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LES FONDATEURS DE CYRVILLE
Ajouté le 07/13/2010 19:26:30 par Claudette46

LES FONDATEURS DE CYRVILLE

 

Canton de Gloucester, Ontario

 

N’est-ce pas formidable de découvrir qu’il existe une ville à son nom : Cyrville.  Oui, c’est exactement ce qui m’arrive.  Alors tu veux tout découvrir, tout savoir sur cette ville.  Les fondateurs font-ils partis de ton arbre généalogique et à quelle génération!? Tu veux aller la voir cette ville mais où est-elle située exactement?

 

Contexte géographique et historique

 

L’emplacement général

 

Le canton de Gloucester se trouvait dans la région de la capitale nationale, dans l’Est de l’Ontario.  La rivière Rideau formait la limite ouest du canton,  tandis que la rivière des Outaouais en représentait la limite nord.  Au sud se trouvait le canton d’Osgoode, et à l’est le canton de Cumberland.  Compte tenu de cette situation particulière, un secteur du canton de Gloucester a été arpenté en fonction de la rivière des Outaouais, et on l’a appelé le front Outaouais.  Un autre secteur du canton a été arpenté en fonction de la rivière Rideau, et on l’a appelé le front Rideau.  Le coin  nord-ouest du canton, délimité par ces deux fronts, a formé un troisième secteur que l’on a dénommé Junction Gore en anglais.

 

Les limites précises

 

Le village de Cyrville faisait partie du front Outaouais, dont le premier rang, le long de la rivière, était constitué des lots 1 à 27, allant de la limite entre les cantons de Cumberland et de Gloucester jusqu’à la ligne de base, aujourd’hui le boulevard St-Laurent, qui séparait le front Outaouais de la Junction Gore.

 

Le village même a été fondé sur le lot 27 du deuxième rang.

 

Cyrville comprenait essentiellement les lots 15 à 27 des 2e, 3e et 4e rangs du front Outaouais.

 

Ancêtres paternels des frères Michel et Louis Cyr fondateurs de Cyrville

 

Nous avons le même ancêtre :

 

André Sire épouse Élisabeth Charbonneau à Saint-François en 1679

 

André Sire a eu 6 enfants dont Joseph et Michel Cyr.  Ma lignée continue avec Joseph mais les fondateurs de Cyrville la lignée continue avec Michel.

 

LES FONDATEURS DE CYRVILLE

 

Michel Sire épouse Marie Chartrand à Saint-François en 1679

 

Jean-Baptiste Cyr épouse Marie-Josephte Rose à Sault-au-Récollet en 1739

 

Jean-Baptiste Cyr épouse Élisabeth Pepin à Saint-Vincent de Paul en 1763

 

Louis Cyr épouse Louise Monette à Saint-Martin en 1789

 

Michel Cyr épouse Agathe Desjardins et Louis Cyr épouse Esther Aubuchon

 

Michel Cyr n. vers 1801 au Bas-Canada (fils de Louis et Louise Monette).

 

On peut dire de la FONDATION de CYRVILLE remonte à l’achat, par Michel Cyr, du lot 27 (rang 2 – 200 acres – front Outaouais). Selon Jean Leury, dont l’histoire de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Cyrville a été publiée en 1948, cet achat a eu lieu le 1er sept 1853 des MM. Neil et Alexander McDonell.  L’auteur ajoute que Michel a cédé la moitié ouest du lot 27 à son fils Joseph, le 6 août de l’année suivante, et que le reste a été transféré à son autre fils, Michel.

 

Lors du recensement de 1861, Michel Cyr, âgé de 60 ans, était cultivateur.  Il demeurait dans une maison en bois rond avec sa 2e épouse Adélaïde Vezeau (m. 1er avril 1845) et cinq enfants. Deux fils du premier mariage (m. Agathe Desjardins le 10 janv 1826), Michel et Joseph, faisaient partie du ménage en 1861.  Lors du recensement de 1871, Michel était épicier; il vivait avec Adélaide, qui avait 16 ans de moins que lui, et Joséphine.  Michel a de nouveau été dénombré en 1881, mais il était alors veuf, vivant seul à Cyrville.  Sur ses vieux jours, il s’était construit une maison sur la rue Principale, en face de la rue St-Michel.

