours auparavant dans un champ où il avait été enterré.  Le 25 novembre suivant, le curé Buisson à Lachenaie dit qu’il a suppléé les prières et cérémonies des funérailles sur une fosse,  dans l’église de Lachenaie, où l’on avait enterré pendant son absence, plusieurs personnes et membres de d’autres qui avaient été tuées par les Iroquois.

 

         Notre recherche sur la famille Sire nous réservait des surprises.  Nous avons vu plus haut que Michel Sire, baptisé le 24avril 1689, sous le nom de Le Cire avait eu pour parrain Louis Sagot tué le 22 août par les Iroquois.  Ce dernier, le 15 mai 1689 sur un papier écrit de sa main faisait donation, de tous ses biens meubles et immeubles à son filleul Michel Sire.  Dans ces vingt lignes écrites au son comme nous avons pu le constater, Louis Sagot fait ce don en cas de mort subite ou autre accident.  Après avoir daté et signé son papier (à noter qu’il signait Sago) il le déposa dans un coffre qu’il avait au fort de la Rivière des Prairies.  Puis, remarquez bien, “à cause des alarmes au commencement de cette présente année”, Sagot va déposer son coffre dans la maison de Jean Desroches.  C’est là que ce dernier trouvera cette donation.  Il était avec Marie Beauchamp, sa femme et en présence de Paul Dazé et de François Fortin.  Le notaire Jean-Baptiste Fleuricourt, le 18 septembre 1689, dans un acte daté de ce jour et en présence du curé Buisson, mettra dans ces minutes cet acte sous seing privé.

 

NOUVELLE  DESTINÉE

 

D’ÉLIZABETH  CHARBONNEAU

 

        Depuis cette tuerie, Élizabeth Charbonneau était devenue veuve avec trois enfants : Michel (n. 23 avril 1689), son bébé de quatre mois, Joseph (n. 22 mars 1687) âgé de deux ans et cinq mois et Marie (n. 4 déc. 1684) âgée de quatre ans et huit mois.  Pour élever sa famille, Élizabeth comprit qu’elle devait trouver un père pour de si jeunes enfants.  Elle convola, le 12 juin 1690, à Lachenaie avec Joseph Barbeaux dit Poitevin, fils d’Étienne et de Marie Martinelle, et originaire du Poiré sur la Roche (Poiré-sur-Vie, en Vendée) évêché de Poitiers.  Toutefois pour célébrer ce mariage, il a fallu une dispense à cause d’une parenté spirituelle entre les époux, puisque Joseph Barbeaux avait été le parrain de Joseph Sire baptisé, le 22 mars 1687, à Lachenaie.

 

         Désormais, il ne faudra pas se surprendre de voir vivre ensembles les enfants Sire et plusieurs petits Barbeaux.  Il en sera ainsi pendant une douzaine d’années, car Marie Sire ne quittera la maison paternelle que le 11 septembre 1702, pour épouser à St-François de Sales, François Coron fils de Jean et de Michelle Lauzon.

 

SUCCESSION  ET  INVENTAIRE

 

D’ANDRÉ  SIRE

 

         A cause de ce mariage, mais surtout pour régler la succession de feu André Sire, Louis Filiatreau est élu, le 25 juin 1704, tuteur des enfants Sire.  Filiatreau se présente, le même jour, à la Cour de la juridiction de Montréal où siégeait Monsieur Deschambault, lieutenent général pour cette partie de la Nouvelle-France.  Filiatreau supplie humblement ce juge de bien vouloir l’autoriser à régler la succession d’André Sire.  Comme les biens de ce dernier n’avaient que peu de valeurs selon la déclaration de Filiatreau, il demande au juge que la prisée et l’estimation en soient faites par deux voisins.  Ceux-ci n’auront qu’à prêter serment devant le notaire qui procédera à la confection de l’inventaire pour éviter les frais d’un huissier.  Le juge lui accorde cette requête séance tenante.

 

         Pour faire cet inventaire, Louis Filiatreau demande le notaire Senet de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, qui vient, le 4 juillet 1704, à l’île Jésus.  Quand nous lisons cet acte notarié, nous constatons qu’en plus de Filiatreau, François Coron était aussi présent comme curateur des enfants Sire.  Les experts priseur et estimateur furent Paul Dazé, de la Rivière des Prairies et François Raynaud dit Blanchard, de l’île Jésus.

