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La fête de la Saint-Jean
Ajouté le 06/22/2011 14:13:06
 

 

LA FÊTE DE LA SAINT-JEAN

 

 

Vieille tradition française, cette célébration a suivi nos ancêtres en terre d'Amérique et pris racine avec eux.

 

Voici à peu près comment les choses se déroulaient autrefois.  Le 23 juin au soir, veille de la Saint-Jean-Baptiste, les villageois se réunissaient face à l'église paroissiale et y dressaient un bûcher de trois m et trente cm de hauteur.  Pour ce faire, on utilisait surtout des éclats de cèdre qu'on couvrait par la suite de branches de sapin.  Lorsque le bûcher se dressait fièrement au milieu de la place, on invitait le curé à venir le bénir.  Après les prières rituelles, celui-ci allumait le feu avec un cierge.  Fusaient alors les cris enthousiastes des jeunes en même temps que résonnaient des salves de coups de fusil.  La fête s'amorçait, ponctuée par de jolies chansons du terroir et des danses auquelles chacun se joignait avec gaieté.

 

D'après les historiens et les ethnologues cette fête du feu nous viendrait du fond des âges.  Peut-être d'aussi loin que l'âge de pierre.  Les Phéniciens, les Romains, les Celtes avaient l'habitude de souligner les grands cycles du soleil en allumant des feux de joie.  Rappelons que le 24 juin correspond d'une façon générale au jour le plus long de l'année (solciste d'été) alors que Noël est la journée la plus courte (solciste d'hiver), et que ces deux dates en particulier faisaient l'objet de festivités très spéciales.

 

La célébration de la St-Jean revêt, après la conquête de 1760, un nouveau sens.  Elle permet aux colons français restés en terre d'Amérique de souligner d'une façon originale leur volonté de survivre comme groupe différent.

 

Fête des Canadiens-français

 

C'est en 1834 que la fête prend une allure plus officielle et organisée.  Cette année-là, Ludger Duvernay, futur fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste, conçoit l'idée d'une fête nationale annuelle qui regrouperait les Canadiens-français.  Le soir du 24 juin, il organise un banquet de notables montréalais.  Les convives, une soixantaine, furent recrutés  de vive vois.  On porta de nombreux toasts à l'avenir des Canadiens-français, de leur langue, de leur histoire et de leur foi.

 

Duvernay venait de réaliser son rêve.  Pourtant, ce n'est que vers 1842 que la Saint-Jean s'élargira.  On assiste à la première parade historique où sont évoquées nos gloires nationales.

 

En 1874, la fête nationale connaît un succès exceptionnel, grâce à l'invitation lancée  à tous les Canadiens-français du Canada et des États-Unis.  Le défilé s'étend sur presque trois milles et se poursuit pendant trois heures.  Un journaliste de L'Opinion publique, journal de l'époque, a compté 131 drapeaux, 53 bannières, 31 corps de musique et 15 chars allégoriques.  Une fois le défilé terminé, la foule se déplace vers l'église Notre-Dame pour une grand-messe solennelle.  Le soir, on sert un banquet monstre à l'hôtel de ville.

 

Au début du XXe siècle, la formule se raffine.  La fête commence le 23  par le traditionnel feu de la Saint-Jean.  Souvent les concerts et les discours où voisinent les sentiments religieux et patriotiques.  Le lendemain, on retrouve immanquablement une grand-messe, un défilé et différents banquets.

 

En 1924, apparaissent dans le défilé le petit Saint-Jean-Baptiste à la tête bouclée et son mouton.  Désormais, eux aussi deviendront une institution.  Durant chaque défilé, on les saluera toujours dans le dernier char.

 

Les Québecois regarderont passer la parade pendant longtemps, jusque vers la fin des années soixante.  La fête se modifiera alors et connaîtra, selon les années, différentes formules.  On invitera les gens à descendre dans la rue et à participer à la fête, ce qu'ils feront progressivement, à l'ile Saint-Hélène, dans le Vieux-Montréal, au Mont-Royal.  Et plus récemment, dans les quartiers avec leurs voisins et leurs amis.  Nous venons de découvrir le vrai sens de la fête... et de la vie:  participer.

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtres, auteur:  Yvon Désautels.

 

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


La fabrication de savon
Ajouté le 05/10/2011 10:07:08

LA FABRICATION DE SAVON

 

Avec la disparition progressive du froid, les restants de graissaille (pâtés, lard fumé, saindoux salé), que la ménagère avait diligemment mis de côté tout au long de l'hiver, commençaient à dégeler et à dégager une odeur un peu désagréable.  Il n'en fallait pas plus pour entreprendre la corvée annuelle de la fabrication du savon.

