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Recherche avec Google
Ajouté le 06/02/2013 22:25:57

En 2009, j'ai écrit un blogue portant sur la recherche internet en me servant  principalement du moteur de recherche Google. Je le remet en mémoire, ici, en recherchant la Lignée Directe de Patrick Roy, joueur de hockey, sur le site de Planète Généalogie et Histoire:

 

Écrivez ceci pour trouver facilement la lignée directe de Patrick Roy et vous devriez le trouver très facilement.

 

Patrick Roy site:http://genealogie.planete.qc.ca

 

 

 

Autre exemple:

 

Pour chercher Griffintown, remplacez [Patric Roy] par Griffintown, tout simplement, comme ceci:

 

Griffintown site:http://genealogie.planete.qc.ca

 

 

Bonne recherche!


 

 

http://genealogie.planete.qc.ca/blog/view/id_4138/user_/name_Pilote_Qc/

Mots-clés: Patrick Roy Recherche Google


Forillon et Longue-Pointe de Montréal
Ajouté le 05/30/2013 13:08:51

J'ai déjà inclus dans ma page des vidéos concernant la Gaspésie, mais qu'on me pardonne ma faiblesse pour l'Histoire de la péninsule chérie: Je rajoute donc deux liens rappelant que pour faire une omelette délicieuse, il faut bien, à contrecoeur, casser des œufs frais. [Quand les œufs sont des êtres humains... .]

 

Voyez,

 

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.112010985577805.16700.104793079632929&type=3

 

et

 

https://www.facebook.com/pages/Expropri%C3%A9sesde-Forillon/104793079632929

 

 

Bon visionnement!

 


 

note: je présente ces liens ici pour leurs valeurs patrimoniales et historiques, mais aussi pour faire connaitre le site de Planète Généalogie et Histoire, puisque Google, le moteur de recherche, fait des liens entre les sujets. D'une pierre, deux coups. 

Mots-clés: Parc Forillon Expropriation Canada Longue Pointe


Une leçon de patriotisme
Ajouté le 12/16/2012 10:28:37

 

Une leçon de patriotisme

 

 

 

 

Qui donc me l'a racontée cette fête
récente de langue française dans la petite
école du [Trois] de la paroisse de Saint-
Michel?
 
À huit heures du soir, le clocheton a
sonné à toutes volées, égrenant, dans la
nuit sereine et sur la campagne blanche, sa
musique de sons clairs. Des sonneries de
grelots lui ont bien vite répondu. Les car-
rioles sont venues s'aligner le long de la clô-
ture; et le grand nombre des chevaux qui
attendent, la robe sur le dos, atteste qu'à la
soirée, personne ne manque des gens du
[Trois]. Dans l'école, tous les petits sont
endimanchés, et quel air de fête dans l'uni-
que salle bien éclairée! Des banderoles cou-
rent le long des poutres; les murs sont piqués
de minuscules tricolores et de Carillons. Le
pupitre de la maîtresse où vient prendre
place M. le commissaire, se pare d'un pot de
fleurs, et là, sur le grand tableau noir, on
peut lire en belles lettres blanches, hautes
et droites: [Pour la langue de nos mères].
En avant du tableau, un plateau d'argent
sur un tabouret attend les offrandes.

 

La fête commence. Au signal de la
maîtresse, les petits saluent cérémonieuse-
ment l'assistance, puis, avec entrain atta-
quent [Ô Canada]. On chante deux
strophes; un autre signal et chacun va
prendre place à son pupitre. C'est mainte-
nant la correction d'une dictée française,
travail confié aux plus âgés. Les bambins
lisent l'un après l'autre leur bout de dictée,
analysent, expliquent, corrigent, se font
corriger, pendant que les petites phrases
ailées, faites de verbes doux, d'adjectifs
émus, de substantifs pieux, voltigent sous
le toit de l'école et vont faire frissonner
l'âme des parents et les petits drapeaux
appendus à la voûte. C'est qu'elles parlent
bien les petites phrases:
 
[Ô belle, ô pure, ô noble, ô délectable
langue française. Dieu qui aime les Fran-
çais, et par lesquels ses desseins s'accom-
plissent, leur a mis dans la bouche, en té-
moignage de leur mission sublime, le parler
le plus suave, le plus doux, le plus fin, le
plus fort, le plus touchant qui ait jamais
chanté sur les lèvres humaines. Langue
claire, droite, probe, ennemie de la fraude,
langue franche comme l'épée de DuGues-
clin ... Langue pieuse. [Notre Père qui êtes
aux cieux ...] cela ne se dit bien qu'en
français... Ô belle, ô pure, ô noble, ô délec-
table langue française ...]
 
On a reconnu dans cette prose de poète,
l'un des plus jolis billets d'Albert Lozeau.
 