 

Joseph Cyr n. vers 1837 (fils de Michel et Agathe Desjardins).            &nb sp;                         &nb sp;                         &nb sp;                         &nb sp;                         &nb sp;             &nb sp;               

 

Joseph Cyr a une rue à son nom;  JOSEPH CYR street à Cyrville – maintenant Vanier, un quartier d’Ottawa.  J’ai circulé sur cette rue en juin 2010. Je me demande encore ce qui lui a valu cet honneur!

 

Lors du recensement de 1871, Joseph était cultivateur à Cyrville (lot 27 du 2e rang), où il vivait avec Mélanie Leclair (m. 5 avril 1864) et 3 enfants.  Entre 1871 et 1877, Mélanie et Joseph ont eu 3 autres enfants.  Mélanie est morte peu après et Joseph a épousé, en 2e noces, Thérèse Leclair (m. nov 1879) , soeur de Mélanie.

 

Lors du recensement de 1881, Joseph vivait avec Thérèse, les 6 enfants nés de son 1er mariage et une fille de sept mois nommée Bernadette.  Thérèse et Joseph ont eu au moins 6 autres enfants.  En 1891, Joseph et Thérèse étaient jardiniers, mais lors du recensement de 1901, Thérèse était veuve.  Le recenseur a noté qu’elle était jardinière et qu’elle vivait avec 2 enfants nés du 1er mariage et 6 de ses enfants à elle.

 

1928 – Des lignes électriques desservent trente familles de la région de Cyrville.

 

1933 – Tempête de grêle.  Dans la matinée du mercredi 7 juin 1933, en une dizaine de minutes à peine, des grêlons de la taille de billes, d’autres aussi gros que des balles de golf ou même des œufs de poule, ont fracassé des milliers de vitres de serre, détruisant des couches chaudes, tuant des poulets et causant d’autres dégâts.  Plus tard dans la journée, la région reçu de fortes averses.  Le sinistre a été décrit à la une dans « le Droit », «l’Ottawa Evening Journal » et « L’Ottawa Evening Citizen ».

 

Michel Cyr n. 6 juin 1834 (fils de Michel et Agathe Desjardins).

 

Michel Cyr fait partie des fondateurs de Cyrville.  La rue où est construite l’église porte son nom :  Michael Street.

 

Lors du recensement de 1871, Michel était cultivateur à Cyrville (lot 27 du 2e rang), où il vivait avec Octavie Deschambault  (m. 9 janv 1865) et 2 enfants nés en Ontario :  Alfred âgé de 5 ans et Octavie âgée d’un an.  En 1881, Michel et Octavie avaient deux autres enfants :  Eugène 7 ans et Cyprien 6 ans.  Lors du recensement de 1901, Michel était jardinier; il vivait avec Octavie et leur fils Cyprien.

 

L’Église et le sanctuaire.

 

Les premiers pionniers qui ont habité le lot 27 du 2e rang du front Outaouais étaient largement d’origine canadienne-française.  Au début, le lieu de culte le plus près, l’église Notre-Dame, se trouvait dans la Basse-Ville de Bytown.  A compter de 1856, les fidèles ont pu se rendre à l’église St-Joseph dans le quartier de la Côte-de-Sable d’Ottawa.  Plus tard, Cyrville a eu sa propre église, nommée Notre-Dame-de-Lourdes.  Les travaux ont commencé vers la fin de 1871.  Bénite par monseigneur Guigues en 1872, cette église se trouvait à l’extrémité nord du lot 27. Une 2e église (de brique) a été construite en 1928, puis bénite par monseigneur Forbes en mai 1929.

 

Alfred Cyr  (fils de Michel et Octavie Deschambault).

 

Il semblerait qu’un bureau de poste dénommé Delorme a été ouvert en 1850.  A compter de 1892, ce bureau s’est appelé Cyrville, et il a fermé ses portes en novembre 1965.  J.N. Beaudoin  a été maître de poste de 1892 à 1895 et de février à novembre 1897.  Alfred Cyr avait alors un magasin général (m. 30 janv 1899 à Clémentine Dion); il a été aussi maître de poste de 1907 jusqu’à sa mort, survenue en 1950, et son fils Wilfrid a été maître de poste de 1950 à 1965.

