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Rimouski
Ajouté le 01/18/2011 10:02:34 par Pilote_Qc

 

   Rimouski 

 

 

Notes sur Rimouski et la seigneurie de Lamolaye, dont Louis de la Voye acquérait le domaine en 1791. [Rappelons aussi que louis de La Voye est le petit fils de René de La Voye fils, l'aîné de l'ancêtre René de La Voye. En effet, Louis, sixième enfants de Jean de La Voye et de Hélène Fortin, naquit en 1734, et épousa à la Petite-Rivière, le 10 janvier 1757, Julie Simard, âgée de 18 ans, et fille de Pierre Simard et de Françoise Meunier.] La petite ville de Rimouski et toutes les paroisses du comté de ce nom comptent encore un si grand nombre de membres de la famille de La Voye, qu'il est juste que nous connaissions ceux qui, les premiers, vinrent habiter ce coin de pays.

 

Rimouski, situé à 180 milles en aval de Québec, siège d'un évêché et chef-lieu de district judiciaire, est un endroit charmant baigné par les eaux du grand fleuve Saint-Laurent et couronné par des verdoyants côteaux. C'est un pays de légendes, habité par de modestes agriculteurs, mais renommé surtout par ses marins. En face de la baie où s'élève le bourg, fier de son palais de justice, de son évêché, de son séminaire et de ses communautés religieuses.

 

 


— L'hermite de l'île de Saint-Barnabé.

 

L'île Saint-Barnabé dessine un long trait noir.

 

C'est sur cette île encore sauvage que vécut pendant quarante ans (1728-1767) un hermite du nom de Toussaint Cartier dont personne ne put jamais connaître l'origine.

 

Cependant, qui nous dira jamais la véritable

 histoire de ce mystérieux hermite? Et les braves gens de Rimouski raconteront encore longtemps à leurs petits enfants la vie solitaire et la sainte mort de Toussaint Cartier.

 

D'où vient le nom donné à l'île Saint-Barnabé g Tout ce que l'on en sait, c'est que dès 1612, elle était ainsi désignée sur une carte Champlain. On en connaît pas plus sur l'origine du mot: Rimouski. Les uns disent que c'est un mot sauvage dérivé de la langue micmaque et qui signifierait: la rivière du chien. D'autres, au contraire affirment que Rimouski veut dire: terre de l'orignal.

 

 

 

— Les seigneurs Lepage.

 

C'est le 24 avril 1688 que le marquis de Denonville, gouverneur de la Nouvelle-France, et le chevalier Jean Bochart, seigneur de Champigny, intendant de la colonie, concédèrent la seigneurie de Rimouski à Augustin Rouer, écuyer, sieur de la Cardonnière. Cette seigneurie comprenait deux lieues de terre dé front sur le fleuve, à prendre, joignant et attenant la concession du Bic en descendant le dit fleuve, et deux lieues de profondeur dans les terres, avec la rivière dite de Rimouski, les autres rivières et ruisseaux qui pouvaient se trouver dans cette étendue, l'île Saint-Barnabé et les battures, îles et îlets, droit de justice haute, moyenne et basse, et droit de chasse et pêche au-devant et au-dedans des dits lieu, et de traite avec les sauvages.

 

Le 10 juillet 1694, le Sieur de la Cardonnière cédait cette Seigneurie de Rimoùski à René Lepage, Sieur de Sainte-Claire, en échange d'une terre que ce dernier possédait du chef de sa femme, en l'île et comté de Saint-Laurent [aujourd'hui l'Île d'Orléans].

 

Rouer de la Cardonnière ne s'était guère occupé de sa seigneurie de Rimouski que pour y faire la grande pêche de morues et des marsouins. René Lepage vint s'y établir en 1696, avec toute sa famille et son vieux père; Germain Lepage, alors âgé de 55 ans. C'est de ce dernier que la paroisse de Saint-Germain de Rimouski a pris son nom.

 

René Lepage était un défricheur de premier ordre. Avant de venir à Rimouski et pendant qu'il était encore sur l'île d'Orléans, il avait songé à aller se fixer près des bords de la rivière du Sud, sur le territoire qui forme aujourd'hui partie du comté de Montmagny. Le 17 mars 1693, le gouverneur Frontenac et l'intendant Champigny lui avaient en effet concédé une terre en roture d'une lieue de front sur deux lieues de profondeur, à l'arrière des fiefs déjà concédés au sieur Couillard de Lespinay et à Amiot de Vincelotte.

