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Jacques Bernier
Ajouté le 09/07/2009 06:04:30 par pierrebernier

JACQUES BERNIER, PREMIER HABITANT
             DU CAP-SAINT-IGNACE
       ET SEIGNEUR DU FIEF SAINT-JOSEPH

 

 

 

   Ivanhoé Caron, historien de renom, assistant conservateur aux archives de la Province, membre de la Société Royale du Canada, dans son volume «Aux Origines d'une Paroisse: Cap-Saint-Ignace», a écrit: «Sa bonne entente, sa vénération pour Éléonore De Grandmaison et pour sa fille Geneviève de Chavigny, incitent Jacques Bernier dit Jean de Paris à venir avec elle dans sa nouvelle seigneurie du Cap-Saint-Ignace. A cette fin, elle lui concède, le 5 janvier 1673, soit trois mois après l'avoir reçue de Talon, une terre de neuf arpents de large  sur quarante de profondeur. «Ce fut un heureux hasard car elle eut pour premier colon un homme de valeur qui est considéré comme le premier habitant du Cap-Saint-Ignace».

 

 

   Le 28 avril 1674, Jacques Bernier vend une terre de l'Ile d'Orléans et le notaire écrit qu'il est habitant de l'île d'Orléans. Six mois plus tard, le 23 octobre 1674, devant le notaire Rageot, il vend une autre terre de l'Ile d'Orléans à Guillaume Lelièvre et le notaire note dans l'acte que «Jacques Bernier est habitant du Cap-Saint-Ignace». Mais on savait d'ores et déjà  que Jacques Bernier avait pris possession de son domaine au Cap le 1er avril 1673. Le 9 février 1670, devant le notaire Becquet, Jacques Bernier rétrocède une terre à Clément Ruel (terre achetée au coût de 300 livres). Le 6 mars 1673, il vend à Jean Leclerc les deux arpents de front qu'il avait achetés de François Gourdeau. Pour payer Bernier, comme on l'a vu ci-dessus, il s'engage à bûcher dix arpents de bois sur sa terre au Cap-Saint-Ignace, à construire une maison. 

 

 

   A la vente de la propriété ci-dessus, il se réserve les fruits de la récolte. Il avait donc préparé (lui et ses fils) les semences et voulait profiter des résultats. Il serait parti définitivement de l'Ile d'Orléans vers le mois de septembre 1673. Et l'affirmation de l'Abbé Ivanhoé Caron s'avérait exacte quand il dit que Bernier fut le  premier colon du Cap-Saint-Ignace.

 

 

 QUI EST JACQUES BERNIER?

 

   Jacques Bernier est né et a été baptisé à Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris, le 16 novembre 1633, fils d'Yves Bernier et de Michelle Treuillet. Ces derniers se sont mariés à la même paroisse en 1631. Ils ont donné naissance à un autre fils nommé Juchereau Bernier. Yves Bernier, père de Jacques,  était procureur (aujourd'hui, juge ou avocat) au Parlement de Paris. Parmi les ancêtres de cette prestigieuse famille d'hommes d'état, on retrouve des noms nobles célèbres comme: François Bernier, né en 1487, Seigneur de la Tour, marié à Jeanne de la Cour en 1515; Mathurin Bernier, Seigneur de Boisset, marié à Françoise Breton en 1576; Pierre Bernier, écuyer, marié à Marie de La Roche-Beaucourt en 1641 et un autre Pierre Bernier, aussi procureur au Parlement de Paris, inscrit à l'Armorial le 23 juillet 1700.

 

   Cette hiérarchie d'ancêtres laisse deviner sans aucun doute que Jacques Bernier a hérité d'une éducation et d'une instruction privilégiées avant de venir en Nouvelle-France. Si cet homme prestigieux, doué d'une telle intelligence, eut demeuré en son pays, il serait devenu véritablement une célébrité dans le monde professionnel et libéral.

 

   Par déductions logiques, dues aux événements et relations privilégiées du nouvel arrivant, on peut affirmer que Jacques Bernier fit son entrée au Canada au soir du 13 octobre 1651, avec son protecteur et tuteur le Gouverneur de Québec, Jean De Lauson,  à bord du bateau «Le Saint-Joseph» (350 t) dirigé par le Capitaine Jean Boucher. (Eric Fortier signale, sur internet «Planète Québec», que trois bateaux venant de France, sont arrivés le même jour: Le Saint-Joseph, La Vierge et Le Passemoy. Jacques avait alors 18 ans: bien jeune pour s'expatrier.  Jean De Lauzon était fonctionnaire au Parlement de Paris. Il connaissait bien la famille Bernier et le potentiel humain de son protégé. Jacques Bernier, mettant le pied sur le sol de la Nouvelle-France, apportait son aristocratie, son érudition, qui lui permettront de se hausser au-dessus de la classe moyenne de ses compatriotes.