Mais voici qu'un bambin se hisse sur une
chaise, face à toute la classe, une longue
feuille de papier à la main. Il annonce:
Mots à bannir: [coat, binder, shed, set,
track, sweater, scrape, safe, satchel], etc.,
etc. Et toute la classe de lui donner la
réplique en lui renvoyant avec une unani-
mité parfaite les mots de chez nous.
 
Et l'on passe au 4e numéro du program-
me; Une leçon d'histoire du Canada. C'est
l'institutrice qui interroge; et, tout de suite,
commence la série des épisodes épiques, le
long défilé des gloires. Ils furent tous
prononcés, ce soir-là, les noms les plus
sonores, les plus vaillants, ceux dont les
syllabes donnent au coeur le [petit batte-
ment] d'héroïsme, ceux des grands morts
qui dorment en nous, et qui, à nos heures de
doute, d'apathie, s'éveillent, pour nous
exhorter à la lutte, pour nous crier de
défendre, avec le parler ancestral, la vieille
âme héréditaire.
 
Ce ne fut pas tout. II se dit et se fit
encore après cela de jolies choses, à la petite
fête de langue française de l'école du
[Trois]. On m'assure qu'on y chanta, et
de façon délicieuse, les plus sautillantes de
nos chansons canadiennes. Et je me suis
même laissé dire qu'un des plus grands
parmi les bambins récita avec un aplomb
et un pectus que n'aurait pas désavoués le
[membre du comté], la fameuse riposte de
Lafontaine à M. Dunn en 1842: [On me
demande de prononcer dans une autre
langue que ma langue maternelle, mon
premier discours dans cette Chambre ...]
 
À la fin Monsieur le Commissaire prit la
parole. Il félicita l'institutrice et les
enfants. Et comme il a de la lecture, M.
le Commissaire, et même quelques lettres,
il dit aux tout petits l'amour qu'il faut
porter à la langue française et le bonheur
de pouvoir l'apprendre sans peine. Il
leur raconta les difficultés de leurs petits
camarades de l'Ontario et de l'Ouest,
incapables de bien apprendre à l'école
le doux parler de leurs mères. Il
leur demanda de bien parler leur langue pour
se préparer à la bien défendre; et il leur cita
l'exemple des petits Polonais préférant
subir le fouet des maîtres d'école prussiens
plutôt que de trahir le parler de leur patrie.
 
L'institutrice se leva. [Mes enfants,
leur dit-elle simplement, c'est le moment de
déposer votre offrande. Je vous l'ai dit:
personne ne doit déposer plus qu'un sou.
 
À vos parents, s'ils le jugent à propos,
d'ajouter à votre obole. Mais votre sou,
vous le donnerez avec amour, n'est-ce pas?
Vous le donnerez en songeant comme vous
le dit là, le grand tableau noir, que c'est
[Pour la langue de nos mères].
 
Un dernier signal! Les tout petits se
mettent en file, et, au pas militaire, commen-
cent à défiler devant le plateau d'argent, en
chantant de leurs voix douces et frêles,
qu'ils essaient de rendre énergiques et
sonores comme des clairons:
 
Ils ne l'auront jamais [bis]
D'âme de la Nouvelle-France.
Redisons ce cri de vaillance;
Ils ne l'auront jamais, jamais.
 
Ils ont dit dans leur fol orgueil:
Nous te prendrons, ô race fière,
Et ta langue et ton âme altière;
En paix, nous clouerons ton cercueil.
 
Ils ne l'auron: jamais ...
 
Tant que nos fleuves couleront;
Tant que là-bas la citadelle
À un vieux roc restera fidèle,
Que les érables verdiront ...
 
Ils ne l'auront jamais ...

 

Tant que forts seront les vouloirs
Que prêts à toutes les batailles
Nous saurons redresser nos tailles
 la hauteur des grands devoirs ...
 
Ils ne l'auront jamais ...
 
Tant que la croix de nos clochers
Se heurtera dans les étoiles ...
 
Ils ne l'auront ...
 
Les notes du fier refrain s'envolèrent
emportées par leur rythme martial, ponc-
tuées par la tombée des sous. Les parents
se sentirent émus. Le vieux Landry, un
vieux cultivateur à l'aise qui avait là ses
petits-enfants, et lui-même un fils de
patriote qui avait vu le feu de Saint-Eusta-
che, pleurait tout de bon dans son coin.
Il passait pour bien ménager le père Landry
depuis surtout qu'il s'était donné à ses
enfants. Et pourtant, quand il vit les
parents se diriger à leur tour vers le plateau
d'argent; quand il vit les mères enlever à
bras leurs bébés pour leur faire jeter des
pièces blanches, le père Landry sortit de son
gousset sa bourse aux cordons bien noués,
y plongea ses vieux doigts engourdis qui
venaient d'essuyer des larmes, et quand
tout le monde eut passé, le dernier, et d'un
geste lent qu'il voulut faire pieux, il jeta
discrètement son obole dans le plateau
d'argent.
 
