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MOÏSE POTVIN, SCULPTEUR SUR BOIS, SCULPTEUR D’ARGILE, LUTHIER, ARTISTE...
Ajouté le 11/17/2017 14:46:26

MOÏSE POTVIN, SCULPTEUR SUR BOIS, SCULPTEUR D’ARGILE, LUTHIER, ARTISTE ET IMPRESARIO

 

 

   Moïse Potvin, fils de Moïse Potvin (15 mai 1858 – 4 avril 1935) et d’Arzélie Quintin (1er novembre 1856 – 24 février 1923), est né le 6 janvier 1876 à Farnham Ouest, au Québec, et fut baptisé le lendemain à la paroisse du lieu dédié à St-Romuald. Le 4 mai 1896, il épousa Arzélie Forand, à Notre Dame de Central Falls, Rhode Island, USA. Arzélie (1878 – 1953) était originaire de St-Paul-d’Abbotsford, également au Québec. Moïse Potvin décèda à 72 ans à l’hôpital de Woonsocket après une brève maladie, le 12 décembre 1948, et fut inhumée le 15 au Precious Cemetery de Woonsocket, après des funérailles à l’église Our Lady of Victories.

 

   En 1891, la famille Potvin immigra à West Warwick, dans le village d’Arctic, RI, USA. Moise, l’aîné des enfants, y travailla dans une filature une quinzaine d’années comme tisserand et réparateur de métiers à tisser. Il développa parallèlement plusieurs activités secondaires, ce que nous verrons.

 

   Dès l’âge de trois ans, il démontrait un talent exceptionnel dans ses dessins d’animaux communs dans la région rurale qu’il habitait. Mais comme les écoles d’arts et métiers étaient pour ainsi dire inexistantes à l’époque et ne se trouvaient que dans les villes, Moise demeura quasi autodidacte, s'appuyant sur son environnement et ses expériences.


   Bien que reconnu comme facteur de violon accompli, ce sont ses sculptures d'art populaire qui lui ont valu le plus de reconnaissance. De 1925 à 1940, beaucoup de ses sculptures circulèrent aux États-Unis et au Canada.


Une dynamo humaine


   Si, devant la caméra, Moïse pouvait avoir le maintien d’un aristocrate ennuyé, écrit Nicolas H. Kondon, il était de fait une dynamo de paysan à l’énergie illimitée. Il produisait prodigieusement. Potvin déclara avoir fabriqué 160 violons et en avoir réparé plus de 1 000! Et les violons n'occupaient qu'une petite partie de son temps. Mais après l’arrivée des radios (talkies) et le licenciement massif des violonistes, il dut se reconvertit en peintre d’affiches.


  Après son mariage, il avait emménagé à Woonsocket où il joua dans des pièces d’amateurs, sous la direction de Victor Vekeman. Revenu à West Warwick vers 1900, il créa avec ses frères et sœurs The Ten Potvin Dramatic Company et monta des productions théâtrales pour le plaisir de nombreux Canadiens francais émigrés. La troupe joua une vingtaine de pièces au Rhode Island, au Massachusetts et au Connecticut.


  Finalement retourné à Woonsocket,  il édita Le Charivari dans lequel paraissaient de courtes et amusantes histoires et des blagues. L’aventure dura un an. C’est là qu’il ouvrit également un petit atelier de peinture d’enseignes pour satisfaire ses besoins financiers personnels et familiaux. C’est aussi au cours de ces années qu’il commença à fabriquer des violons.


  Avec la sculpture, il développa aussi une passion pour le modelage, du plâtre et de l’argile. Il reçut de nombreuses commandes de bustes de célébrités et de leaders politiques, sénateurs et maires.


Exposition d’oeuvres


  Vers les années 1925, Moise établit un partenariat avec George Fleurant, cornettiste connu. Ils montèrent une exposition d’œuvres de Potvin intitulée Hobbyland et l’installèrent d’abord sur la Promenade d’Atlantic City. Ils demandaient aux visiteurs captivés quelques sous seulement pour entrer la voir. Ils restèrent là seize mois.


  L’affaire leur rapporta des revenus suffisants et Potvin se mit à produire des œuvres plus grandes. Ses années de reconstruction de métiers à tisser et sa connaissance des engins, des roues et des mouvements dentaires jouèrent un rôle déterminant dans la création de scènes animées représentant sa vie et les activités des gens de son temps, scènes entièrement fabriquées en bois. Il utilisa environ 92 espèces de bois du monde entier.


  L’encourageante exposition d’Atlantic City l’incita à exposer à New York, pour ensuite entreprendre une tournée qui dura plusieurs années en plus de 100 villes américaines, canadiennes et québécoises dont Sherbrooke, Montréal et Québec. Cette spectaculaire attraction de sculptures en tournée dépassait cent pieds de longueur et le livre des visiteurs recueillit une dizaine de milliers de signatures.


Découverte


   Dans les années 60, la fascinante collection Hobbyland fut installée à Niagara Falls, Ontario, dans un centre permanent, The Potvin Museau, au Skylon, grand parc d’attractions. Le Musée dut malheureusement fermer dans les années 80, ses propriétaires étant incapables de le maintenir. La collection de valeur que l’on pouvait admirer pour 50 cents  fut probablement alors entreposée dans un hangar du secteur américain où Nicholas H. Kondon et ses amis la virent au début des années 1990.


   Kondon raconte en effet qu’il eut la chance d’entrer avec un couple d’amis dans un entrepôt de Niagara Falls, NY., bâtiment d’acier de cinq mille pieds carrés. Son ami Gene y allait examiner pour achat l’œuvre d'un artiste populaire nommé Moise Potvin dont le merveilleux travail est maintenant dispersé parmi les collectionneurs.


  Dans cet entrepôt, ils se trouvèrent devant des monticules recouverts de toiles poussiéreuses et jaunies. Elles protégeaient tant bien que mal des œuvres de Potvin qui, selon Kondon,  rivalisent avec tout art populaire américain déjà vu. Des admirateurs reconnaissent cet artiste comme le Norman Rockwell des sculpteurs sur bois.


Des oeuvres


    Moïse Potvin auraient sculpté une série de vingt-deux scènes - Pioneering Days et autres sujets - représentant la vie rurale d’alors en Amérique du Nord. Voici une liste non exhaustive de ses œuvres :


1.  Sculpture sur socle de Victor Delamarre qu’il considérait comme le Samson canadien. Mise aux enchères pour 8,500 $ US. Sans doute acquise par un collectionneur.


2.  Collection de cinq chiens en bois sculptés et peints (1939). D'une collection privée du Rhode Island, stimée à 5 400 $ par Antique Trader Antiques Auction News / January 6, 2017.


3.  Série de sculptures intitulées Hobbyland, attraction centrale d’une exposition à l'arsenal de Binghamton, NY, en 1948, composée de douze tableaux de 5 'par 5'. Figures de bois animées, détaillées et minutieusement dessinées dans des activités quotidiennes variées. Beaucoup d'œuvres de Potvin (humains, animaux, portes, etc.) se meuvent sous l’action d’un levier ou le branchement électrique.