 

Mais il abandonna ce projet aussitôt qu'il eut fait l'acquisition de Rimouski.

 

Le 25 août 1703, René Lepage, seigneur de Sainte-Claire et de Rimouski, achetait la seigneurie de Mitis, de Dame Charlotte Francoise Juchereau, comtesse de Saint-Laurent, épouse de Francois de la Forest et veuve de Francois Viennay Pachot. Cette seigneurie de Mitis, avait été concédée, le 7 janvier 1689, à M. Pachot, par le marquis de Denonville et l'intendant Bochart de Champigny.

 

Propriétaire de deux grandes seigneuries, René Lepage vécut cependant dans l'isolement, et lorsqu'il mourut le 4 août 1718, après vingt-deux ans de séjour dans ses nouveaux domaines, deux familles de colons seulement étaient venues s'établir à ses côtés: celle de Pierre Saint-Laurent et celle de Pierre Gosselin, toutes deux originaires de l'île d'Orléans.

 

Le fils aîné de René Lepage, Pierre Lepage de Saint-Barnabé, succéda à son père, et comme lui, il eut l'ambition de posséder des terres et d'arrondir le bel apanage acquis de Rouer de la Cardonnière et de Francois Pachot.

 

Le 11 mars 1751, le marquis de la Jonquière, gouverneur, et Francois Bigot, intendant du Canada, concédaient à Pierre Lepage de Saint-Barnabé, alors seigneur de Rimouski, cinq quarts de lieue de front sur deux lieues de profondeur, avec les îles, îlots et battures qui pouvaient se trouver au-devant de ce terrain à prendre depuis la concession du 24 mai 1689 en descendant au nord-est jusque et compris la pointe de l'Islet aux Pères, de manière que cette concession et la dernière devaient se trouver avoir trois lieues et un quart de front sur deux lieues de profondeur et être bornée en total à la concession des représentants du sieur de Vitré [le Bic] au sud-ouest, et au nord-est à la pointe de l'Islet aux Pères. Les cinq quarts de lieue ci-dessus concédés avaient été établis par le premier seigneur René Lepage de Saint-Barnabé, son fils, depuis cinquante-six ans auparavant, et le titre de 1751 n'était que pour confirmer la possession qu'ils en avaient eue sans conteste.

 

Le 8 mars 1696, le comte de Frontenac gouverneur et l'intendant Champigny concédaient à Pierre Lessard et Barbe Fortin sa femme auparavant veuve de Pierre Gagnon, une lieue et demie de terre de front sur deux de profondeur à prendre au sud-ouest depuis la Pointe au Père et continuer au nord-est le long du fleuve tant que cette lieue et demie pourrait s'étendre avec droit de justice haute, moyenne et basse, droit de pêche, chasse et traite avec les sauvages, à la condition que les enfants des deux mariages de la dite Fortin se partageraient cette seigneurie également entre eux après le décès des concessionnaires.

 

C'est cette terre qui prit le nom de seigneurie des Lessard.

 

À la mort de Pierre Lessard et de sa femme, René Lepage, premier Seigneur de Rimouski, avait cherché à acquérir la part de leurs héritiers dans cette seigneurie. Dès 1717, on le voit transiger à ce sujet avec Charles Gagnon, capitaine de milice, du Château-Richer, Charles Bélanger et Pierre Lefrancois, tous trois mariés à des filles de Pierre Lessard.

 

Après la mort de René Lepage, Paul Lepage de Molé, son sixième enfant, continua ce que son père avait commencé. Au mois d'août 1747, Pierre Bélanger et Geneviève Lessard lui vendaient une demi lieue de front de cette même seigneurie à prendre de la Pointe au Père. Le 28 juin 1748, Louis Gaguier dit Bellavance, époux de Thérèse Lessard, lui cédait à son tour trente et un arpents et demi de front. Pierre Lepage de Molé, l'année précédente, avait racheté de quelques-uns de ses frères et soeurs les prétentions qu'ils pouvaient avoir dans ce bien seigneurial.

 

Le 20 juin 1750 fut signé, devant le R.P. Ambroise, récollet, missionnaire à Rimouski, un acte d'accord entre Pierre Lepage de Saint-Barnabé, propriétaire pour moitié de Rimouski et Paul Levage, Sieur de Molé, co-Seigneur de Rimouski et pour un neuvième dans l'autre moitié par le décès de ses père et mère. Il y fut convenu que le Sieur de Molé acceptait onze arpents de front sur deux lieues de profondeur à la Pointe au Père, et que les soixante et trois arpents de front qu'il avait achetés des héritiers de Pierre Lessard, dans la seigneurie qui portait leur non, joindrait au nord-est les onze arpents ci-dessus.