L'école se vidait. L'institutrice alla
voir au plateau des offrandes. Elle trouva,
encore humide sur l'entassement des sous
de cuivre parsemés de monnaie blanche,
une étincelante pièce d'or.

 


 

Source: Les Rapaillages [Vieilles choses, vieilles gens], par Lionel Groulx, abbé

Mots-clés: Leçon


L'ancien temps
Ajouté le 12/15/2012 15:05:58

 

L'ancien temps

 

 

J'ai un ami qui a des idées délicieusement
originales. Il faut vous dire qu'il s'appelle
Basile ---- le malheureux!... et qu'il est
natif de Saint-Michel et du rang du Cro-
chet. Il lui arrivera de vous soutenir
--- je n'invente rien --- que c'est passé, fini
l'ancien temps. Et il ajoute, sans miséri-
corde, qu'il y a belle lurette. À l'en croire,
les vieilles choses et les vieilles gens de chez
nous ne vivraient plus que dans la légende
qu'il appelle, d'une métaphore pompeuse,
[la marge dorée de la grande histoire.]
 
Or, un de ces derniers jours que je me
trouvais dans les montagnes de la Blanche,
là-bas quelque part dans le nord, j'ai pris
avec moi mon ami Basile et je l'ai conduit
à une petite clairière, à une éclaircie,
comme ils disent, au bord de la grande
route, sur le dépent de la montagne. Nous
avons suivi sous le bois, pendant quelques
minutes, un chemin couvert aux grandes
arches de verdure. Entre les branches
s'ouvraient, par ci par là, de petites fenêtres
où se montraient à nous des massifs de rocs
et de forêts, avec des sommets renversés
dans le miroir d'un lac. C'était beau à
faire rêver. Soudain, à un coude du
chemin, ô merveille! ce fut un lever de ri-
deau éblouissant et la scène apparut. Là,
à quelques pas devant nous, je vous dis la
vérité vraie, nous le tenions l'ancien temps,
lui-même, en costume authentique, ô mon
ami Basile, natif de Saint-Michel et du rang
du Crochet!
 
Vous le savez: il s'est montré tout d'abord
sous les espèces d'une petite terre, un petit
défriché grand comme la main, où les sou-
ches noires faisaient taches dans le blé
vert, où la forêt vaincue se tenait encore
proche, rangée en lisière, dans l'attente
d'une revanche possible. Nous avons re-
gardé encore, ô mon ami Basile, et cette
fois l'ancien temps nous est apparu là-
bas, dans le coin, sous les espèces d'une
maisonnette en boulins, peinte à la chaux,
surmontée du légendaire tuyau rouillé,
d'où la fumée s'échappait lentement, par
petites bouffées, comme de la pipe d'un
aïeul. Nous sommes allés vers la mai-
sonnette, et là le tableau s'est achevé!
Là, l'ancien temps, le vrai, est venu vers
nous, sous les espèces d'un couple de vieux
restés verts et droits comme les pins
rouges de la lisière, malgré leurs quatre-
vingts ans à tous deux. Ils se tenaient sur le
pas de leur porte et nous disaient d'un geste
accueillant: [Entrez, entrez, messieurs,
vous êtes chez vous, vous savez.] Basile
les mangeait des yeux. Lui, portait encore
des bottes sauvages plissées à la main; elle,
le mantelet d'indienne et la jupe de
flanelle du pays; dans le coin, un rouet avec
un fuseau demi-plein; sur la table, un trico-
tage; là-bas, dans la cuisine, le poêle à deux
ponts, le banc des s
ciaux, la gouge accro-
chée à deux clous, la corne de poudre, le
fusil à bourre. N'était-ce pas complet?
Et partout, sur le plancher écuré, sur les
murs, les plinthes, les vitres et jusqu'au
plafond, ce vernis reluisant et simple de la
ménagère canadienne, et qui s'appelle la
propreté! --- Mon ami Basile, natif de Saint-
Michel et du rang du Crochet, ne s'en
tenait plus d'étonnement. Il regardait,
furetait partout, en croyait à peine ses
yeux grands ouverts, pendant que les vieux,
très fiers de recevoir des messieurs de la ville,
nous faisaient les honneurs de leur chez eux,
le coeur sur la main. [Il faut allumer et les
faire jaser], me dit mon ami Basile. Donc
ils allumèrent, et confortablement assis
dans le grand appartement, sur des chaises
d'honnête empaillure, la jasette commença.
Les vieux ne demandaient pas mieux,
c'était visible. Ils parlèrent en parleux.
Et à mesure qu'ils parlaient, nous avions
la certitude de retrouver un type. Ah oui,
c'était bien, comme chez vous tous, ô chers
vieux de l'ancien temps, le même amour du
sol, le même parler vieillot et savoureux,
la foi profonde, le grand sens moral.