 

La femme de l'habitant s'en chargeait

 

Un beau matin de printemps, la femme de l'habitant se rendait au caveau, ramassait tous les restes de gras qui s'y grouvaient et les déposait dans un large chaudron de fonte noir.

 

Elle avait d'abord allumé une imposante attisée de bois franc dans la cheminée du fournil (bâtiment qui servait à accomplir des travaux domestiques) ou encore tout simplement en plein air, dans la cour de la ferme.  Sans perdre de temps, elle amenait, avec un peu d'aide, le grand chaudron près du feu et le déposait en plein milieu des flammes.  Une fois en place, il était rempli d'eau jusqu'à ras bord.

 

Cette première manoeuvre avait pour but d'extraire le gras des restes de table.  Portée à ébullition, l'eau servait à séparer les deux.  Après filtration, les résidus étaient recyclés.  En effet,on les utilisait comme engrais dans le potager.  La matière grasse, quand à elle, constitutait un élément de base pour la prochaine étape.

 

Le lendemain, de très bonne heure, la ménagère retroussait de nouveau ses manches et se remettait au travail.  La phase suivante, soit la fabrication du savon, exigeait plus de précision et de doigté.  En fait, il s'agissait ni plus ni moins de réussir une recette de cuisine avec ses ingrédients et son mode de préparation.

 

Dans ce cas-ci, les ingrédients nécessaires étaient le gras qu'on avait obtenu la journée précédente, de l'eau, de la résine, du sel et finalement du lessi.  Ce dernier, un liquide alcalin (contraire de l'acide), s'obtenait en répandant de l'eau chaude sur la cendre de bois.  Cette action permettait de libérer la soude contenue dans le bois.  C'est ce produit qui rend possible la lessive.

 

Après avoir nettoyé avec soin le grand chaudron de fonte, notre ménagère faisait boillir de l'eau puis y versait, dans l'ordre suivant, le lessi, la résine et finalement le gras.  Le tout devait bouillir 45 minutes.  Pendant ce temps, elle devait brasser sans arrêt, car le mélange pouvait gonfler et renverser.  Pour éviter cela, elle y répandait un peu de neige à l'occasion, ce qui stabilisait le contenu du chaudron.

 

Vers la fin de la cuisson, elle incorporait au mélange, par petites poignées, la quantité voulue de sel dont le rôle consistait à lier tous les autres ingrédients pour arriver à une consistance solide.

 

À partir de cette étape, la ménagère devait être aux aguets et surveiller les signes avant-coureurs de l'épaississement imminent du mélange.  Lorsque ceux-ci se manifestaient, elle enlevait avec précaution le grand chaudron du feu et le laissait refroidir durant à peu près une journée.

 

Il ne restait plus qu'à couper en petits plocs la pâte dure et jaune clair qui s'était formée dans le récipient.  On entreposait ensuite la réserve de savon dans des contenants de métal pour éviter que les petits rongeurs (souris, mulots) ne viennent y faire des ravages.  Ces contenants étaient ultérieurement rangés au grenier.

 

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtres, auteur:  Yvons Désautels

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


La fête de Pâques
Ajouté le 04/15/2011 10:31:41

La fête de Pâques

 

Comme Pâques était une des plus importantes fêtes religieuses de l'année, nos ancêtres la célébraient avec beaucoup de pompe et de dévotion.  Ils le faisaient d'abord en s'y préparant soigneusement.  Tout au long du carême, ils observaient à la lettre un jeûne très sévère et suivaient avec beaucoup de piété les cérémonies qui se déroulaient au temple paroissial. 

 

Durant la semaine sainte, l'assistance aux «offices» était fort impressionnante.  Traditionnellement l'office du Jeudi saint avait lieu vers 6 heures du soir, celui du Vendredi saint vers 3 heures de l'après-midi et celui du Samedi saint vers 11 heures.  À chaque jour, la file d'attente devant les confessionnaux s'étirait jusque vers le fond de l'église.  En effet, chaque paroissien ayant atteint l'âge de raison, soit 7 ans et plus, était tenu de «faire ses Pâques».  Cela voulait dire se confesser et évidemment communier le jour de Pâqes ou dans la huitaine qui suivait.

 

Fête de la lumière et de la joie!

