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L'insolite mariage d'Élie Leduc
Ajouté le 07/14/2013 10:05:13 par CGagnon
Une histoire vraie qui m’a parue assez intéressante pour l’offrir ici :
 
L’INSOLITE MARIAGE D’ÉLIE LEDUC
 
 Présentée par Myriam Lambert, archiviste, Société historique du Saguenay, dans le Réveil, le mardi 15 et le mardi 22 janvier 2013. Source : Hubert Charbonneau, Mémoire de la Société Généalogique Canadienne Française, automne 1999, pp. 231-239.
 
 (…) cette histoire prouve que certains de nos prédécesseurs eurent des vies qui sortirent de l’ordinaire…
 
   Notre histoire se déroule dans le village des Éboulements, à l’aube de la décennie 1830. Un jeune homme inconnu se présente, un beau jour, au village, se disant originaire de la plaine de Montréal et s’appelant Élie Leduc.
 
   Très vite, il se lie d’amitié avec les garçons et les filles du village, possédant une belle personnalité.
 
   Sachant lire et écrire, ce qui n’était pas chose courante à l’époque, il gagne rapidement la confiance du curé Pierre Clément. Celui-ci l’engage bientôt comme bedeau de la paroisse.
 
   On retrouve sa signature élégante, à de nombreuses reprises, dans les registres, parfois même à titre d’ami de l’époux.
 
Mariage
 
   Trois ans après son arrivée dans la paroisse, Élie Leduc décide de prendre épouse, en la personne de Luce Gravel, fille de la paroisse.
 
   Leur mariage est célébré le 5 novembre 1834, dans l’église des Éboulements. L’acte de mariage le dit originaire de Verchères et orphelin de ses parents, Joseph Leduc et Louise Tétreau.
 
   En 1835, le curé Clément quitte la paroisse et est remplacé par l’abbé Benjamin Desrochers, qui sera lui-même remplacé, l’année suivante, par Étienne Baillargeon.
 
   Il est difficile de savoir si Élie a conservé son poste de bedeau après le départ du curé Clément. Mais une chose est sûre : aucun enfant ne vient grandir le foyer qu’il forme avec Luce.
 
Coup de théâtre
 
   La vie s’écoule paisible et à l’automne 1838, la paroisse change encore une fois de curé et accueille l’abbé Hubert-Joseph Tétreau.
 
   C’est peu de temps après que survient un coup de théâtre, rarement vu dans les paroisses du Québec : Élie Leduc est, en réalité, une femme travestie qui a réussi à tromper tout un village pendant presque dix ans !
 
   Évidemment, on s’empresse d’annuler le mariage et on ajoute dans la marge du registre : Ce mariage a été découvert nul plusieurs années plus tard, vu que les deux contractants étaient deux filles.
 
   Ledit Élie Leduc avait pour véritable nom Julie Leduc. L.A.M. ptre. 27 juillet 1839 (J.C.T. ptre).
 
   Le scandale, on s’en doute bien, est énorme et on peut se demander si la venue du curé Tétreau n’a pas quelque chose à voir avec la découverte de la vérité.
 
   Mais quelle était la véritable identité d’Élie Leduc ? Pour cela, il faut retourner aux noms des parents que celui-ci a donnés, lors de son mariage, soit Joseph Leduc et Louise Tétreau.
 
   Ce couple, marié à Verchères en 1801, eut huit enfants, dont des jumeaux, Hubert et Émilie, en 1806. Ce couple, n’ayant eu qu’une fille, on peut raisonnablement supposer que c’est celle-ci qui deviendra Élie, n’ayant qu’à enlever la syllabe « mi » dans son prénom.
 
   Émilie perdit sa mère en 1813 et son père en 1829. C’est peu après qu’elle quitta sa famille.
 
L’abbé Tétreau
 
   Certainement qu’elle a cru qu’en s’expatriant à 350 kilomètres de sa région natale, personne ne la reconnaîtrait sous son déguisement et qu’elle pourrait vivre sa vie comme elle l’entendait.
 
   Mais elle oubliait que le monde est parfois petit et l’abbé Tétreau, qui vint s’installer aux Éboulements, était en fait un cousin de sa famille. Ils se connaissaient sûrement et peut-être celui-ci l’a reconnue, malgré le déguisement et les années…
 
   Élie/Émilie retourna donc dans sa région natale après que la vérité fut connue. Nous la retrouvons à La Présentation, alors qu’elle se marie, le 16 février 1841, cette fois avec un homme du nom de Georges Gagnon.
 
   Elle aura au moins deux enfants de ce mariage. La signature d’Émilie au bas de l’acte de mariage est identique à celle d’Élie Leduc aux Éboulements, ce qui ajoute une preuve supplémentaire au fait qu’Élie et Émilie ne font qu’une seule et même personne.
 
Luce Gravel
 
   Nous perdons ensuite la trace de cette famille, qui aurait peut-être immigré aux États-Unis comme c’était souvent le cas à l’époque dans cette région.
 
   Dans toute cette histoire rocambolesque, il y a une personne qu’Émilie n’a pu tromper : son « épouse » Luce Gravel. Après cette mésaventure, cette dernière demeura tout de même dans son village, mais ne se remaria jamais. Elle vécut seule jusqu’à sa mort, en mai 1875, à l’âge de 77 ans.
 
   Comment Émilie a-t-elle pu réussir ce tour de force, car c’en est un, de tromper tout un village et des amis proches pendant une décennie ?
 
   Malheureusement, aucune description physique ne nous est parvenue d’elle, mais on peut supposer qu’elle devait certainement avoir une allure masculine qui la rendait crédible en homme.
 
Deux autres cas
 
   Il faut également dire qu’à son époque, les examens médicaux étaient rares, ce qui éloignait d’autant plus les occasions d’être découverte.
 
   De plus, au moment de son mariage, le curé Clément n’a certainement pas fait les vérifications d’usage auprès de sa paroisse natale, faisant apparemment assez confiance à Élie pour le croire sur parole.
 
   Dans l’histoire du Québec ancien, on recense seulement deux autres cas de femmes déguisées en hommes, mais leur stratagème fut découvert assez rapidement.
 
   Chacun est libre de penser ce qu’il veut d’Émilie, il reste qu’il fallait certainement une force de caractère peu commune pour résister au stress d’être découverte, d’éviter toute erreur pouvant révéler on artifice.
 
   Cette histoire nous prouve une fois de plus que de tout temps, l’âme humaine reste insondable…

Mots-clés: Leduc Tétreau Gravel Gagnon Éboulements Verchères



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Visionner 1 - 2 de 2 Commentaires

De: Beatrice
07/14/2013 15:22:16

Quelle belle histoire  à raconter pour les descendants de cette famille


 


Je suis d'accord avec Loulou2, elle n'est pas née dans le bon siècle ...


 


Béatrice


 


 


 


 



De: loulou2
07/14/2013 12:50:28
Merci d'avoir partagé cette intéressante histoire vraie !



"L'héroÏne" n'est pas née dans le bon siècle... dire qu'aujourd'hui, au Canada, le mariage aurait été valide...





Il faut quand même admirer sa force de caractère pour réussir pendant plusieurs années cette "entourloupette" à cette époque.








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