4.  Regroupement rangé de vingt chiens pur-sang. Chaque race parfaitement sculptée relativement à sa taille, à sa coloration et à sa conformation. (Kondon – 01/09/2011).


5.  Sculpture en bois de Samson. Plaque de laiton sur la base.


6.  Mortal combat -1930-1935.Sculpture d’un lion luttant avec un grand boa constrictor vert tacheté. Serpent enroulé autour du corps du lion. Animaux en tête à tête, gueules ouvertes. Joliment sculpté, peint. Sur une base en bois noir.


7.  Sculpture en bois, Cresceus (Cheval, sur socle peint).


8.  Sculpture de The Violin Shop. Autoportrait du sculpteur à la jambe croisée. (Kondon)


9.  Story Without Word. Sculpture d’un tableau épuré et froid documentant les conditions misérables d'une famille de fermier dont le père est ivre, montrant les effets de la Grande Dépression dans une maison particulière. Scène détaillée d’un anéantissement. (Kondon)


10.  Home Sweet Home.  Une maison palatiale entièrement faite en bois, sauf les lumières et les miroirs. Parquet incrusté constitué de 6 000 morceaux de bois. Potvin mit deux ans à la construire. Œuvre admirable pour son design élaboré, sa fabrication et ses groupements parfaits de gens élégants et de meubles dispendieux. Il faut se rappeler que Potvin était un homme modeste. (Kondon)


11.  The Roosevelt Cabinet - 1935. Un tableau sculpté, de six pieds par quatre, représentant les membres du gouvernement Roosevelt dont le président,  en 1934, assis dans la salle du cabinet. Authenticité dans les plus petits détails: Les aigles de la National Rifle Association (NRA), les planchers incrustés, les murs lambrissés. (Kondon)


12.  The Cattle Stampede ou Stampede of the Texas Longhorns. Sculpture d’une ruée de bétail réunissant plus de cinquante bouvillons. Sculptés individuellement et chacun présentant une pose unique. (Kondon)


13.  The Last Supper. Sculpture de la dernière Cène. Autre sculpture détaillée mesurant comme la précédente six pieds par quatre. (Kondon)


14.  Violin Shop. Enseigne de son atelier de facteur de violon. Tableau sculpté comme d’autres au couteau de poche. Moïse y est installé dans un coin. Scène détaillée, inclut même le calendrier accroché à la porte. Robert R. Bellerose)


15.  New Year’s Eve in Canada. Remarquable sculpture miniature en bois. (Bellerose)


16. Autres sculptures : Merry-go-Round, Blacksmith Shop, Face on the Barroom Floor. En acajou rouge : The Duel, Samson and the Lion.


17.  Des bustes en plâtre ou en argile : Will Rogers, Greta Garbo... Des peintures à l’huile : The Last Violin, King Leo at Home…


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SOURCES


https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QSQ-G99Q-7989-K?i=734&wc=9RLJ-RM4%3A13706901%2C1370 6902%2C13700701&cc=1321742

http://www.afgs.org/hallfame09.html

http://www.afgs.org/olb/jms/1998-1.pdf - (Robert R. BRLLEROSE, p. 13ss)

https://www.findagrave.com/memorial/64340798/Moise-Potvin#view-photo=129626530

http://www.onenewengland.com/article.php?id=361 - (Nicholas H. KONDON)

http://www.onenewengland.com/article.php?id=375 - (Nicholas H. KONDON)

http://www.afgs.org/hallfame09.html#3 

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1461160357286568&set=gm.10155632498759561&type=3&theater&ifg=1

http://cec.chebucto.org/ClosPark/Skylon.html

http://www.genealogy.com/forum/surnames/topics/bergeron/1268/

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Mots-clés: Potvin Sculpture Arts Violon Musée Québec


JACQUES-FERDINAND VERRET, APICULTEUR ET GRAINETIER
Ajouté le 11/16/2017 10:55:15


JACQUES-FERDINAND VERRET, APICULTEUR ET GRAINETIER


   Jacques-Ferdinand Verret, fils de Jacques Verret et de Marie-Sophie Essiambre dit Sansfaçon, est né le 21 avril 1860 et fut baptisé le 22, à St-Charles-de-Charlesbourg. Le 23 novembre 1897, il épousa à St-Charles-Borromée de Charlesbourg Lucie-Marie-Joséphine Bédard, née le 4 octobre 1859 et baptisée le 5, à St-Charles-de-Charlesbourg, fille de Joseph-Urbain Bédard et d’Olivette Bédard. L’un et l’autre décédèrent à Charlesbourg, sans descendance, elle, le 19 octobre 1943 ; lui, le 5 juillet 1946.


  Jacques-Ferdinand Verret a vécu toute sa vie au cœur du village de Charlesbourg. Témoin de la vie de tous ses concitoyens, il décrivit soigneusement dans ses écrits journaliers sa vie, celles de sa famille et de son patelin. La Société historique de Charlesbourg possède son journal.


Qui était-il ?


   Aîné d’une famille de dix enfants, déterminé et discipliné, à 14 ans, il seconde son père au magasin général, à la boulangerie, et voit à la bonne marche du commerce, veillant à rentabiliser l’établissement.


  Son père décède en 1890. Il rachète alors magasin et marchandise, remonte le commerce, l’élève d’un étage, l’adapte pour ajouter bureau de poste, bureau de distribution et salle d’attente.


  Socialement engagé et réfléchi, il participe aux réunions de son milieu, assemblées religieuses, scolaires, municipales et politiques. Dans les conflits, tous recherchent son avis. Il n’a jamais pris de retraite.


L’apiculteur


   En 1896, il élevait déjà des abeilles. Autodidacte, il avait sans doute consulté et s’était procuré des publications sur le sujet. Appliqué à produire un miel de qualité, il obtint des distinctions à l’étranger. Pour produire jusqu’à 17 000 livres de miel annuellement, il avait détenu jusqu'à 250 ruches.


   Pour les conseiller, il visitait les producteurs de miel de la région dont les communautés religieuses qui possédaient presque toutes un rucher. Il fonda l’Association des Apiculteurs dont il fut longtemps le président honoraire.


Le grainetier


   Dans les années 1930, il liquida la marchandise du magasin pour en faire une graineterie. Avec ses employés, il commerçait les semences qu’il achetait de producteurs canadiens et européens.


   Avec un neveu, il dressa un catalogue de graines, distribué au Canada français. Vendant à crédit, aidé d’agents, il se faisait rembourser au moment des récoltes.

 


(Source principale : Dépliant de la Société historique de Charlesbourg en collaboration avec la Fondation Chabou. À partir du texte de Ruth Giroux-Allaire).