 

Les célébrations de la fête de Pâques débutaient très tôt.  Pour un certain nombre, elles commençaient dès minuit et une minute, alors qu'à l'église paroissiale la vigile pascale se transformait en une joyeuse célébration de la lumière, symbole de la résurrection et de la pérennité du Christ.  Ceux qui s'étaient déplacés pour une cérémonie nocturne ne rentraient pas chez eux pour aller se coucher.  Sur le perron de l'église, ils s'invitaient mutuellement pour aller casser la crûte.  Plusieurs d'entre eux veillaient même jusqu'au petit matin, car ils voulaient être les premiers à aller cueillir la fameuse «eau de Pâques».

 

Selon la tradition, cette eau avait le pouvoir de guérir les maladies de la peau et de soulager plusieurs indispositions.  L'eau de Pâques devait se ramasser avant le lever du soleil, le jour de la Résurrection, dans un ruisseau, un fleuve, une rivière, en fait dans tout ce qu'on appelle de l'eau courante.  Pas question d'utiliser l'eau du puits ou de l'étang.  Comme l'eau de Pâques avait la propriété de se conserver toute l'année sans se corrompte, les braves qui en faisaient la cueillette s'amenaient avec plusieurs bouteilles qu'ils emplissaient pour ensuite les emporter à la maison.  Durant la journée, ils distribuaient le fruit de leur récolte aux parents et aux amis qui n'avaient pu être des leurs.

 

Toujours selon les anciens, il paraîtrait que les matins de Pâques, il se produisait un phénomène singulier.  À son lever, le soleil dansait dans le ciel.  Il suffisait d'observer, racontent-ils, le spectacle sur les cloisons et sur les murailles.

 

Pâques n'aurait certes pas été Pâques, sans la traditionnelle grand-messe de dix heures.  Comme pour la messe de minuit, celle-ci rassemblait presque toutes les ouailles de la paroisse.  Pratiquement, seuls les malades au lit n'y étaient pas.  Débarrassée de ses voiles violets, l'église avait fleuri comme un grand jardin.  Un moment en  particulier avait l'art d'émouvoir tout le monde.  C'est lorsque le célébrant entonnait le Gloria.  Soudainement, le choeur qui était resté muet depuis le dimanche des rameaux se déchaînait et répondait : «Et in Terra, Pax hominibus bonae voluntatis».  Au même moment, les cloches de toutes sortes carillonnaient leur joyeuse mélodie.  Elles aussi s'étaient tues durant la semaine sainte.  On disait à cette époque-là qu'elles étaient parties à Rome.

 

Une des plus touchantes coutumes de la fête de Pâques avait rapport avec les cloches pascales et les petits enfants qui ne marchaient pas.  En effet, ce jour-là les mères mettaient leur jeune enfant sur le plancher afin qu'il essaie ses premiers pas.  La tradition voulait que, lorsqu'il entendait les cloches de Pâques, l'enfant qui n'avait pas voulu marcher par lui-même devenait plus hardi et s'élançait sans l'aide de personne.

 

Lorsque l'Ite Missa Est renvoyait toute le monde chez soi, les abords de l'église prenaient l'allure d'une kermesse.  Surtout si la journée était douce et ensoleillée.  On s'attardait sur la grande place pour saluer tous et chacun et pour se souhaiter de joyeuses Pâques.

 

Une fois les politesses accomplies, on revenait à la maison où un succulent jambon rose occupait le centre de la table familiale.  Aiguisé par quarante jours de jeûne, l'appétit ne manquait à personne.  On avait droit à tout un banquet.

 

Source: Les coutumes de nos ancêtes, auteur:  Yvon Désautels

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


Le poisson d'avril
Ajouté le 03/31/2011 15:29:40

Le poisson d'avril

 

En 1564, le roi Charles IX  de France prend une grave décision qui va en quelque sorte changer le cours de l'histoire.  Il proclame que désormais l'année commencera le 1er janvier et non le 1er avril comme avant.  Désormais, plus d'étrennes ce jour-là.  C'est ce grand chambardement qui va amener l'apparition du poisson d'avril.

 

En effet, pour taquiner tout spécialement les gens mis de mauvaise humeur par ce changement, on commence à leur offrir des simulacres de cadeaux qui dégénèrent bientôt en farces et blagues de toutes sortes.  Ce sont ces farces qu'on baptisera  «poissons d'avril».  D'ailleurs le mois d'avril est à la fois celui où le soleil quitte le signe zodiacal des Poissons et également celui de l'ouverture de la pêche.

 

Dans les années qui suivirent, les plaisanteries les plus farfelues se mirent à circuler.  Le jour du 1er avril, on chargeait, entre autres, enfants, commis de magasins... de courses très saugrenues.  On leur demandait avec le plus grand sérieux du monde d'aller chercher une corde à attacher le vent, un brochet sans arêtes, de l'esprit en bouteille, des oeufs carrés.