 

  

 

Jacques Bernier s'est  marié solennellement au Palais du Gouverneur de Québec, le 23 juillet 1656 avec Antoinette Grenier, de Saint-Laurent de Paris. Il avait 23 ans. Un auteur a cité que c'est l'un des seuls mariages qui fut célébré au Château du Gouverneur, avec le curé Jérôme Lalemant qui s'est déplacé avec son rituel coutumier, sans aucune publication officielle des bans de mariage,  et le fidèle Denis Ruette d'Auteuil qui a fait le voyage avec Jean de Lauzon et Jacques Bernier. Ils ont été tous les deux témoins au mariage. Signe évident de la considération très spéciale envers ce fils de notable.

 

   Dès  son arrivée en Nouvelle-France, il fut confié à une personne de très haut prestige: la Damoiselle Éléonore De Grandmaison, épouse de Jacques Gourdeau, Sieur de Beaulieu dans la seigneurie de la Renardière. Ce domaine était situé sur la pointe sud-ouest de l'Ile d'Orléans en face de Québec.

 

   On devine que l'arrivée d'un homme instruit, débrouillard et avec une notoriété célèbre est perçue comme un apport important dans la nouvelle colonie. Jacques Bernier sait lire, compter et écrire. On a eu recours à sa science dans plusieurs domaines: Le 18 février 1679 il réalise l'arpentage de la terre de Michel Isabel, au Cap-Saint-Ignace, et fait l'inventaire de ses biens, discipline réservée alors aux seuls notaires accrédités pour une telle fonction légale.

 

   Les historiens que j'ai cités ci-dessus ont souvent fait mention de son implication sociale dans la communauté du Cap-Saint-Ignace. Il possédait un bateau pour faire le commerce, un magasin général où tous les paroissiens se regroupaient pour s'approvisionner. Les cérémonies liturgiques se célébraient dans sa maison. Mgr de Laval y est allé à plusieurs reprises pour les confirmations. La paroisse fut érigée canoniquement le  30 octobre 1678.

 

   LE SEIGNEUR DU FIEF SAINT-JOSEPH

 

   Les beaux militaires qui sont venus au Canada y risquer leur vie contre les féroces Iroquois s'étaient partagé les terres de la Nouvelle-France. Jacques Bernier devint aussi seigneur au même titre, mais en méritant ses honneurs avec son ardeur, sa persévérance et son ambition extraordinaires. Il devint  seigneur le 15 octobre 1683, à l'âge de 50 ans. Il se portait acquéreur du fief ou de la seigneurie Saint-Joseph dite de la Pointe-aux-foins, située à l'extrémité ouest de la paroisse actuelle du Cap-Saint-Ignace.

 

   Le 3 novembre 1672, l'Intendant Talon concédait à Guillaume Fournier «trente arpents de terre sur deux lieues de profondeur, à prendre sur le fleuve Saint-Laurent, tenant d'un côté au Sieur de l'Espinay (à la Seigneurie de la Rivière-du-Sud) et de l'autre aux terres non concédées. C'est le fief de Saint-Joseph ou de la Pointe-aux-Foins. Ce Guillaume Fournier, venu du village de Coulme, en Normandie, avait épousé à Québec le 21 novembre 1651, Françoise, fille de Guillaume Hébert et d'Hélène Desportes. Il fut un des premiers colons de la Pointe-à-la-Caille. Ne pouvant s'occuper du développement de son fief de la Pointe-aux-Foins, il le vendit à Jacques Bernier.

 

   Le 21 juillet 1713, Jacques Bernier, premier colon du Cap-Saint-Ignace, s'éteignait dans sa 80ème année d'âge. Celui qui aurait pu devenir une célébrité dans son pays quittait cette terre d'adoption pour celle de l'éternité, après avoir donné, avec son épouse Antoinette Grenier la vie à onze enfants. Il repose dans le cimetière du Cap-Saint-Ignace.

 

   UNE APOTHÉOSE DE RECONNAISSANCE

 

   Le 3 juillet 1960, une fête de grande envergure fut organisée au Cap-Saint-Ignace pour rendre hommage à l'ancêtre Jacques Bernier, premier habitant du Cap-Saint-Ignace. Un nombre fort imposant d'environ deux mille personnes se sont présentées pour glorifier cet illustre colon avec, à leur tête, l'Archevêque-Évêque de Gaspé, Monseigneur Paul Bernier, ancien Nonce Apostolique du Panama et de Costa-Rica, qui a présidé à une messe pontificale. Après la célébration liturgique dans l'église du Cap-Saint-Ignace, trop exiguë pour contenir cette immense foule, un monument fut élevé sur les terrains de la maison ancestrale, pour commémorer le souvenir de cet homme bon, généreux, charitable, sociable et fidèle à ses traditions.

 

 

 

 

   Source;  Cyril Bernier

 

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