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La croissance de Montréal
Ajouté le 04/12/2011 02:34:50 par Pilote_Qc

Montréal, la Fierté à une ville

 

 

La Ville De Montréal tient son nom de L'Île De Montréal, qui fut ainsi nommée en raison du Mont-Royal, la montagne au centre de L'Île. En effet, en 1535, l'explorateur Jacques Cartier avait nommé la montagne [Mons realis]. En 1556, le géographe Italien Giovanni Battista Ramusio inscrivit [Monte Reale], sur une carte. En 1575, François de Belleforest devint le premier à écrire [Montréal], écrivant: [[...] au milieu de la compaigne est le village, ou Cité royale iointe à vne montaigne cultivée, laquelle ville les Chrestiens appellèrent [Montréal].]

 

Dans la langue moderne des Iroquois, Montréal est appelée [Tiohtià:ke]. D'autres langues autochtones, telles l'algonquien réfèrent à Montréal comme [Moniang].

 

Un village fortifié, nommé [Hochelaga], est déjà présent sur l'île, quand Jacques Cartier arrive, le 2 octobre 1535. Il est bien accueilli par les Iroquoiens et il nomme la montagne qu'il voit au centre de l'île, [mont Royal].

 

Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière, un père de cinq enfants de La Flèche, dans le Nord-Ouest de la France, affirme avoir reçu, alors qu'il était en prière, un appel à fonder une colonie missionnaire sur l'île de Montréal. Après plusieurs années de déchirements intérieurs, il décide en 1635 de mettre le projet à exécution et monte à Paris pour y trouver des associés. En 1640, Jérôme Le Royer et Jean-Jacques Olier de Verneuil [fondateur des Sulpiciens, en 1645] fondent la [Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France]. La Société, constituée de personnes chrétiennes, de nobles mais aussi de bourgeois et de gens de condition plus modeste, se fait concéder L'Île de Montréal, située à 1500 kilomètres à l'intérieur des terres. Elle recrute des colons pour aller s'y établir afin de créer une communauté catholique. Le but des associés de cette [folle entreprise] expliquera Jean-Jacques Olier était [d'assembler sur l'ïle un peuple composé de Français et d'Indiens qui cultiveraient la terre et les arts mécaniques, qui vivraient en frères et soeurs, unit dans la charité fraternelle].

 

En 1640, Jérôme Le Royer fait la rencontre de Paul Chomedey de Maisonneuve, un jeune noble de la Champagne qui, après la lecture des Relations des Jésuites, souhaite devenir missionnaire en Nouvelle-France. Jérôme Le Royer s'ouvre à Paul, du dessein de la Société Notre-Dame de Montréal, à quoi Paul répond:[Monsieur, je suis prêt à aller à Montréal et y faire sacrifice à Dieu de ma vie et de ce que j'ai de plus cher en France].
 
Le 17 mai 1642, soit quelques cent ans après la venue de Jacques Cartier sur le Mont Royal, en 1535, un groupe d'une cinquantaine de colons français sous la direction de Paul Chomedey de Maisonneuve débarquent sur la pointe où était la place Royale, occupée auparavant par Champlain. Ils donnent au site le nom de [Ville-Marie], en l'honneur de la Vierge Marie.

 

Quelques années après sa fondation, le hameau a commencé à se déplacer vers le coteau Saint-Louis [l'actuelle rue Notre-Dame].

 

Pour protéger la ville des attaques iroquoises, on la fortifie d'une palissade de pieux de bois à partir de 1685. L'enclave sera agrandie à deux reprises. La présence militaire s'accentue alors que les Iroquois attaquent Lachine, en 1689, et La Prairie, en 1690.
 
En août 1701, 1 300 Amérindiens du nord-est de l'Amérique se réunissent à Montréal [qui compte alors 1 200 habitants] pour établir une paix entre leurs différentes nations ainsi qu'avec les Français, envahisseurs. La Grande Paix de Montréal, comme fut nommé ce traité, permet la fin des hostilités handicapant le commerce des fourrures, en Nouvelle-France.
 
Malgré l'arrivée de quelques colons qui développent l'agriculture, le commerce des fourrures reste longtemps la base de l'économie. Il amène les [coureurs des bois] à explorer le continent mais il n'est pas un facteur d'urbanisation important pour Ville-Marie, qui resta une petite ville jusqu'au changement de propriétaire, de la
Nouvelle-France, en 1759.

 

Après la Grande Paix de Montréal, la menace iroquoise est remplacée par la menace britannique, et dès 1717, les Montréalais entreprennent de remplacer la palissade de bois de la ville, par des fortifications de pierre. Elles formeront, à leur achèvement, en 1744, une enceinte de 3,5 km mesurant six m de hauteur. Le développement agricole de L'Île se poursuit et plus rien n'entrave l'exploration du continent dont Montréal profite.
 
De grands incendies ravagent la ville, en 1721 et en 1734. Ils donnent lieu à une nouvelle réglementation obligeant la construction en pierre dans la ville fortifiée, alors que le bois reste permis dans les faubourgs.
 
Au milieu du XVIIIe siècle, la rue Notre-Dame, en haut du coteau Saint-Louis, est construite de résidences bourgeoises et a accueilli les principales institutions de la ville. La rue Saint-Paul conserve les activités commerciales liées au port. La garnison est peu à peu expulsée de la place du marché alors requise pour le commerce vers l'espace au nord de l'église Notre-Dame qui devient la place d'Armes.

 

Montréal a alors des allures de petite ville provinciale française, avec, à l'ombre des murailles, ses couvents et chapelles, ses hôtels particuliers, ses jardins dissimulés par les façades de pierre alignées sur la rue. Les fermiers de la région franchissent fréquemment les portes des fortifications, pour venir vendre leurs produits aux citadins et en retour, faire leurs achats en ville ou y rencontrer les administrateurs coloniaux.
 