 

En retour, Molé cédait tous ses droits dans la seigneurie de Rimouski à Pierre Lepage de Saint-Barnabé.

 

Pierre Lepage de Saint-Barnabé, deuxième Seigneur de Rimouski, mourut le 8 juillet 1754, et son fils Germain Lepage, qui lui succéda, le suivit dans la tombe le 7 février 1756. Ce dernier n'avait que trente-six ans à sa mort.

 

À venir à cette date, Rimouski ne comptait encore que seize familles. À part celles déjà citées des Saint-Laurent, des Gosselin et des lepage, on trouvait les noms des Desrosiers (1718), Gasse (1724). Pineau, Côté, Gagné (1730), Levêque (1333), Ruest (1734), Bouillon (1738), Canuel, Réchel, Proulx (1751), Banville (1757), Brisson (1758).

 

Le 17 juin 1775, les héritiers Lepage tirent le partage de la seigneurie des Lessard. Les parties commencèrent à chaîner 63 arpents pour le Sieur Molé. Suivant l'acte d'accord intervenu en 1750 entre ce dernier et feu Pierre Lepage de Saint-Barnabé, ces 63 arpents devaient joindre le patrimoine qui lui provenait de la seigneurie Rimouski situé à la Pointe au Père. À l'extrémité nord-est de ces 63 arpents, une borne fut plantée, et l'on fit une marque dans un arbre sur un rocher, à la droite du ruisseau à la Loutre. On continua ensuite à chaîner 63 arpents jusqu'à la pointe appelée les Petits Boucaux. Cette partie de la seigneurie fut divisée en huit parts de huit arpents chaque, et après avoir été tirées au sort, elles échurent aux héritiers dans l'ordre suivant, en gagnant de l'ouest à l'est: Isabelle Lepage, Marie Lepage, Pierre Lepage de Saint-Barnabé, Thérèse Lepage, Cécile Lepage, Geneviève Lepage, Véronique Lepage et Lepage de Saint-Germain.

 

 

— La seigneurie de Lamolaye.

 

C'est à la suite de ce partage que la seigneurie des Lessard prit le nom de Lamolaye, du nom de Paul Lepage, Sieur de Molé.

 

René Lepage, premier seigneur de Rimouski, avait laissé seize enfants. On conçoit qu'avec une aussi nombreuse famille, les beaux apanages de Rimouski et de Métis devaient se morceller de génération en génération. On vient d'en avoir une preuve par le partage qui se fit, en 1775, de la seigneurie de Lamolaye. La famille Lepage, comme toutes les bonnes familles de l'époque, aimait la vie large et facile. Les descendants n'eurent peut-être pas toute la prévoyance qu'avaient montrée leurs ancêtres, et peu à peu, ils laissèrent échapper de leurs mains les terres fertiles que ces derniers avaient défrichées.

 

 


- Le seigneur Joseph Drapeau.

 

Vers la fin du siècle dernier, vivait à Québec un riche négociant du nom de Joseph Drapeau. Né à la Pointe de Lévy le 13 avril 1752, d'une pauvre famille de cultivateur, Drapeau était allé tenter fortune à Québec. Grâce à son énergie et à un travail opiniâtre, il put s'amasser un certain capital et finit par établir une importante maison de commerce sur la place de l'église de la Basse-Ville, à l'endroit même où se trouve aujourd'hui l'hotel Blanchard.

 

C'était alors le bon temps où l'on faisait un commerce considérable d'exportation de grains avec l'Angleterre et où les navires revenaient des Antilles chargés de mélasse, de sucre et d'eau de vie. Drapeau se fit armateur et construisit des bâtiments de trois à quatre mille tonneaux. La fortune vint, et avec elle l'amour du confort et des honneurs.

 

Les fils d'ancienne famille, habitués à la vie un peu molle de la campagne, ne demandaient pas mieux que d'échanger leurs héritages et de vains honneurs contre les écus sonnants des roturiers en train de dorer leurs blasons.

 

Les riches négociants de l'époque profitèrent de la baisse qui se faisait sentir dans la classe des anciens gentilhommes pour acquérir des domaines féodaux à bonne composition.