 

Mots-clés: Verret Charlesbourg Agronomie Apiculture Culture


Malédiction généalogique et fille du roy
Ajouté le 08/24/2017 08:59:20

Article parue dans Le Soleil, 21 août 2017


«Malédiction» datant de la Nouvelle-France

 

Par JEAN-FRANÇOIS CLICHE


http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/science/201708/21/01-5126352-malediction-datant-de- la-nouvelle-france.php

Elle est débarquée en Nouvelle-France quelque part dans les années 1660, c'était une «fille du roy». Elle ne pouvait pas s'en douter, à l'époque, mais elle était porteuse d'une mutation génétique qui allait avoir des conséquences graves pour certains de ses descendants. Au point, même, que la sélection naturelle aurait en principe dû la faire disparaître rapidement. Mais la mutation n'est jamais partie, et des chercheurs québécois y voient maintenant une preuve de l'existence d'un phénomène nommé malédiction de la mère...

«Notre gros résultat, c'est l'effet sur la mortalité infantile : juste ça, c'est suffisant pour soutenir l'hypothèse de la malédiction maternelle», dit le professeur de génétique de l'UQTR Emmanuel Milot, premier auteur avec Claudia Moreau (CHU Sainte-Justine) d'un article qui vient de paraître dans la revue savante Nature - Ecology and Evolution.

La mutation en question ne concerne pas l'ADN que l'on trouve dans le noyau de nos cellules - celui qui détermine la couleur des yeux, des cheveux, la taille, etc. -, mais bien le matériel génétique présent dans une partie de nos cellules nommée mitochondrie. Les mitochondries sont des petites structures qui fournissent de l'énergie au reste de la cellule et qui ont leur ADN bien à elles parce qu'à l'origine, il y a environ 2 milliards d'années, elles étaient des bactéries qui ont fait une symbiose avec un de nos lointains ancêtres unicellulaires. La mutation, baptisée poétiquement T14484C, est à l'origine d'une maladie, la neuropathie optique héréditaire de Leber, qui cause la cécité permanente à partir de l'adolescence. Cela touche surtout les garçons, dans une proportion de 8 pour 1, pour des raisons qu'il reste à élucider.

Comme l'ADN mitochondrial (ou ADNm) se transmet uniquement par la mère (les hommes en ont aussi, bien sûr, mais ne le passe pas à leur descendance), des travaux antérieurs avaient remonté la filiation jusqu'à une fille du roy en particulier, qui serait la «patiente zéro» d'une grande partie des cas de T14484C au Québec, une mutation assez fréquente dans la population canadienne-française. Notons qu'on ne peut pas la nommer publiquement parce que certains de ses descendants actuels sont toujours porteurs et pourraient être retracés par des généalogistes.

Démarche contraire

L'équipe de M. Milot, elle, a fait le chemin inverse : en partant de la fille du roy, les chercheurs ont pu littéralement suivre la progression de la mutation d'une génération à l'autre dans le Registre de population du Québec ancien (RPQA), une base de données détaillées sur les naissances, les mariages et les décès de presque toute la population d'origine française qui a vécu au Québec entre 1608 et 1850. Tous ceux qui avaient une filiation mère-fille ininterrompue jusqu'à la fille du roy étaient nécessairement porteurs ou porteuses.

Et les chercheurs ont observé un véritable jeu de «souque à la corde», pour reprendre l'expression de M. Milot, entre l'ADN mitochondrial et celui du noyau.

En principe, les deux types d'ADN ont intérêt à travailler ensemble puisqu'ils appartiennent à la même personne, mais «la théorie prévoit qu'il peut y avoir des exceptions, dit M. Milot. Du point de vue de l'ADN mitochondrial, ce qui arrive aux garçons ne change rien pour sa transmission, alors si une mutation sur l'ADNm défavorise les garçons sans avoir d'impact sur les filles, il va se propager quand même».

C'est du moins une possibilité théorique qui s'appelle la «malédiction de la mère», en génétique, mais dont on n'avait jamais trouvé de cas concret.

«Succès reproducteur»

Et c'est bien ce que lui et ses collègues ont trouvé dans les bases de données généalogiques québécoises. Entre la naissance du premier enfant de la fille du roy en question, en 1670, et l'année 1775, les chercheurs ont identifié 190 porteurs de T14484C. En évaluant le «succès reproducteur» de chacun, soit grosso modo leur nombre d'enfants (ajusté pour tenir compte de quelques autres facteurs), ils ont établi que les femmes porteuses de cette mutation mitochondriale n'ont pas eu moins d'enfants que les non-porteuses - même qu'elles en ont eu légèrement plus, mais la différence n'était pas significative. Mais les hommes porteurs, eux, ont vu leur succès reproducteur diminué d'environ 35 %, «ce qui indique une forte sélection contre cette variante», écrivent les auteurs dans l'article.

Il semble qu'en plus de causer la cécité, cette mutation semble avoir été associée à une mortalité infantile plus élevée chez les garçons - ce qui était inconnu et a surpris les auteurs. C'est surtout cette mortalité plus forte en bas âge qui a nui aux succès reproducteurs des porteurs masculins.

M. Milot et son équipe se sont ensuite tournés vers une autre base de données généalogique (BALSAC) pour estimer la prévalence de T14484C au Québec jusqu'en 1960, et ont trouvé qu'elle était remarquablement stable, entre 0,6 et 0,8 par 10 000 personnes. Or d'après une simulation qu'ils ont faite, elle aurait grandement reculé si ses inconvénients avaient touché également les deux sexes, au point de disparaître «ou de devenir hypernégligeable dans les années 2000», dit M. Milot. Mais ce ne fut pas le cas.

Les auteurs ont également trouvé que les hommes porteurs de la mutation étaient sous-représentés parmi les hommes mariés, mais ils n'ont pas trouvé l'équivalent du côté des femmes.

Il s'agit là, concluent M. Milot et ses collègues, «ce qui pourrait bien être le premier cas connu de [la malédiction de la mère]».

Mots-clés: Généalogie Médecine Optique Leber Heredité Nouvelle-France


JACQUES CARTIER – PARTI DE SAINT-MALO
Ajouté le 08/17/2017 10:00:00

Voici, pouvant intéresser en histoire et en généalogie, le dernier de six articles de MONIQUE DURAND parus cet été dans Le Devoir, avec références également aux cinq premiers:

 

 

PARTI DE SAINT-MALO, JACQUES CARTIER


12 août 2017 | par Monique Durand - Collaboratrice | 


« S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! » Une cloche de bateau retentit à 11 h 30 pile dans le petit musée des terre-neuvas de Saint-Malo, comme tous les samedis à la même heure. La petite foule s’est tue. Hyacinthe Chapron, président de l’Association pour la mémoire des terre-neuvas, souhaite la bienvenue à tous, avant la ruée sur les apéritifs et les chips, dans un joyeux brouhaha. Les vieux loups de mer des environs sont là. Parce qu’ils ont envie d’être là et nulle part ailleurs.

 

Des ennuyeux de la mer, du vent et des morues « longues comme ça », fait Claude en allongeant les deux bras. C’était avant. C’était quand ils vivaient. Quand ils jouaient chaque jour avec la mort sur les vagues, dans les tempêtes, les froids polaires, au pied des icebergs, les doigts sciés par les lignes hameçonnées. Ils vivaient, pardi ! Depuis, la vie est un peu moche.

