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Naufrage de L’Empress of Ireland, 29 mai 1914
Ajouté le 11/27/2012 04:32:15 par lisejolin

Parmi les plus grands naufrages du début du XXe siècle, celui du RMS  Empress of Ireland survenu le 29 mai 1914 à deux milles de Point-au-Père et douze milles environ de Rimouski, est le troisième plus important après celui du Titanic (15 avril 1912 dans l’océan Atlantique) et celui du RMS Lusitania (07 mai 1915 au large de la pointe sud de l’Irlande).  Malgré que l’océanique est muni de 2 200 gilets de sauvetage, le naufrage de l’Empress of Ireland fait 1 012 morts, soit plus des deux tiers de ses passagers. 

 

L’Empress of Ireland

 

 

http://scottvisnjic.deviantart.com/art/Empress-of-Ireland-Poster-2-84577344

 

En 1904, la ‘Canadian Pacific Steamship Company‘ commande deux paquebots transatlantiques.  Ce sera pour la Fairfield Shipbuilding and Engineering de Glasgow en Écosse et son architecte naval Francis Elgar, les plus gros paquebots faits à ce jour dans leur chantier naval. La salle des machines de chacun des navires estcomparable à l'espace occupé par une église paroissiale’.  Six soutes à charbon contiennent les 2 600 tonnes de charbon dont le paquebot a besoin pour fournir la vapeur nécessaire pour une seule traversée. 

 

D’une longueur de cinq cent cinquante pieds par  soixante-cinq pieds et demie de large, les bateaux jumeaux comptent sept ponts dont les ‘quatre premiers, construits en acier, sont situés à l'intérieur de la coque’.  Ces paquebots peuvent accueillir quelques deux milles personnes à son bord, incluant les membres d’équipage.  Ces navires de 14 000 tonnes  peuvent  filer à une vitesse de 20 nœuds.

 

 

Dès leur lancement,  le 11 novembre 1905 et le 27 janvier 1906, l’Empress of Britain et l’Empress of Ireland sont les plus rapides de la flotte canadienne assurant le service entre le  Canada avec l'Europe[].  Lors de son voyage inaugural le 29 juin suivant, le RMS Empress of Ireland (Royal Mail Ship) assure la liaison Liverpool – Québec.

 

La traversée de l’Empress of Ireland pour se rendre en Europe est normalement de six jours.   Les passagers doivent débourser de 15.$ à 25$ pour la troisième classe, de 45.$ à 60.$ pour la seconde classe et de 120.$ à 150.$ pour la première classe.  Les personnes occupant cette dernière classe peuvent profiter d’une salle de musique, d’un café, d’une salle à manger ornée de riches boiseries, d’une salle fumeur et d’une bibliothèque de 650 volumes.

 

Mai 1914, le RMS Empress of Ireland, débarque le ‘pilote Adélard Bernier sur le bateau-pilote Eureka en poste à la station de Pointe-au-Père’ dans la région du Bas-Saint-Laurent et se prépare ensuite à effectuer une autre traversée transatlantique (la 192ième d’après le site historique de Pointe-au-Père). 

 

Le 28 mai 1914, sous le commandement du capitaine Henry George Kendall, 39 ans, l'Empress of Ireland quitte la ville de Québec en direction de Liverpool, en Angleterre.  Il a 1 477 personnes à son bord et une cargaison comprenant entre autre, 252 lingots d’argent.  (Liste des passagers : http://www.sea-viewdiving.com/shipwreck_info/empress_home/passengerindex.htm

 

1h38 le 29 mai, le capitaine Kendall, étant sur le pont, aperçoit par tribord à six milles de là, les lumières du  ‘Storstad’, un navire Norvégien de 6 000 tonnes. Peu après le navire charbonnier disparaît dans un banc de brouillard.  Le capitaine de L’Empress réagit : trois coups de sirène de l’Empress indiquent que le navire ‘fait marche arrière, suivis de deux autres coups de sirène annonçant l’arrêt du bateau’.

 

1h55 cette même journée - Tout laisse croire que le Storstad n’a pas entendu les coups de sirène de l’Empress à travers la brume, car le capitaine du Storstad change aussi de cap, mais sortant du brouillard, le charbonnier se retrouve se dirigeant tout droit sur l’Empress.  Il est déjà trop tard, dans quelques minutes le  Storstad va percuter le transatlantique. Les opérateurs radio Edward Bamford et Ronald Ferguson de l’Empress lancent aussitôt un SOS et reçoivent confirmation que leur message a été entendu juste avant que leur radio ne réponde plus.  Kendall ordonne la mise à l’eau de ces canots. 