 

C'est ainsi que les Masson, les Massue, les Lussier, les Mailhot, les Dionne, les Casgrain et bien d'autres qui ont fondé des familles distinguées de nos jours, devinrent Seigneurs avec droit de poser poteaux de justice et carcans.

 

Joseph Drapeau fut un des plus heureux dans ce genre d'acquisition. En peu d'années, il devint propriétaire des seigneuries de Champlain, de la baie Saint-Paul, de la moitié de l'île d'Orléans, cet ancien comté de Saint-Laurent jadis l'apanage de haute et puissante dame Charlotte Juchereau, et de Rimouski.

 

La seigneurie de Rimouski avait quatre lieues de front sur deux lieues de profondeur, l'île Saint-Barnabé, un moulin à eau pour farine.

 

La seigneurie de Rimouski était alors morcelée entre les héritiers de René Lepage. Qu'il suffise de dire que ce dernier avait eu seize enfants de son mariage avec Marie-Charlotte Gagnon et que ces seize enfants avaient donné à leur tour naissance à un nombre assez respectable de rejetons. Les petits enfants et les arrières petits-enfants ne se reconnaissaient plus dans le dédale inextricable des parts indivises, sans compter que la loi féodale attribuait à chacun des fractions inégales suivant le droit d'aînesse, l'âge ou le sexe. Les censitaires, ne sachant plus à qui ils avaient affaire, ne payaient ni rentes, ni corvées, et tous ces co-Seigneurs vivaient misérablement.

 

Drapeau, qui avait déjà fait débrouiller des successions aussi embarrassées que celle de René Lepage lorsqu'il acquit les seigneuries de la baie Saint-Paul et de l'Île d'Orléans, ne s'inquiéta pas pour si peu.

 

Comme il était en comptes courants avec presque tous les héritiers Lepage, il parvint petit à petit à racheter les parts de ces derniers.

 

Du temps de la famille Lepage, les relations entre leurs censitaires avaient été des plus cordiales. Tous vivaient pour ainsi dire comme dans une grande communauté. Un colon avait-il besoin de quelques arpents de terre, soit pour s'y fonder une nouvelle habitation, soit pour y établir un de ses enfants, le Seigneur se rendait avec lui à l'endroit désigné. On travaillait en pleine forêt, sans qu'il y eut besoin d'arpenteur, et comme dans ce temps-là il n'y avait pas de notaire sur toute la rive sud de fleuve Saint-Laurent, si ce n'est à la Rivière-Ouelle, la parole du vendeur et celle de l'acquéreur équivalait à contrat. C'est tout au plus si quelquefois le seigneur rédigeait un écrit informe en présence d'un témoin, quitte à le faire vérifier plus tard, lors du passage d'un missionnaire. Nous avons vu des centaines de ces conventions naïves, monuments de la bonne foi et de la simplicité de moeurs de nos ancêtres. Les charges imposées aux censitaires étaient légères, et il ne manquait pas d'occasions où le Seigneur châtelain en faisait la remise complète, lors d'un compérage ou d'un mariage nouveau.

 

Les Lepage vivaient, à la manière des colons, sans faste et sans éclat. De nature généreuse et toujours prêts à rendre service, ils étaients tenus en haute estime par tous ceux qui les approchaient. La maison qu'ils habitaient, décorée du nom pompeux de manoir, était simple et rustique comme il convient à l'habitation de ceux qui vivent la plupart du temps de chasse et de pêche. Elle était située sur la rive droite de la petite rivière de Rimouski, au fond d'une clairière que le bucheron avait percée en pleine forêt vierge.

 

Tout près s'élevait une petite chapelle dûe à la libéralité de la famille Lepage et la maison du missionnaire. Tout le terrain de la fabrique avait été détaché du domaine du Seigneur, à la condition de faire dire deux messes basses chaque année à l'intention de la famille de ce dernier.

 

Lorsque Joseph Drapeau devint seigneur principal de Rimouski, il y eut comme de raison moins de laisser-aller entre lui et les censitaires. L'homme d'affaires, âpre à la besogne et serrant de près ses débiteurs, prit la place du seigneur bon enfant, menant la vie de patriarche au milieu de sa tribu.

 

 


— Le notaire Alexandre Dumas.

