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Madeleine Ferron, écrivaine (1922-2010)
Ajouté le 03/06/2010 09:04:21 par lisejolin

« La femme doit s’appartenir, être libre de décider et de penser ce qu’elle veut. » (Madeleine Ferron)

 

À l’approche de la journée de la femme, mon ami André G. m’a demandé d’écrire sur la grande dame qu’était « Madeleine » Ferron.  Moi qui connaissais quelque peu Marcelle Ferron, peintre, je dois avouer que je croyais fermement que l’écrivaine et la peintre ne formait qu’une seule et même personne.  Mais erreur… elles avaient chacune leur personnalité propre. Ici, c’est vraiment l’écrivaine Madeleine Ferron qui sera mise en évidence dans cet article.

 

Je parle au passé de Mme Madeleine Ferron car malheureusement, elle nous a quittés dans la nuit de vendredi à samedi, le 27 février 2010, au St-Brigid’s Home à Québec.  Prise avec la maladie d’Alzheimer depuis quelques années, Madame Ferron aurait  fait quelques accidents cérébraux-vasculaires en début de semaine, puis sa santé s’est détériorée par la suite. Âgée de 87 ans 7 mois, épouse de feu le juge Robert Cliche, depuis 1985, elle était la conjointe de monsieur Jean Cimon (1923-), un réputé urbaniste et écrivain.

 

Selon les dernières volontés de Mme Ferron, le corps ne sera pas exposé mais seul un service sera célébré en présence des cendres, samedi le 6 mars 2010 à quatorze heures en l’église Saints-Martyrs-Canadiens, au 735 rue Père Marquette, coin des rues des Braves à Québec. Les proches de Mme Ferron dont ses enfants, Josée, Nicolas (Lise Carrière) et David Cliche (Johanne Séguin) y recevront les condoléances à compter de treize heures.  L’inhumation se fera ultérieurement au cimetière de St-Joseph-de-Beauce.

 

Nos plus profondes Sympathies1 vont à la famille de Mme Ferron.

 

 

Madeleine Ferron

 

Madeleine Ferron, fille du notaire Alphonse Ferron (8-06-1890 / 5-03-1947) et d’Adrienne Caron (11-01-1899 / 5-03-1931) de Louiseville, naît à l'Hôpital de Trois Rivières, le 24 juillet 1922.  Le lendemain, à la Cathédrale L'Assomption de l'Immaculée-Conception de Trois-Rivières, l’abbé H. Deschênes, prêtre-vicaire, baptise l’enfant sous les noms de Marie Irène Madeleine Ferron. Elzéar Roy et Irène Caron, parrain et marraine, ont signé le registre ainsi que l’officiant et le père de l’enfant. 

 

Quatre autres enfants complètent la famille Ferron–Caron. Jean-Jacques dit « Jacques » Ferron (20-01-1921 / 22-04-1985), écrivain, homme politique était avant tout médecin humaniste. Marcelle (29-01-1924 / 19-11-2001) peintre et spécialiste du vitrail a été signataire du ‘Refus global’ en 1948. Paul (9-07-1926 / 10-08-2007) a pratiqué la médecine de famille toute sa vie dans les quartiers populaires de Ville Jacques-Cartier, aujourd’hui Longueuil. Enfin, la cadette, Thérèse (1-12-1927 / 08-06-1968) journaliste, avait aussi commencé une carrière d'écrivain.

 

Adrienne Caron, maman de Madeleine, meurt de la tuberculose le 5 mars 1931 et est inhumée le 9 mars suivant dans le cimetière de la paroisse St-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup à Louiseville. Après la perte de sa mère, Madeleine lâche peu à peu ses études pour s'occuper de ses frères et sœurs. Le notaire Alphonse Ferron, époux de feu Adrienne, élève ses enfants dans une grande liberté de pensée pour l’époque. En 1993, Madeleine Ferron consacre une biographie à sa mère sous le titre « Adrienne, une saga familiale » (Boréal, 1993).

 

Madeleine Ferron fait ses études primaires à Louiseville puis termine des études secondaires en 1940 chez les Soeurs de Sainte-Anne à Lachine. En 1945, la jeune femme suit des cours à la Faculté des lettres de l'Université de Montréal à titre « d’auditrice libre » ce qui veut dire que même en payant ses cours, elle ne peut remettre aucun travail ni se présenter à l’examen final pour l’obtention du diplôme. En 1960, elle suit des cours d'ethnographie2 à l'Université Laval.