 

Les terre-neuvas

 

Les terre-neuvas — un terme peu connu de notre côté de l’Atlantique — sont ces engagés qui, pendant des siècles et jusqu’aux années 1970, partaient principalement de Normandie et de Bretagne pour aller pêcher sur les bancs de Terre-Neuve et les côtes de la Gaspésie et de la Basse-Côte-Nord.

 

Saint-Malo, par exemple, se vidait de ses hommes chaque saison de pêche revenue. Puis, après des mois d’une vie souvent de misère, ces hommes rentraient, décharnés, éclopés, ne se souvenant plus du nom des fleurs et de leurs enfants.

 

C’est d’ici, de cette ville au nom mythique, qu’est parti Jacques Cartier le 20 avril 1534, avec l’ordre du roi François 1er d’aller « descouvrir certaines ysles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses », mais aussi d’aller débusquer le passage vers l’Asie. Le capitaine malouin part donc avec deux navires et 61 équipiers, qui ne devaient pas être si différents de ces terre-neuvas en train de boire l’apéro, ce samedi midi de mai, à Saint-Malo.

 

Après une traversée de l’Atlantique en 20 jours seulement, Cartier va un peu où le vent le porte, quasiment à l’aveuglette, longe ce qui est aujourd’hui le détroit de Belle-Isle, pique « sur le su », puis vire à l’ouest. Il arrive bientôt aux Îles-de-la-Madeleine, qu’il prend pour le début de la terre ferme. Puis explore l’actuelle baie des Chaleurs, ne trouvant toujours pas la fameuse route vers l’Asie.

 

Le 14 juillet, il entre dans l’imposante baie qui ne porte pas encore le nom de Gaspé. Il y passera 11 jours, y plantera la fameuse croix et changera le cours de l’histoire et le destin d’une partie de l’humanité, celle qui y habitait depuis la nuit des temps et celle qui y mettait le pied pour la première fois, ou presque, et bientôt la jambe, la main, le cou et tout le corps.

 

Gaspé, vocable non moins mythique que celui de Saint-Malo, est une merveille du monde pour l’auteure de ces lignes. Est-ce le sentiment d’être gespeg« au bout de la terre »gespeg, ce mot micmac d’où le nom français proviendrait ? Ou celui de devenir liquide soi-même en cette confluence d’eaux, celle de trois rivières, la York, la Dartmouth et la Saint-Jean, se jetant dans la baie de Gaspé ? « Pas besoin d’entrer dans l’eau pour me baigner, m’avait dit l’historien Jules Bélanger, vivant au bord de la baie, je me baigne dans l’air. »

 

Il faut imaginer que Cartier et ses hommes furent eux aussi saisis par la somptuosité des lieux. Et quel endroit pour mettre humains et navires à l’abri ! Entre deux longs barachois, Penouille et Sandy Beach, loin dans la chair de l’Amérique, en retrait des soubresauts de l’Atlantique Nord.

 

Les forcenés de la mer

 

Retour au petit musée de Saint-Malo. Claude Jouffe a fait toute sa vie sur les bancs de Terre-Neuve comme marin-pêcheur. 35 ans. « Je viens ici le samedi pour parler du métier, pour les copains. Et je fais la tournée des écoles de Saint-Malo et de la région pour faire connaître cette mémoire aux jeunes. Parce que leurs pères et leurs grands-pères ne leur ont jamais raconté quoi que ce soit de leur vie de terre-neuvas. Dans 20 ans, il n’y aura plus personne pour le faire. »

 

« On ne savait absolument rien », confirme Juliette L’Hotellier, épouse, fille et petite-fille de terre-neuva« Les jeunes Malouins ne savent pas ce qu’ont vécu leurs prédécesseurs, ajoute Catherine Cholet, elle aussi fille de marin. Ils risquaient leur vie sur les bancs de morue. »

 

Ils n’ont jamais rien raconté, ces forcenés de la mer, de leurs victoires quotidiennes sur le travail harassant, presque jour et nuit, sur la peur, sur l’ennui, nourris aux têtes de morue et requinqués de temps à autre par une gorgée d’eau-de-vie, jamais rien dit de leurs chants à tue-tête pour rythmer le travail à bord et se donner du coeur au ventre. Un peu comme les soldats qui ont fait les tranchées, pas moyen de leur extirper un mot.

 

« Le terre-neuva a du mal à parler de sa vie, reprend Claude Jouffe. Avant de faire partie de notre association, j’étais comme les autres, je me taisais. » Il a appris à parler, Claude. Cette parole délivrée a été une sorte de libération pour lui-même et ses proches. « J’ai fait l’Algérie pendant deux ans. Ça m’a aussi débloqué sur cette guerre horrible. »

 

Et Jacques Cartier, dans tout ça ? « Pour moi, il n’est pas un héros, dit Denis, qui lui aussi vient trinquer avec les copains, c’est un navigateur de talent qui a été trop dur avec les Indiens d’Amérique. » Les historiens lui donnent raison. Dont l’Américain David Hackett Fischer qui écrit : « Cartier avait traité les Indiens de façon brutale et en avait enlevé quelques-uns pour les ramener en France. »

 

Quand, le 24 juillet 1534, le capitaine malouin fait équarrir, puis planter au nom du roi de France la fameuse croix sur ce qui est aujourd’hui la pointe de Penouille, ses hommes s’agenouillent.

 

Quelques Iroquois assistent à la scène, médusés. Parmi eux se trouve l’agouhanna — grand chef — Donnacona, qui ignore encore que son destin et celui de ses plus proches auront basculé avant la fin du jour. Parce que Cartier va kidnapper ses deux fils, Taignoagny et Domagaya, avec la promesse de les ramener l’année suivante.

 

Les retrouvailles

 

L’année suivante, Cartier ramènera bel et bien deux jeunes hommes, vêtus à l’européenne et conversant avec une certaine aisance en français, que les leurs auront du mal à reconnaître.

 

Les retrouvailles de Taignoagny et Domagaya avec le sol qui les a vus naître s’avéreront de courte durée. Ils seront à nouveau capturés par Cartier, cette fois avec leur père, le 3 mai 1536, et gardés prisonniers sur La Grande Hermine qui lèvera l’ancre le lendemain. Aucun ne reverra jamais sa terre.

 

On entend encore l’interminable plainte, le chant désespéré à l’adresse de leur chef des hommes, des femmes, des enfants iroquois serrés les uns contre les autres sur le rivage, « Agouhanna, Agouhanna, Agouhanna… » À l’aube, Cartier autorisera Donnacona à s’adresser à son peuple depuis le pont de La Grande Hermine. « Je reviendrai dans 12 lunes », les rassure-t-il. « Agouhanna, Agouhanna… »

 

Quatre femmes à bord d’une barque viendront lui porter des provisions « à leur mode », écrit Cartier, et lui faire des au revoir, qui s’avéreront des adieux.

 

Embruns et histoire

 

C’est à tout cela, le pire comme le meilleur, que l’on pense sur la grande terrasse de la Maison du Québec à Saint-Malo, aménagée face à la Manche, avec le vol des goélands pointés, on dirait, vers ce qui fut la Nouvelle-France.