 

Les Lepage n'avaient jamais songé à requérir le ministère d'un notaire, mais Drapeau plus pratique, prend la peine d'envoyer de Québec, à grands frais, Alexandre Dumas, qu'il charge de faire les plus minutieuses perquisitions. Il veut que tout soit à l'ordre, et à l'avenir chacun devra avoir un titre de propriété en bonne et dûe forme. Les droits de moulin sont revendiqués et chacun ne devra plus chasser, pêcher ou faire le commerce que dans les limites voulues par le droit féodal. Quel changement pour ces hommes habitués à la vie libre des bois et de la mer sous l'oeil paternel d'un seigneur débonnaire!

 

 


— Église et premier curé.

 

Il faut dire cependant que Drapeau, tout en réclamant rigoureusement ses droits et privilèges, s'inquiéta du bien-être spirituel de ses nouveaux censitaires.

 

Dès 1790, une nouvelle église s'ouvre au culte et remplace la vieille chapelle où, depuis près d'un siècle, trois générations étaient venues prier. La même année, l'évêque de Québec fait une visite pastorale dans ces lointains parages et, en 1791, M. Drapeau lui demande un curé résidant pour Rimouski. Cette requête fut, accordée en 1793, et l'on vit alors s'installer dans le modeste presbytère de la seigneurie, M. Pierre Robitaille, qui venait succéder aux bons pères Récollets qui, depuis tantôt cent ans, avaient desservi, par voie de mission, toute la côte du sud, depuis Kamouraska jusqu'à la Gaspésie.

 

 

 

 

— Les successeurs du seigneur Joseph Drapeau.

 

Le seigneur Joseph Drapeau en mourant à la fin de l'armée 1810, laissa sa fortune et ses nombreuses seigneuries à sa femme Marie-Geneviève Noël, et à ses six filles. L'extrait suivant d'un contrat de concession passé devant Mtre. Joseph Ouellet et son confrère notaire Pierre Laforce, le 25 juillet 1825, donne une idée exacte des seigneuries du district de Rimouski:

 

[... furent présents Augustin Trudel, Écuyer, Major de Milice et Juge de Paix, pour le District de Québec, demeurant en la paroisse ou lieu de Rimousky, Co. de Cornwallis, au nom et comme Procureur fondé de Dame Marie-Geneviève Noël, veuve de feu Joseph Drapeau, Écuyer, Tutrice à Louise-Angèle sa fille mineure, Jean-Baptiste d'Estimauville, Écuyer, Josephte Drapeau, son épouse, Demoiselles Angélique-Flavie Drapeau, Marguerite-Josephte Drapeau, Luce-Gertrude Drapeau et Marie-Adélaïde Drapeau, filles majeures, Seigneuresses des fiefs et seigneuries...]

 

En 1834, les concessions étaient consenties par [Mademoiselle Luce-Gertrude Drapeau] agissant tant pour elle-même et son dit époux, [Thomas Casault, notaire à Kamouraska], que comme procureur de Dame Marie Joseph Drapeau, veuve de Jean-Baptiste d'Estimauville [officier de Les Voltigeurs, en 1812, résidait à Montréal], des Demoiselles Flavie-Angélique et Louise-Angèle Drapeau [mortes célibataires], Josephte-Marguerite Drapeau, épouse de Pierre Garon, écuyer, notaire, et Dame Adélaïde Drapeau, veuve de feu Augustin Kelly, Seigneuresses pour chacune un sixième des fiefs et seigneuries de... .

 

Madame Drapeau-Casault a administré durant plus de quarante ans les biens patrimoniaux de Rimouski. Fille, épouse et veuve, son administration a toujours été marquée au coin de la plus saine justice; tous ceux qui l'ont connue ont pû remarquer sa haute intelligence, son esprit pratique.

 

Du mariage de Marguerite-Adélaïde, fille cadette de Joseph Drapeau, avec Augustin Kelly, naquit une fille, nommée comme sa mère, Marguerite-Adélaïde, qui se maria avec l'honorable juge Ulric Tessier. C'est de cette alliance que les héritiers de ce dernier, parmi lesquels sont l'honorable Jules Tessier, M. Ulric Tessier, avocat, et l'honorable juge Auguste Tessier, sont devenus, je ne dirai pas les détenteurs des Seigneuries de Rimouski, puisque depuis le mois de décembre 1854, il n'y a plus dans notre belle province, de seigneurie proprement dite, mais seulement des Rentes constituées, sur les fonds alors inféodés.

 

 

 


— Faits historiques.

 

Donnons maintenant quelques faits historiques sur cette ville si intéressante de Rimouski.