 

Nos ancêtres étant de culture française, la coutume du poisson d'avril se perpétua en Nouvelle-France et connut ici autant de succès qu'ailleurs.

 

Le 1er avril 1749, voici comment la petite fille de madame Claude Michel Bégon de Québec s'en donna à coeur joie:  «Notre chère petite-filles n'a, je crois, point dormi de la nuit pour être plus tôt levée pour faire courir le poisson d'avril à quelqu'un.  Je n'ai pu m'empêcher de rire de l'avoir vue, avec un air grave, dire à la bonne qu'il y avait un homme bien matinal qui la demandait.  Elle est sortie aussitôt; tu penses bien les cris de joie et les sauts qu'elle a faits.  Elle a passé la matinée à cela, sans avoir la force de prendre assez de gravité pour la faire finir.  Il faut bien qu'elle se divertisse un peu: sans en avoir envie ni de raison, je ne puis condamner ceux qui le font et surtout à son âge...»

 

Célébration encore vivante

 

Au 19e siècle, cette célébration avait pris des proportions inégales.  On rivalisait d'imagination pour mettre au point le scénario qui prendrait, qui le curé, qui son voisin, qui son député, qui sa femme, qui le maître d'école.  Certains se mettaient à la tâche dès le début du mois de mars.

 

Selon madame Marie Larouche-Lajoie, née en 1898 au Lac Saint-Jean, «il y avait bien des manières de faire courir le poisson d'avril:  des choses ridicules, des affaires qui avaient du bon sens, d'autres qui n'avaient ni rime ni bon sens:  la corde à virer le vent, par exemple, l'istourde pour débourrer les poignets».

 

Certaines années, même les journaux se mettaient de la partie.  L'un d'entre eux lança une collecte de noyaux de pêches pour reboiser le Sahara.  Un autre annonça un certain 1er avril la découverte d'un arbre capable de produire du spaghetti...

 

Quand il s'agissait de faire courir le poisson d'avril, les jeunes ne cédaient en rien aux adultes.  Ce jour là, un nombre incroyagle de petits poissons de papier apparaissaient à l'école.  L'astuce consistait à aller les accrocher en douce dans le dos d'un compagnon.  Ou encore, exploit suprême, dans le dos du professeur.  Toute la journée, il fallait donc être sur ses gardes et vérifier régulièrement si on ne traînait pas un poisson dans son dos.  Il fallait également se méfier des mises en garde du genre «tu perds quelque chose», car au moment même où on vérifiait , on s'entendait dire avec un grand éclat de rire «poisson d'avril».

 

Thème et mascotte de cette joyeuse rigolade, le poisson court encore.

 

 

Source:  Les coutumes de nos ancêteres, auteur:  Yvons Désautels

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


La mi-carême
Ajouté le 03/15/2011 10:14:45

 

La mi-carême

 

Dès qu'on avait 21 ans et ce, jusqu'à l'âge de 60 ans bien sonnés, on était tenu de faire son carême, c'est à dire jeûner tous les jours sauf le dimanche.  Et pas de n'importe quelle façon.  On ne pouvait prendre qu'un seul véritable repas par jour.  Généralement le midi.  Le matin et le soir, il fallait se limiter à des aliments très légers.  Le carême se caractérisait également par une grande retenue dans le domaine des loisirs et de la vie sociale.  La vie prenait momentanément une allure grave et posée.  Le temps était à la réflexion et aux pénitences.  La mi-carême venait mettre toutefois  une joyeuse parenthèse dans tout cela.

 

Ce jour-là, les écoliers rentraient à la maison plus tôt.  Comme au temps du mardi-gras, ils se déguisaient en personnages loufoques et sillonnaient les alentours dans l'espoir d'obtenir quelques sucreries ou quelques petits cadeaux d'occasion.  Les adultes n'étaient pas en reste.  Eux aussi délaissaient les travaux plus tôt et rejoignaient les jeunes dans leur ronde de visites.  En prévision de celles-ci, les femmes avaient réanimé la cuisine et popoté comme pour les grandes fêtes.  À l'heure du souper, les tables se garnissaient d'énormes pâtés de toutes sortes, de ragoûts et de fricassées gargantuesques ainsi que de tartes, de galettes et de crêpes multiples.  Tout le monde était en appétit.  Voilà déjà 23 jours qu'on se serrait la ceinture.  Les assiettes se vidaient en un clin d'oeil.  Comme l'alcool était aussi permis, on s'humectait le gosier sans se faire prier.