 

         Ce qu’il y a d’intéressant, dans cet inventaire ce sont d’abord les titres et papiers conservés “dans une boîte” et présentés au notaire Senet par Elizabeth Charbonneau.  Le premier document est le contrat de concession du 15 février 1680, fait par Thomas Frerot.  Senet nous dit que c’est sur cette concession qu’est bâtie la demeure où vivent Élizabeth Charbonneau et Joseph Barbeaux, donc dans la maison bâtie par André Sire.  Le deuxième papier est une quittance générale, datée de ce jour, par le sieur de la Giroflée, receveur des droits seigneuriaux pour les seigneurs de l’île Jésus.  Assez curieusement, il n’existe pas un seul autre document.  C’est à se demander ce qu’est devenue la concession du 16 juillet 1689, faite par Marguerite Bourgeoys à André Sire. 

 

         Puis le notaire Senet note les objets trouvés dans la maison et le prix estimé par les experts.  Il fait de même pour les animaux  autour de la maison.  Ensuite Elizabeth Charbonneau déclare les dettes que la succession a contractées envers différents particuliers.  Le montant en est indiqué par le notaire, soit 86 livres, tandis que l’actif est légèrement supérieur, sans compter la terre et la maison.  Somme toute, André Sire n’avait pas fait fortune en Nouvelle-France.  Mais c’est à voir; son décès l’a peut-être empêché de profiter d’une découverte qu’il fit en 1688.  Nous aurons l'occasion d'y revenir dans un autre blog. 

 

         Plusieurs années passèrent avant que Marie, Joseph et Michel Sire ne touchent leurs droits de la succession de leur père.  Dans le but de régler ce problème, tous les trois font appel, en 1711 au notaire Nicolas Senet de la Pointe-aux-Trembles.  Marie et Joseph Sire, le 27avril vendent tous leurs droits successifs à Joseph Barbeaux et Élizabeth Charbonneau pour la somme de 150 livres chacun, Michel Sire le lendemain en fait autant et pour le même montant.  Dans ces trois actes, le notaire Senet indique  le lieu de résidence de chacun, soit l’île Jésus pour Marie et Michel, tandis que Joseph demeurait à la Pointe-aux-Trembles de Montréal.  Le notaire nous fait connaître également l’endroit où ces ventes se sont faites, soit la maison de Pierre Labelle, habitant l’île Jésus, pour Joseph, la maison paternelle pour Marie et la maison de François Raynaud de l’île Jésus pour Michel Sire.  Les actes de Joseph et Michel seront complétés par des addenda écrits par le même notaire.  En effet, comme ceux-ci ne sont pas majeurs, ils viennent ratifier leurs ventes, le 5 avril 1712, pour Joseph, tandis que Michel Sire en fera autant, le 16octobre 1713.

 

 

 

Source :  Cahiers Gen-Histo

 

 

Claudette46

 

Mots-clés: Mort Cyr Veuve Charbonneau



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: Pilote_Qc
09/04/2009 01:27:34

Je trouve très intéressant votre document sur la famille Cyr [Sire], pour plusieurs raisons: Personnellement j'ai connu Luc  et son frère Paul Cyr. Ces frères, si j'ai bonne mémoire, travaillaient dans le domaine de la vidéo-reportage. Je vais essayer d'en savoir plus sur eux. Un autre personnage m'intéresse particulièrement, c'est ce Senet, que vous dites être notaire à la Pointe-aux-Trembles de Montréal. Nous avons une rue Senet à P-A-T et je veux savoir s'il y a un rapprochement à faire avec ce personnage.


 


Je suis toujours étonné de voir que l'on peut obtenir des informations sur des lieux et des personnes qui ont vécus il y a des décennies et même des centaines d'années, mais quand on a besoin de connaître des contemporains, alors on tombe carrément dans les limbes... .


 


Félicitation pour votre article! J'ai hâte de lire la suite.


 


Cordialement,


Pilote_Qc







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