 

1950 – La partie du canton de Gloucester qui comprend Cyrville est annexée à la ville d’Ottawa.

 

Louis Cyr n. vers 1808 au Bas-Canada (fils de Louis et Louise Monet).

 

Louis, frère cadet du fondateur de Cyrville, Michel Cyr, était cultivateur dans le canton de Gloucester lors du recensement de 1851.  Il habitait une maison en bois rond avec son épouse Esther Aubuchon, 5 enfants et 5 autres personnes, c’est-à-dire François Cyr et son épouse Julienne, 2 garçons nommés Jean et Antoine et une veuve 83 ans du nom de Charlotte Cyr.

 

En 1857, Louis Cyr était propriétaire du lot 25 du 3e rang et plus tard il a installé son fils Michel sur ce lot. Lors du recensement de 1861, Louis et Esther étaient cultivateurs, et il vivaient encore dans une maison en bois rond avec maintenant 9 enfants; leur ménage comprenait 3 journaliers nés dans le Bas-Canada.

 

Lors du recensement de 1871, Louis était cultivateur et veuf.  Il habitait le lot 25 du 3e rang avec 8 de ses enfants.

 

L’école

 

Assez tôt, on a construit dans le village une école publique, en bois rond probablement, qui est de venue une école séparée en 1875, et un bâtiment plus moderne, en planches, a été érigé sur l’emplacement de l’ancienne.  Il a été détruit par le feu en 1894, et on a construit une 3e école, qui a servi aussi de salle paroissiale.  La 4e école du village a été ouverte en janvier 1931, puis agrandie en 1946.

 

Michel Cyr n. 15 avril 1855 (fils de Louis et Esther Aubuchon). 

 

En 1871, il faisait partie du ménage de son père (lot 25 du 3e rang) et plus tard son père Louis, a installé son fil Michel sur ce lot.  Lors du recensement de 1901, Michel et Marie Leblanc (m. juil 1875) étaient cultivateurs.  Leur ménage comptait 7 enfants, ainsi que Thomas, frère de Michel.

 

La gare

 

La ligne Hawkesbury-Ottawa de la compagnie de chemin de fer Canadian Northern a été terminée en 1909.  Elle traversait le village Cyrville, qui avait sa gare, en direction d’Ottawa en passant par le pont Hurdman.  Le Canadian Northern a été absorbée par le gouvernement du Canada en 1917, et la Canadian Government Railways a été fondée en 1918.  Peu après on l’a rebaptisée Canadien National.

 

Cette voie ferrée a été abandonnée au début des années 1930, et les rails ont été enlevés au début des années 1950, une partie de la voie servant à la construction de la route transcanadienne.

 

Cyrville comprenait essentiellement les lots 15 à 27 des 2e, 3e et 4e rangs du front Outaouais.

 

Le village même a été fondé sur le lot 27 du deuxième rang.

 

Le lot a été divisé en parcelles, et celles-ci ont été affermées à des cultivateurs, ce qui explique pourquoi de nombreux pionniers de Cyrville ont habité le lot 27.

 

Puisque les pionniers du lot 27 et leurs compatriotes se sont spécialisés dans la culture potagère, Cyrville s’est développée, et un vaste arrière-pays s’y est rattaché, englobant Glen Ogilvie et d’autres terres jusqu’à la mer Bleue au sud de Blackburn. Durant plusieurs décennies à compter de la fin des années 1860, les jardiniers de Cyrville et de son arrière-pays ont transporté leurs légumes et autres produits jusqu’à Ottawa pour les vendre au public qui fréquentait le marché de la Basse-Ville.