 

Le 7 décembre 1663, fut célébré pour la première fois le saint sacrifice de nos autels, par le Père Henri Nouvel, Jésuite, à la Pointe-au-père. Ce nom fut donné en mémoire de ce premier missionnaire.

 

La première chapelle et le premier presbytère de Rimouski furent construits en 1712.

 

Cette modeste chapelle, de 20 pieds sur 40 environ, était située à 10 pieds au sud-ouest de l'évêché actuel, et construite dans la direction de la Cathédrale. Au sud-ouest de la chapelle, se trouvait le cimetière, d'un quart d'arpent environ, et n'ayant pour clotûre que des perches ordinaires, de cèdre; on ne le distinguait des autres terrains que par une petite croix de bois noir.

 

Une petite maison de 20 pieds carrés, construite sur la place même qu'occupe le presbytère actuel, abritait le missionnaire pendant ses visites, qu'il ne pouvait faire qu'une fois tous les deux ou trois ans, durant les premières années, mais qu'il faisait ensuite, une fois l'année, au temps de la belle saison.

 

Le 18 juillet 1790, inauguration de la deuxième chapelle. Elle fut érigée à la place même du séminaire actuel, et avait 70 pieds de long sur 28 pieds de large. Elle fut bâtie en colombage.

 

Cette deuxième chapelle fit place, en 1824, à une église construite en pierre, et qui, en 1862, fut convertie en collège. Elle avait 80 pieds de long sur 46 de large, et contenait 110 bancs.

 

La cathédrale actuelle est la seconde église de pierre. Elle fut commencée en 1854, et ouverte au culte le 9 janvier 1862. Elle avait 193 pieds de long, 72 de large, 45 de haut, et la flèche, de la basse au sommet, 224 pieds. Avec l'augmentation de la population, elle fut agrandie.

 

Le presbytère actuel fut bâtie, en 1829, et réparé en 1850, par les soins de M. Tanguay, alors curé de la paroisse.

La paroisse de Saint-Germain de Rimouski, fut érigée canoniquement par Mgr. Panet, le 30 janvier 1829.

 

Le 24 novembre 1857, Sir Edmund Head, par une proclamation, créa le comté de Rimouski en district judiciaire, et y établit une juridiction spéciale de la Cour Supérieure.

 

Le quai de Rimouski fut construit de 1850 à 1855, par l'honorable Jacques Baby. M. Macaire Lepage en avait le sous
contrat, et les travaux étaient sous la surveillance éclairée de M. le Dr. Taché.

 

Le palais de justice fut commencé en 1860, et terminé en 1862, par M. Majorique Côté.

 

Les premiers chantiers sur la rivière Rimouski furent ouverts vers l'année 1820, par MM. Thobbs et Harvey; ils passèrent ensuite entre les mains de M. Withney, vers 1825. M. Harvey y construisit un moulin à scie, au compte de M. Withney, marchand de Québec. Plus tard celui-ci, vendit à M. Price, père, son droit dans la rivière et le moulin. M. Bradley, de Rimouski, en devint ensuite le propriétaire. M. Price reprit son moulin quelques années plus tard, et le donna à son fils, qui en a fait aujourd'hui sa propriété.

 

M. Jean-Baptiste Hall possède aussi, dans la rivière Rimouski, un moulin à scie où il peut fabriquer, chaque année, plusieurs milles madriers. Il possède aussi un magnifique moulin à farine, qui est d'une grande utilité pour les habitants du lieu.

 

Le 15 janvier 1867, érection du diocèse de Saint-Germain de Rimouski.

 

M. Jean Langevin, prêtre, Principal de l'École Normale de Québec, fut nommé évêque du diocèse de Saint-Germain de Rimouski, par une Bulle datée de Rome, le 15 janvier 1867.

 

Le 1 mai 1867, Mgr. Jean François Pierre Laforce Langevin recevait dans la cathédrale de Québec, la consécration épiscopale, par Mgr. Baillargeon, évêque de Tloa, et administrateur de l'archidiocèse de Québec.

 

La première école publique à Rimouski, fut ouverte, en 1830, par M. Jean-Baptiste Saint-Pierre, natif de l'Île de Guernesey.

 

En 1860, M. l'abbé Tanguay faisait construire le couvent des Dames de la Congrégation, le 7 mai 1873, on commença la construction du second couvent.

 

Le 29 aout 1861, Son Excellence le Gouverneur Général, Sir Edmund Head, érigea en municipalité scolaire le village de Rimouski.