Le faubourg qui se développe le plus rapidement est le faubourg Saint-Laurent au nord de la ville, mais les commerces s'installent plutôt vers l'ouest, le long de la route de Lachine, empruntée par les voyageurs.

 

Après le changement de propriétaire, de Canadiens à Britanniques, la ville capitule, en 1760. L'économie de Montréal reposera encore étroitement sur la traite des fourrures, pendant plusieurs décennies.


Des marchands écossais-anglais, comme Alexander MACKENZIE, les frères Frobisher, Simon MCTAVISH, Duncan, Simon et William McGillivray, pour ne nommer que les plus connus, remplacent les marchands Canadiens. Ils fondent [La Compagnie Du Nord-Ouest] afin de concurrencer plus efficacement [La Compagnie De La Baie D'Hudson], concernant le contrôle des fourrures, du Nord-Ouest.

 

Dès les années 1820, la population de Montréal, dépasse celle de Québec. La ville s'affirme nettement comme métropole. En 1825, Montréal compte déjà 22 540 habitants, puis 44 591, en 1844. Une classe de marchands dynamiques pratiquant le commerce d'importation et d'exportation succède aux magnats de la traite des fourrures. Ce groupe fonde la Banque De Montréal, en 1817, et le [Committee of Trade], en 1822, investit dans le transport maritime et, à partir de 1836, dans les chemins de fer.

 

La concurrence entre La Compagnie Du Nord-Ouest et La Compagnie De La Baie D'Hudson dégénérant en affrontements armés, on fusionne les deux entreprises, en 1821.


L’important commerce du Royaume-Uni avec l’ouest du pays, fourrures et approvisionnement local, est donc détourné par la route plus courte de la baie d’Hudson. Montréal est de plus affectée par l’ouverture du canal Érié, entre Buffalo et New York, en 1825, ce qui détourne de la ville le reste du commerce de la fourrure.

 

Vers 1831, grâce à l'immigration massive, les habitants d'origine britannique deviennent majoritaires. Des conflits entre Canadiens et Canadiens-Anglais, ainsi que des luttes liées à l'établissement d'un gouvernement responsable, marquent les années 1830, et aboutissent aux Rébellions, de 1837. La défaite des Patriotes assure le triomphe politique de la nouvelle bourgeoisie Canadienne-Anglaise. Après 1840, les dirigeants Canadiens n'ont d'autre choix que d'accepter de coopérer avec elle.

 

En 1851, après le dragage du lac Saint-Pierre, le port de Montréal ravit à celui de Québec le titre de principal port océanique et l’activité administrative s’y renforce. Les quais de pierre, construits à partir de 1830 sont constamment augmentés. Après le grand incendie de Montréal, en 1852, qui détruit 1200 maisons ainsi que la cathédrale catholique, un règlement interdit la construction en bois, même dans les faubourgs.

 

Au cours des années qui suivent, des changements importants se produisent dans le transport et l'industrie. Le développement du réseau de canalisation du Saint-Laurent et l'approfondissement du chenal menant à Québec font de Montréal le principal port de mer. La construction de chemins de fer, en particulier du [Grand Trunk Railway], fait de la ville le pivot du réseau ferroviaire. Enfin, le processus d'industrialisation amorcé vers le milieu du siècle, transforme radicalement le visage de la ville.


Après avoir vécu du commerce et de la traite pendant des générations, Montréal devient un grand centre industriel.

Montréal se développe rapidement de 1850 à 1914. La population s'élève à 467 986 habitants, en 1911, [528 397 habitants, si l'on compte la banlieue]. La ville elle-même, déborde de ses limites et atteint rapidement la banlieue, en annexant 23 municipalités, de 1883 à 1918. Sa croissance industrielle attire ceux qui recherchent un emploi.

 

La Prohibition est en vigueur dans la province de Québec de 1919 à 1920.

 

Les Canadiens des campagnes affluent vers la ville, venant grossir le prolétariat urbain. À partir de 1865, ils y redeviennent majoritaires.


L'immigration augmente de façon spectaculaire au tournant du siècle, et Montréal devient plus cosmopolite.

 

La colonisation de l'Ouest canadien est aussi un facteur important dans le développement de la ville. La compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique y établit son siège social, dans les années 1880. Une grande partie du blé de l'Ouest est expédiée par le port de Montréal, qui s'agrandit considérablement au début du XXe siècle. Montréal est alors, incontestablement, la métropole du Canada, et la rue Saint-Jacques en est le centre financier. Toutefois, Toronto est une puissante rivale et bénéficie davantage à long terme de la colonisation de l'ouest et de l'expansion du commerce avec les États-Unis. En 1960, elle supplante déjà Montréal comme centre économique du Canada grâce, en partie, à l'arrivée massive de capitaux industriels des États-Unis au Canada, qui, pour la plupart, sont destinés à l'Ontario.

 

Après la Première Guerre mondiale, Montréal connaît une autre période de croissance, qui touche l'industrie, le commerce, la finance et les transports. En 1931, la population de la ville et des banlieues dépasse le million. Toutefois, la [crise des années 30] met un terme à cette expansion et entraîne de graves problèmes sociaux. Au pire de la Crise, en février 1934, Montréal abrite

62 000 chômeurs et 240 000 bénéficiaires de l'aide gouvernementale. L'administration municipale s'endette en raison des dépenses énormes que cette situation entraîne et, au début des années 40, le gouvernement provincial met la ville sous tutelle.