 

Joyeuse halte au milieu du Carême

 

Pendant que la maisonnée faisait honneur à la ribambelle de plats, une odeur de sucre venait titiller les narines aguerries par un long jeune.  C'était la tirede la mi-carême qui dégageait ce doux parfum.  Sur le poêle ou dans le fourneau, la mélasse et le sirop d'érable finissaient lentement de marier leur fin nectar.  Et sous peu, proclamait fièrement la maîtresse des lieux, tout le monde pourrait se servir à volonté.  À cette époque-là, on n'aurait pas imaginé la mi-carême comme la Sainte-Catherine d'ailleurs sans servir cette fameuse tire blonde.

 

À plusieurs reprises tout au long de cette réunion du reste fort animée, un bruit sourd faisait sursauter toute l'assemblée.  On frappait dru à la porte du logis.  C'était la «mi-carême».  Dans l'encadrure de la porte sa silhouette trouble apparaissait soudainement, appeurant les plus jeunes.  Il s'agissait d'un voisin ou d'un ami qui voulait joindre le groupe de fêtards.  Il avait pour la circonstance endossé le costume traditionnel de la vieille femme qui, dans la croyance populaire, incarnait la «mi-carême».

 

Ce costume consistait le plus souvent en un affreux assemblage de genilles auxquelles on suspendait des queues et des arêtes de poisson.  Un vieux chapeau en forme d'entonnoir finissait d'enlaidir  le personnage dont le visage avait été barbouillé au jus de tabac pour le rendre encore plus grotesque.

 

Lorsque la mi-carême s'amenait, il était d'usage de lui offrir un «p'tit coup d'rhum» pour le réchauffer.  Ce qu'elle acceptait sans se faire tordre le bras.  Son arrivée déclenchait d'ailleurs dans le groupe de fous éclats de rire.

 

Sa soif étanchée, la vieille faisait le tour de la grande salle.  Devant chaque personne, elle s'arrêtait, déposait son grand sac de toile sombre et en tirait un  mystérieux cornet de papier blanc.  Chacun recevait un cadeau basé sur sa bonne ou mauvaise conduite.  Dans le premier cas, le cornet contenait des dragées ou des sucreries.  Dans le deuxième, des patates gelées ou encore des écales de noix.  Et la vieille y allait de commentaires souvent très impertinents sur le compte de chacun.  Son rôle lui permettait une dose de franchise qui avait l'air de réjouir l'assemblée et d'embarrasser la personne visée.

 

Les enfants attendaient leur tour avec impatience mais aussi avec une certaine appréhension et lorsque leur écart de conduite était étalé devant tout le monde cela faisait beaucoup rire leurs parents.

 

Une fois distribuée les cornets, la fête se poursuivait par une danse ronde qu'on effectuait sans accompagnement musical.  Durant le carême, on évitait les réjouissances trop bruyantes.  Malgré tout, on s'amusait ferme.

 

Le lendemain, le sérieux reprenait le dessus et le carême se poursuivait avec ferveur jusqu'à son somptueux dénouement:  la fête de Pâques.

 

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtre, auteur:  Yvon Desautels

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


Le temps des sucres
Ajouté le 03/05/2011 12:30:57

Le temps des sucres

 

 

La récolte de la sève d'érable est certainement une des plus vieilles traditions de notre pays.  Les Amérindiens pratiquaient déjà cette activité avant l'arrivée des Européens dans la vallée du Saint-Laurent.  Et ce sont eux qui leur en apprirent les rudiments.  En 1704, un voyageur en Nouvelle-France note que «la sève admirable des érables est telle qu'il n'y a point de limonade, d'eau de cerise qui ait si bon goût, ni breuvage au monde qui soit plus salutaire».  Vers cette époque, on rapporte que madame de Repentigny produisait alors plus de 30,000 livres de sucre dans l'île de Montréal (environ 15,000 kg).

 

Le «temps des sucres» variait selon les années et aussi selon les régions.  Mais, d'une façon générale, il avait lieu durant les mois de mars et d'avril, au gré d'abord et avant tout de la température.  On en récoltait beaucoup ou très peu selon qu'on obtenait l'alternance de gel et de dégel.  La saison pouvait ainsi durer 8 jours ou parfois presque un mois.

 

Lorsque donc les «premiers soleils» réveillaient la sève des érables, tous les membres de la famille au grand complet se mettaient à l'oeuvre.  Le travail était urgent, car la sève n'attend pas.  On ramassait alors le matériel __ auges, seaux, goudilles, chaudrons, tonneaux __ et on montait à l'érablière.