Par la porte grande ouverte nous embras-
sions d'un coup d'oeil l'étendue du défriché.
[Quel dur labeur, nous disions-nous, il a
fallu à ces tâcherons pour prendre pos-
session d'un tel sol!] À la lisière des
champs d'avoine et de blé, de gigantesques
pins rouges se tenaient encore là dans une
attitude de défi. En maints endroits
d'énormes blocs de pierre perçaient la
couche très mince du sol arable. Certes,
elle avait bien son cachet poétique, la petite
ferme avec sa vue magnifique et surplom-
bante sur le lac, avec cet horizon pittores-
que fait de montagnes entassées. Mais là,
au fond de ce bois, à huit milles du premier
village, avec des chemins semés de ravi-
nières, loin de toutes les commodités,
comme la vie tout de même avait dû être
dure! N'est-ce pas la vieille qui s'écriait
un jour devant l'un des Pères de là-bas:
[Je puis dire comme saint Paul, je n'ai pas
eu beaucoup de bon temps]. Et pourtant,
voulez-vous le savoir? c'est la plus solide
et la plus vive amitié qui lie ces deux vieux
à leur petit coin de terre! Il est vrai qu'il
leur a donné tout juste de quoi rejoindre les
deux bouts, pendant qu'ils ont élevé là-
dessus une respectable famille de onze
enfants. N'importe! Quand le vieux, sur
ces entrefaites, nous confia la vente de sa
terre, cédée justement la veille à un monsieur
de la ville, ah! ce fut une larme dans les
yeux, et d'une voix mal sûre d'elle-même,
qu'il nous fit part de la grave nouvelle.
Basile, lui, feignit de s'étonner de ce cha-
grin. Alors le vieux nous débita ces petites
phrases où passait l'émotion d'un grand
deuil: [Voyez-vous, c'est vrai que je l'ai
vendue bon prix, et puis, je me suis gardé
mon privilège de rester dessus ma vie du-
rante, moi et puis ma vieille. Mais,
c'est égal; cette terre, c'est moi qui l'avais
faite, voyez-vous. Je l'ai prise en bois
deboute, y a pas moins de cinquante ans.
Et la terre, monsieur, ça a beau n'être pas
riche ni bien grand, c'est un peu comme la
femme, on ne s'en sépare qu'avec la mort.]
 
La vieille écoutait son homme, la tête
penchée, les mains ramenées l'une sur l'au-
tre. Elle nous avoua qu'il n'avait vendu
qu'avec son consent à elle. [Y avait
longtemps, dit-elle, que je les remettais
d'automne en automne. J'inventais tou-
jours quelques défaites pour passer l'hiver
tranquille dans ma maison]. Mais elle
ajouta sur un ton qui confessait le remords
d'une faiblesse: [cette fois-ci, j'avais autant
d'acquêt de les laisser faire, ils m'ont tant
bonnettée.]
 
Je ne me privais pas, vous entendez
bien, de souligner à mon ami Basile, à
mesure qu'ils passaient, les vieux mots, les
mots du terroir, les mots de l'ancien temps.
[Attrape, mon vieux, attrape]. Et quelle
évocation douce et prenante ces mots
nous apportaient! Tout de bon, c'était à
se croire en présence d'un vieil album des
anciens, vous savez de ces vieux albums
comme on n'en trouve plus, hélas! dans
les familles devenues trop fières, albums
à vieux portraits sur zinc, où les attitudes
sont gauches, les physionomies un peu
rudes, mais où transparaît toujours, dans
les sourires fanés, le vieil air de la race.
Ces terriens parlent encore comme l'on
parlait il y a cent ans. Dans un pays de
mines et de chantiers, ils ont bien attrapé
par ci par là quelques mauvais anglicismes.
Le vieux par exemple, nous parlait des
chemins qui sont ben roughs, mais qu'on
tough tout de même. La vieille, elle, se
plaignait de la sécheresse et du soleil qui,
à la longue, allaient finir par lui Jumper
ses concombres. Mais les mots de la
vieille lignée française passaient si vite et
si dru qu'on oubliait les intrus. Elle,
parlait de son vieux qui fait maintenant
ses rôdages et ben juste autour de la maison
de son vieux qui ne peut plus aller à la ville
parce que ça fait trop de marchements:
elle nous parlait de ses filles, accortes, pas
gesteuses, qui ont pris de bons partis,
tous bien établis. Lui, parlait à son tour
de sa vieille qui en vieillissant devient
palotte; il parlait des jeunesses d'aujourd'hui
feluettes et qui tremblent au vent comme la
folle avoine; il parlait des fruitages des
framboises qui cette année sont clairettes
du travail qui est pas commun et qui ne
vient que par ripompettes, des gens de
chantier qui passent l'été à courailler et à
vernailler, des suisses et de leurs mitaines
qui empestent le pays.
 
