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Place Vauquelin, d’hier à aujourd’hui
Ajouté le 08/25/2015 07:44:29 par lisejolin

Nombreux sont les résidents de Montréal et des alentours qui connaissent la Place Vauquelin côtoyant l’hôtel-de-ville de Montréal et son ancien palais de justice.  Mais combien d’entre eux connaissent-ils son histoire et le personnage dont il honore la mémoire ?

 

Situé entre les rues Notre-Dame et Saint-Antoine (anc. Craig) dans le Vieux-Montréal, Arrondissement Ville-Marie, le site actuel de la Place Vauquelin fait d’abord partie d’un fief concédé à Lambert Closse par Monsieur de Maisonneuve en 1658. Il est occupé ensuite par des institutions religieuses, pénitenciers, puis militaires.  Deux siècles plus tard, le site devient place publique. Une plaque est apposée sur le mur de la face Ouest de l’édifice de l’hôtel-de-ville de Montréal

 


Plaque adossée à l’hôtel de ville de Montréal

Photo lisejolin 17-07-2015

 

Résidence des Jésuites (Société de Jésus)

 

Le tout débute avec la ‘Compagnie de Jésus’, petite communauté religieuse qui  dessert la colonie de Ville-Marie jusqu’en 1657, bien que leur mission est établit près de la ville de Québec.   Ses membres, appelés ‘Jésuites’, obtiennent la permission de l’évêque seulement en 1692 de s’établir de façon permanente à Ville-Marie (Montréal). Cette même année, ils achètent une bande de terre située sur le site actuel de l'ancien Palais de justice et de l'Hôtel de Ville de Montréal. Par manque de fonds, la construction de la résidence en bois (1692), de la chapelle de la Congrégation de la Très -Sainte-Vierge (1694) et de l’église (1719)  s’étendra sur quelques dizaines d’années. En 1742, la résidence de deux étages, en pierres, abrite quelques missionnaires et leurs domestiques. D’autres Jésuites s’y installent temporairement en attendant leur départ en mission.  On y tient aussi des cours den génie et en mathématiques. En 1754, une partie de l’ensemble conventuel passe au feu.  Ça va de mal en pis.  Après la rectification du Traité de Paris de 1763 qui fait de la Nouvelle-France une possession britannique,  le gouvernement interdit à la Société de Jésus de recruter de nouveaux membres. Fin des années 1760, début 1770, la résidence des Jésuites est transformée en prison.  Pour sa part, l’ancienne église des Jésuites devient en 1789,  une église anglicane qui est détruite par le feu en 1803.

 

Plan situant l’ensemble conventuel des Jésuites

https://www.flickr.com/photos/urbexplo/5604683617

 

La Prison

 

«Pendant que les prisonniers croupissaient au cachot, des pendaisons avaient lieu sur la place du Champ-de-Mars. C'était une grande place, qui pouvait accueillir le plus de spectateurs possible. (...) À l'époque, c'était mal vu de ne pas assister aux exécutions. On encourageait même les citoyens à y emmener leurs enfants, pour montrer qu'on était un honnête homme(Manon Perron, guide, 2009)

 

De 1764 à 1768, l’organisation judiciaire britannique s’installe dans l’ancienne résidence des Jésuites.  Auparavant, une vieille maison servait de lieu de détention. C’est seulement en 1808, que sera construite une véritable prison selon les plans de l’architecte montréalais J.A. Charland.  Cependant, un peu plus de deux décennies plus tard, la prison est surpeuplée et jugée inadéquate.  Selon un rapport du ‘Grand Jury’, elle tombe en ruines.  Les prisonniers sont dans de petites cellules,  souvent sans couvertures pour les protéger du froid. Une cinquantaines de cachots, à plafond bas, sans fenêtre et sans aucune aération, abritent des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants.  Dans une même cellule, on y trouve parfois des petits voleurs, des meurtriers et même ‘les enfants d’une femme condamnée’ ou des prostituées.

 

Dans le milieu des années 1820, le gouvernement du Bas-Canada pense déjà à construire une autre prison.  Malgré l’acquisition du terrain en 1830 et le début de sa construction l’année suivante, la prison ‘Au-Pied-du-Courant n’ouvre ses portes qu’en 1836 même si elle n’est pas entièrement complétée. L‘ancienne prison de la place Vauquelin accueille encore plusieurs prisonniers Patriotes de la Rébellion de 1937-1938 mais l’année auparavant, le bâtiment est occupé par ‘House of Industry.  En 1840, le gouvernement cède le bâtiment de la prison ‘aux principaux officiers de l’artillerie et devient la caserne Queen’s’. 

 

Suite à l’incendie qui détruit le palais de justice adjacent à la prison dans la nuit du 17 au 18 juillet 1844, les tribunaux et les greffes s’installent dans ce bâtiment de la prison jusqu’en 1846, année de sa démolition.  Comme on a seulement besoin de la partie ouest de la place pour la construction du nouveau palais de justice en 1850, une place reste vacante.

