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La fête de la Saint-Jean
Ajouté le 06/22/2011 14:13:06 par Katoux
 

 

LA FÊTE DE LA SAINT-JEAN

 

 

Vieille tradition française, cette célébration a suivi nos ancêtres en terre d'Amérique et pris racine avec eux.

 

Voici à peu près comment les choses se déroulaient autrefois.  Le 23 juin au soir, veille de la Saint-Jean-Baptiste, les villageois se réunissaient face à l'église paroissiale et y dressaient un bûcher de trois m et trente cm de hauteur.  Pour ce faire, on utilisait surtout des éclats de cèdre qu'on couvrait par la suite de branches de sapin.  Lorsque le bûcher se dressait fièrement au milieu de la place, on invitait le curé à venir le bénir.  Après les prières rituelles, celui-ci allumait le feu avec un cierge.  Fusaient alors les cris enthousiastes des jeunes en même temps que résonnaient des salves de coups de fusil.  La fête s'amorçait, ponctuée par de jolies chansons du terroir et des danses auquelles chacun se joignait avec gaieté.

 

D'après les historiens et les ethnologues cette fête du feu nous viendrait du fond des âges.  Peut-être d'aussi loin que l'âge de pierre.  Les Phéniciens, les Romains, les Celtes avaient l'habitude de souligner les grands cycles du soleil en allumant des feux de joie.  Rappelons que le 24 juin correspond d'une façon générale au jour le plus long de l'année (solciste d'été) alors que Noël est la journée la plus courte (solciste d'hiver), et que ces deux dates en particulier faisaient l'objet de festivités très spéciales.

 

La célébration de la St-Jean revêt, après la conquête de 1760, un nouveau sens.  Elle permet aux colons français restés en terre d'Amérique de souligner d'une façon originale leur volonté de survivre comme groupe différent.

 

Fête des Canadiens-français

 

C'est en 1834 que la fête prend une allure plus officielle et organisée.  Cette année-là, Ludger Duvernay, futur fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste, conçoit l'idée d'une fête nationale annuelle qui regrouperait les Canadiens-français.  Le soir du 24 juin, il organise un banquet de notables montréalais.  Les convives, une soixantaine, furent recrutés  de vive vois.  On porta de nombreux toasts à l'avenir des Canadiens-français, de leur langue, de leur histoire et de leur foi.

 

Duvernay venait de réaliser son rêve.  Pourtant, ce n'est que vers 1842 que la Saint-Jean s'élargira.  On assiste à la première parade historique où sont évoquées nos gloires nationales.

 

En 1874, la fête nationale connaît un succès exceptionnel, grâce à l'invitation lancée  à tous les Canadiens-français du Canada et des États-Unis.  Le défilé s'étend sur presque trois milles et se poursuit pendant trois heures.  Un journaliste de L'Opinion publique, journal de l'époque, a compté 131 drapeaux, 53 bannières, 31 corps de musique et 15 chars allégoriques.  Une fois le défilé terminé, la foule se déplace vers l'église Notre-Dame pour une grand-messe solennelle.  Le soir, on sert un banquet monstre à l'hôtel de ville.

 

Au début du XXe siècle, la formule se raffine.  La fête commence le 23  par le traditionnel feu de la Saint-Jean.  Souvent les concerts et les discours où voisinent les sentiments religieux et patriotiques.  Le lendemain, on retrouve immanquablement une grand-messe, un défilé et différents banquets.

 

En 1924, apparaissent dans le défilé le petit Saint-Jean-Baptiste à la tête bouclée et son mouton.  Désormais, eux aussi deviendront une institution.  Durant chaque défilé, on les saluera toujours dans le dernier char.

 

Les Québecois regarderont passer la parade pendant longtemps, jusque vers la fin des années soixante.  La fête se modifiera alors et connaîtra, selon les années, différentes formules.  On invitera les gens à descendre dans la rue et à participer à la fête, ce qu'ils feront progressivement, à l'ile Saint-Hélène, dans le Vieux-Montréal, au Mont-Royal.  Et plus récemment, dans les quartiers avec leurs voisins et leurs amis.  Nous venons de découvrir le vrai sens de la fête... et de la vie:  participer.

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtres, auteur:  Yvon Désautels.

 

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres



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Visionner 1 - 3 de 3 Commentaires

De: Pilote_Qc
06/24/2011 13:38:42


 


Bonne Saint-Jean-Baptiste!



De: Katoux
06/22/2011 22:25:37

Merci Pilote, d'en avoir rajouté à mon blog.  C'est toujours intéressant d'en connaître plus.



De: Pilote_Qc
06/22/2011 22:00:28

[C'est en 1834 que la fête prend une allure plus officielle et organisée.  Cette année-là, Ludger Duvernay, futur fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste, conçoit


l'idée d'une fête nationale annuelle qui regrouperait les Canadiens-français]    --- oui, mais notre histoire n'est pas si simple, car il y en a eu d'autres de fêtes


nationales: Voyons cela avec Me Hector Grenon, historiographe,


...