 

Familles pionnières de Cyrville qui habitaient sur le lot 27 du 2e rang (dans l’ordre alphabétique des noms de famille)

 

CARRIÈRE Pierre            &nb sp;       marié à Philomène Chabot

 

CHABOT Jean-Baptiste          marié à Esther Andegrave dit Champagne

 

CÔTÉ Hubert            &nb sp;             marié à Philomène Crevier

 

CYR Michel            &nb sp;            propriétaire du lot 27

 

DESSERT Mazenod            &nb sp;    marié à Angélina Bougie

 

ÉTHIER Napoléon            &nb sp;      marié à Délima Cyr

 

GERVAIS Raphaël            &nb sp;      marié à Mathilde Renaud dit Deslauriers

 

GIROUX Jérémie            &nb sp;       marié à Alzire Lacasse

 

HENRIE Gilbert            &nb sp;          marié à Délima Nault en 2e noce

 

LABELLE Octave            &nb sp;        marié à Arméline Deschambault

 

LABRIE André                         marié à Henriette Thompson

 

LADOUCEUR Joseph               marié à Victoria Cyr

 

LAROSE Isidore            &nb sp;         marié à Scholastique Riopel

 

LAVIGNE Joseph            &nb sp;        marié à Adélaïde Malette

 

NARBONNE Jérémie              marié à Anastasie Mallet

 

NAULT Basile            &nb sp;             marié à Célima Joly

 

PAQUETTE  Joseph                 marié à Euphrosine Cyr

 

PAQUETTE Delphis                 marié à Élianthe Cyr

 

*PARISIEN Louis            &nb sp;        marié à Délima Dubeau

 

*Louis Parisien est arrivé à Cyrville en 1867, et c’est son expérience de la culture maraîchère qui a aidé la région de Cyrville à devenir un important centre de jardinage potager.  Deux de ses frères (jardiniers), Joseph marié à Alphonsine Morin et Jean-Baptiste marié à Exilda Ledoux sont venus le rejoindre, de même que son père Louis (jardinier) et sa mère Marguerite.  Son père et son frère Joseph étaient deux de ses proches voisins.

 

ST-GEORGES Joachim            marié à Julie Pelletier

 

Familles pionnières  qui habitaient sur le lot 25 du 3e rang

 

CONWAY Michael            &nb sp;     marié à Bridget Doherty

 

COUVRETTE Jérémie             marié  à Hortense Worth

 

CYR Joseph             &nb sp;                        Propriétaire du lot 25

 

Déclin

 

Au fil des ans, le canton de Gloucester a perdu différents segments de son territoire, annexés par la ville d’Ottawa.  En 1950, Ottawa a exproprié une importante partie du canton, y compris la région de Cyrville.  Cette démarche marquait le déclin  d’une longue tradition de culture maraîchère. De belles terres généreuses ont disparu sous l’effet de mesures favorisant des aménagements résidentiels, commerciaux et industriels.  En 2001, ce qui restait du canton de Gloucester a été absorbé, avec plusieurs autres cantons, dans le territoire beaucoup plus vaste de la nouvelle ville d’Ottawa.

 

L’article suivant résume très bien « l’histoire » et la vie des habitants de Cyrville.

 

Publié le 26 Novembre 2009 dans L’Express - quotidien

 

Village, paroisse, église : Cyrville n’est plus

 

Situé à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la tour du Parlement canadien, Cyrville n’a jamais été un village proprement constitué. Il n’y avait ni maire, ni conseiller ou appareil judiciaire. Cette communauté maraîchère faisait plutôt partie du grand canton de Gloucester dans le comté de Carleton.

 

Nul besoin d’une carte pour la retrouver. Il suffisait pour s’y rendre de suivre les effluves se dégageant des charrettes et plus tard des camions remplis de bons légumes frais destinés à la vente au Marché By à Ottawa. Ou suivre l’odeur du fumier frais! De toute évidence, depuis l’arrivée, vers 1867, de la famille Parisien avec son expertise en jardinage, ledit village n’avait qu’une seule vocation : la production de légumes.

Le paysage reflétait justement l’activité à laquelle se vouaient ses habitants. On avait bâti les maisons et dépendances, les unes près des autres, façon de resserrer les liens autant que pour se rappeler le paysage des villages québécois lointains, quittés pour mille et une raisons. D’ailleurs, Michel Cyr se dira seigneur dans le registre paroissial, et son épouse qualifiée de Dame Octavie Deschambault, ce qui en dit long sur leur vision d’un mode de vie – le régime seigneurial – qui avait pris fin en 1854.