 

Le 22 septembre 1945, à St-Antoine-de-Padoue, Louiseville, Maskinongé, au Québec, Madeleine Ferron épouse Robert Cliche (12 avril 1921-1978), fils de  Léonce Cliche et Béatrice Gosselin.  Un peu moins de deux ans plus tard, le 5 mars 1947, jour d'une échéance qui allait le mettre en banqueroute, Alphonse Ferron, père de Madeleine, se suicide. C’est la façon qu’il a trouvé de sauver l’honneur et de laisser un petit héritage à ses enfants.

 

L’époux de Madeleine Ferron, Robert Cliche, chef du parti NPD au Québec de 1963 à 1968, est nommé juge à la tête de la commission royale d’enquête (1974-75), connue sous le nom de ‘commission Cliche’. Pendant toutes ces années, elle est active en politique aux côté de son mari.  Militant pour le « oui », aux deux référendums,  il n’est donc pas surprenant qu’elle fasse paraître quelques articles

à ce sujet.  Sa vie d’écrivaine chevauche sa vie publique.

 

Carrière d’écrivaine

« Maman avait une affection particulière pour les quêteux et autres conteurs du village. Elle les faisait s'asseoir à notre table, elle leur donnait à manger, elle les écoutait et nous disait aussi de les écouter. Plusieurs des contes qu'elle a écrits sont inspirés de ces récits.» (David Cliche, fils de l’écrivaine)

 

La carrière d’écrivaine de Madeleine Ferron s’étend de 1960 à 1995. Membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, l'écriture de Mme Ferron se veut raffinée et discrète. Tout au long de son parcours, elle publie des recueils de contes, de nouvelles, des biographies, des romans où elle mêle le rêve, la magie et les mythes à la vie de tous les jours.

 

Au début de sa carrière, Madeleine Ferron publie un court texte « La gamme des femmes » sous la rubrique Historiette que son frère Jacques Ferron avait dans le journal bimensuel L'information médicale et paramédicale (1962). Puis son recueil de contes « Coeur de Sucre » publié en 1966, est réédité en 1971 et 1988.

 

 

Les deux premiers romans de Mme Ferron sont publiés en 1971: « La fin des loups-garous » (réédité en 1988) et « Le Baron écarlate ». Dans ce dernier Madeleine pose un regard ironique sur les sociétés rurales et la petite bourgeoisie de province.  Les deux œuvres ont respectivement eu des mentions pour le Prix France-Québec (1967) et pour le Prix littéraire de la ville de Montréal (1972). Vient ensuite un roman historique « Sur le Chemin Craig » (1982).  Ses biographies de « Jacques Voyer in Volume Vll » et de « Gautron, dit Larochelle (1808-1859) in Volume VIII » sont éditées en 1980.  S’ajoutent ensuite ses recueils de nouvelles : « Le chemin des dames » (Éditions de La Presse, 1977), et « Histoires édifiantes » (1981), « Un singulier amour » (Boréal 1987) et «  Le Grand théâtre » (Boréal, 1989).  En 1987, dans l'ouvrage « Les Cliche », elle rend Hommage aux femmes Cliche.  La même année Madeleine Ferron signe la préface « l’Histoire d’Inverness ».

 

 

Madeleine Ferron est aussi l’auteure de nombreux articles pour des magazines, journaux et revues.  Elle signe, par exemple, une chronique sur le patrimoine dans la revue Châtelaine en 1980. De plus, elle collabore à différentes œuvres collectives telles  « Dix nouvelles humoristiques » (Éditions Les Quinze, Montréal, 1984);  « La vie quotidienne du Québec » (Presses de l'Université du Québec, 1984); « Témoignages à Marguerite Yourcenar » (1988);  « L'étranger / L’étrangère » (1990), à  la mémoire de Robert Cliche » (Éditions Les Quinze, 1980).  Elle collabore aussi à la rédaction du « Dictionnaire biographique du Canada ».

 

Madeleine Ferron n’a jamais milité sous une bannière féministe mais elle publie, ici et là, des articles mettant en lumière le rôle caché des femmes.  

 

En plus de ses œuvres littéraires, Madeleine Ferron laisse derrière elle des centaines de lettres qu'elle avait échangées avec son frère aîné depuis l'adolescence. Dans certaines d’entre elles Jacques conseille sa cadette dans ses lectures, la critique.  Il la surnomme affectueusement Merluche, Merluchette et la Mère Luche.  L’échange de courrier entre les frères et sœurs démontre bien qu’une étroite relation unissait les membres du "clan Ferron". 