 

Période de travail intense

 

Le travail consistait d'abord à entailler les troncs au moyen d'une vrille, à la hauteur de trois pieds environ.  Puis on y introduisait soit une lame de couteau, un morceau de bois taillé ou encore, un peu plus tard, un chalumeau sous lequel on installait un seau.  Comme dans une seule journée, un arbre pouvait remplir 20 ou 25 de ces seaux, il fallait ensuite passer régulièrement au fil des heures pour recueillir la sève et la ramener à la cabance à sucre.  Si on tient compte du fait qu'une petite érablière pouvait compter enre 300 ou 400 arbres et les plus grosses, quelques milliers, on devine aisément l'ampleur de l'opération.  La cueillette s'effectuait à l'aide d'un traîneau surmonté d'un grand tonneau de bois et qu'on conduisait sur une trace préparée d'avance.  La tournée terminée, on revenait à la cabane à sucre et on transivdait la sève dans de grandes chaudières sous lesquelles frétillaient de gros feux de bois qu'on devait entretenir constamment.  L'eau en bouillant, se transformait d'abord en sirop, puis en tire, puis en sucre.  Celui-ci était par la suite déposé dans des jattes de bois où il durcissait en forme de pain rond.  Ce «sucre du pays», de même que les réserves de sirop d'érable qu'on ne manquait de constituer, faisait partie intégrante de l'alimentation familiale tout au long de l'année.

 

La cabane à sucre du temps jadis ne ressemblait pas à celles qu'on connait aujourd'hui.  Il s'agissait plutôt d'un abri très modeste, souvent ouvert sur les côtés.  Quand on montait à l'érablière pour «bouillir», on y passait toute la journée.  Il n'était pas question de laisser le travail pour aller casser la croûte.  On mangeait sur place.  Certains s'y installaient même pour la durée des sucres.

 

Comme nous l'avons déjà mentionné, le travail des sucres requérait la présence de tous les membres de la famille.  Mais se joignaient bien volontiers à eux les amis, les villageois, les résidents des autres rangs, et souvent la parenté de la ville.

 

Comme on peut le soupçonner, ces corvées tournaient assez rapidement en partie de plaisir où, entre quelques chansons, on se remplissait l'estomac de trouvailles gastronomiques assez surprenantes:  jambon, crêpes, lard, oeufs au sirop, sans parler des «oreilles-de-christ« ou des délicieux «grands-pères».

 

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtres, auteur:  Yvon Désautels

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


Les remèdes de bonne femme
Ajouté le 02/23/2011 16:34:02

 

 

Les remèdes

 

de bonne femme

 

L'ingéniosité dont faisaient preuve nos ancêtres, au 19e siècle, ne se limitait pas au seul horizon des tâches domestiques.  Elle s'étendait à toutes les facettes de la vie.  Essaimés dans les milliers de rangs et de concessions qui quadrillaient la province, les gens avaient appris à suffire eux-mêmes au plus grand nombre de besoins possible.

 

Ainsi, face aux indispositions, infections et maladies de toutes sortes, avaient-ils développé un arsenal de recettes et de médicaments dont l'efficacité variait évidemment de la «cure miracle» au soulagement à très long terme.  C'est ce que nous appelons d'ailleurs encore aujourd'hui les «remèdes de grand-mère» ou «de bonne femme».

 

Refilées de mère en fille ou échangées lors de conversations de veillées, de corvées ou de perron d'église, ces recettes mettaient à profit des connaissances acquises de génération en génération.

 

Chaque remède avait sa recette que les gens apprenaient d'habitude par coeur.  Quand le mal frappait, on ne dérangeait pas le médecin.  On tentait plutôt d'utiliser ces remèdes maisons.  Si ceux-ci s'avéraient peu efficaces, alors seulement se décidait-on à «mander le médecin».  Et cela voulait dire que le cas était plutôt grave.

 

Recettes de grande efficacité

 

Ces médications domestiques préconisaient, la plupart du temps, l'emploi de substances fabriquées à partir de racines, d'herbes, de baies, de «sapinage», de gommes végétales qui abondaient dans l'entourage.  Les fraises servaient à stopper une diarrhée.  Le chiendent à faire abaisser la pression sanguine.  La camomille à diminuer la fièvre.  Les pissenlits aidaient à faire passer la bile, la moutarde appliquée en compresse («mouche») à faire décoller une bronchite, etc.  Le répertoire avait l'ampleur des maux du genre humain.