 

[Plus tard, sous la direction du maire Jean Drapeau, Montréal entreprendra de grands projets, certains d'envergure internationale comme le métro [inauguré en 1966], 1'Exposition universelle [Expo 67], les Jeux olympiques d'été, de 1976, et les Floralies internationales (1980). Les premiers de ces projets sont entrepris au cours d'une période de prospérité économique relative, mais le déclin s'accentue à partir des années 70. Après une longue et douloureuse période de reconversion industrielle, accompagnée d'un chômage élevé, Montréal connaît une véritable renaissance dans la seconde moitié des années 90 et aborde le XXIe siècle sous le signe de la nouvelle économie.]

 

Le territoire de la Ville de Montréal [495 km2] comprend L'Île De Montréal et quelques unes des îles qui l'entourent. Plusieurs parcs riverains linéaires ont été aménagés autour de L'Île et le long du canal Lachine. Le Mont-Royal [altitude d'environ 200 m], domine le paysage de Montréal. Ses terrasses en gradins marquent le relief montréalais et déterminent pendant longtemps les axes d'occupation du territoire. Après une installation initiale à Pointe-à-Callière, le fondateur de Montréal, Maisonneuve, aménage la ville sur une élévation [25 m] parallèle au fleuve, près de la Place d'Armes. C'est le site du Vieux-Montréal, longtemps ceint d'une muraille érigée de 1718 à 1744 et rasée au début du XIXe siècle.

Il reste peu de traces de la période dite française. Sauf une dizaine d'exceptions, dont le Séminaire (1685) et le Château Ramezay (1705), les vieux bâtiments existants datent du XIXe siècle. Les riches bourgeois de l'endroit cèdent ensuite la place aux entrepôts, aux magasins et aux immeubles de bureaux. Pendant longtemps, le centre-ville se limite à cette zone, dont les rues Notre-Dame et Saint-Jacques sont le coeur.

 

Cependant, depuis 1960, un nouveau centre-ville se développe dans l'axe du boulevard René-Lévesque, bordé de gratte-ciel. Parmi ces derniers, le plus célèbre est l'édifice cruciforme de la Place Ville-Marie [45 étages], inauguré en 1962. Cette expansion modifie le visage de la ville. Des bâtiments d'une grande valeur historique sont démolis, d'anciennes zones résidentielles complètement transformées et des milliers de gens à faible revenu doivent déménager, comme c'est souvent le cas lors de tels réaménagements, dans les années 50 et 60.

 

Les Canadiens se regroupent dans l’est de la ville, du Vieux-Montréal à Montréal-Est, mais on les retrouve aussi au nord, entre le Plateau Mont-Royal et la rivière des Prairies, et enfin au sud-ouest, autour de Saint-Henri et de Sainte-Cunégonde.
 
Les Canadiens-anglais, pour leur part, sont toujours concentrés dans l’ouest de l’île, autour du [Mille carré doré] et dans Notre–Dame–de-Grâce, mais aussi à Westmount, Hampstead, Mont-Royal, Montréal-Ouest et Verdun.

 

La communauté juive, qui constitue le principal groupe ethnique qui n’est ni d origine français ni d’origine britannique, est établie dans l’axe du boulevard Saint-Laurent, au nord de la rue Sherbrooke, mais la croissance de sa population l’amène aussi vers Outremont et Côte–des-Neiges. La communauté italienne occupe quant à elle les alentours du boulevard Saint-Laurent et de la rue Jean-Talon, mais on la retrouve aussi un peu partout en ville.

 

Les canadiens-anglais traduisaient par [Saint James Street] le nom de la rue Saint-Jacques, l'une des plus anciennes artères du Vieux-Montréal. Au début du XXe siècle, les banques et plusieurs autres institutions financières ont leur siège social ou une succursale importante le long de cette rue.

 

Les différences sociales continue d'être très marquées à Montréal. La grande bourgeoisie canadienne-anglaise, conserve sa position dominante. Considérablement enrichis par la prospérité de l'époque, ses membres mènent une vie luxueuse dans leurs grandes maisons du [Golden Square Mile] ou de Westmount. Des individus, tels que Cornelius Van Horne, Thomas Shaughnessy, Richard B. Angus, Vincent Meredith et Herbert Holt, occupent alors le sommet de la hiérarchie sociale du Canada, et leurs décisions orientent le développement du pays tout entier.

 

Pendant ce temps, cependant, la bourgeoisie canadienne poursuit, elle aussi, l'ascension qu'elle a amorcée au cours du siècle précédent. La croissance économique lui fournit, des occasions d'enrichissement, et lui permet de mener un train de vie supérieur. Même si certains de ses membres, tels Louis-Joseph Forget et Frédéric-Liguori Béique, atteignent les hautes sphères de la finance canadienne, son domaine reste surtout celui de la moyenne entreprise, dont le marché est essentiellement montréalais ou québécois. Des hommes d'affaires, tels Oscar Dufresne (1875-1936), Hormisdas Laporte (1850-1934), Trefflé Berthiaume (1848-1915) et G.-N. Ducharme (1851-1929), jouent un rôle économique et politique important à Montréal et dans la banlieue. Quant aux petits commerçants de quartier, ils se multiplient avec l'expansion de la population et du territoire. Béique illustre la présence des Canadiens dans les plus hautes sphères de l'économie montréalaise. Sa carrière témoigne des liens étroits qui unissent la pratique du droit, le monde des affaires et le milieu politique. Il habite une grande maison qu'il a fait construire en 1894, rue Sherbrooke, près de la rue Stanley, au coeur du quartier bourgeois canadien-anglais de Montréal. Il aura comme voisin, le fondateur du Montreal Star, Hugh Graham (1848-1938). De 1899 à 1905, il est président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Il joue un rôle important dans plusieurs initiatives de la SSJB, dont la construction et le financement du Monument National, et la création de la Caisse nationale d'économie. Frédéric-Liguori Béique (1845-1933) est un grand avocat d'affaires. Il est administrateur de nombreuses entreprises, dont le Canadien Pacifique et la Banque canadienne nationale. Depuis 1902, il est sénateur libéral à Ottawa.