 

En 2015, les entrailles de la ville recèlent encore les premiers cachots de Montréal sous ce qu’on appelait alors «la rue des Palais de justice» (auj. Notre-Dame) (Manon Perron).  Dans le sous-sol du Vieux Palais de Justice de la rue Notre-Dame, on retrouve un anneau de fer où pouvait être enchaîné un prisonnier.  Par un long couloir de l’hôtel de ville, on peut rejoindre les anciennes cellules qui sont maintenant traversés par des tuyaux de plomberie.

 

Début d’une place publique : Place Neptune, place de l’Hôtel-de-Ville, place Vauquelin

 

Faisant face à la place Jacques-Cartier, sur l’emplacement laissée libre par la démolition de l’ancienne prison, place Neptune est aménagée dès 1858.   En son centre, une fontaine à vasques est surmontée d’une petite sculpture du dieu Neptune, dieu de la mer.  En 1895, un kiosque à journaux en forme de bouteille fait l’annonce d’une marque de cognac, du côté sud-ouest de la place.  À partir de 1902, le terrain appartenant la Ville de Montréal est loué pour la somme d'un dollar par année.

 

À l’est de la place Neptune, la construction de l’hôtel de ville de Montréal débute en 1872.  Un grave incendie détruit l’édifice le 3 mars 1922.  Du bâtiment, il ne reste plus que les murs de pierre. Heureusement, les archives de la Ville installées au sous-sol et protégées par un mur épais, avaient été déplacées l’année précédente. Pendant que l’intérieur du bâtiment est entièrement reconstruit de 1923 à 1926, la place Neptune prend le nom de place de l'Hôtel-de-Ville (1924). 

 

Monument et place Vauquelin

 

Au nord de la place Jacques-Cartier, vis-à-vis de la place Neptune, s’élève un monument de l’amiral britannique Horatio Nelson, vainqueur de la bataille navale de Trafalgar contre la flotte de Napoléon. En 1927, la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a l’idée d’ériger un monument à Jean Vauquelin, officier de marine français qui s’est démarqué à la ‘bataille de Neuville’ en 1760. Un comité est vite formé et une vaste souscription populaire est lancée afin de financer le projet.

 

Place Vauquelin où le monument de Vauquelin fait face à celui d’Horatio Nelson

Photo

lisejolin 17-07-2015

 

Le monument de Vauquelin, l’un des derniers héros français de l’époque de la Nouvelle-France est, selon certaines personnes, ‘l’expression d’une réaction de l’élite canadienne-française face à un symbole de la domination britannique.’ (sic)

 

Dès 1927, la statue de Vauquelin est commandée au sculpteur français Eugène Benêt.  Une fois terminée, elle représente Vauquelin ‘alors qu’il défend sa frégate contre les anglais’.  Mesurant environ 2,6 à 2,8 mètres, la statue s’élève sur un socle de quatre mètres de hauteur avec l’inscription suivante : «Vauquelin, Lieutenant de vaisseau, 1728-1772, Louisbourg, Québec».

 

Le 22 juin 1930, une foule de quinze à vingt mille personnes se déplace pour le dévoilement du monument.  Au centre de la place, la petite sculpture du dieu Neptune de la fontaine disparaît mais sa fontaine et ses jets d’eau qui font le bonheur de tous demeure en centre de la place.   Au mois de juillet suivant, la Ville de Montréal renomme officiellement la place Vauquelin en hommage à ce héros. La même année, le gouvernement Canadien offre une réplique exacte de la statue à la ville de Dieppe, ville d’origine de Vauquelin. 

 

Depuis 1966, la place Vauquelin est telle qu’on la connaît aujourd’hui.  Il n’y a plus de voitures qui circulent sur la place et la statue de Vauquelin est déplacée plus au nord mais faisant face ‘au plus ancien monument au Québec’ qu’est la Colonne Nelson, qui est lui, de dos au fleuve. Des bancs sont adossés à l’ancien palais de Justice où les visiteurs peuvent s’y reposer et profiter de la nature.

 

  

Lise Jolin

*** à surveiller : Jean Vauquelin, officier de marine

 

Sources

 

http://archivesdemontreal.com/2014/10/27/chronique-montrealite-no-16-la-prison-au-pied-du-courant/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Vauquelin

http://grandquebec.com/histoire/jesuites/ 

http://grandquebec.com/montreal-touristique/place-vauquelin/

http://www.toutmontreal.com/guide/php/fiche.php?e=1&s=Edifices&m=categories&l=F

http://imtl.org/image.php?id=2917   (Monument de Jean-Vauquelin)

http://lesbeautesdemontreal.com/2010/06/27/ 

http://www.lactualite.com/multimedia/photoreportage-multimedia/dans-les-coulisses-de-lhotel-de-vi lle-de-montreal/

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/263245/macadam-petite-visite-dans-les-vis ceres-maudits-de-la-ville  

http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Soci%C3%A9t%C3%A9_Saint-Jean-Baptiste_de_Montr%C3%A9al-SJBM_%28in stitution_culturelle%29

http://www.metrodemontreal.com/orange/champdemars/history-f.html http://monarchomaque.org/2011/01/03/place-vauquelin/

http://www.mtlurb.com/forums/showthread.php/22723-Place-Vauquelin  

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_art.php?id=6

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=59 

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=145&sec=a

 

Lire aussi : http://erudit.org/iderudit/301623ar

Mots-clés: Vauquelin Place Jésuites Prison Monument Montréal



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