 

C’est tout cela qui nous étreint, cette charge, cette surcharge de l’histoire, assis les jambes pendantes à la marina de Gaspé, les yeux dans l’horizon barré par la verte muraille de Forillon, avec les mêmes goélands, il nous semble, pointés vers la France. Saint-Malo–Gaspé, croisement d’embruns et d’histoire, de sangs mêlés de tous bords, de parentés atlantiques.


 

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-       Parentés atlantiques (1/6): Parti de Neuville-sur-Vanne, Paul de Chomedey de Maisonneuve  -  8 juillet 2017 | Monique Durand

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/503014/parentes-atlantiques-1-6-parti-de- neuville-sur-vanne-paul-de-chomedey-de-maisonneuve

 

-       Parentés atlantiques (2/6): Partie de Langres, Jeanne Mance  - 15 juillet 2017 | Monique Durand

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/503492/parentes-atlantiques-2-6-partie-de -langres-jeanne-mance

 

-       Parentés atlantiques (3/6): Partis du Perche  -  22 juillet 2017 | Monique Durand

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/504005/parentes-atlantiques-3-6-partis-du -perche

 

-       Parentés atlantiques (4/6): Partis du port de Dieppe  -  29 juillet 2017 | Monique Durand

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/504517/parentes-atlantiques-4-6-partis-du -port-de-dieppe

 

-       Parentés atlantiques (5/6): Parti de Brouage, Samuel de Champlain  -  5 août 2017 | Monique Durand

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/505035/parentes-atlantiques-5-de-brouage- le-navigateur-d-exception-samuel-de-champlain-traversa-l-atlantique-pas-moi ns-de-27-fois-entre-1599-et-1633

 

-       Parentés atlantiques (6/6): Parti de Saint-Malo, Jacques Cartier  -  12 août 2017 | Monique Durand - Collaboratrice | Actualités en société

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/505545/parentes-atlantiques-parti-de-sain t-malo-jacques-cartier-devait-decouvrir-iles-et-pays-puis-le-passage-vers-l -asie

 

 

Mots-clés: Cartier Saint-Malo Nouvelle-France


JEANNE MANCE (1606-1673). De la France à la Nouvelle-France
Ajouté le 05/11/2017 12:39:31

(Chronique culturelle sur une exposition au Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Parue dans Le Devoir, 10 mai 2017).


La découverte de Jeanne Mance

Par Jean-François NADEAU

 

L’exposition du Musée des Hospitalières présente celle qui a administré l’hôpital Hôtel-Dieu toute sa vie en la situant dans son terreau natal de Langres, en France, et à Paris.

 

Pour qui souhaite comprendre les assises européennes du curieux projet missionnaire à l’origine de Montréal, voici un incontournable : au Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu s’ouvre ce mercredi une exposition consacrée à Jeanne Mance, pilier de la fondation de cette colonie, modèle d’un certain engagement féminin au XVIIe siècle.

 

Sur la gauche, tout de suite en entrant, le regard est d’abord attiré par une haute sculpture sur bois datée de 1942, une oeuvre signée Médard Bourgault et réalisée à l’occasion du tricentenaire de Montréal. Dans la vision du célèbre artiste autodidacte de Saint-Jean-Port-Joli, Jeanne Mance apparaît longue, plutôt décharnée, pâle en tout cas comme un cierge de Pâques. Elle semble en fait tout droit sortie d’une délicate représentation de la Vierge tirée d’un tableau craquelé du Moyen Âge.

 

On ignore en fait à quoi pouvait bien ressembler Jeanne Mance. Aucun portrait d’époque n’existe. Seulement des représentations admiratives, forcément des interprétations liées à l’image qu’on se fait d’elle, de son rôle et de sa place à un moment précis de l’histoire.

 

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, une autre image de Jeanne Mance s’impose grâce à une petite huile sur bois, un tableautin signé Dugardin. Derrière, une inscription : « Vraie copie du portrait de Mademoiselle Mance. » Qui donc démêlera les songes de l’histoire ?

 

La correspondance de Jeanne Mance est perdue. On ne connaît de sa main que quelques rares traces écrites, dont un « mémoire du bois », simple lettre qui rend compte de son emprunt de matériaux pour la construction de son Hôtel-Dieu. La lettre est exposée sous verre. L’écriture est droite, ferme, assez facilement lisible.

 

Antécédents

 

« D’habitude, on présente Jeanne Mance dans sa mission de la Nouvelle-France », explique Louise Verdant, la directrice générale du Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Et pour une fois, poursuit-elle, on s’attache plutôt à montrer les antécédents à son arrivée.

 

Cette femme symbolise en quelque sorte un projet qui, bien entendu, la dépasse et lui survit après sa mort, en 1673. « On prend le personnage et on l’interroge », dit Louise Verdant.

 

L’exposition recompose le monde auquel Jeanne Mance appartient. Son espace natal en Champagne d’abord, à Langres, une petite ville froide où pullulent les communautés religieuses. Jeanne Mance y fréquente les Ursulines. Un détail ici : ces femmes unies à leur Dieu comptent alors parmi les premières à assurer la promotion de la fourchette à table.

 

« Elle a connu la peste, raconte Louise Verdant. Sans doute plusieurs membres de sa famille en sont-ils morts. »

 

Deuxième enfant d’une famille de 12, elle habite rue de l’Homme sauvage. Rien à voir avec ce mythe du Bon Sauvage qui peuplera la littérature au sujet du Nouveau Monde. On sait qu’elle épaule son père, un petit notable. Elle est à son affaire.

 

Jeanne Mance connaît aussi les misères de la guerre de Trente Ans. Pendant cette époque de misères, un hôpital de charité est construit à Langres. L’évêque, Mgr Sébastien Zamet, y soutient en parallèle l’établissement d’une société de dames pieuses. C’est probablement dans ce cadre que Jeanne Mance se dévoue, tout d’abord comme garde-malade.

 

Dévote, Jeanne Mance ne souhaite pas pour autant appartenir à un ordre religieux. Elle n’est pas différente en cela de bien des jeunes femmes de son temps. Elle aura des directeurs de conscience jésuites, de part et d’autre de l’Atlantique. Elle lit leurs Relations, ces récits mouvementés, immensément populaires. S’ajoutent à cela les récits qu’elle entend de son cousin, Nicolas Dolebeau, qui l’encourage à continuer d’espérer des bienfaits projetés d’un voyage outre-Atlantique.

 

Mystique

 

Jeanne Mance appartient à un temps de l’histoire où l’Église gonfle sous les effets des ferments que lui injecte le Concile de Trente (1545-1563). C’est la contre-réforme, un élan puissant qui donne une énergie nouvelle aux consciences religieuses.

 

Il est difficile de concevoir aujourd’hui pareil renouveau mystique. Mais en un mot, disons que la présence de l’Église dans le territoire des consciences s’accroît. Beaucoup de gens de l’aristocratie et de l’élite sociale se réunissent dans le dessein d’élever leurs aspirations dans des oeuvres religieuses concrètes.