 

En milieu Canadiens, comme chez les Irlandais et les Italiens, l'Église Catholique reste une force sociale importante. Les paroisses se multiplient au rythme de l'expansion du territoire et de la croissance de la population. Les communautés religieuses augmentent leurs effectifs et tentent de répondre à la demande croissante de services sociaux et d'éducation. L'Église fait face au défi d'une société urbaine devenue plus complexe et plus diversifiée, où les valeurs matérialistes gagnent en popularité. L'évêque, Paul Bruchési, tente bien de résister aux nouvelles valeurs, de resserrer la morale et de censurer les journaux et les spectacles, mais ces mesures n'obtiennent qu'un succès mitigé. Pour conserver un certain contrôle social, l'Église doit plutôt miser sur des institutions nouvelles telles que l'École sociale populaire, qui visent à mieux conjuguer religion et société urbaine. Un des événements les plus marquants de l'épiscopat de Mgr Bruchési est l'organisation du Congrès eucharistique international de Montréal, qui se déroule du 7 au 11 septembre 1910. Un grand nombre d'évêques de plusieurs pays viennent à Montréal, et le Congrès se termine avec une procession grandiose. Bien que né et élevé à Montréal, Paul Bruchési est ordonné prêtre à Rome, en 1878, ce qui est plutôt inhabituel. Il a fait toutes ses études de théologie dans cette ville, et il est normal que leur aboutissement s'y déroule aussi. L'épiscopat de Mgr Bruchési se divise en deux parties. De 1897 à 1921, il accomplit avec énergie les tâches qui sont celles d'un prélat catholique. Après 1921, la maladie l'empêchera d'exercer ses fonctions. Celles-ci devront être remplies par celui qui deviendra son coadjuteur, puis son successeur, Mgr Georges Gauthier (1871-1940). Paul Bruchési (1855-1939) est nommé archevêque de Montréal par le pape Léon XIII en 1897. Ses grands-parents paternels étaient d'origine italienne.

 

Les différences sociales se reflètent évidemment dans les conditions de vie. Entre la grande résidence bourgeoise de la rue Sherbrooke et le petit logement de Griffintown ou du [faubourg à mlasse], la distance est énorme. C'est tout l'environnement physique qui témoigne de ces écarts: d'un côté, les belles façades en pierre et les maisons spacieuses entourées d'arbres et de gazon, et de l'autre, les maisons en rangées, couvertes de briques, mal éclairées, sans verdure, avec leurs ruelles boueuses et leurs cours encombrées de hangars. Les logements vétustes se trouvent surtout dans les parties les plus anciennes et les plus pauvres de la ville. Dans l'est, ils sont localisés dans la partie sud des quartiers Saint-Jacques et Sainte-Marie, entre les rues Notre-Dame et Sainte-Catherine. Dans l'ouest, il sont surtout situés dans le quartier Sainte-Anne, notamment dans Griffintown.

 

À Montréal, au début du XXe siècle, les inégalités sociales sont visibles dans le secteur de l'éducation, où l'écart entre protestants et catholiques est très prononcé. Chacune des commissions scolaires se finançant principalement à partir de la taxe foncière perçue auprès des membres de leur confession religieuse, les ressources sont bien supérieures du côté protestant, ce qui influe sur la qualité de l'équipement et sur le salaire des enseignants. La commission catholique, sous-financée, ne paie que de maigres salaires, et ses écoles sont surchargées. L'augmentation considérable du nombre d'enfants aggrave la situation. Chez les catholiques, les membres de l'élite envoient généralement leurs enfants à l'école privée. Le Catholic High School est un établissement privé destiné aux enfants canadiens-anglais[surtout d'origine irlandaise], de religion catholique. Il joue un rôle comparable à celui des collèges classiques chez les Canadiens. D'abord située près de l'église de la [paroisse irlandaise Saint-Patrick], l'école déménage, vers 1904, dans un immeuble situé au 55, rue Durocher, à l'angle de la rue Milton. Le Catholic High School est fondé le 10 mars 1899. La fondation est l'oeuvre des prêtres sulpiciens irlandais de la paroisse Saint-Patrick. Parmi les bienfaiteurs figure non seulement le Séminaire de Saint-Sulpice, mais aussi Lord Strathcona.

 

À la Commission des écoles catholiques de Montréal, des réformistes tentent d'améliorer la qualité des programmes, la formation des enseignants et la gestion des écoles publiques. Ils se heurtent à la résistance de l'Église, qui voit l'éducation comme sa chasse gardée.

 

Les milieux d'affaires veulent aussi des établissements spécialisés qui formeront une main-d'oeuvre adaptée aux besoins du marché du travail. Le gouvernement du Québec leur donne raison en 1907, en créant l'École des hautes études commerciales et l'École technique de Montréal.

 

Au début du XXe siècle, on voit émerger une véritable culture populaire Canadienne, typiquement montréalaise. Résolument urbaine, elle puise encore dans la tradition Française, mais s'alimente de plus en plus aux modèles de [nos voisins du Sud]. Les journaux populaires, surtout La Presse et La Patrie, jouent un rôle déterminant dans ce processus. Ils transmettent une vision moderniste de la société. Ils accordent aussi une place croissante à cette composante importante de la culture urbaine qu'est le [Sport Professionnel].

 

Un autre élément de nouveauté est le cinéma, qui s'implante au début du siècle, à Montréal comme ailleurs. Le septième art connaît un succès fulgurant auprès des masses, et les salles se multiplient pour répondre au besoin de divertissement manifesté par la population.

