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MOULIN BANAL DE POINTE-CLAIRE
Ajouté le 08/01/2010 14:44:49 par Gabrielle

moulin banal de pointe-claire

 

Moulin banal de Pointe-Claire classé bien culturel le 8 avril 1982.

Le moulin constitue l’un des plus vieux vestiges de la colonisation des rives de l’île de Montréal. Son site, le long du lac Saint-Louis, correspond à la portion que se réservent, À la fin du XVIIe siècle, les sulpiciens, seigneurs de l’île, lors de la concession du lot 152 à Raphaël Beauvais le 23 novembre 1698. La presqu’île de deux arpents sur cinq (plus de 115 mètres sur 290) en est toutefois retranchée « pour faire bâtir un moulin » et répondre aux demandes des censitaires. Pénétrant profondément dans le Lac St-Louis et essentiellement dénudée d'arbres, « La Pointe » constitue donc un endroit tout désigné pour tirer le maximum de vent, la force motrice du moulin.

Un premier contrat est établi le 23 décembre 1708 entre le curé Michel de Vilermaula et Léonard et Charles Paillé, père et fils, pour la construction de la charpente du moulin avec tous ses mécanismes. Une maison de bois avec étage est également prévue pour le meunier.

Un second contrat est conclu le 27 février 1709 avec le maçon Jean Mars. Il y est mentionné les dimensions et les matériaux nécessaires. Il y faut « parfaire bien et dûment… en maçonnerie à chaux et sable de douze pieds de dedans en dedans, de vingt-quatre pieds de hauteur au-dessus du rez-de-chaussée ». Le moulin est muni de meurtrières et est entouré d’une palissade de pieux debout qui servait de protection contre les Iroquois. Les travaux débuteront au printemps 1709 et se termineront à la fin de 1710.

Les murs font 4 pieds français (1,30 m) d'épaisseur à sa base. À l'intérieur, le moulin fait 12 pieds français (3,90 m) de diamètre par 24 pieds français (7,80 m) de hauteur. Un pied français équivaut à 1.06575 pied a. ou 32.484 centimètres.

Les sulpiciens le louèrent à bail et en perçurent une rente annuelle. Ainsi les colons, aussi appelés censitaires, pouvaient-ils aller moudre leurs grains moyennant une certaine rétribution au seigneur - le droit de banalité -.; il s'agissait d'un sac de blé sur 14.

Toutefois, le moulin, à l’instar de plusieurs autres de la région, n’a jamais pu répondre aux quotas fixés.

Sa fonction militaire est reconnue dès le début même s'il ne connaît jamais de raids, des meurtrières percent sa muraille. Le moulin sert alors de point d'observation. Il sera en fonction jusqu'au 1er septembre 1866. Après d’importantes réparations en 1824, iI est vendu, le 28 décembre 1837, à Amable Saint-Julien, cultivateur de Rigaud.En 1847, ce dernier rachète la rente foncière qui subsiste, et la pointe devient alors un franc-alleu roturier, c’est-à-dire une terre libérée de toute redevance seigneuriale.

En 1854, la pointe et le moulin sont revendus à la famille de Benjamin Dubois qui se porte acquéreur du lot.

 Puis le lot fut définitivement acquis, en 1866, par les sœurs de la congrégation Notre-Dame, lors d’un échange avec la Fabrique Paroissiale de Saint-Joachim (comité directeur) pour permettre la même année aux Sœurs d'avoir l'usufruit du terrain afin d'édifier un nouveau couvent.

Le moulin et l’ancienne croix en 1867, avant la construction du couvent.

Le moulin à vent de Pointe-Claire tel qu'il nous apparaît aujourd'hui est la résultante d'une série de transformations qui s'échelonnent de 1866 à aujourd'hui. Avant que le lot 42 ne soit transféré, il ne subit aucune transformation; mais sa condition se détériorant, le moulin perd ses ailes quelque part entre 1866 et 1880.

 

Plus tard, dans les années 1890, les Sœurs remplacent le toit du moulin en ruine, on peut apercevoir le moulin désaffecté, surmonté d’un toit-terrasse utilisé comme observatoire, et au centre duquel se trouvent un mât et une éolienne. Celle-ci sert à actionner la pompe qui alimente l’aqueduc privé des sœurs afin d'alimenter en eau le couvent, jusqu’au moment du raccordement aux services municipaux d’aqueduc en 1916,.


Les travaux de restauration extérieurs débutent en 1954 avec l’enlèvement du crépi et le tirage des joints et Le terrain est solidifié. On rétablit le toit conique en août 1962.C'est avec le centième anniversaire du couvent de la CND que le moulin reprend ses formes originales. En effet, cette année-là les ailes sont restaurées, conçues par l’architecte Marc Angers, elles auraient été inspirées des moulins de Verchères et de l’île aux Coudres, en mai 1967, le moulin à vent présente sensiblement le même aspect extérieur qu'à ses beaux jours. Sensiblement, car malheureusement le moulin a été dépouillé de son mécanisme d'origine. La Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire entreprend des démarches pour la restauration du moulin pour lui redonner un mécanisme qui lui permettrait de chanter à nouveau.

 

Environ 250 moulins à vent furent construits au Québec et de ce nombre, seulement 18 se tiennent encore debout, dont quatre sur le territoire montréalais. Le moulin de Pointe-Claire est le plus vieux moulin à vent sur l'île de Montréal après celui de Senneville (1686). Si en 1911 la ville de Pointe-Claire s'est dotée d'un emblème qui fait autant référence à son histoire, c'est qu'elle garde un souvenir important de son rôle pendant la période du régime français. De fait, parmi les multiples éléments de son patrimoine, le moulin banal jouit d'une place à part puisqu'il est intimement associé à la naissance de Pointe-Claire d'une part et à son essor d'autre part.

Mots-clés: Moulin A Vent



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: Pilote_Qc
08/01/2010 22:57:53

Merci Gabrielle pour cette histoire à se souvenir.


 


Il fut un temps où les vieux bâtiments devaient faire place au progrès    --- c'est ce que je pensais alors... . Maintenant, quand je regarde toute l'énergie dépensée par certaines gens qui ont a coeur la préservation du patrimoine bâtit au Canada, je me dis que ces gens n'ont pas eu tort de persévérer jusqu'au succès de leurs entreprises car une photo ne vaut pas une visite dans l'un de ces joyaux du passé si, évidemment, on l'a remonter tel qu'il était à ses origines. Le village du Haut-Canada est un exemple criant de ce phénomène, avec son moulin à scie. Le moulin banal le sera aussi pour peu que l'on poursuive sa restauration jusqu'au bout. Alors, je souhaite de tout coeur que ce moulin banal retrouve son mécanisme et que celui-ci fonctionnera de nouveau pour montrer aux générations futures que ce qui existe aujourd'hui ne s'est pas fait du jour au lendemain. L'ingéniosité et le temps ont fait que les réalisations de l'homme pour améliorer son sort collectivement ont pu se réaliser et surtout évoluer jusqu'à ce jour... .


 


Bref, merci de nous le rappeler.


 


à une autre fois, j'espère,


Au revoir!







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