 

Lors de la construction de l’Empress of Ireland, ‘les ingénieurs avaient prévu onze compartiments étanches pour laisser le temps aux passagers d'évacuer le navire en cas de naufrage.’ Dû à ses propres dommages, le Storstad ne peut se permettre de demeurer en place dans le flan de l’Empress.  En faisant marche arrière, l’eau entre à flot dans le trou d’environ quatre mètres de largeur par quatorze mètres de hauteur’  provoqué par la collision.  Les chaufferies de l’Empress sont rapidement inondées et les cloisons étanches sont rendues inutiles.  Malgré que l’Empress of Ireland est équipé de seize canots de sauvetage en acier, de vingt  Collapsibles Englehart’ et six autres bateaux en toiles repliables,  il est impossible  d’en faire la mise à l’eau car quelques minutes après la collision, L’Empress of Ireland se couche déjà sur le côté ‘tribord’.   Seulement quelques-uns des bateaux de sauvetage sont donc utilisables...  

 

A cette heure de la nuit, beaucoup de passagers sont dans leur cabine et dorment déjà.  Peu d’entre eux se retrouvent donc sur le pont supérieur.  Paniqués, certains sautent dans les eaux glaciales (la température de l'eau du fleuve Saint-Laurent se maintient de 0 à 4 °C tout au long de l'année) pendant que beaucoup d’autres périssent à l’intérieur du bateau. Seulement 445 personnes survivent à la tragédie dont dix-neuf membres de l'Armée du Salut (sur 167) qui allaient assister au Troisième Congrès internationale de l’Armée du Salut à Londres.  Deux bateaux à vapeur, l'Eureka et le Lady Evelyn se joignent au Storstad pour porter au secours aux naufragés.  Malheureusement 1 012 personnes n’auront pas cette chance.  Pour ceux qui ne croient pas au destin, William Clarke qui était un survivant du Titanic, échappe à la mort encore une fois.  À 2h10 ce même jour, moins d'un quart d'heure (quatorze minutes) après la collision, l’Empress avait complètement disparu dans les eaux du Saint-Laurent. 

 

À l’aube, ce jour-là, au large de Sainte-Luce, près de Rimouski, une nappe d'huile recouvre la surface de l'eau à l’emplacement du naufrage. L’Empress of Ireland git à cent quarante pieds de profondeur et une bouée indique maintenant la position du navire. À chaque jour, des corps de naufragés sont ramenés au port.  Le Canadien Pacifique étudie la possibilité de renflouer le navire qui,  au cours de sa courte vie, de 1906 à 1914, a transporté des milliers d’immigrants au Canada, mais le tout reste sans résultat. Ses propriétaires décident alors ‘à percer la coque du navire au moyen d'explosifs.  Jusqu’en septembre de la même année, leurs plongeurs récupèrent les sacs de courrier et deux cent lingots d'argent dont la valeur à l'époque est estimée à 1 099 000 $ canadiens. 

 

Une commission d’enquête est mise sur pied afin de déterminer à quel navire revient la responsabilité du naufrage.  Une autre est menée par les Norvégiens à leur consulat de Montréal mais les témoignages des capitaines Kendall, Anderson et de leur équipage respectif sont contradictoires. Pendant que l’enquête de Québec met en faute le Storstad, celle des Norvégiens les libère de cette responsabilité.  Alfred Toftenes, commandant du Storstad reçoit un blâme car ‘il a tardé à appeler son capitaine par temps de brume’. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Empress_of_Ireland#cite_note-SHMPEmpress-11 ).  La Canadian Pacific Steamship Company intente un procès à A. F. Klaveness,  propriétaire du Storstad, en dommage causé à l’Empress of Ireland.  Kalaveness, étant incapable de payer, est obligé de vendre son propre navire pour faire face à la situation.

 

Un article paraît dans le ‘Perspective de La Presse’  cinquante ans après le naufrage de l’Empress of Ireland.  Après maintes recherches, des plongeurs québécois retrouvent l’épave le 17 juillet 1964.   «Dans les trente années qui suivirent, des milliers d'artefacts sont prélevés du navire de façon incontrôlée...»

 

Le RMS Empress of Ireland, reposant sur son flanc droit (tribord), laisse voir sa coque endommagée d’une longueur de ‘cent soixante-dix’ (170) mètres. La structure d’acier et la quille du navire sont  intactes.  Les plongeurs peuvent également apercevoir les deux mâts, les deux cheminées, les restes de la timonerie, l’hélice en bronze,  etc...  Tous ces éléments  ont contribué à ce que le site du naufrage soit protégé et  déclaré ‘site du patrimoine sous-marin par le gouvernement provincial du Québec, le 30 Avril 1998. (http://vimeo.com/3504815)

 

Le 15 avril de l’année suivante, l’épave de l’Empress of Ireland est classéebien historique et archéologique.’ Le 20 avril 2009, le lieu du naufrage est désigné «Lieu historique national du Canada de l'Épave-du-RMS-Empress of Ireland».  Étant ‘le seul élément marin du Canadien Pacifique qui existe encore’, des règles très strictes doivent être suivies par les plongeurs qui désirent se rendre sur l’épave. Ils ne peuvent, entre autres choses, ni prendre, ni déplacer aucun objet.

