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Jean Vauquelin, officier de marine
Ajouté le 09/05/2015 06:31:03 par lisejolin

Faisant suite à Place Vauquelin, d’hier à aujourd’hui, j’ai voulu vous faire connaître ‘Jean Vauquelin’   l’homme, célèbre par sa bravoure, dont le nom est plutôt ignoré de beaucoup de Québécois.

 

Jean Vauquelin

 

Jean Vauquelin, né en février 1728 à Dieppe, Seine-Maritime, France, est fils d’un capitaine de la marine marchande.  Âgé de douze ans, il accompagne déjà son père sur les navires.  En 1745, alors qu’il a seulement 17 ans, Vauquelin se distingue par son sang-froid et son courage lorsqu’il sert sur une frégate armée pendant la guerre de la Succession d’Autriche (1740-1748).

 

En 1750, il s’achète un voilier et devient, comme son père, capitaine de la marine marchande.  Il effectue plusieurs transports puis voici qu’éclate la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Ce conflit ‘mondial’ regroupe plusieurs puissances antagonistes  et se déroule sur plusieurs continents à la fois.  Au début de cette guerre, les officiers se font rares et Vauquelin est recruté par la marine au Havre ‘pour  servir comme officier bleu1 (dans la marine royale, officiers marchands ou officiers mariniers qui servaient volontairement, à titre temporaire et sans brevet, en qualité d’officiers subalternes sur les bâtiments du roi.) et le jeune homme prend le commandement de la frégate l’Aréthuse. 

 

En avril 1757, commandant de la frégate Tourelle, Vauquelin part en mission à l’île Royal, en Amérique du nord.  L’année suivante, il devient lieutenant de frégate dans la marine royale.  Le 09 juin 1758, le lieutenant Vauquelin, commandant de la frégate ‘l’Aréthuse’ (autrefois la Pèlerine) qui est armée de trente canons, force le blocus d’Edward Boscawenet entre dans le port de Louisbourg pour participer à la défense de la place.  Les tirs de l’Aréthuse provoquent de lourdes pertes chez les anglais et retarde l’avance du général Wolfe. Le 15 juillet, Vauquelin est dépêché en France auprès du ministre de la marine pour l’informer des faits en cours et de demander des secours.  Il appareille dans la nuit et l’Aréthuse réussit à se défiler à travers le brouillard. « Si je l'avais sous mes ordres, dit plus tard l'amiral Boscawen, je le nommerais sur-le-champ commandant de vaisseau. ». 

 

«M. de Vauquelin est une personne qui mérite vos faveurs. Toute la colonie l’a vu se conduire en héros, entouré qu’il était de deux batteries de canons et de 18 mortiers, qui faisaient pleuvoir sur sa frégate coups et bombes, durant quinze jours; lui, il continuait à se battre et à bombarder constamment les retranchements ennemis, leur infligeant de grandes pertes et dommages, selon le rapport fait par six déserteurs anglais. Je ne puis vous cacher que les opérations effectives de la mer ont dépendu de l’énergique habileté de cet officier, fort ca­pable de rendre encore de plus grands services au Roi.» (Lettre du commissaire-ordonnateur de Louisbourg Prévost écrit au ministre, le 7 juillet 1758). Suite à cette lettre, Vauquelin reçoit une lettre de félicitations du ministre :« les témoignages qui m’ont été rendus de votre conduite à Louisbourg pendant le temps que vous y êtes resté vous sont entièrement favorables et je ne puis qu’être content de la célérité de votre navigation pour votre retour, surtout dans l’état où est la frégate ».

 

Beaucoup d’incertitudes ont été écrites sur Vauquelin mais voici ce qui s’est passé ‘d’après le journal de bord de Vauquelin’ concernant la bataille à Neuville.

 

«À l’hiver 1759-1760, nous avons hivernés avec nos bâtiments sur la rivière de Sorel (Richelieu). Nous levons l’ancre le 20 avril 1760 en direction des côtes de la rive nord.  Nos bâtiments, la Pomone, l'Atalante et la Pie, sont chargés de canons, poudre, ustensiles et divers autres effets destinés à l’armée de M. de Lévis.  Le 28 avril suivant, nous livrons notre cargaison à l’armée des Plaines d’Abraham.

 

Le 9 mai suivant, nous avons la surprise d’apercevoir une frégate anglaise qui voguait vers nous.  Pour contrer à toute éventualité, j’ai demandé à M. de Lévis de me fournir soixante hommes afin de leur faire face si besoin est.  Dès le surlendemain, les tirs de nos onze canons entrent en fonction. Les vaisseaux ennemis continuant d’avancer,  j’envoie un de mes officiers prendre les ordres de ‘M. le Chevalier’.  Sachant que d’autres voiliers rejoignaient la frégate anglaise, j’appareille immédiatement. 

 

Le 16 au matin, en apercevant trois voiliers ennemis, je fais lever les voiles.  La Pomone est touchée et s’échoue dans l’Anse-au-Foulon.  Nous continuons notre route toutes voiles dehors, mais les frégates s’approchant dangereusement de nous, je dirigeai mes bateaux dans la rivière Cap-Rouge.  Cette manœuvre visant à faire diversion, le dépôt de l’armée se retrouve protégé. Les tirs continuent, un bateau du roi et les chaloupes sont perdues.  Voyant qu’une des frégates anglaises s’approchait de trop près, j’ai décidé de chercher un endroit où je pouvais échouer l’Atalante tout en sauvant l’équipage. 