 

Madeleine Ferron conjugue sa vie sociale à sa vie d’écrivaine… De 1976 à 1978, elle fait partie du conseil d'administration du Conseil des monuments et sites du Québec.  Elle est membre du conseil de la Bibliothèque centrale de prêts de la région de Québec, du conseil d'administration de la Commission des biens culturels du Québec de 1978 à 1984 ainsi que de l'Institut québécois de recherche sur la culture de 1982 à 1989. Elle est présidente de la Ligue de l'Épilepsie du Québec de 1980 à 1984 et depuis 1978, Mme Ferron a participé à plusieurs émissions de radio et de télévision.

 

 

La Beauce

«Madeleine Ferron est devenue beauceronne et défendait ce pays, elle lui a donné une représentation nationale culturelle qu'elle n'avait pas avant.» (Victor-Lévy Beaulieu)

 

Madeleine Ferron est une Beauceronne d’adoption, le couple Ferron-Cliche ayant demeuré trente-deux ans dans la région de la Beauce. Madeleine a élevé ses  trois enfants : Josée, David et Nicolas Cliche4 à St-Joseph-de-Beauce, région qu’elle a quittée un an après le décès de son mari survenu le 5 septembre 1978. Vivant un certain temps à Montréal, elle regagne ensuite la capitale nationale.  Passionnée par le patrimoine et la culture populaire, la Beauce a été source d'inspiration pour l’écrivaine.  En collaboration avec son mari, Madeleine Ferron écrit les essais « Quand le peuple fait la loi » (1972) et « Les Beaucerons, ces insoumis : petite histoire de la Beauce » (1974). Ces deux essais sont réédités en un seul volume en 1982. 

 

La Beauce, c’est une région que Madeleine Ferron a appris à connaître, à chérir,  à décrire et surtout à protéger.   Avec son mari Robert Cliche, Mme Ferron est une des principales instigatrices de la Société du patrimoine des Beaucerons[i] fondée en 1976.  La Société a pour mission la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine historique et contemporain de la Beauce.

 

Grâce à l’initiative du couple Ferron-Cliche, la Fondation Robert-Cliche voit le jour 1978 afin d’assurer un appui financier permanent à la Société du patrimoine des Beauceron.  Madeleine était la présidente de la Fondation depuis 1979.  « Première du genre en région au Québec, la Fondation Robert-Cliche est une société privée administrée par des personnes du milieu, qui sont fiduciaires d’un fonds de capital dont l’usufruit constitue une des principales sources de financement de la Société du patrimoine des Beaucerons. » (sic)  

 

 

 

Madeleine Ferron remporte le premier prix du Concours de nouvelles historiques avec « Napika », publiée dans la revue Châtelaine.  En 1982, elle reçoit le Prix des Éditions de La Presse.  Elle a été nommée Chevalier de l'Ordre du Québec depuis 1992.  Une étude, « Madeleine Ferron : du regard social à l’auto-ironie », paraît en 2000 dans Trajectoires au féminin dans la littérature québécoise (1960-1990), aux Éditions Nota Bene.   L’année suivante, la revue Arcade lui rend hommage dans « Madeleine Ferron, une femme exceptionnelle ». En 2003, un colloque de l’Association francophone pour le savoir, tenu à l’Université du Québec à Rimouski, a été consacré à son œuvre.

 

 

Madeleine Ferron, l’insoumise : Trois perspectives5

«Madeleine Ferron était une grande Québécoise, plus grande que je ne l'imaginais au départ. Je croyais écrire un essai de 150 pages sur elle, mais j'ai vite vu que ce serait impossible. Je suis allé chercher de l'aide, et le projet est devenu un ouvrage à quatre auteurs comptant 616 pages!» (Gervais Lajoie)

 

Gervais Lajoie démarre seul ses recherches sur ‘la vie’ de Madeleine Ferron suite à la rencontre de Nicolas Cliche, fils de Madeleine, lors de l’exposition d’Odilon Cliche au Musée Marius-Barbeau en 2000.  En l’espace d’un an, M. Lajoie fera vingt-et-une entrevues puis le projet demeure sur la glace quelques années, le temps qu’il sera directeur d’école secondaire dans la Beauce.  En 2006, son  ancien commandant et ami, Bernard Beauchemin de Mont-Joli,  ‘promoteur de la publication d’un ouvrage d’envergure portant sur l’histoire du Régiment de la Chaudière’ vient rejoindre M. Lajoie.  Cette partie du livre nous fait découvrir la femme inconnue, engagée mais discrète qu’était Madeleine Ferron.