 

En 1854, M. l'abbé Tanguay, curé de Rimouski, ouvrait dans le village de sa paroisse, une école supérieure, désignée sous le nom de Collège Industriel.

 

Le latin ne fut introduit dans le collège que dans l'automne de 1863, sur la demande réitérée du Directeur à Mgr. l'Archevêque et sur une requête à Sa Grandeur, des élèves qui venaient de terminer leur cours commercial.

 

Dans l'automne 1866, on y enseignait la philosophie, dont le professeur était M. l'abbé Ferdinand Laliberté.

 

Le Séminaire de Saint-Germain de Rimouski fut institué canoniquement le 4 novembre 1870. Et le 24 décembre 1870, un acte de la Législature fut passé pour l'incorporation du Séminaire. Le 15 septembre 1870, commencèrent les travaux du nouveau Séminaire. Les dimensions étaient: longueur 384 pieds; largeur 50 pieds; hauteur 48 pieds de carré.

 

Le 17 avril 1872, fut faite l'affiliation du Grand et du Petit Séminaire de Rimouski à l'Université Laval de Québec.

 

Les travaux du chemin de fer Intercolonial à Rimouski, commencèrent dès le printemps de 1869.

 

Le 2 août 1873, vers une heure de l'après midi, un train spécial partit de Rimouski pour Saint-Fabien où devait avoir lieu l'inauguration de la section cinquième de l'Intercolonial. La fête fut grandiose.

 

Les travaux de l'évêché commencèrent au printemps de 1869, et se terminèrent le printemps suivant. M. le Grand-Vicaire en prit possession, au nom de Mgr. de Rimouski, qui se trouvait alors au Concile du Vatican.

 

La Pointe-au-Père se trouve à l'extrémité est de la paroisse de Rimouski; c'est une large pointe de terre qui s'avance dans la mer et qui présente un coup d'oeil ravissant.

 

Le 14 septembre 1873, commencèrent à la Pointe-au-Père, les travaux d'une chapelle, sous le vocable de Sainte-Ame. L'intention de Mgr. de Rimouski, devait être d'en faire un lieu de pélérinage en l'honneur de cette grande sainte.

 

Le phare que l'on voit à la Pointe-au-Père fut construit en 1861, devint la proie des flammes en avril 1867, et fut reconstruit la même année.

 

L'hospice des Soeurs de la Charité fut fondé par Mgr. de Rimouski, le 22 septembre 1872. L'année suivante, Sa Grandeur leur procura à Rimouski, un noviciat qui est la maison-mère pour le diocèse.

 

Lors de l'arrivée de Mgr. Langevin, le diocèse de Rimouski comprenait une étendue de côtes d'environ 400 lieues.

 

Les catholiques dispersés au nord et au Sud du Golfe, ainsi que le long de la Baie des Chaleurs, étaient au nombre de 60,000. Il n'y avait que 46 prêtres pour desservir cet immense territoire.

 

Le diocèse comprenait:

 

1.—Le district de Gaspé tout entier, formé des comtés de Gaspé et de Bonaventure;

2.—Le comté de Rimouski, dans le district du même nom;

3.—Le comté de Témiscouata, excepté les paroisses de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup, de Saint-Antonin et de Notre-Dame du Portage;

4.—La côte nord du fleuve, depuis la Rivière Portneuf jusqu'à Blanc-Sablon y compris l'Île d'Anticosti.

 

Le 5 avril 1869, la ville de Saint-Germain de Rimouski fut incorporée sous ce titre, par un acte de la Législature.

 

Le 7 mai 1792, par proclamation du lieutenant-gouverneur, Sir Alured Clark, Rimouski fit partie du comté de Cornwallis, qui s'étendait de Sainte-Anne de la Pocatière jusqu'à Gaspé.

 

Dès 1829, Cornwallis était déjà disparu de nos annales parlementaires pour faire place aux comtés de Kamouraska et de Rimouski. La ligne sud-ouest de Sainte-Anne de la Pocatière et du canton Ixworth servant de ligne démarcative [16 V. C. 52].

 

L'acte de 1660 [Vie. 23, C. 56] ajouta Témiseouata à Rimouski pour en faire deux circonscriptions électorales distinctes.

 

Le 17 juillet 1876, fondation de la [Compagnie d'Assurance Mutuelle contre le feu des Comtés de Rimouski, Témiscouata et Kamouraska].

 

En 1907, elle changea de nom en obtenant du gouvernement fédéral une nouvelle charte pour faire de l'assurance dans tout le Canada, et prit alors le nom de [La Compagnie d'Assurance contre l'incendie de Rimouski]. En 1914, elle fit faillite.