 

Le cinéma et le sport professionnel sont deux exemples de la commercialisation croissante du loisir populaire. Ce phénomène se manifeste également avec l'ouverture de parcs de divertissements. Au parc Sohmer, qui a ouvert ses portes en 1889, viennent s'ajouter le Riverside à Maisonneuve, et surtout le parc d'attractions Dominion. Le parc Dominion se distingue de ses prédécesseurs, qui présentaient surtout des spectacles de musique, de chant, de vaudeville et des numéros d'acrobates. Cette fois, c'est le concept du [amusement park], des États-Unis, avec ses manèges et ses sensations fortes, qui est implanté à Montréal. Le parc Dominion est situé rue Notre-Dame, au bord du fleuve, dans la municipalité de la Longue-Pointe, dans l'est de l'île. Une ligne de tramway dessert ce secteur. Pour les Montréalais, une visite à ce parc équivaut en quelque sorte à une excursion à l'extérieur de la ville. Le parc Dominion ouvre ses portes le 2 juin 1906. À cette époque, bien que les Canadiens soient majoritaires à Montréal, l'affichage est souvent uniquement en anglais. Pour les Montréalais de l'époque, aller au parc Dominion représente une véritable sortie: hommes et femmes sont coiffés d'un chapeau et revêtus de leurs plus beaux atours.

 

Le développement des parcs municipaux favorise les activités de loisir. Les trois plus importants, les parcs Mont-Royal et La Fontaine ainsi que l'île Sainte-Hélène [aujourd'hui le parc Jean-Drapeau] restent les joyaux du réseau montréalais. Les annexions de municipalités de banlieue en apportent de nouveaux, qui deviennent des parcs de quartier ou de voisinage. En outre, la Ville ouvre ses premiers terrains de jeux pour les enfants.

 

Au tournant du XXe siècle, les divisions sociales et ethniques qui caractérisent la métropole ne manquent pas de se refléter dans la vie politique. La lutte entre populistes et réformistes se poursuit et même s'intensifie. L'homme politique le plus populaire de Montréal, Raymond Préfontaine, accède à la mairie en 1898 et conserve ce poste jusqu'en 1902, date de sa retraite de la vie municipale. La machine politique qu'il a mise en place s'effondre toutefois à la suite des succès électoraux des réformistes, en 1898 et en 1900. Ces derniers réussissent à attirer dans leurs rangs un certain nombre d'hommes d'affaires francophones, dont le chef de file est Hormisdas Laporte (1850-1934), qui sera échevin à compter de 1897 et maire de 1904 à 1906. Laporte et son collègue Herbert Brown Ames (1863-1954), leader des réformistes canadiens-anglais, tentent d'assainir la situation financière de la Ville et d'améliorer les services municipaux, en particulier celui de l'hygiène.

 

Raymond Préfontaine est une figure controversée qui ne laisse personne indifférent. Pour certains, il est le [Haussmann de Montréal] à cause des travaux de voirie qu'il fait réaliser. Pour d'autres, il est le [Héraut de la nation Canadienne]. D'autres, enfin, le considèrent comme le symbole du clientélisme et de la corruption. Raymond Préfontaine commence sa carrière en politique municipale à Hochelaga, dont il devient maire. L'annexion de cette ville de banlieue, en 1883, lui permet d'accéder au conseil municipal de Montréal, où il met sur pied une organisation politique particulièrement efficace. En 1898, quand il accède à la mairie, Préfontaine perd le pouvoir qu'il avait exercé jusque-là. En effet, ce poste est plutôt honorifique, le maire ayant peu de responsabilités. Il est toutefois membre d'office de la Commission du havre et il espère user de son influence pour faire avancer les projets de développement du port dans l'est de la ville. Raymond Préfontaine (1850-1905) est avocat et homme politique. Député libéral, d'abord à Québec, puis à Ottawa, il est ministre fédéral de la Marine et des Pêcheries de 1902 jusqu'à son décès. Son mariage avec l'une des filles de Jean-Baptiste Rolland, en 1876, l'introduit dans une des grandes familles canadiennes du monde des affaires.

 

En plus de vouloir assainir la situation financière de la Ville et d'en améliorer les services, les réformistes s'attaquent aux grandes compagnies qui exploitent des services publics tels, gaz, électricité, tramway et eau [dans les quartiers annexés]. De nombreux citoyens, appuyés par certains journaux, reprochent à ces entreprises de ne pas offrir un service suffisant pour répondre aux besoins d'une population qui s'accroît rapidement et d'exiger des tarifs trop élevés qui leur procurent de faramineux profits. Ces puissantes compagnies, qui appartiennent aux plus grands financiers de Montréal, jouissent d'une situation de monopole. Elles sont en mesure de résister aux assauts des critiques en s'assurant de solides appuis parmi les échevins et en acceptant de faire quelques concessions.
 
En 1894, la compagnie de tramways, la Montréal Street Railway, fait construire sa propre [centrale thermique] afin d'alimenter son réseau en électricité. Ce réseau est en expansion rapide, car le tramway électrique est nettement plus populaire que son prédécesseur, tiré par des chevaux. L'impact du tramway électrique se fait sentir en deux endroits distincts. D'abord au centre-ville, où convergent les principales lignes qui transportent soir et matin des milliers d'employés. Ensuite en banlieue, où la présence d'une ligne de tramway devient une condition essentielle à la réussite des projets des promoteurs. En 1907, la Montreal Street Railway s'assure le monopole du transport en commun dans l'île de Montréal en prenant le contrôle du Montreal Terminal Railway, une compagnie qui exploite un service de tramway dans la banlieue est. Déjà, en 1901, elle avait fait de même dans l'ouest avec le Montreal Park & Island Railway. Depuis 1892, le président de la compagnie de tramway est le courtier Louis-Joseph Forget (1853-1911). Il quitte son poste en 1910 pour être remplacé par Edmund Arthur Robert (1864-?), qui réorganise l'entreprise. Celui qui tire les ficelles est cependant le financier Herbert Holt (1856-1941), président de la Banque Royale.

