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LE QUÉBEC DES FRANCOIS-XAVIER AUBRY OU DES SÉRAPHIN POUDRIER ?
Ajouté le 01/24/2017 10:15:16 par CGagnon

Les pays d’en haut: au-delà des «belles histoires"

 

Par Daniel Boiteau


(Une libre opinion parue dans Le Devoir du 23-01-2017. L'auteur est d'avis qu'il est temps de tourner la page sur l'histoire de Séraphin Poudrier.)

 

Encore Les belles histoires au menu de la nouvelle programmation 2017 de Radio-Canada. Après une série radio qui dura 24 années (495 épisodes), une série télé dont le premier épisode date de 1956 et le dernier de 1970, trois films (le dernier date de 2002), nous voilà repartis pour la deuxième saison d’une nouvelle série.

 

Coudonc, il me semble qu’on aurait autre chose à raconter, d’autres histoires impliquant des hommes et des femmes qui ont vraiment existé et qui feraient connaître un autre côté plus aventureux et positif de notre passé.

 

J’ai une liste de 572 noms de Canadiens français qui ont marqué, chacun à leur façon, l’histoire de l’Ouest américain. Savons-nous que le père de l’Oregon (John McLaughin) était un gars de Rivière-du-Loup, qu’un autre (Damien Marchessault) de Montréal fut maire de Los Angeles, qu’un autre de l’Assomption (Salomon Juneau) fonda la ville de Milwaukee, au Wisconsin ?

 

Non, nous ne pouvons pas les connaître. On nous raconte à répétition l’histoire d’un avare qui profite des gens qui l’entourent. Des personnages, spécialement dans la dernière série, qui sont pour la plupart ivrognes, menteurs, profiteurs, hypocrites, lâches et irresponsables.

 

De Saint-Justin à Santa Fe

 

Considérons, par exemple, l’histoire formidable de François Xavier Aubry. Je prends le temps de vous raconter, en résumé, la vie d’un personnage qui ferait à mon avis une excellente série télé.

 

Né à Saint-Justin dans le comté de Maskinongé le 3 décembre 1824, il quitte tout jeune le foyer familial pour se rendre à Saint-Jean-sur-Richelieu pour travailler comme commis au magasin général de monsieur Marchand. Là, il entend des compatriotes parler d’aventures vécues dans l’Ouest américain. Au bout de trois ans, François a soif d’action, d’aventure et de gloire. Il quitte Saint-Jean pour St-Louis, Missouri. Il y travaille comme commis chez Lamoureux et Blanchard, un magasin d’épicerie et de marchandises sèches.

 

Après deux ans au service de cette entreprise, Aubry désire agir à son propre compte et obtient de ses anciens employeurs un crédit pour obtenir son premier stock de marchandises qu’il compte revendre à Santa Fe. Ne possédant ni mules ni charriots, il se joint à des marchands de Santa Fe. Il revient avec un profit de quelques milliers de dollars, assez pour organiser sa prochaine expédition de façon autonome. Entre 1846 et 1852, Aubry réalise en tout seize expéditions de marchandises à raison de deux et même trois par année tandis que la plupart des marchands n’en font qu’une seule.

 

Au cours de ces expéditions, plusieurs incidents malheureux surviennent sur la piste : attaque des Amérindiens, employés blessés, malades ou tués, mules blessées, tuées ou volées, tempêtes de neige, froid ou chaleur intense, hommes ou animaux souffrant de la faim et de la soif.

 

Ses convois ont la réputation d’être les mieux organisés. Gouverneurs de territoires, juges, missionnaires, enseignants, médecins, éditeurs, personnel militaire et banquiers recherchent sa compagnie. Aubry s’assure de la présence d’un médecin dans tous ses convois et instaure un code de la route qui oblige à porter assistance à tout voyageur en détresse rencontré sur la piste.

 

Le 5 janvier 1848, Aubry établit un record de vitesse en effectuant le trajet de Santa Fe à Independence en quatorze jours, soit dix jours de moins que le record précédent. Le 28 mai 1848, il bat son propre record. Le 12 septembre 1848, Aubry décide de battre son dernier record de huit jours et demi. Il quitte Santa Fe pour se rendre pour St-Louis. Une chevauchée de 1300 km en cinq jours et demi, la plus mémorable des États-Unis. Sa photo et son récit sont publiés dans tous les journaux. Aubry est baptisé l’homme le plus rapide le l’Ouest. Il décède le 18 août 1854 lors d’une dispute dans un saloon avec un major de l’armée américaine. Il n’a pas trente ans.

 

Une véritable épopée vécue par un gars de chez nous, complètement oublié par l’histoire. Pour ce qui est de Séraphin Poudrier, à mon avis, il serait plus que temps de passer à autre chose.

 

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/489829/television-les-pays-d-en-haut-au-d ela-des-belles-histoires

 

Une lecture suggérée par CGagnon :


François Xavier Aubry – 1824-1854 – Héros de la Compagnie du Far West,

par René BERGERON, Laval, 2000, Livre réalisé par les Editions Carte Blanche, 246p.

Mots-clés: Aubry Poudrier Maskinongé Ouest Radio-Canada



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Visionner 1 - 1 de 1 Commentaires

De: Hebert2
01/26/2017 21:43:25

"Des personnages, spécialement dans la dernière série, qui sont pour la plupart ivrognes, menteurs, profiteurs, hypocrites, lâches et irresponsables."


 


Tout à fait.


 


Si les personnages représentaient une autre ethnie que des francophones de souche, cette série aurait été refusée par tous les télédiffuseurs. Mais c'est pas grave de taper sur des Canadiens-Français, des Québécois de souche.


 


Diane







*** Planète Généalogie ***