En provenance de Ste-Rose, près Montréal, la famille Cyr avait acheté, en septembre de l’année précédente, 200 acres en bois debout, propriété de la famille McDonnell. Michel lui-même avait dessiné le plan de son village.

C’est ce que racontaient les anciens. Ainsi, les jardins sortis de ces terres défrichées se retrouvaient derrière les maisons ou occupaient tout autre carré de terre disponible. On pouvait compter sur les doigts les pâturages et ses quelques vaches. Les chevaux de trait ou de labour étaient indispensables et le forgeron St-Georges s’occupait de les ferrer. Les chats étaient les bienvenus, les chiens libres, pas du tout.

Bien avant Joseph et Michel Cyr, à l’origine du village et par conséquent de son nom, il y avait eu les Ogilvie, d’où le nom de l’artère principale joignant le boulevard St-Laurent au chemin de Montréal. La petite histoire retient l’arrivée dans le village comme dans les rangs des Gravel, Cyr, Deschambault, Parisien, Labelle, Chabot, Carrière, Côté, Jacques, Trudel, Lavigne, Lajoie, McCauley, Tremblay. Les Labrie, Paquette, Neault, Lévesque, Kehoe, Leclerc, Mayer, Malette, Robert, Renaud, et tant d’autres.

Ils venaient des comtés environnants de Montréal, quelques-uns de la Beauce, d’autres des régions de l’Outaouais québécois. Au courant du 19e siècle, quelques familles de France, les Triolle, Mauviel, Leury, Martin, avaient poussé l’aventure jusque chez-nous.

 

L’éclosion de Cyrville

 

En 1948, on comptait, au village jusque dans les rangs lointains, une cinquantaine de producteurs faisant partie de l’Association des jardiniers-maraîchers. Cependant, les gens de mon village n’étaient pas tous maraîchers.

 

La proximité de la capitale nationale favorisait la location de logis supplémentaires, à bon frais, avec l’établissement au coin, comme on disait, de deux épiceries-boucheries, d’un magasin général logeant le bureau de poste, d’un salon de barbier puis d’un restaurant et d’un service d’autobus pour desservir cette mince population. Les familles de passage, le temps d’un ou deux étés à s’essayer au métier de maraîcher, repartaient plus sages et moins arrogantes, laissant derrière elles un fils ou une fille s’étant liés aux descendants des premiers arrivants.

Au début, une école avait suffi pour instruire les enfants du village. Au tournant du 20e siècle, il y avait bien eu un scolasticat pour les garçons et les Filles de la Sagesse avaient aussi prodigué l’instruction nécessaire aux enfants du village. Par la suite, les Soeurs Grises de la Croix avaient pris la direction des écoles Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus et de Saint-Joseph.

Aujourd’hui, le terrain est occupé par l’édifice du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est au 4000, rue Labelle. Après 1960, d’autres écoles s’ajouteront en périphérie.

C’est sur les plaques de rues que les visiteurs retrouvent l’histoire de mon village : hors l’église, c’est à peu près tout ce qui reste après le passage du temps et de la rurbanisation. Vers 1950, le rattachement d’une partie de Gloucester à la ville d’Ottawa, la traversée de l’autoroute et l’abandon graduelle du dur métier de maraîcher ont favorisé un réaménagement sauvage de la localité. Enfouie sous le néon et le béton, une terre noire et généreuse pourrait aujourd’hui satisfaire toute une population en quête de «s’approvisionner et se nourrir localement». Tel est le progrès!

 

Une église isolée

 

Seule au coeur de cet aménagement bigarré, l’église de Cyrville sert à rappeler l’existence d’une population autrefois attachée à sa façon de vivre. Pour le passant, l’imposant édifice religieux de briques blondes, situé au coin du chemin de Cyrville et de la rue renommée Michael – autrefois Michel en rappel de Michel Cyr – n’a rien d’un édifice centenaire. C’est qu’il fut construit en 1927 sur un terrain acheté de M. Eugène Cyr. Il venait remplacer la trop petite église de pierre érigée en 1872/73, sur deux arpents – situés au bout de la rue Michael près du Queensway – offerts par Michel Cyr lui-même.