 

À partir de 1904, le mouvement réformiste s'essouffle, et la corruption refleurit à l''Hôtel de Ville. Cette situation provoque la renaissance du mouvement, sous l'égide de la Chambre de commerce et du Board of Trade.

 

Les réformistes obtiennent en 1909 l'ouverture d'une enquête publique qui met en lumière le régime de corruption et de favoritisme qui règne à Montréal. Cette enquête rend les citoyens plus sensibles aux arguments des réformistes, qui réclament un nouveau mode de gouvernement. Ils demandent la mise en place d'un bureau des commissaires, élu par l'ensemble de la population, qui exercerait le pouvoir exécutif. Ils espèrent ainsi éliminer le gaspillage et faire en sorte que la ville soit gérée comme une entreprise. Approuvée par les électeurs par voie de référendum, cette réforme importante entre en vigueur en 1910. Aux élections de 1910, profitant du discrédit que l'enquête publique a jeté sur les politiciens en place, les réformistes font élire leurs candidats aux quatre sièges de commissaires et dans presque tous les quartiers. Commence alors le [régime des honnêtes gens], qui durera jusqu'en 1914.

 

La gestion municipale n'est pas la seule question politique qui divise les Montréalais au début du XXe siècle. Les liens du Canada avec la Grande-Bretagne sont une autre source de désaccord. L'attachement de nombreux Canadiens-anglais envers l'Empire britannique, ses représentants et ses symboles, est très marqué. Il est appuyé par la presse anglophone de Montréal, qui affiche son patriotisme. Chez les Canadiens, par contre, émerge un courant nationaliste qui s'oppose à l'impérialisme. Il s'exprime notamment dans le quotidien Le Devoir, fondé en 1910 par le député Henri Bourassa.

 

Entre 1896 et 1914, Montréal connaît donc une vigoureuse croissance, à la fois démographique, économique et territoriale. Forte d'un demi-million de personnes, la société montréalaise devient plus diversifiée, plus complexe et par conséquent plus difficile à gouverner. Les inégalités y sont encore très présentes, mais l'action des groupes réformistes commence à porter fruit et entraîne une certaine amélioration des conditions de vie. Montréal apparaît alors comme une ville animée et dynamique, un centre où se rencontrent les traditions française et britannique, mais qui jouit aussi de l'influence des États-Unis et de l'apport des nouveaux immigrants.

 

En conclusion, voyez comment certaines villes sont nées et se sont développées au cours des ans:

 

La création d’une ville comme Verdun est le fruit d’interventions d’un groupe de propriétaires fonciers qui, en 1875, sont mécontents du laxisme dont fait preuve le conseil de la municipalité d’Hochelaga et des lourdes taxes qu’on leur impose. Il est singulier de constater que dans l’évolution historique de Verdun les opposants à l’établissement de bars et autres brasseries sont légion. Cette caractéristique se maintient tout au long de l’histoire de Verdun, et ce, à quelques exceptions près [permis de vente de bières dans les épiceries, restaurants qui permettent l’aménagement de bars dans leurs locaux [1995] et SAQ depuis 1965]. En 1965, ce changement est dû à une consultation populaire [4 739 électeurs approuvent contre 4 420 qui veulent le statu quo]. Pour conserver sa quiétude, le Verdunois n’aime pas trop la proximité des bars et autres tavernes qui sont pourtant fort populaires dans les quartiers montréalais de Pointe-Saint-Charles et de Côte-Saint-Paul, situés à proximité. Une question se pose, pourquoi les Verdunois condamnent-il la consommation de l’alcool sur leur territoire d’une génération à l’autre? Difficile de trouver une explication claire.

 

Le fondateur de Montréal-Est, Joseph Versailles, est un entrepreneur qui achète des terrains à Pointe-aux-Trembles. Par la suite, il demande une charte municipale au gouvernement québécois pour créer une cité-jardin, dès 1910. Et une nouvelle ville naît: Montréal-Est. Joseph Versailles en devient le maire-fondateur. Or, son rêve de créer une cité-jardin [à l'image de la Ville De Hamstead, par exemple] sera de courte durée, puisqu’une crise économique, en 1913-1914, et la Grande Guerre, viennent chambarder son projet. Montréal-Est change son fusil d’épaule afin de mettre l’accent sur une politique d’allègements des taxes foncières pour accueillir de nouvelles entreprises. Des PME viennent profiter de cette politique de réduction de taxes et même de prêts consentis par la Ville pour établir une usine. Sans donner ici toutes les modalités de cette politique de séduction industrielle, notons que les compagnies de pétrole sauront saisir les occasions offertes pour ériger leur raffinerie. Les nouveaux entrepreneurs qui bâtissent les usines doivent cependant embaucher les résidents de Montréal-Est afin de conserver leur réduction du taux de taxation. Au cours des années 1920, il n’est pas toujours facile d’embaucher un citoyen de Montréal-Est, les travailleurs ne pouvant trouver facilement un logement. La Ville fort consciente de ce problème se met en devoir de faire construire des maisons pour les ouvriers. Elle devient même le prêteur hypothécaire pour faciliter l’acquisition de maisons pour les familles. Cette politique devient plus déchirante au cours des années 1930, lorsque plusieurs citoyens ne peuvent plus rembourser leur hypothèque! En 2010, on fêtait les cent ans de Montréal-Est. Rappelez-vous seulement le magnifique Club Champêtre Canadien, situé à l'emplacement de la défunte École Napoléon-Courtemanche!  Nostalgie. Tout cela à bien changé... , hélas!    --- Des usines ferment présentement... , espérons qu'elle seront remplacées par des résidences et des jardins fleuries!