À propos des suisses, la question reli-
gieuse devait se poser naturellement. Il
fallut entendre ces braves gens sur cet
autre chapitre! Leur foi et leur grand
sens moral se révélèrent à nous avec des
paroles qui avaient l'air de rien, avec de
menus faits qui font plutôt sourire mais
qu'on dirait empruntés à je ne sais quelle
légende dorée de création paysanne. Et
remarquez bien que ces vieux sont loin
très loin de l'église; que l'hiver ils sont em-
prisonnés dans les neiges. Mais l'esprit du
Bon Dieu qui souffie où il veut, a développé
une foi vraiment étonnante chez ces
simples à l'âme claire comme le miroir de
leur lac. Savez-vous pourquoi, par exem-
ple, ils ont pendant si longtemps refusé de
vendre leur terre? Les offres les plus
alléchantes leur étaient venues de la part
de protestants. Mais voici: les Pères X
qui sont leurs voisins ont eux-mêmes
pour voisin sur leur droite, un suisse cana-
dien, un [reviré], comme on dit
encore là-bas. [Or, disait la vieille, les
Pères avaient perdu leur bras droit, fallait
pas leur enlever leur bras gauche quand y
n'ont que celui-là de bon.]
 
Voulez-vous quelque chose de non moins
charmant? Le monsieur de la ville, acqué-
reur de leur terre, croyant leur faire plaisir,
leur avait apporté la veille un petit goret,
sauf votre respect. [Vous lui ferez un
enclos, la mère, avait-il dit, et à l'automne
ça vous fera du lard pour passer l'hiver].
Mais, Grand Dieu! le petit goret faillit
tuer le bonheur. Un grave cas de conscien-
ce s'était dressé soudain dans l'âme de la
pauvre vieille qui nous soumit son embar-
ras. [Avec quoi faire cet enclos? se de-
mandait-elle. J'ai peur, voyez-vous, que
ce soit là une emmanchure pour mettre le
discord. Il faut aller selon les marchés.
Or, les marchés nous donnent droit sur le
bois de chauffage, mais pas sur le bois de
service!]... Entendez-vous? Entendez-
vous, gens de la ville? Oh! qu'elle ne sache
jamais la noble vieille femme comme ses
scrupules vous auront fait sourire ... !
 
De but en blanc elle vint à nous parler
de ses enfants mariés. Ses garçons ont
tous pris des terres: ce qu'elle tient visible-
ment comme un titre de noblesse. Elle
ajoute avec fierté: [le Bon Dieu les a
bénis comme il faut; ils ont tous des mai-
sonnées pleines d'enfants]. C'est là-dessus,
je crois, qu'elle nous raconta l'histoire d'une
de ses filles, morte après quelques années
seulement de ménage, laissant après elle
plusieurs orphelins. La grand-mère se
fût fait une joie d'adopter l'aînée des filles,
sa fillole, une petite rougeaude et qui fait
pas de train. [Mais, soupira-t-elle, j'avais
fait une promesse de ne plus élever de
filles.] Ici, mon ami Basile eut un haut-le-
corps; il n'y tint plus: [Mais, la mère, des
promesses comme celle-là, il n'y a pas obli-
gation de les tenir!] La vieille sursauta
ainsi qu'à la pensée d'un sacrilège: [Ah!
monsieur, mais c'est que je l'avais promis
devant le Saint-Sacrement!] Le vieux
vint à la rescousse: [Voyez-vous, c'est pas
tant la coûtance qu'il y a; mais dans un
pays de bois et de montagnes, c'est malaisé
d'élever ces enfants-là! On a beau être
pauvre, on a son honneur comme les autres.
Je m'en vais dire comme les anciens:
[bonne renommée vaut mieux que ceinture
dorée].
 
Mais j'arrive au point psychologique de
la causerie, celui où se posa lè dualisme
latent de la famille, le dualisme des temps
nouveaux et de l'ancien temps, et qui devait
achever la démolition de mon cher Basile,
natif de Saint-Michel et du rang du Crochet.
Or donc, ces vieux ont un grand garçon
resté avec eux pour prendre soin de la
terre. Le garçon est un brave type, un
de ces bons coeurs d'homme qui acceptent
le célibat, et bien d'autres choses en plus
pour garder le foyer et fermer les yeux des
vieux parents. Seulement le pauvre enfant
est allé en chantier; il a voyagé, a vu du
pays. Pour tout dire, il a trop de sortie.
Il trouve l'intérieur de la maison un peu
démodé; il y voudrait des meubles moins
anciens; surtout il voudrait rajeunir les
images qui pendent au mur du grand
appartement. Or, il y a là trois chromos
antiques, un saint Antoine de Padoue, une
sainte Marie-Madeleine et une Bonne
sainte Anne. Ces pauvres images à la
vérité sont bien défraîchies. Il devient
visible que la fumée et les moisissures les
ont ravagées plus que de raison. Leur
déplorable état fournit donc un argument
d'une grande force au garçon. Mais il leur
en veut aussi pour cette autre raison qu'il
jette comme ça, sans trop la bien compren-
dre, que [ça sent trop l'ancien temps].
Il en veut surtout à l'encadrement qui est
fait de paille et de foin tressés.
 
