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L’Hôtel-Dieu de Jeanne Mance, Montréal (1 de 2)
Ajouté le 07/27/2013 13:02:04 par lisejolin

L’Hôpital Saint-Joseph, futur Hôtel-Dieu de Montréal, ouvert en 1645, est le premier hôpital francophone en Amérique du Nord.   Considéré comme un des plus grands hôpitaux du Québec, il est l’œuvre de Jeanne Mance et des sœurs Hospitalières de Saint-Joseph.   Jeanne Mance est restée laïque toute sa vie.  Femme appréciée et respectée, elle sera quarante et une fois la marraine des filles de la colonie.  Infirmière, économe, conseillère de Paul Chomedey de Maisonneuve, elle va elle-même chercher de l’aide en France afin de sauver la colonie, d’où son surnom de «l’ange de la colonie».

 

Jeanne Mance

 

 Toile peinte par L. Dugardin représentant Jeanne Mance et conservée à l’Hôtel-Dieu de Montréal.  À l’endos de la toile est inscrit une note d’identification de sœur Joséphine Paquet, archiviste de l’Hôtel-Dieu de 1870 à 1889 : « Vraie copie du portrait de Mademoiselle Mance » 

 

Première femme ‘blanche’ à fouler le sol de Ville-Marie (Montréal), Jeanne Mance, fille de Charles Mance, procureur Agent des terres et fonctionnaire du roi, et de Catherine Émonnot, est née  le 12 novembre 1606 à Langres en France.  Au décès de sa mère vers 1626, Jeanne et sa sœur aînée s’occupent de leurs  frères et sœurs. Charles, leur père, meurt à son tour vers 1635.  La guerre (guerre de Trente ans) sévit alors dans la région de Langres et Jeanne s’enrôle pour soigner les blessés.  À la même époque, la peste fait des milliers de mort dans cette même région.

 

Lors d’un voyage à Paris, Jeanne rencontre son cousin Nicolas Dolebeau qui l’entretien sur les missionnaires de la Nouvelle-France. L’idée la poursuit, Jeanne souhaite ardemment venir au Canada.  Elle rencontre ensuite Madame Claude de Bullion, née Angélique Faure.  Riche veuve, cette dernière désire se servir d’une partie de son argent pour faire construire un hôpital dans la nouvelle colonie de Ville-Marie.  Jeanne accepte donc la proposition de Mme de Bullion de diriger l’hôpital que l’on connaît maintenant sous le nom de ‘Hôtel-dieu de Montréal’. 

 

En 1639, Jérôme le Royer, sieur de la Dauversière (1597-1659) et Pierre Chevrier, baron de Fancamp, fondent la Société Notre-Dame de Montréal.  Les associés achètent l'île de Montréal l’année suivante.  Jeanne Mance devient le sixième membre et la première femme de cette Société en 1641 et se voit confier les finances de la Société à Ville-Marie. Le Séminaire de Saint-Sulpice devient propriétaire de la seigneurie de l'île de Montréal lors de la dissolution de la Société Notre-Dame de Montréal à la mort du Monsieur Le Royer en 1659.

 

Arrivée en Nouvelle-France

 

Le navire, qui amène Jeanne Mance et monsieur de Maisonneuve en Nouvelle-France, arrive à Québec en août 1641 mais ce n’est que le 17 mai 1642 que les voyageurs (25 hommes et 3 femmes dont Madame de la Peltrie et Charlotte Barré) mettent pied à Ville-Marie.  Le lendemain même de leur arrivée, Mademoiselle Mance dresse l’autel pour la messe célébrée par le Révérend père Barthélemy Vimont (1594-1667). 

 

Dans les jours qui suivent, des ouvriers bâtissent un fort dans l’actuel Vieux-Montréal (sur la rue St- Joseph, aujourd’hui St-Sulpice) pour assurer la protection des nouveaux arrivants.  Un  dispensaire comprenant dix lits s’élève bientôt entre ses murs afin que Jeanne Mance puisse soigner les ‘ouvriers du fort, les soldats et quelques Amérindiens’.  C’est dans ce qu’on appelle le "petit hôpital" que Jeanne Mance exerce comme  première infirmière ‘laïque’. en Amérique.  « De tous les Sauvages il ne nous en demeura [au printemps de 1643 qu’un nommé Pachirini qui [...] avoit tousiours voulu demeurer chez nous avec les deux autres malades dans le petit Hospital que nous y [au fort] avions dressé pour les blessez ». (texte des Relations)

 

Le premier hôpital : rue Saint-Paul

 

Jeanne Mance se voit octroyer un terrain hors du fort pour la construction du premier l’hôpital de Ville-Marie, en 1644.  La contribution financière de Madame de Bullion pour la fondation de l’hôpital Hôtel-Dieu de Montréal étant fait anonymement, l’histoire nous en parle sous le nom de la «Bienfaitrice inconnue».  Le bâtiment en bois, inauguré le 08 octobre 1645 mesure soixante pieds de long sur vingt-quatre de large et comporte une cuisine, deux  chambres, dont une pour Jeanne Mance et l’autre  pour les servantes, et deux autres pièces pour les malades.  En 1654, le bâtiment de l’hôpital devenant trop exigu, ‘il est remplacé par une nouvelle construction plus vaste’.