 

Peu après le naufrage, des mémoriaux sont érigés à Pointe-au-Père, au cimetière St-Germain de Rimouski ainsi qu’au cimetière Mount Hermon, à Québec.  Ils rappellent toutes ces vies perdues lors du naufrage de l’Empress of Ireland.  Le 02 juin 2000, le pavillon Empress of Ireland est inauguré sur le Site historique maritime de la Pointe-au-Père. On y présente la collection d'artefacts prélevés sur l’épave du navire avant 1999, ainsi qu'un film, ‘S.O.S Empress of Ireland, qui raconte les derniers moments du transatlantique dans la nuit du naufrage.

 

Dans les trois mois qui suivent la collision de L’Empress of Ireland et du Storstad, la Première Guerre mondiale est déclarée faisant oublier la tragédie qui vient de se dérouler sur le Saint-Laurent.  Kendall et Andersen, capitaines respectifs de l’Empress et du Storstad, servent leur pays et survivent à cette guerre. Kendall meurt en Angleterre en 1965, à l'âge de 91 ans. 

 

Depuis son naufrage, L’Empress of Ireland a pris la vie de plusieurs plongeurs qui se sont aventurés à son exploration si bien qu’on parle de ‘mystérieuses malédictions’.  Dans un article du dimanche 15 septembre 2002 du Journal de Montréal, Mélanie Brisson nous dit que «L'Empress of Ireland représente, pour les plongeurs, l'Everest des mers».  On peut donc comprendre, que malgré les nombreuses pertes de vie, les plongeurs continuent de s’aventurer à la découverte de cette épave méconnue. (http://www.diablesdesmers.qc.ca/malediction_empress.htm)

 

 

 

Lise Jolin

 

 

Sources

 

 

http://cruiselinehistory.com/the-forgotten-titanic-the-rms-empress-of-ireland-sinking-resulted-in-th e-deaths-of-more-passengers-than-the-rms-titanic-disaster/

http://disastersongs.ca/maritime-disasters/1914-empress-of-ireland/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Allan_Line 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Canadian_Pacific_Steamship_Company

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empress_of_Ireland

http://fr.wikipedia.org/wiki/Site_historique_maritime_de_la_Pointe-au-P%C3%A8re  (site historique maritime de la Pointe-au-Père)

http://genealogycanada.blogspot.ca/2009/08/empress-of-ireland.html

http://lostliners.com/content/flagships/Empress_Ireland/lady.html

http://www.clydesite.co.uk/clydebuilt/viewship.asp?id=800

http://www.encyclopedia-titanica.org/empress-of-ireland.html

http://www.historicplaces.ca/fr/rep-reg/place-lieu.aspx?id=15164&pid=0 

http://www.museevirtuel-virtualmuseum.ca/sgc-cms/histoires_de_chez_nous-community_memories/pm_v2.php?lg=Francais&ex=00000279&fl=0&id=exhibit_home

http://www.radio-canada.ca/jeunesse/explorateur/histoire/index.asp?no_contenu=7516

http://www.shmp.qc.ca/empress/bref/empressbref.html (site historique de Pointe-au-Père)

 

Pour voir et en savoir encore plus...

 

http://ied.dippam.ac.uk/records/38706  (questions – réponses)

http://livresplus.com/data/cr0112.html

http://www.empress2014.ca/accueil.html (témoignages et photos )

http://www.museevirtuel-virtualmuseum.ca/sgc-cms/histoires_de_chez_nous-community_memories/pm_v2.php?id=record_detail&fl=0&lg=Francais&ex=00000279 (Fairfield Shipbuilding and Engineering Company)

http://www.nc-wreckdiving.com/WRECKS/U701/U701.HTML (photos)

http://www.northernatlanticdive.com/empress_02_main.htm  (photos sous droits d’auteur)

http://www.royalalbertamuseum.ca/gallery/retro/_pdf/LostShipmediakit.pdf  (musée en Alberta)

http://www.sea-viewdiving.com/shipwreck_info/empress_home/thetragedy.htm  (photos sous droits d’auteur)

http://www.youtube.com/watch?v=4ZuldZfH8Uo (video + photos)

Mots-clés: Naufrage Paquebot Canadian-Pacifi C Patrimoine Pointe-au-Père



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Visionner 1 - 3 de 3 Commentaires

De: lisejolin
12/01/2012 06:01:14

J'avais entendu parler de cette chanson mais sans plus...


Merci Mme Lambert de la partager et ainsi d'enrichir cet article.


Lise♥



De: lisejolin
11/27/2012 04:58:46

Les sigles RMS ou SS et HMS

 


RMS =  Royal Mail Ship désigne les navires des compagnies privées sous contrat transportant le courrier de la poste britannique à l'étranger. Le sigle RMS souvent attaché au nom des grands paquebots de passagers avait pour signification :  ‘qualité, vitesse et ponctualité’.

 


SS = Steam Ship désigne le navire à vapeur qui voyage sans courrier.

 


HMS = His (ou Her) Majesty's Ship désigne les navires de guerre.

 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Royal_Mail_Ship  

 







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