 

À Paris, Jeanne Mance est reçue dans cet esprit par la reine, Anne d’Autriche. Elle voit et compte aussi sur Angéline Faure, fille d’un riche diplomate, épouse d’un des hommes les plus puissants de son temps, Claude de Bullion, lequel nage dans l’or. On prête à ce Bullion, ministre de Louis XIII, des comportements étranges et une honnêteté douteuse. Mais de son or, personne ne doute. Le Musée présente un portrait de sa femme, la « bienfaitrice » de Jeanne Mance : robe noire, foulard doré, pieds posés sur un épais coussin orné de filets d’or. L’époque est peut-être dans ce détail : les pieds ne touchent pas à terre.

 

Jeanne Mance tisse d’étroites relations avec des puissants et des croyants afin que le projet missionnaire auquel elle aspire parvienne à voguer.

 

À La Rochelle, le grand port de mer, elle s’embarque pour les Amériques, vraisemblablement sur un bateau de charge, une flûte hollandaise. Jérôme Le Royer de La Dauversière, grand dévot lui aussi, croit avoir trouvé en elle quelqu’un capable d’organiser la gestion et l’administration d’une colonie fondée sur un élan religieux partagé. La conversion des « païens » est un objectif commun. Mais on comprend qu’il y a là, d’abord et avant tout, des aspirations personnelles et profondes qui se conjuguent en un élan qui demande une forme de sacrifice mystique.

 

Il faut alors de quatre à douze semaines pour traverser l’Atlantique. Jeanne Mance traversera l’Atlantique sept fois.

 

Du monde qu’elle touche du regard à son arrivée, on n’apprendra pas grand-chose. Mais du monde qu’elle projette à partir de ses aspirations européennes, on découvre en revanche beaucoup grâce à cette exposition néanmoins toute simple.

 

 (http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/498340/la-decouverte-de-jeanne-mance)

 


Mots-clés: Jeanne Mance France Montréal Hospitalières Bourgault


Louis Hébert, l’Abraham du Québec
Ajouté le 05/01/2017 19:26:20

 

Louis Hébert, l’Abraham du Québec


 Par Louis Cornellier – Le Devoir- 29 avril 2017

 

 

(Chronique sur une publication de Jacques Mathieu)

 

Il y a 400 ans, jour pour jour, Louis Hébert était au beau milieu de l’Atlantique, sur un navire parti de Honfleur en direction de Québec. L’accompagnaient sa femme, Marie Rollet, les trois enfants du couple et Claude, le frère de Marie. La traversée de trois mois fut pénible. Lors d’une tempête épique, Marie offrit même son jeune fils, Guillaume, âgé de sept ans, à la grâce de Dieu, émouvant ainsi tous les membres de l’équipage. À la mi-juin 1617 débarquait enfin, à Tadoussac, la première vraie famille de colons de l’histoire du Québec.

 

Louis Hébert, surnommé « l’Abraham de la colonie » par le récollet Chrestien Le Clercq dès la fin du XVIIe siècle, a l’étoffe d’un héros taillé sur mesure pour le Québec. Sans être spectaculaires, sa personnalité et son oeuvre n’en sont pas moins porteuses d’une impérissable noblesse. « Louis Hébert franchit les flots de l’Océan / Et s’en vint commencer la tâche d’un géant », écrivait le poète William Chapman (1850-1913) en l’évoquant. Qui, pourtant, se souvient vraiment du remarquable ancêtre ?

 

Entretiens virtuels

 

Spécialiste de la Nouvelle-France, l’historien Jacques Mathieu, pour souligner le 400e anniversaire de l’établissement des premiers colons à Québec, publie La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet. Bien conscient « que l’histoire est fille de son temps, c’est-à-dire qu’elle est autant influencée par le regard du chercheur sur le présent que par les réalités passées », Mathieu, en étudiant ces personnages, entend « examiner les éléments de modernité, voire d’actualité, qui ressortent de l’oeuvre de Louis Hébert et Marie Rollet ». Il nous permet ainsi de prendre conscience que le couple pionnier du Québec peut encore nous inspirer.

 

Mathieu pratique l’histoire scientifique, c’est-à-dire fondée « sur des faits incontestables tirés de sources parfois récemment portées à la connaissance, mais soumises à une sévère critique ». Il se permet néanmoins, ici, de donner un peu d’allant à sa présentation en proposant des « entretiens virtuels » dans lesquels l’historien, à la manière d’un journaliste, questionne directement Hébert et Rollet. Cette méthode a l’avantage de dynamiser un savoir historique plutôt touffu.

 

Né à Paris en 1575, en pleine guerre de religion, Hébert suit les traces de son père en devenant apothicaire. Les déboires financiers de sa famille compliquent toutefois son installation professionnelle — sa maison sera achetée par la reine Margot — et font naître son désir de tenter l’aventure du Nouveau Monde. Par deux fois, en 1606 et 1611, il ira en Acadie avec l’espoir de s’y installer et d’y faire venir sa famille, mais des querelles commerciales et territoriales tueront ce projet dans l’oeuf.

 

En 1617, son ami Champlain le convainc de se joindre à lui à Québec. Il n’y aura plus de retour en arrière, même si les compagnies de commerce responsables de la colonie naissante feront tout pour lui mettre des bâtons dans les roues.

 

Colon instruit et déterminé, apothicaire respecté et catholique ami des Amérindiens qu’il souhaite convertir, Hébert, mort en 1627 après une chute sur la glace, a gagné son pari. Il peut revendiquer le titre de premier Québécois modèle.

 

Modeste et moderne

 

Homme de foi et de science attachant autant d’importance aux compétences intellectuelles que manuelles, Hébert brille par sa polyvalence. Pour Jacques Mathieu, selon qui « l’Abraham de la colonie n’aurait pu exister sans Marie », le premier colon et sa femme se distinguent même par leur modernité.

 

Ils ont su, en effet, « s’adapter à des situations conflictuelles entre catholiques et protestants », tisser des liens d’amitié et de respect avec les autochtones — Marie Rollet accueille et instruit de jeunes Amérindiennes, de même qu’un petit Noir, amené à Québec par les frères Kirke — et s’établir avec succès dans un environnement souvent hostile, à force de travail, en solidarité avec les autres. Avec la collaboration du phytologue Alain Asselin, Mathieu rappelle aussi que Louis Hébert « a contribué à l’évolution de la botanique » en envoyant des plantes d’ici à des scientifiques français.

 

La conclusion s’impose : le peuple québécois a pour ancêtre un héros modeste dont les principes remarquables peuvent encore nous servir d’exemples quatre siècles plus tard. N’attendons pas la CBC pour le redire.

 

La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet

★★★ 1/2

Jacques Mathieu, Septentrion, Québec, 2017, 248 pages

 


Référence : http://www.ledevoir.com/culture/livres/497472/louis-hebert-l-abraham-du-quebec

Mots-clés: Québec Rollet Hébert


LE QUÉBEC DES FRANCOIS-XAVIER AUBRY OU DES SÉRAPHIN POUDRIER ?
Ajouté le 01/24/2017 10:15:16

Les pays d’en haut: au-delà des «belles histoires"

 

Par Daniel Boiteau


(Une libre opinion parue dans Le Devoir du 23-01-2017. L'auteur est d'avis qu'il est temps de tourner la page sur l'histoire de Séraphin Poudrier.)