 

Dans le contexte des annexions sur L’Île De Montréal, au début du XXe siècle, naît une ville du nom de Montréal-Nord. En 1910, Montréal veut annexer les villes et municipalités situées à proximité de son territoire. Déjà, en 1905, Saint-Henri et Sainte-Cunégonde tombent dans le giron de Montréal. À l’époque, on peut aussi noter les noms de Notre-Dame-de-Grâce, Ville-Émard, Rosemont, Ahuntsic, Longue-Pointe et combien d’autres? Il est singulier de constater que les habitants d’une partie de la municipalité de paroisse du Sault-au-Récollet [Bas du Sault] obtiennent un changement de statut municipal pour devenir la Ville de Montréal-Nord dans le contexte où la métropole du Canada tente d’annexer ses voisins.

 

Maisonneuve, une autre ville, possède une politique industrielle. Pour favoriser son développement, elle se lance depuis des années dans un programme ambitieux de constructions urbaines, notamment celui d’un grand boulevard, le boulevard Pie-IX, d’un hôtel de ville et d’une caserne de pompiers. Le projet du boulevard est devenu celui d’une voie de communication nord-sud qui part du fleuve Saint-Laurent jusqu’à la rivière des Prairies. Les villes de Saint-Michel et de Montréal-Nord trouvent que le projet prend une allure grandiose qui ne représente pas vraiment d’avantage pour elles-mêmes. Maisonneuve souhaite la venue de riches entrepreneurs et autres bourgeois qui s’établiraient le long du boulevard Pie-IX dans des maisons cossues. La Ville de Maisonneuve devient le maître d’oeuvre de ce grand boulevard. Or, les frais de construction des tronçons situés dans le secteur de Saint-Michel et de Montréal-Nord seront facturés aux municipalités concernées malgré leurs protestations. C’est que le gouvernement du Québec accorde en 1912 à Maisonneuve le droit de facturer les frais de construction du boulevard sauf la partie située à Rosemont annexée par Montréal. Cependant, Maisonneuve connaît des problèmes financiers, ses projets s’avèrent trop onéreux. En 1918, Montréal annexe Maisonneuve, une ville fortement endettée. Pour compenser ce fardeau, Montréal réclame l’annexion de villes bien gérées comme Westmount, Outremont, Lachine et Verdun. De son côté, Montréal-Nord doit payer une facture salée de plusieurs centaines de milliers de dollars. Sa situation financière s’avère peu reluisante. Elle n’a pas les revenus suffisants pour faire face à ses obligations.

 

Les maires des villes menacées d’annexion sur l’île de Montréal proposent la création de la Commission métropolitaine de Montréal pour surveiller le crédit des villes autonomes sur l’île de Montréal. Ce moyen évite à ces villes de se faire annexer par Montréal. Par contre, le gouvernement du Québec décide également que la Commission métropolitaine de Montréal aura pour mandat de mettre en tutelle les villes en difficulté financière de Montréal-Nord, Saint-Michel et Pointe-aux-Trembles.

 

Dès leur naissance, les villes sur l’île de Montréal vivent des enjeux très différents d’une municipalité à l’autre.

 

LaSalle naît dans un contexte fort différent de celui de Montréal-Nord. Les propriétaires fonciers veulent la création d’une ville qui pourra mettre de l’avant une croissance urbaine plus poussée. Les quelque 500 habitants du secteur Bas-Lachine n’ont pas de rêves grandioses. LaSalle naît en 1912 dans un contexte où la Cité de Lachine se saisit du secteur industriel situé au nord du canal de Lachine près de la ville de Saint-Pierre. Sans adopter de stratégie agressive pour le contrôle total d’une large partie du territoire de la paroisse de Lachine, le conseil municipal sous la présidence du maire Henri Bergevin souhaite seulement de voir l’érection d’une ville à l’est de Lachine. Sur la promesse de la construction d’un pont qui enjambe le canal de Lachine et une somme de 500$, le conseil municipal de l’époque renonce aux revenus des taxes foncières qui proviennent des compagnies déjà installées au nord du canal de Lachine. LaSalle se reprendra plus tard avec une politique d’accueil des industries en réduisant de 50% les taxes foncières si ces dernières embauchent des résidents. Les projets laSallois respectent la capacité de payer de ses contribuables. Les propriétaires fonciers laSallois présents au sein du conseil municipal ne proposent aucune politique qui vient grever le budget municipal. Dans la mire des conseillers et du maire: pas de grands boulevards bordés d’arbres, ni de bains publics ou de casernes de pompiers, pas plus d’hôtel de ville flamboyant. D’ailleurs, une résidence devient l’Hôtel de Ville en 1914. Les élus laSallois attendent le moment propice pour procéder à l’édification des immeubles municipaux. Tout se fera graduellement selon la capacité de payer. Par exemple, la caserne de pompiers apparaît en 1932. LaSalle n’a jamais connu la tutelle au cours du XXe siècle, mais la fusion municipale vient transformer la situation au XXIe siècle.

 

Voilà, nous pourrions en ajouter beaucoup d'autres   --- mais laissons cela et tâchons maintenant de trouver le nom des nombreuses villes et villages annexés à Montréal et la date de leurs annexions, fusion et ou défusion, le cas échéant:

 

- Au commencement, Ville-Marie devient Montréal, ensuite, 1642 Fondation de Montréal, 1833 [3 juin] Entrée en vigueur de la charte de la Corporation de la Cité de Montréal et premières élections, 1840 Deuxième incorporation de Montréal, et nous avons:

 

- 1883 Première annexion à Montréal: la ville d’Hochelaga;

- 1886 Annexion de la ville de Saint-Jean-Baptiste;

- 1887 Annexion du village de Saint-Gabriel;

- 1893 Annexion de la ville de la Côte Saint-Louis;

- 1900 Dans son élan pour créer un [Greater Montreal], au début des années 1900, la ville de Montréal entreprend d’annexer plusieurs municipalités bordant son territoire.