Or, comme nous parlions de ces images à
la vieille, le garçon qui venait de rentrer,
eut le malheur de reprendre son réquisi-
toire. La maman se redressa et une scène
faillit éclater. Dans la voix de la vieille
il y avait moins de colère que d'éloquence.
Le fils attaquait les images par mépris de
l'ancien temps. C'est au nom de l'ancien
temps que la mère les défendait. Pas plus
que son fils elle n'eût pu dire ce que ces
deux mots contenaient de sens profond.
Mais à son attitude, à l'expression de sa
figure, au timbre de sa voix, on comprenait
qu'ici la vieille se posait en défenseur du
passé, de la tradition, de l'âme même de la
maison. Ces images, c'étaient pour elle les
hôtesses familières, les grandes parentes de
la famille; c'était, sans doute, ô grand'mère,
le regard d'angoisse jeté vers le ciel aux
heures sombres, et c'était le réconfort
intérieur qui en était descendu avec les
sourires du saint et des saintes; c'était la
prière en famille, dans les soirées d'hiver
quand les neiges faisaient l'isolement autour
de la maison en plein bois, que les rafales
au dehors prenaient la voix de fantômes
menaçants, et que les yeux des isolés mon-
taient ensemble vers les grandes protec-
trices auréolées par les rougeurs tremblan-
tes du poêle; c'étaient encore les si tristes
dimanches passés loin de l'église, sans le
bonheur de la messe, alors que la famille
réunie se mettait à genoux pour la récita-
tion du chapelet et que les saints, du haut
de leur cadre, pour mettre dans l'âme de
chacun un rayon d'espérance divine sou-
riaient doucement à la petite église fami-
liale... C'était cela, oui tout cela, que la
vieille maman défendait dans ses vieilles
images. Et comme le fils venait de s'en
prendre encore à l'encadrement de paille
et de foin, elle eut pour répondre, un de ces
mots à elle, d'une naïveté attendrissante et
victorieuse, une de ces paroles qui nous
révèlent la valeur de symbole et le sens
profond que les âmes des simples peuvent
attacher aux vieilles choses: [Éh bien!
moi, dit-elle, la paille et le foin, ça me fait
penser à la crèche de Noël].
 
La veillée s'avançait. Par la porte
toujours entr-ouverte, nous devinions la
lune qui allumait là-bas sur la crête des
monts un vaste feu de la Saint-Jean. Nous
prîmes congé de nos hôtes. Mon ami et
moi nous reprenions la route de la maison
des Pères, par un petit sentier où une odeur
de foin coupé se mêlait à l'arome des bois.
Moi, je rêvais aux mystères de la grâce
divine, à ces belles âmes développées par
elle si loin du prêtre, au fond des forêts.
Je songeais à la belle et noble race des tra-
vailleurs qui aura disparu avec les derniers
survivants de cette génération. Je son-
geais à l'armée vaillante de tous ces colons,
au coeur fort et aux bras rudes, qui, depuis
cinquante ans, sur tous les points du nord,
escaladent les montagnes et au prix
d'efforts surhumains agrandissent la patrie.
 
Et vous, Basile, ô mon ami Basile, natif
de St-Michel et du rang du Crochet, vous
en souvenez-vous? Ce décor et l'ancien
temps retrouvé vous jetaient dans l'exalta-
tion lyrique, et, dans la nuit, vous décla-
miez presque à haute voix: [Gardez-
les bien vos chères images, ô vieilles femmes
de chez nous; gardez-les pour la poésie
qu'elles mettent encore au paysage de nos
traditions; gardez-les pour vous, ô grand-
mères, pour qu'elles vous conservent vos
âmes d'aïeules fières et croyantes; gardez-
les pour nous, vos enfants, que ces reliques
feront meilleurs, plus attendris à la vieille
foi lointaine. Oui, ô femmes, nos mères,
gardez-les toutes et gardez-les bien, avec
leur encadrement de paille et de foin qui
fait penser à la crèche de Noël.]