 

À côté de ces remèdes maison, proliféraient également les remèdes «patentés».  Il s'agissait de potions ou d'onguents fabriqués par des individus ou des entreprises et qui étaient distribués par des colporteurs itinérants qu'on appelait en langage populaire «pedlers».  Ces mystérieux personnages, en habiles propagandistes qu'ils étaient, avaient l'art de mousser les propriétés curatives des produits qu'ils vendaient.  À les écouter, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'une potion magique.  Telles petites pilules rouges ranimaient les femmes faibles.  Tel liniment exorcisait à jamais le rhumatisme.  Tel sirop prévenait même la pire des grippes.  À Montréal, une certaine dame avait même mis au point l'ultime médicament.  Afflublée d'un nom très sympathique (La joie du peuple), cette décoction était «infaillible en cas de faiblesse, bronches, rhumes, coqueluche, maladie de la vessie, du foie, des rognons, la pierre, la gravelle, les rhumatismes, hémorroïdes, paralysie, «rifle», et la consomption à sa première période!!».

 

Malgré tant de décoctions astucieuses, cette époque de notre histoire a été marquée par de graves épidémies qui ont emporté dans leur sillage la vie de plusieurs de nos aïeux.  En 1832 et 1834, le choléra fit respectivement 4,000 et 3,000 victimes chez nous.  En 1918, la grippe espagnole toucha 500,000 Québecois dont 14,000 mortellement.  La plus belle preuve que ces médications domestiques avaient leur limite.

 

 

 

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


Le tissage
Ajouté le 02/10/2011 16:43:40

 

 

LE TISSAGE

 

 

Durant l'hiver, les femmes s'adonnaient à un ensemble d'activités qui avaient pour but de pourvoir la maisonnée en étoffe, tissu, vêtements de toutes sortes.

 

Une de ces activités typiques de l'hiver québecois était sans contredit le tissage.  Une fois que la période «des fêtes» était passée, on installait soit dans la salle commune de l'habitation (la cuisine) ou encore dans la grande chambre (salon) l'imposant  métier à tisser.  Cet instrument qui n'a d'ailleurs pas tellement changé depuis avait, comme c'était la coutume, été fabriqué par les hommes de la maison à partir d'arbres coupés dans les environs.  À cette époque-là, les gens achetaient peu de choses.  Ils fabriquaient presque tout ce qui était nécessaire à leur vie quotidienne.

 

Il est peut-être intéressant d'ouvrir une parenthèse ici pour dire que le tissage a mis beaucoup de temps à prendre racine chez-nous.  Tout au long des cent cinquante premières années de la communauté québecoise les différents gouverneurs et intendants de la Nouvelle-France ont tenté sans grand succès d'inciter les dames de chez-nous à s'adonner à cet art domestique.  Cela aurait permis à la jeune colonie de développer une certaine auto-suffisance en tissu et en étoffe.  Ils se heurtèrent pour la plupart à un désintéressement décourageant.  Cette carence de tissu «du pays» constitua à l'époque une des premières causes de l'inflation et de la cherté de la vie.  Ce ne sera qu'après la conquête anglaise, une fois que les liens furent coupés avec la mère patrie, que le cardage, le filage et le tissage deviendront des occupations saisonnières de la femme québecoise.

 

Des pièces fort variées

 

À partir de la fin janvier donc et ce jusqu'aux temps des semailles, les femmes de la maison se relayaient sur le métier à tisser.  Elles confectionnaient ainsi une gamme fort variée de pièces.  Certaines servaient à tailler des vêtements.  Pensons par exemple  à des tissus tels la serge croisée, le droguet ou encore la toile de lin.  D'autres, comme la panoplie des couvertures de lit ou des laizes pour plancher avaient des vocations bien précises.

 

On obtenait des étoffes et tissus à partir d'une matière première peu chère et la plupart du temps disponible en abondance dans les environs.  Correspondaient à ces critères par exemple la laine et le lin qui ont occupé une place importante dans la production des artisanes du 19e siècle.

 

On récupérait et on recyclait beaucoup aussi à cette époque.  Les tissus usés, les vêtements trop défraîchis, les couvertures et les draps effilochés étaient mis de côté.  Ils servaient à confectionner les fameuses catalognes québecoises.

 

Ces productions artisanales n'étaient pas dépourvues de coquetterie et de créativité.  Tout au contraire!  Laissant aller leur imagination, les tisserandes inventaient des motifs, des tons, des textures des plus diversifiés.

 

Ceci a d'ailleurs donné naissance à de véritables styles régionaux; le boutonné de Charlevoix, la flanelle à carreaux noirs du bas du fleuve, ect.  Ces créations constituent sans doute un des plus beaux fleurons de l'artisanat québecois.

 

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtres, auteur:  Yvon Désautels.