 

Gervais Lajoie s’assure ensuite la collaboration de M. André Garant, ancien professeur d’histoire et historien. Sous plus de soixante-quinze sujets différents, Monsieur Garant fait une synthèse de l’histoire populaire beauceronne et souligne son insoumission légendaire dans ‘la courtepointe Beauceronne’.  Madame Raymonde Labbé qui a déjà travaillé sa thèse de doctorat sur les œuvres de Jacques Ferron, frère de Madeleine, se joint à l’équipe pour faire l’analyse littéraire de dix des œuvres’ de cette dernière.  Laurent Laplante, ami de Madeleine Ferron, signe la préface.

 

 

Madeleine Ferron se classe parmi les meilleures auteures au Québec depuis la Révolution tranquille. On a déjà dit d’elle « que chaque nouvelle était travaillée comme un diamant. Elle avait un don d’observation.  Elle arrivait à cerner une émotion dans un texte et à dessiner un personnage très rapidement.  On avait, l’impression d’entrer tout de suite dans le personnage. (…) Ce sens d’observation était teinté d’une ironie qui se moquait des travers des gens qui se prennent trop au sérieux. Pour elle la vie était un théâtre. (…) Femme curieuse et branché sur son époque, ses récits partaient souvent de l’histoire du Québec.» (Le Devoir, 1er mars 2010) 

 

« Faut pas laisser traîner une idée, on risque de la perdre. » (Madeleine Ferron) 

 

Lise Jolin, fille d’un beauceron

 

Avec la collaboration d’André Garant, historien

 

 

Merci aussi à Marcopolo et Dragon pour leur apport dans la recherche sur Madeleine Ferron.

 

 

Mots-clés: Auteure Société-Beaucer One Insoumise Cliche



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Visionner 1 - 3 de 3 Commentaires

De: lisejolin
03/07/2010 06:53:24

Reçu d'André G.


 


(6 mars 2010)


Gilles Pellerin : Madeleine Ferron


Gilles Pellerin, directeur des éditions L'instant même partage sa passion pour la littérature,


Cette semaine, l'écrivaine Madeleine Ferron décédée cette semaine


http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3D/Medianet/2010/CBV/00043bf9_20100306_113347.asx&promo%3DZAPmedia_Telejournal&duree%3Dcourt 

 


 

 


De: lisejolin
03/06/2010 14:57:56

Je m'excuse auprès de tous, mais j'ai eu de gros problèmes pour éditer cet article.  Comme la source et les notes étaient coupées, j'ai décidé de les placer dans ce commentaire afin de les avoir en entier.


Lise


 


Notes :
1-   Les témoignages de sympathie peuvent se traduire par un don à la fondation Robert-Cliche, au 833, avenue du Palais, St-Joseph-de-Beauce (Qc) G0S 2V0.

 


2-   Branche des sciences humaines qui a pour objet l’étude descriptive des choses....

 


 3-   David Cliche, ex-député et ministre sous le gouvernement du Parti québécois, et  Nicolas Cliche, avocat à Saint-Joseph
4-  
La Société du patrimoine des Beaucerons  est le centre d'archives régional de la Beauce, agréé par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) depuis 1994. Société d'histoire et de généalogie, elle se consacre à la connaissance, à la conservation et à la mise en valeur de l'histoire et du patrimoine de la Beauce.

 


5-  On peut se procurer le volume via une biblioth`que municipale ou l'acheter auprès de

 


gervais.lajoie@sogetel.net ou 1-418-774-9655

 


Sources :

 



 


Ancestry.ca

 


André Garant, historien

 


BMS2000v9 

 


Journal Le Devoir

 


http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/litterature/dossiers/1636/ http://editionbeauce.com/actualites.asp?nID=9519&Cat=1
http://www.cibletudes.ca/fra/principal/aide/glossaire/auditeur_libre.shtml
  
(auditeur libre) 
http://www.coopfuneraire2rives.com/registre-condoleances/avis-de-deces-detail.aspx?Avis=4706
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/201002/27/01-4256058-madeleine-ferro n-un-volumineux-legs-epistolaire.php
http://www.ecrivain.net/ferron/
http://www.enbeauce.com/detail-actualite.asp?ID=15295 
http://www.er.uqam.ca/nobel/k25025/ferron/oeuvreFerron.htm#Livresfiction
(Oeuvres de Mme Ferron, par Danielle-Claude Bélanger)
http://www.mots-auteurs.fr/auteurs_citations/madeleine-ferron.html
  (Citations de Mme Ferron)
http://www.ordre-national.gouv.qc.ca/recherche_details.asp?id=200 

 



 


 



De: lisejolin
03/06/2010 13:08:14


La signature de Madeleine Ferron sur la page couverture du livre "Madeleine Ferron, l'insoumise : trois perspectives" est de 1982.







*** Planète Généalogie ***