 

Échoué à Pointe-aux-Trembles (Neuville, Québec), nous continuons de faire feu sur l’ennemi. Notre frégate s’incline, je fais donc couper le grand mat.  Bientôt, l’eau recouvrant les barils qui rend la poudre inutilisable, nous laisse seulement les mousquets pour notre défense.  Les habitants nous envoient un bateau pour faire évacuer le plus de gens de mon équipage. Malheureusement, le cordage laissé à lui-même, le bateau s’est retrouvé à sec et ne pouvant plus nous servir. 

 

L’Atalante s’incline de plus en plus, nous ne pouvions plus nous tenir debout sur le pont.  La frégate ne pouvant pas être renflouée, j’ai ‘idée’ de brûler le bateau toujours sous les feux de l’ennemi. Fabriquant un radeau, la plupart de mes hommes qui étaient encore sur le bateau ont pu être sauvés.  Mais les canots anglais arrivant, leur capitaine me fait prisonnier ainsi que cinq de mes officiers (les lieutenants  Sabourin et Thomas, l’enseigne  Deshaies, l’écrivain Chaumillon et monsieur l’aumônier Bassens) et  six hommes d’équipage.  Le Sieur Sabourin et moi sommes conduits à bord de la Diane sous les ordres du sieur de Schomberg tandis que les autres officiers vont à bord du Lowestoff, commandé par M. Deane.   Je ne sais pas combien, mais il y a un très grand nombre de morts ou de blessés parmi les miens.

 

Le 17 mai, des canots anglais sont envoyés à bord de l’Atalante pour récupérer les choses qui auraient pu leur être utiles mais reviennent bredouille.  La voyant inutile, le capitaine Schomberg fait mettre le feu à l’Atalante. »

 

À Neuville (Pointe-aux-Trembles), les vaisseaux français de Vauquelin se sacrifient afin de protéger la retraite des troupes de Lévis vers Montréal.  ‘Cet épave de l’Atalante est presque devenue un monument historique et une plaque commémorative posée sur le mur de l’église rappelle son souvenir.’  (http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneImage.do?refImage=2561)

 

 

Suite à la bataille de Neuville, Vauquelin  est rapidement libéré et rentre en France. Promu au grade de capitaine de brûlot en pied, puis de lieutenant de vaisseau, il part pour différentes missions au cours des années suivantes dont à la Martinique, à Saint-Domingue, puis vers la Guyane, en 1765. Deux ans plus tard, ‘une longue campagne l’amène dans l’océan Indien où il sera ‘aux ordres du gouverneur général de l’île de France (île Maurice)’.

 

En 1768, Vauquelin se rend à Madagascar avec à son bord, Louis-Laurent de Féderbe, comte de Maudave, qui allait tenter d’y créer une colonie française.   À bord de la Garonne, Vauquelin fait des voyages ‘de traite de Noirs et de bétail entre l’île de France, le Mozambique et Madagascar.’  Suite à cette mission, Vauquelin est accusé ‘de commerce illicite de traite des noirs’.  Sous l’ordre du roi, il est alors emprisonné au château du Taurau, dans la baie de Morlaix, puis trois mois plus tard, il est transféré à Nantes pour cause de santé. Les soupçons semblent non fondés car il retrouve sa liberté.  Vauquelin fait encore divers voyages au commandement de différents navires avant de tomber malade et de mourir à Rochefort, en 1772.

 

Hommages

 

En plus d’un monument et de la place nommé en son nom à Montréal, une rue et un monument porte le nom de Vauquelin à Dieppe. Une rue qui longe le fleuve St-Laurent et un club nautique de Neuville (Québec) portent aussi son nom. Dans la marine nationale, un contre-torpilleur a porté son nom ainsi qu’un escorteur d’escadre (de 1955 à 1986). (https://fr.wikipedia.org/wiki/Escorteur_d%27escadre) 

 

Lise Jolin

 

Sources

 

http://archivesdemontreal.com/2005/07/07/jean-vauquelin-heros-de-nouvelle-france/

http://bataille.ccbn-nbc.gc.ca/fr/siege-de-quebec/forces-en-presence/armee-francaise-canadiens-amerindi ens/la-marine-francaise.php 

http://croquisdevoyage.blogspot.ca/2008/01/la-place-vauquelin.html

http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/encyclopedia/JeanVauquelin.html 

http://famille-sabourin.net/veteran.php

http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/867776

http://grandquebec.com/gens-du-pays/jean-vauquelin/

http://memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Vauquelin_%28Jean%29&printable=yes 

 

 

http://quebecoisdesouche.info/index.php?1760-bataille-navale-a-neuville

http://www.biographi.ca/fr/bio.php?id_nbr=2198

http://www.cmhg.gc.ca/cmh/image-228-fra.asp?page_id=263

http://www.lessignets.com/signetsdiane/calendrier/juin/22.htm

http://www.ville.neuville.qc.ca/culture-et-patrimoine/histoire-militaire/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%BBlot_(navire)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Vauquelin

 

Lire aussi :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_d'Autriche

Mots-clés: Vauquelin Militaire Marine Neuville



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