 

Mots-clés: Les Coutumes De Nos Ancêtres


Les traverses et les ponts de glace
Ajouté le 02/02/2011 09:55:14

Les traverses et les

ponts de glace

 

Alors que durant l'été, on mettait parfois trois à quatre heures pour se rendre d'un village à un autre, durant l'hiver on pouvait parcourir le même trajet en moins d'une heure en prenant le raccourci qu'offraient les innombrables lacs ou rivières gelés.

 

Évidemment, les voyageurs ne s'élançaient pas sur ces boulevards de glace n'importe quand, n'importe où et n'importe comment.  Dans ce cas, la témérité était mauvaise conseillère.  Mieux valait apprendre des vieux la façon de voyager sur les eaux gelées à défaut de quoi on risquait de s'y engouffrer brutalement et d'y périr presque sur le coup par jour de grand froid.

 

Rivières et lacs gelés

servaient de ponts l'hiver

 

Dès que la glace avait eu le temps de prendre, les cantonniers de village commençaient les travaux nécessaires à l'ouverture des traverses et ponts de glace.  Selon la tradition, ceux-ci devaient êre terminés un peu avant les fêtes afin de permettre aux familles et aux amis d'aller veiller à leur guise.  Lors de ces hivers doux cependant, la glace n'était pas «allable» avant la fin de janvier ou même au début de février.  Au grand désespoir des «veilleux».

 

Les préparatifs débutaient par le sondage de la glace et l'établissement d'un tracé sécuritaire et efficace.  Avançant prudemment sur la glace, les cantonniers écoutaient le bruit sous leur pas et jugeaient ainsi de sa résistance.  Une fois le parcours choisi, on le balisait en plantant de chaque côté et à intervalle régulier de petits arbres.  Ainsi de nuit ou par temps de poudrerie, les utilisateurs ne risquaient pas de se perdre ou de s'aventurer dans des zones dangereuses.  Ces opérations étaient régies par des lois.  Par exemple, les paroisses situées de part et d'autre d'une rivière étaient formellement obligées chaque hiver de préparer, d'entretenir et de se partager les coûts d'un pont de glace.

 

Dans le cas des lacs, la loi n'était pas aussi précise.  La bonne volonté des édiles municipaux entrait plus en ligne de compte.  Les traverses n'y étaient pas pourtant moins populaires que sur les rivières.  Leur glace plate et unie (la glace plange comme on disait) en faisait des passages très fréquentés.  Citons à titre d'exemple les traverses du lac Saint-Louis et du lac Saint-François au sud de Montréal, du lac Saint-Jean.  Les problèmes qui y surgissaient étaient par contre de nature très différente.  Très souvent, une fente d'eau libre plus ou moins large apparaissait dans le milieu du lac.  Provoquée par des courants issus des profondeurs, cette fente pouvait causer la perte des voyageurs.  À certains endroits, on avait aménagé des passerelles de bois qu'on installait l'hiver venu.  Ailleurs, on ajoutait même un gardien qui entretenait dans les environs un relais chauffé où les voyageurs s'arrêtaient pour  s'informer des conditions de la glace et pour se réchauffer.  C'était le cas par exemple sur l'intinéraire Roberval-Péribonka.

 

Aucun tracas pour les voyageurs, les sources.  Leurs eaux plus chaudes maintenaient des trous à la surface de la glace.  Heureusement par temps très froid, une buée s'en échappait et avertissait ainsi le conducteur du traîneau de s'en éloigner comme la peste.

 

Sur le Saint-Laurent, au-delà de Trois-Rivières, où les marées ne se font pas à peu près plus sentir, les ponts de glace étaient très populaires.  On en comptait un entre Verchères et Repentigny, entre Sorel et Berthier, Nicolet et Pointe-du-lac.  Même chose entre Montréal et ses deux rives.

 

Le plus célèbre de tous ces ponts fut celui de 1854, année de l'érection de la basilique du Cap-de-la Madeleine.  Juste après le passage du dernier convoi de pierre qui venait de la rive surd, le pont s'écroula.  C'est d'ailleurs pour évoquer cette protection miraculeuse qu'on a élevé sur le site du sanctuaire le fameux «pont des chapelets».

 

En aval de Trois-Rivières, le Saint-Laurent ne se pontait presque plus.  L'influence de la marée et la présence des eaux de plus en plus salées obligeaient les voyageurs à utiliser le canot à glace.  Manoeuvré par une «battelée» de quatre à six hommes, le canot permettait autant de glisser sur les banquises de glace que de naviguer dans les sections de chenal libre.

 

Source:  Les coutumes de nos ancêtres, auteur:  Yvon Désautels

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