 

Encore Les belles histoires au menu de la nouvelle programmation 2017 de Radio-Canada. Après une série radio qui dura 24 années (495 épisodes), une série télé dont le premier épisode date de 1956 et le dernier de 1970, trois films (le dernier date de 2002), nous voilà repartis pour la deuxième saison d’une nouvelle série.

 

Coudonc, il me semble qu’on aurait autre chose à raconter, d’autres histoires impliquant des hommes et des femmes qui ont vraiment existé et qui feraient connaître un autre côté plus aventureux et positif de notre passé.

 

J’ai une liste de 572 noms de Canadiens français qui ont marqué, chacun à leur façon, l’histoire de l’Ouest américain. Savons-nous que le père de l’Oregon (John McLaughin) était un gars de Rivière-du-Loup, qu’un autre (Damien Marchessault) de Montréal fut maire de Los Angeles, qu’un autre de l’Assomption (Salomon Juneau) fonda la ville de Milwaukee, au Wisconsin ?

 

Non, nous ne pouvons pas les connaître. On nous raconte à répétition l’histoire d’un avare qui profite des gens qui l’entourent. Des personnages, spécialement dans la dernière série, qui sont pour la plupart ivrognes, menteurs, profiteurs, hypocrites, lâches et irresponsables.

 

De Saint-Justin à Santa Fe

 

Considérons, par exemple, l’histoire formidable de François Xavier Aubry. Je prends le temps de vous raconter, en résumé, la vie d’un personnage qui ferait à mon avis une excellente série télé.

 

Né à Saint-Justin dans le comté de Maskinongé le 3 décembre 1824, il quitte tout jeune le foyer familial pour se rendre à Saint-Jean-sur-Richelieu pour travailler comme commis au magasin général de monsieur Marchand. Là, il entend des compatriotes parler d’aventures vécues dans l’Ouest américain. Au bout de trois ans, François a soif d’action, d’aventure et de gloire. Il quitte Saint-Jean pour St-Louis, Missouri. Il y travaille comme commis chez Lamoureux et Blanchard, un magasin d’épicerie et de marchandises sèches.

 

Après deux ans au service de cette entreprise, Aubry désire agir à son propre compte et obtient de ses anciens employeurs un crédit pour obtenir son premier stock de marchandises qu’il compte revendre à Santa Fe. Ne possédant ni mules ni charriots, il se joint à des marchands de Santa Fe. Il revient avec un profit de quelques milliers de dollars, assez pour organiser sa prochaine expédition de façon autonome. Entre 1846 et 1852, Aubry réalise en tout seize expéditions de marchandises à raison de deux et même trois par année tandis que la plupart des marchands n’en font qu’une seule.

 

Au cours de ces expéditions, plusieurs incidents malheureux surviennent sur la piste : attaque des Amérindiens, employés blessés, malades ou tués, mules blessées, tuées ou volées, tempêtes de neige, froid ou chaleur intense, hommes ou animaux souffrant de la faim et de la soif.

 

Ses convois ont la réputation d’être les mieux organisés. Gouverneurs de territoires, juges, missionnaires, enseignants, médecins, éditeurs, personnel militaire et banquiers recherchent sa compagnie. Aubry s’assure de la présence d’un médecin dans tous ses convois et instaure un code de la route qui oblige à porter assistance à tout voyageur en détresse rencontré sur la piste.

 

Le 5 janvier 1848, Aubry établit un record de vitesse en effectuant le trajet de Santa Fe à Independence en quatorze jours, soit dix jours de moins que le record précédent. Le 28 mai 1848, il bat son propre record. Le 12 septembre 1848, Aubry décide de battre son dernier record de huit jours et demi. Il quitte Santa Fe pour se rendre pour St-Louis. Une chevauchée de 1300 km en cinq jours et demi, la plus mémorable des États-Unis. Sa photo et son récit sont publiés dans tous les journaux. Aubry est baptisé l’homme le plus rapide le l’Ouest. Il décède le 18 août 1854 lors d’une dispute dans un saloon avec un major de l’armée américaine. Il n’a pas trente ans.

 

Une véritable épopée vécue par un gars de chez nous, complètement oublié par l’histoire. Pour ce qui est de Séraphin Poudrier, à mon avis, il serait plus que temps de passer à autre chose.

 

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/489829/television-les-pays-d-en-haut-au-d ela-des-belles-histoires

 

Une lecture suggérée par CGagnon :


François Xavier Aubry – 1824-1854 – Héros de la Compagnie du Far West,

par René BERGERON, Laval, 2000, Livre réalisé par les Editions Carte Blanche, 246p.

Mots-clés: Aubry Poudrier Maskinongé Ouest Radio-Canada


Marie Rollet, pionnière
Ajouté le 01/12/2017 09:06:18

(Pour souligner dès maintenant le 400e anniversaire de l'arrivée en Nouvelle-France –Kanata - de Louis Hébert, de Marie Rollet et de leurs enfatnts,  voici un extrait du dernier numéro de la revue Cap-aux-Diamants (hiver 2017, no 128) paru dans Le Devoir, 10 janvier 2017.)


Par Sophie Imbeault - Historienne 

 

Marie Rollet: être femme et pionnière

 

Cette femme de la Nouvelle-France ne correspond pas à l’image typique de la mère au foyer

 

En 2017, cela fait 400 ans qu’ils sont venus s’installer à Québec. Dans les célébrations à venir, espérons que Marie ne sera pas oubliée. Des bribes de sa vie nous sont parvenues. Des historiens lui ont accordé quelques lignes où elle figure en second plan, comme la femme de l’un des premiers colons de la Nouvelle-France. N’était-elle que cela ?

 

Cette Parisienne, née vers 1580, est la fille de Jean Rollet, canonnier du roi, et d’Anne Cogu. Elle s’unit à Louis Hébert, fils de Nicolas Hébert, épicier et apothicaire, et de Jacqueline Pajot, vers 1601-1602 à Saint-Germain-l’Auxerrois. Aussi né à Paris vers 1575, Louis Hébert a 27 ans et est apothicaire.

 

Le couple habite Saint-Germain-des-Prés, siège de la puissante corporation des apothicaires, où Marie met au monde Anne (vers 1602-1619), Guillemette (vers 1608-1684) et Guillaume (1614-1639). Ces naissances sont espacées au rythme des absences de Louis, parti en Nouvelle-France avec Samuel de Champlain.

 

Le Nouveau Monde

 

Ils sont mariés depuis environ 4 ans quand Louis part la première fois pour Port-Royal. Il signe une procuration générale en sa faveur devant notaires le 24 mars 1606. Le 8 août, Marie vend leur maison du chemin de la Petite-Seine à Marguerite de Valois pour un peu plus de 2000 livres. Où s’installe ensuite la famille ?

 

En 1617, Champlain est à Paris. Il y rencontre Louis et lui obtient un contrat avec la Compagnie du Canada pour défricher la terre et exercer son métier d’apothicaire en Nouvelle-France. Toute la famille sera logée et nourrie.