 


 

Source: Les Rapaillages [Vieilles choses, vieilles gens], par Lionel Groulx, abbé

Mots-clés: Ancien Temps Habitude Folklore Tradition


Les adieux de la Grise
Ajouté le 12/14/2012 10:18:15

 

Les adieux de la Grise

 

 

Ce soir-là, au souper, ce fut tout à coup
une grande émotion. Le père, tout en
coupant une mie de pain, avait dit, la voix
un peu serrée: [Vous savez, les enfants, on
va vendre la Grise. A l'âge qu'elle a, il
n'est pas sûr qu'elle hiverne. J'ai rencon-
tré l'autre jour l'acheteux de guénilles; il
m'a fait une belle offre. C'est le bon temps
de s'en défaire.]
 
Les enfants se regardèrent; aucun d'eux
ne dit mot. Comme toujours ce fut la
mère qui prit la défense du faible: [Il
passe pour avoir la main dure, l'acheteux,
risqua-t-elle d'une voix qu'elle s'efforçait
de rendre ferme. Et s'il fallait qu'elle fût
maganée, la pauvre vieille!. .. Je m'en vais
dire comme on dit: ça ne porte pas chance,
d'ordinaire, vendre ses vieux chevaux ...
Quand ils ont tant travaillé, ils ont bien
mérité qu'on leur paye pension sur leurs
vieux jours ... À la fin du compte, voyez-
vous, on est aussi regagnant de les laisser
mourir de leur belle mort ...]
 
Elle prononça ces petites phrases, lente-
ment, avec un silence entre chacune, dans
l'attente d'une parole de pitié. Le père ne
répondit pas, ni les enfants. Chacun
mangeait, les yeux au fond de son assiette,
dans un silence tout à fait triste. On eût
dit que quelque deuil allait fondre sur la
maison. C'est que, voyez-vous, elle avait
une histoire, la Grise. Elle était née là,
il y avait vingt-six ans, sur cette quatrième
terre du rang du Bois-Vert de la paroisse de
Saint-Michel. Elle y avait grandi, avait
brouté dans tous les prés, labouré, hersé,
fauché, râtelé, charrié dans toutes les
pièces; elle avait été tour à tour le cheval
pour sortir, le cheval pour travailler, la
jument pour rapporter. Toujours sa vie
s'était mêlée à celle de la ferme, à la vie
de ses maîtres, à la vie des enfants. Autant
vaut dire que la Grise était regardée comme
de la maison.
 
L'aîné, un célibataire, ne se souvenait-il
pas de l'avoir vue petit poulain? Que de
fois, lui encore enfant, elle était venue
manger du sel dans le creux de sa main!
On l'attirait ainsi de l'autre côté de la
barrière, à cause de sa mère qui était une
vieille grimaceuse. Et là, bien en sûreté,
on disait aux tout-petits: [Venez voir le
petit poulain]. [Dans ce temps-là, elle
ne s'appelait pas encore la Grise.]-Et les
tout-petits, hissés dans les bras du grand
frère, pouvaient à loisir flatter le jeune
animal, passer leurs mains sur la croupe et
le museau au poil soyeux, sans autre risque
que de se faire licher les doigts --- c'est
si licheux un petit poulain ---; et l'aîné
lui s'employait à coucher à droite la
crinière naissante ou démêlait le toupet
que les lutins, comme l'on sait, viennent
natter pendant la nuit.
 
Le petit poulain eut bientôt fait de deve-
nir la Grise. Alors, comme elle avait belle
mine et grand air, l'aîné en fit son cheval
de garçon. Aujourd'hui, hélas! elle est
bien cassée, la pauvre vieille! La croupe
s'est creusée, les sabots se sont écrasés et
comme vous le voyez, elle est lin peu assise
sur ses pieds de derrière. Mais si vous
l'aviez vue, vous autres, la Grise, dans son
jeune temps, avec sa robe pommelée, bien
sanglée dans son harnais du dimanche le
corps. mince, les pattes fines, un œil qui
parlait et cette tête vivante qui encensait
presque toujours! Le dimanche, après la
grand'messe, quand l'aîné embarquait sa
blonde pour. lui faire faire le tour du village,
tout.es les Jeunesses en mouraient de ja-
lousie. Il fallait entendre les hommes sur
le perron de l'église qui se disaient: [Regar-
de donc le garçon à Chose; a-t-il une belle
bête un peu!] En toute justice, il faut
bien le dire, c'était la plus belle jument de
garçon de toute la paroisse, et d'un bout
encore! Avec elle jamais besoin de fouet;
toucher les guides suffisait. La Grise partait
aussitôt de son plus beau trot, et plus vous
lui donniez du chemin plus elle en deman-
dait. Le grand frère disait souvent que nul
cheval ne savait comme elle faire sonner le
carillon des clochettes, pour annoncer à la
belle l'arrivée du veilleux.