 

Au printemps 1651, les attaques des Iroquois deviennent de plus en plus fréquentes si bien que Mademoiselle Mance ferme l’hôpital pour se réfugier au fort ainsi que tous les habitants qui habitent à l’extérieur des murs.  Sur les conseils de Jeanne Mance, de Maisonneuve entreprend un voyage en France et ramène cent cinq soldats pour contrer les attaques de l’ennemi.  La même année, Jeanne Mance utilise une partie du capital fourni par sa ‘bienfaitrice’ pour renflouer les caisses de Ville-Marie. Cet argent étant pour l’hôpital, il ne faut pas s’étonner que sa gestion des finances soit controversée.

 

Fin janvier 1657, Jeanne Mance tombe sur la glace et se fracture le poignet du bras droit.  Tout semble bien guérit jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que celui-ci est disloqué et que la jeune femme ne peut pas se servir de son bras.  Elle doit donc demander de l’aide pour soigner les malades de son hôpital.

 

En 1658, Jeanne Mance retourne en France.  Par ce voyage elle espère ramener des sœurs Hospitalières pour l’aider dans sa tâche et obtenir des fonds de Madame de Bullion  pour l’établissement de ces religieuses à Ville-Marie.  Après avoir obtenu l’assurance de toute l’aide qu’elle voulait, Jeanne se rend à la chapelle des Sulpiciens, pose ‘la relique du cœur de M. Olier sur son bras malade’, elle en recouvre l’usage.

 

Dès leur arrivée à Ville-Marie le 07 septembre 1659, les révérendes sœurs Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet logent au monastère contigu à l’hôpital.  Première mère supérieure des sœurs Hospitalières de Saint-Joseph à Montréal, sœur Judith Moreau de Brésoles (1620-1687), fille de François Moreau de Brésoles, commissaire des guerres, et de Françoise Gailliard, est surtout connue comme apothicairesse. Dans le jardin derrière le monastère, elle cultive ses herbes médicinales nécessaires à fabriquer les médicaments.  Les autochtones qui la renseignent sur l’usage des plantes du pays la surnomment « le soleil qui luit ».  Sœur Catherine Macé (1618-1698), fille de Guillaume Macé, armateur, et de Philippe Martineau, est  l'assistante de mère Judith Moreau de Brésoles. En plus de veiller les malades, sœur Macé cuisine, sert les repas, s’occupe de la basse-cour et occupe le poste de maîtresse des novices.  Elle devient la seconde supérieure des Hospitalières de 1663 à 1681.  Sœur Marie Maillet (1610-1677), fille de Jean Maillet, marchand et de Marie Rivard ou Pinard (sic), est la première économe de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

 

Jeanne Mance commence à rédiger elle-même son testament en mai 1669 et le termine le 16 février 1672. Dans son testament, ‘elle lègue son cœur aux Montréalais, et elle demande aux Hospitalières de prendre soin de son corps’. Jeanne Mance meurt à Montréal, le 18 juin 1673. Ses restes reposent dans la crypte de la chapelle de l'actuel Hôtel-Dieu de Montréal, là où elle repose toujours aujourd'hui.

 

L’église de l’hôpital Hôtel-Dieu sert  d’église paroissiale jusqu’à la construction de l’église Notre-Dame, première église de Ville-Marie, en 1672.  Cette même année, le 30 juin, Mademoiselle Mance fait partie des grandes personnalités ‘civiles et religieuses’ du temps : ‘elle pose la cinquième pierre angulaire de la nouvelle église’. Ce sera la dernière apparition officielle de mademoiselle Mance. 

 

 

Après le décès de Jeanne Mance, l’administration de l’hôpital Hôtel-Dieu de Montréal est sous la direction des Sulpiciens.  Trois ans plus tard, ce sont les religieuses des Hospitalières de Saint-Joseph qui prennent la relève.