En effet, et bien que cela puisse aujourd'hui [1974] nous surprendre, il nous faut reconnaître que là encore, dans notre coin de terre isolé, nous avons dû atteindre


une certaine forme de championnat pour le nombre de [fêtes nationales] que nous avons eu l'insigne privilège de pouvoir célébrer succcessivement avec le faste qui, en général, entoure les manifestations de ce genre.


 


Ainsi, et sans vouloir entrer dans d'inutiles détails, on peut certes rappeler qu'il y eut un temps où nous fûmes gratifiés de plusieurs fêtes dites nationales. Ces
dernières nous ont dailleurs été généreusement attribuées par des autorités exerçant leur auguste compétence loin en dehors de nos frontières géographiques.


 


Par exemple, dit-on, un jour on nous octraya fort généreusement la fête nationale de la Saint-Joseph. Du même coup, en l'an de grâce 1624 ou environ, ce vénérable personnage était proclamé notre Saint Patron.


...


 


Or, un peu plus tard, c'est-à-dire vers l'année 1876, on nous octroya d'autorité et encore une fois fort gracieusement, un autre saint Patron ou plutôtune protectrice nationale. C'était sainte Anne. Elle aussi fut à son tour proclamée, par décret officiel venant de l'Europe méditerranéenne, Patronne de notre pays.



Il faut bien reconnaître tout de suite que l'on pensait à nous avec beaucoup de sollicitude affectueuse même à de très grandes distances. On voulait assurément notre


plus grand bien et nous en sommes fort aise.



***



Or, [et c'est là qu'entre en scène votre histoire, Katoux.] entre temps, un mouvement sérieux avait pris forme chez les nôtres pour inventer une fête patronale qui
serait si possible notre propre création et qui aurait un caractère plus proche de nos aspirations légitimes. C'est ainsi qu'est née une autre fête nationale qui,
cette fois, fut appelée la Saint-Jean-Baptiste et qui a fini par prendre le pas sur les deux célébrations qu'on nous avait déjà conférées.



Au fait, cette idée de la Saint-Jean-Baptiste, qui existait déjà au catalogue du rituel depuis un bon moment, fut lancée à l'été de l'année 1834, [comme vous le
rappelez si bien, Katoux]
. Pour procéder à cette fondation originale, le journaliste  Ludger Duvernay et quelques amis se réunirent dans le jardin d'un Montréalais nommé John McDonell qui habitait alors rue Windsor dans l'ouest de notre ville.



Et, comme cette nouvelle solennité a paru devenir rapidement la fête préférée des nôtres, les autorités religieuses ont cru sage de consentiur gracieusement à
reconnaître cet état de choses. Ainsi, à l'hiver de l'année 1908, un bref communiqué officiel nous donnait encore un nouveau protecteur et il établissait, constituait
et proclamait saint Jean-Baptiste patron spécial des Franco-Canadiens [tant de ceux qui sont au Canada que de ceux qui vivent sur une terre étrangère].


 


Voilà qui est fait.


 


Ce jour anniversaire de célébration collective nous est resté depuis. Ça n'était pas trop tôt.


 


Visiblement, au loin, on songeait souvent à nous.


 


Mais, en matière de fêtes nationales, les choses allaient trop bien pour s'arrêter en si bonne voie.


 


Ainsi, om pourrait encore rappeler qu'un jour de l'année 1921, grâce aux efforts personnels de l'abbé Groulx, ... , nous sommes venus très près d'avoir une autre
manifestation publique, fériée et accompagnée de réjouissances collectives, qui aurait été appelée la Fête de la race. Cette nouvelle solennité aurait coïncidé avec
le jour de la fête de Dollard des Ormeaux, un soldat contesté.


...



Malheureusement, et en dépit de tous les beaux et généreux efforts des promoteurs de ce projet, l'affaire n'a pas marché.


...



Mais, chose plus originale que la Fête de la race demeurée à l'état de projet, nous sommes encore passés à un cheveu de voir s'implanter chez nous la fête assez surprenante de la Saint-Napoléon. Cette manifestation se serait cette fois déroulée en l'honneur de feu Napoléon Bonaparte. En effet, une société formée chez nous vers 1836 aurait voulu nous décerner ce nouveau saint comme Patron et protecteur officiel, quitte à obtenir par la suite une canonisation régulière et posthume pour l'empereur qui a dû malheureusement aller mourir en exil sur la petite île anglaise de Sainte-Hélène.


 


Or, Napoléon n'a pas eu sa fête du quinze août. Dans notre rituel officiel, cette date ne fait pas mention de la naissance de Bonaparte en l'année 1769, mais continue
bien sagement d'être attribuée à l'Assomption deb la Vierge, ce qui au fait existe encore aujourd'hui.


 


Ainsi, malgré plusieurs grands banquets de fondation qui comportaient en général l'offrande de vingt-cinq santé ou plus, l'affaire n'a pas marché. Et, depuis lors, ce
beau dessein est resté bien calmement sur les tablettes.


 


Il n'en reste pas moins, comme il a été dit auparavent, qu'en ce domaine de [fêtes nationales], nous avons peut-être mérité une sorte de championnat.


 


De toute façon, nous n'en avons certes pas manqué.


____



Source: Us et coutumes du Québec, par Hector Grenon







*** Planète Généalogie ***