 

La paroisse dédiée à Notre-Dame-de-Lourdes a pour fondateur M. Cyprien Triolle, professeur laïc au Collège de Bytown et ami de Mgr Guigues. Le petit sanctuaire, dont la croix est exposée derrière la présente église, servait aussi de lieu de pélerinage marial. Mais en 1887, Mgr Duhamel, archevêque du diocèse Ottawa-Hull décida de transférer le sanctuaire et son vocable, à Janeville, Eastview maintenant Vanier. Avec, disaient les anciens, l’espoir de voir la paroisse de Cyrville disparaître au profit de celle grandissante de Janeville. D’où, pendant plus de 120 années, la confusion frustrante chez les pratiquants qui, face aux portes barrées, auront choisi une église Notre-Dame-de-Lourdes à la mauvaise adresse.

Desservie depuis 1873 par les missionnaires oblats, puis les Montfortains et enfin les prêtres séculiers, la paroisse devient au cours des années le centre religieux de la région comme en font foi les multiples inscriptions dans son registre paroissial. Le père Adrien-Casimir Guillaume, prêtre français, est le premier pasteur de la paroisse tandis qu’il revient à M. Léon Dubeau, prêtre-curé, d’avoir servi le plus longtemps, soit de 1927 à 1947.

De toujours, les anciens paroissiens n’hésitent pas à visiter l’église de leur enfance, où malgré les nombreux remaniements intérieurs, ils y retrouvent l’imposante statue de la Vierge de Lourdes – datant de 1896 – détrônée de sa magnifique grotte peinte au-dessus de l’autel et installée plus près de ses suppliants.

Qui de Cyrville ne se souvient pas de la grande salle paroissiale, avec sa scène élevée et son rideau déroulant sur lequel est peint à l’huile l’ensemble disparu de la première église et ses dépendances? Les figurants avaient tôt appris à se méfier de la tombée abrupte du fameux rideau de scène!

Lieu très fréquenté, la salle se voulait l’extension de ce qui se passait «en-haut». Elle a bien servi aux pratiques de la magnifique chorale reconnue à travers l’archidiocèse d’alors, aux spectacles de fin d’année sous la direction des religieuses et enseignantes, pour les pièces de théâtre sérieusement montées par des amateurs, à tous les mouvements religieux ou cercles sociaux de l’heure. Sur de très beaux pans d’une histoire collective de 137 ans, elle peut fermer ses portes avec fierté. À l’aube de 2010, l’église de mon enfance ne servira plus. Hors un abribus, un chemin, une circonscription électorale, Cyrville – que les voix des médias, faute d’en savoir un peu plus long sur l’histoire régionale, s’obstinent à prononcer à l’anglaise «Sirville» – le village, la paroisse et son église seront choses du passé. Mais quel beau et vibrant passé!

Penché dans le paysage bouleversé par le grand vent de la modernité, le modeste clocher annonce, depuis quelque temps, une époque révolue.

 

L’auteure est membre de la Société franco-ontarienne d’histoire et de généalogie

 

 

 

Compilé par Claudette Cyr

 

Source :  Un excellent livre écrit par Robert Serré : « Familles pionnières de Cyrville (canton de Gloucester) » Editeur : Société historique de Gloucester, 4550B, rue Bank, Ottawa, Ontario K1T 3W6. Dans ce livre vous trouverez un résumé de l’histoire de chacune des familles pionnières de Cyrville.

 

2e source : L’article parue dans l’Express. 3e source : Mes recherches personnelles dans BMS 2000.

 

Mots-clés: Lignée Histoire Fondateurs Cyrville



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Visionner 1 - 3 de 3 Commentaires

De: Oriam
06/17/2017 20:42:55
Je croix que ma grand-mere, Marie Cyr, etait une des fille de cette famille des fondateurs de Cyrville. Elle aurait ete née autour de 1900


De: Andre_Lefort
07/14/2010 11:58:32
Wow....c'est tout un blogue Claudette! Félicitation!


De: Pilote_Qc
07/14/2010 09:25:11

Merci, Claudette Cyr, pour ce travail remarquable. J'ai eu a chercher Cyrville [virtuellement, bien sûr] et ce n'était pas évident. Maintenant, c'est très clair, grâce à vous.


 


Cordialement,


Viateur 







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