 

- 1905 C’est ainsi que son conseil adopte, à sa séance du 30 octobre 1905, le règlement no 342 en vue d’annexer la cité de Saint-Henri. Le conseil de cette dernière,        constituée en 1874 et surnommée [Village des tanneries], avait déjà donné son assentiment le 9 août précédent;
       De son côté, la cité voisine de Sainte-Cunégonde, détachée autrefois de Saint-Henri et fondée en 1876, subit un sort analogue lorsqu’elle est annexée par la            Ville de Montréal, suite à l’adoption du règlement no 350 lors de la séance du 4 décembre 1905 du conseil montréalais;
       Note: La ville de Montréal devient la cité de Montréal.

 

- 1905 Annexion du village de Villeray,
       de la cité de Saint-Henri et
       de la cité de Sainte-Cunégonde;

- 1908 Annexion de la ville de Notre-Dame-des-Neiges;

- 1909 Annexion du village de Lorimier et
       de la ville de Saint-Louis;

- 1910 Annexion des municipalités suivantes: village de Rosemont,
       village de Ahuntsic,
       ville de la Côte-des-Neiges,
       village de Beaurivage de la Longue-Pointe,
       ville de Bordeaux,
       ville de Saint-Paul,
       ville de la Longue-Pointe,
       ville Émard,
       village de Tétreaultville de Montréal et
       ville de Notre-Dame de Grâce;

- 1916 Annexion de la ville de Cartierville et
       de la ville du Sault-au-Récollet;

- 1918 Annexion de la cité de Maisonneuve [L'effondrement du marché immobilier entraîne une crise du logement et la municipalité subit une grave crise financière. Incapable de faire face à ses obligations, Maisonneuve demande son rattachement à Montréal en 1918. Sa population atteint alors 31 763 habitants.];

- 1963 Annexion de la ville de Rivière-des-Prairies;

- 1964 Annexion du village de Saraguay;
       Note: Entre 1964 et 1968: La Cité de Montréal devient la Ville de Montréal.

 

- 1968 Annexion de la cité de Saint-Michel;

- 1982 Annexion de la ville de Pointe-aux-Trembles;

 

- 2002 Suite à l'adoption de la Loi 170 du Gouvernement de Lucien Bouchard, l'ensemble des municipalités de l'île de Montréal (ainsi que l'île Bizard) sont fusionnées au sein de la Ville de Montréal. Le 1er janvier, création de la Ville de Montréal comprenant:


       Ville d'Anjou
       Ville de Baie-d'Urfé [Voir 2006]
       Ville de Beaconsfield [Voir 2006]
       Cité de Côte-Saint-Luc [Voir 2006]
       Ville de Dollard-des-Ormeaux [Voir 2006]
       Cité de Dorval [Voir2006
       Ville de Hampstead [Voir 2006]
       Ville de Kirkland [Voir 2006]
       Ville de Lachine
       Ville de LaSalle
       Ville de L'Île-Bizard
       Ville de L'Île-Dorval [Voir 2006]
       Ville de Mont-Royal [Voir 2006]
       Ville de Montréal
       Ville de Montréal-Est [voir la note, plus bas, et 2006]
       Ville de Montréal-Nord
       Ville de Montréal-Ouest [Voir 2006]
       Ville d'Outremont
       Ville de Pierrefonds
       Ville de Pointe-Claire [Voir 2006]
       Ville de Roxboro
       Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue [Voir 2006]
       Ville de Sainte-Geneviève
       Ville de Saint-Laurent
       Ville de Saint-Léonard
       Village de Senneville [Voir 2006]
       Ville de Verdun
       Ville de Westmount [Voir 2006]
      Note: Fusion/Défusion: La ville de Montréal-Est compte 3 8225 habitants [en 2006] sur 12,45 km². Son maire est Robert Coutu. En 2002, cette ville est fusionnée avec la ville de Montréal. Mais le 1er janvier 2006, à la suite d'un référendum, Montréal-Est reprend son statut de ville indépendante. C'est d'ailleurs la seule municipalité de la parti est de l'île qui choisit d'annuler sa fusion avec Montréal.

 

- 2006 Suite à un processus référendaire amorcé par le Gouvernement de Jean Charest, 15 anciennes villes de l'île de Montréal sont reconstituées. Ces 15 municipalités        représentent 13% de la population de l'île, la nouvelle Ville de Montréal en représentant 87%. Le 1er janvier, reconstitution des municipalités suivantes:


       Ville de Baie-D'Urfé
       Ville de Beaconsfield
       Ville de Côte-Saint-Luc
       Ville de Dollard-Des Ormeaux
       Cité de Dorval
       Ville de Hampstead
       Ville de Kirkland
       Ville de L'Île-Dorval
       Ville de Mont-Royal
       Ville de Montréal-Est
       Ville de Montréal-Ouest
       Ville de Pointe-Claire
       Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue
       Village de Senneville
       Ville de Westmount

 

Une île, une ville! non pas encore monsieur Drapeau... .

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Source:

 

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005401


http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Montr%C3%A9al


http://www.messagerlasalle.com/Societe/L%26rsquo%3Bhistoire-de-LaSalle/2011-01-05/article-2092015/Vill es-et-villages-de-Montreal/1


http://www.musee-mccord.qc.ca/scripts/printtour.php?tourID=VQ_P3_4_FR&Lang=2

____

 

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=165,238543&_dad=portal&_schema=PORTAL


http://fr.wikipedia.org/wiki/Maisonneuve_(Montr%C3%A9al)#L.27annexion


http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_municipale_de_Montr%C3%A9al

Mots-clés: Montréal Croissance Annexion Fusion



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