 

Hommages à Jeanne Mance

 

Parc Jeanne-Mance --- Le parc Jeanne-Mance, connu autrefois sous le nom de ‘Ferme Fletchers’, est situé en bordure de l’avenue du Parc à Montréal.  Auparavant  une bande de terre connue sous le nom de ‘Champs des Oubliés’  longeait l’hôpital Hôtel-Dieu de Montréal.  C’était une carrière de pierres calcaire dites ‘pierres de Montréal’ qui servaient à la construction des maisons de la ville et qui ont aussi servi pour la construction de la  basilique Notre-Dame de Montréal.  En 1872, les Hospitalières vendent une partie de leur terrain à la municipalité pour la création du parc Mont-Royal.  Officieusement appelé parc Jeanne-Mance depuis le congrès Eucharistique de 1910, il est officiellement détaché du parc Mont-Royal depuis le 23 mai 1990

 

Monument de Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve --- Sur l’œuvre de Louis-Philippe Hébert, une des quatre sculptures qui entourent le monument de De Maisonneuve représente Jeanne Mance prenant soin d’un enfant. Cette sculpture créée en 1895 est située Place D’Armes, face à l’église Notre-Dame de Montréal.

 

Bronze de Jeanne Mance --- Un monument de Jeanne-Mance prend place face à l’hôtel-Dieu de Montréal le 02 septembre 1909 pour célébrer le 250ième anniversaire de l’arrivée des sœurs Hospitalières dans la colonie. Le bronze posé sur base de granit est l’œuvre du sculpteur Louis-Philippe Hébert.

 

Rue Jeanne-Mance --- La rue «Jeanne-Mance» rappelle la mémoire de la cofondatrice de Montréal depuis 1914.  Auparavant, elle avait porté plusieurs autres noms : - rue Mance, - rue Racine, - rue Upper Saint-George, - rue Saint-Sulpice et rue Saint-George.  Cette rue traverse une grande partie de la ville Montréal du sud au nord, en tronçons discontinues,  de la rue Viger au boulevard Gouin.

 

Autres --- A Montréal, une école et une circonscription électorale portent son nom.  Des vitraux la représentent aussi bien en France (à La Flèche), à Notre-Dame du Cap (au sanctuaire) et à Montréal (au pavillon d'entrée de l'Hôtel-Dieu et à la basilique Notre-Dame). Une exposition permanente est présentée à l’Hôtel-Dieu de Montréal et un édifice à Ottawa porte son nom depuis 1976.  Jeanne Mance est désignée personnage historique par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (1998) et par le ministère de la Culture et des Communications (2013).

 

Cofondatrice de Montréal

 

Après une année de recherches historiques effectuées par l'historien Jacques Lacoursière, en collaboration avec les services de la Ville de Montréal, le Conseil municipal de Montréal reconnaît  le rôle majeur qu’a joué Jeanne Mance dans l'édification de Ville-Marie.  En effet, en 1653 alors qu’il avait été question de fermer la colonie, « c'est grâce à Jeanne Mance, dit-on, qu'on a réussi à ramasser 103 ou 104 nouveaux colons (...) ». Cette femme remarquable est donc reconnue comme «cofondatrice» de Montréal avec Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.

 

«Jeanne Mance fut l'âme de Ville-Marie et de son Hôtel-Dieu. »

 

 

Lise Jolin

 

Sources

 

Article de journaux

http://biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=442

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:H%C3%B4tel-Dieu_de_Montr%C3%A9al

http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel-Dieu_de_Montr%C3%A9al

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Mance

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Jeanne-Mance

http://grandquebec.com/gens-du-pays/jeanne-mance/

http://grandquebec.com/montreal-touristique/parc-jeanne-mance/

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7297,74541590&_dad=portal&_schema=PORTAL  

http://www.biographi.ca/fr/bio/mance_jeanne_1F.html

http://www.chumontreal.qc.ca/aller-au-chum/hotel-dieu 

http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1410-f.html 

http://www.er.uqam.ca/merlin/ak691533/jeannemance.htm

http://www.jeannemance.org/Biographie.php

http://www.oriiml.org/content/?id=57 

http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=14643&type=pge#.Ucgkl4y1ZCo 

http://www.radio-canada.ca/radio/profondeur/remarquablesoublies/jeannemance.html 

http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/05/17/003-jeanne-mance-reconnue-fondatrice-montrea l.shtml 

http://www.siefar.org/dictionnaire/fr/Judith_Moreau_de_Br%C3%A9soles

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=52

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=60

 

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_pers.php?id=108

 

http://www1.ville.montreal.qc.ca/siteofficieldumontroyal/hotel-dieu-montreal

Mots-clés: Hôtel-Dieu Hôpital Jeanne-Mance Fondatrice Infirmière Montréal



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