 

Hébert vend sa maison. Marie participe sans doute à la décision, les enfants étant mineurs. Elle doit s’assurer de ne pas les exposer à des dangers simplement pour satisfaire les passions de son mari. Louis souhaite s’installer en Amérique depuis son premier voyage. Ils ont eu 11 ans pour réfléchir.

 

À Honfleur, la famille constate que les conditions d’engagement sont moins intéressantes que prévu. Hébert signe tout de même le 6 mars 1617 le contrat qui les lie pour 2 ans. Le 11, Louis, Marie, leurs enfants, son frère Claude et leur domestique Henri, embarquent sur le Saint-Étienne. Champlain, François Gravé et le père Le Caron sont aussi à bord.

 

Après une difficile traversée de 3 mois, le navire arrive à Tadoussac à la mi-juin. Ils auraient ensuite remonté le fleuve en barque et seraient arrivés à Québec en juillet. Une maison est rapidement construite près des actuelles rues Sainte-Famille et Couillard. Marie assiste son mari dans ses tâches d’apothicaire et de cultivateur. Elle joue aussi un rôle important dans la société française naissante, accueillant Hélène Boullé ou étant marraine d’Amérindiens et d’Amérindiennes lors de leur baptême catholique. Marie sait lire et écrire. Elle ne correspond pas à l’image de la parfaite mère au foyer longtemps mise en avant.

 

Remariage

 

En 1620, le contrat avec la Compagnie du Canada prend fin. Hébert est nommé procureur du roi par Champlain. Marie intègre alors avec lui l’élite administrative. Guillemette épouse Guillaume Couillard de Lespinay l’année suivante, le 26 août 1621.

 

Louis décède peu après un accident qui a lieu à l’hiver 1627. Marie hérite de la moitié de ses biens et fiefs, et Guillemette, de l’autre moitié. Il n’y a que 9 ans que la famille est installée à Québec. Cela aurait pu marquer son retour en France. Mais la veuve Hébert reste.

 

Elle se remarie 2 ans plus tard avec le Normand Guillaume Hubou, le 16 mai 1629. Champlain assiste à l’union. Le couple n’aura pas d’enfant. Ce remariage n’est pas étranger au fait que Marie, chargée d’un fils mineur, doit trouver un appui en ces heures fatidiques de famine et d’attaques iroquoises. De plus, les frères Kirke menacent de déposséder la France du Canada au nom du roi d’Angleterre.

 

Québec tombe entre les mains des Anglais en juillet 1629. La famille Hubou-Couillard possède plusieurs arpents en culture. Champlain leur suggère de faire la récolte à venir. Marie, son second époux, son fils, sa fille et son gendre sont parmi les seuls à demeurer à Québec. Après le retour des Français en 1632, c’est dans la maison de Marie que la première messe sera célébrée.

 

Âgée de 69 ans, Marie est inhumée à Québec le 27 mai 1649. Première Européenne à s’installer en Nouvelle-France, à en cultiver le sol, elle enseigne aux enfants et tisse des liens avec les Amérindiens. Une vie hors du commun. Elle peut revendiquer sans gêne, comme Louis Hébert, le titre de pionnière. Elle reste lors de moments critiques et passe une trentaine d’années à Québec.

 

Personnage incontournable d’une colonie naissante, Marie Rollet s’est fait un nom. Donnons à cette femme inspirante, ancêtre de milliers de Québécois, dont le premier ministre Couillard, la place de premier plan qu’elle mérite.

 

 

(http://www.ledevoir.com/opinions/idees/488759/marie-rollet-etre-femme-et-pionniere)

Mots-clés: Rollet Hébert Québec Champlain Nouvelle-France


Louis-Joseph Papineau était-il franc-maçon?
Ajouté le 01/04/2017 10:00:27

(Article, paru dans Le Devoir, intéressant pour l'histoire)

 

Louis Joseph Papineau n’était pas franc-maçon


Par Jean-François Nadeau – 03-01-2017


La légende courait librement depuis des années. L’historien Georges Aubin vient de l’arrêter : non, le bouillant Louis-Joseph Papineau, chef des patriotes de 1837-1838, n’était pas un franc-maçon.

 

Spécialiste des archives des Papineau, auxquels il a consacré de nombreux travaux au cours des trente dernières années, l’historien et chercheur estime avec une pointe d’humour qu’« un grand nombre de Québécois sont devenus francs-maçons après leur mort », mais sans preuve aucune. C’est bien ce qui est arrivé, juge-t-il, au chef patriote, devenu ainsi utile à ceux qui tenaient à le tirer de ce côté. C’est ce que montre Aubin dans le numéro courant de la revue de la Société historique de Montréal.

 

Dans les 1800 lettres privées de Papineau recensées, on ne trouve la mention de franc-maçon qu’une seule fois, commence par observer Aubin. Et encore cette mention est-elle tout à fait anodine, puisqu’elle concerne la description d’un député conservateur d’Ottawa.

 

L’historien Aubin reproche surtout à Léon Z. Patenaude (1926-1989) d’avoir répandu cette légende. Franc-maçon lui-même, collectionneur, polémiste, homme d’affaire et de culture proche de Jean Drapeau, Léon Z. Patenaude avait notamment utilisé à cette fin les pages du Devoir. En 1988, Patenaude avait en effet publié dans les pages du journal fondé par Henri Bourassa, le petit-fils de Papineau, un long texte où il assimilait le patriote à houppette à la franc-maçonnerie.

 

« Le texte de Patenaude est un bel embrouillamini cousu de fil blanc », résume Aubin en démontant une à une ses propositions.

 

La loge maçonnique à laquelle Papineau aurait appartenu, selon Patenaude, est inventée de toutes pièces, montre Aubin, tout en relevant par ailleurs des erreurs factuelles.

 

Aucune trace en France

 

« Certains ont dit que Papineau était affilié au Grand Orient de France et qu’il avait été initié pendant son séjour parisien », explique Aubin. Habitué des voyages de recherche dès lors qu’il est question de vérifier un point d’histoire, Georges Aubin s’est rendu sans hésiter à Paris pour en avoir le coeur net. Il a fouillé les archives du Grand Orient de France. Or les seules traces de Papineau qu’il y a relevées sont récentes. Elles proviennent du Québec, par l’effet d’agitation qu’a connu ce mythe au cours des dernières années.

 

Alors qu’il se replonge dans ses travaux toujours nombreux, Georges Aubin se fait catégorique et sans appel. Il ne demande désormais qu’une chose, dit-il : « Qu’on me laisse tranquille désormais avec la franc-maçonnerie de Papineau. » En un mot, après avoir fait le tour de la question, il déclare que « rien ne le prouve ». Dossier fermé. Pour lui, l’affaire est à classer au rayon des mythes et des affabulations qui ont servi davantage quelques intéressés que la connaissance de l’histoire.

 

Le Devoir


http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/488268/louis-joseph-papineau-n-etait-pas -franc-macon


Mots-clés: Papineau Patenaude Franc-maçonnerie Aubin




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