 

En 1899, la Banque Nationale de Québec y établit une succursale.

 

L'incendie du Séminaire en 1881, fit donner les cours en 1882, dans la vieille église: puis en 1884, dans une maison des Dames de la Congrégation, achetée par les MM. les Directeurs du Séminaire.

 

En 1905, commencement de la construction du nouveau Séminaire.

 

En 1906, les Dames Ursulines ouvrent un noviciat, un pensionnat et une école normale de filles.

 

En 1879, fondation de la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire, sous le nom des Soeurs des Petites-Écoles. En 1890, elle fut reconnue comme Congrégation diocésaine par Sa Grandeur Mgr. A. A. Blais, alors coadjuteur de Mgr. J. Langevin, sous le nom des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire.

 

En 1903, arrivée des Petits Frères de la Croix de Jésus.

 

En 1900, construction d'un moulin par la Compagnie Price et Frères. En 1902, établissement de la Compagnie de Pulpe. En 1905, établissement de la Briquerie de Rimouski. En 1899, fondation de l'Imprimerie générale de Rimouski. En 1905, fondation de la Manufacture de portes et chassis par M. Georges A. Marois. En 1904, fondation du journal [Le Progrès du Golfe].

 

Le 18 mai 1890, consécration de Mgr. Biais par Son Éminence le Cardinal Taschereau.

 

En 1891, Mgr. Langevin résigne et Mgr. Blais le remplace.

 

Le 26 janvier 1892, mort de Mgr. Langevin à Rimouski.

 

Dans le monde commercial, nous voyons la Maison Couillard Fils et Cie., fondée en 1845. La Maison H. G. Lepage fondée en 1876. La Maison Talbot Limitée. La Pharmacie Saint-Germain fondée par le Dr. L. F. Lepage. La Maison Ouellet fondée en 1875. Le Magasin de M. Antonio d'Anjou. Le Magasin Helleur, bâti en 1900, par la Compagnie Price. M. Joseph Lepage entrepreneur de pompes funèbres, marchand de voitures, harnais et poêles en acier [l'Universal Favorite].

 

Rimouski, à venir à la fin du 18è siècle, n 'avait guère attiré les regards des colons: d'après le recensement qui fut fait en 1790, on n'y comptait encore que 333 âmes, savoir: 175 hommes, dont 32 étaient mariés et 114 non-mariés; 158 femmes dont 27 mariées, et 98; non classés, 4 hommes et 6 femmes. La presque totalité de cette population était originaire de l'Isle-d'Orléans et des paroisses de la rive nord du Saint-Laurent en aval de Québec.

 

 

 

— Recensements.

 

Le recensement de 1911, nous donne une population de 1,736 dont 875 hommes et 861 femmes. On y compte 265 familles et 264 demeures. En plus, on compte 18,916 acres de terre, dont 16,708 acres de terre possédés.

 

D'après les statistiques municipales pour l'année 1913, le nombre des personnes résidentes était de 1,880; le nombre des personnes payant taxes, de 275; le nombre d'acres de terre évalués, de $23,930; la valeur des biens-fonds imposables, de $238,796; la valeur des biens-fonds non imposables, de $310,000; la valeur des biens imposables selon l'art. V. 10 C. M., de $4,580; recettes, de $1,371.90; payements $1,244.98; l'actif $518.99; le passif, de $27.50.

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Source:

 

Notice Historique Sur La Famille De René De La Voye, par J.-Edmond Roy

 

La Famillle Lavoie Au Canada, par Joseph-A. Lavoie

Mots-clés: Rimouski Jean Voye



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Visionner 1 - 2 de 2 Commentaires

De: Caouette
01/28/2011 16:23:32

Merci pour l'article sur Toussaint Cartier(assez intriguant)que j'ai chercher sur le site,Toussaint Cartier est né:ver 1707,Morlaix,Bretagne,France,il est arrivé à Rimouski en 1728 ver l'age de 21 ans.


 


Elizabeth



De: Pilote_Qc
01/19/2011 10:19:10

La nouvelle ville de Rimouski a aussi fait sa part concernant la diffusion de son histoire, voyez


 


http://www.ville.rimouski.qc.ca/webconcepteur/web/VilledeRimouski/fr/decouvrezRimouski/nav/histoire/rimo uski.html?iddoc=140522&page=details.jsp







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