 

Avec cela, une fameuse bête de travail,
allez! et un animal pas fier, généreux, qui
avait du cœur à en revendre. Elle n'avait
pas son pareil pour suivre son andain ou
son coup de charrue; elle obéissait à la
parole comme une personne. Quand elle
eut l'âge, on la fit rapporter. En peu
d'années l'écurie s'était peuplée de ses
poulains et de ses pouliches. Pendant
longtemps l'on ne vit plus, sur la quatrième
terre du rang du Bois-Vert, que des des-
cendants de la Grise. [Où as-tu encore
pris ce beau poulain?] demandaient les
parents chaque fois qu'avec un cheval
nouveau, nous allions nous promener l'hiver
dans le rang du Grand-Brûlé. Et le père
de répondre invariablement: [Ça vient de
ma Grise.] La Grise, cela va de soi,
était connue dans toute la parenté. Croi-
riez-vous qu'à la fin elle avait fini par
prendre son rôle de mère au sérieux? Si les
hommes avaient le malheur, pour labourer,
de l'atteler avec un de ses descendants un
peu jeune-vous pouviez être sûrs que cha-
que fois la mère se mettrait en savon. Le
soc venait-il à buter sur une pierre, une
racine? La Grise pensait tout de suite à
protéger son rejeton. Sans prendre garde
si l'autre tirait en arrière, d'un vigoureux
élan, la vaillante bête bandait les traits de
fer dans les palonneaux d'érable, et, à elle
seule, tirait la charrue et l'autre cheval.
Aussi tous ses descendants la vénéraient-ils
comme une aïeule. Quand elle arrivait à
l'abreuvoir il lui suffisait de se mettre un
tout petit brin les oreilles dans le crin; tous
s'écartaient avec respect pour la laisser
boire la première: [À vous d'abord, mada-
me l'aïeule!]
 
Vous ai-je dit comme elle était commode,
amain? .. En vieillissant elle était bien
devenue un peu grimaceuse; elle n'aimait
pas, oh! mais pas du tout, qu'on lui passât
devant le nez. Tout de même nous savions
qu'il n'y avait pas de soin et que c'était
plutôt cérémonies que mauvaiseté. Surtout
ça n'avait peur des chars ni de rien. Les
gens de la maison auraient été bien en
peine de dire si jamais la Grise avait pris
l'épouvante. Pourtant oui, une fois, et je
me souviens qu'on en parlait de temps
en temps dans les longues veillées.
 
Le père s'en revenait donc, un soir
d'hiver d'une râfle au fin fond de la parois-
se dans la concession du Grand-Coteau. Il
venait de passer le bois des Chevrier et
prenait le désert de la montée Saint-Louis,
quand, en levant la tête, il aperçut en arrière
de la voiture quelque chose qui le suivait.
Si ce n'était pas un loup-garou, ça se
ressemblait comme deux gouttes d'eau.
Le père ne croyait pas au loup-garou; il
appelait cela des [histoires de ma grand-
mère.] Pourtant, de crainte que sa jument
ne partît, vite il saisit les guides et se mit à
lui crier: whoo! whoo!... Mais la Grise,
avec sa bride sans garde-yeux, n'avait pas
tardé à découvrir le loup. Dans le temps
de le dire les quatre pieds lui levèrent et elle
partit comme une poudrerie. Le sorcier l'em-
portait. De chaque côté du chemin les pi-
quets de clôture passaient dans une course
si vertigineuse, si affolée, que, racontait le
père, on se serait cru dans les chars. À ce
train-là, le loup garou ne pouvait pas tenir
longtemps. Aussi, en moins d'une minute,
la Grise lui faisait-elle une queue d'un bon
demi-mille.


C'est la seule épouvante dont il est fait
mention dans l'histoire-de la noble jument.
Et vous avouerez qu'il y avait de quoi.
 
Puis donc. qu'elle était si commode et si
fiable et douce comme un mouton, la Grise
devint vite la jument préférée des femmes
quand elles voulaient sortir. D'abord il
faut vous dire qu'un enfant, un petit
enfant pouvait l'attraper, oui, s'il vous
plaît, l'attraper, attraper la Grise!-Ah!
cher monsieur Rivard, vous vous extasiez
quelque part dans votre délicieux En
grand' charrette, sur l'ivresse de mener un
cheval. Mais qu'est-ce donc que l'attraper?
... N'allez pas croire, vous autres, que cela
se puisse faire tout seul. Il y a tout un
tour pour attraper un cheval dans le pré.
Il faut une corde, un licou et aussi --- c'est
l'engin principal-une terrine d'avoine la
vieille terrine authentique du quart à
l'avoine, terrine toute bosselée qui
a passé et repassé dans les crèches sous la
barbe des chevaux, distribuant trois fois le
jour la portion savoureuse, et qui, à cause de
cela, porte avec soi une vertu irrésistible de
séduction. Muni de vos engins, vous
partez donc en route pour le haut du champ,
le trécarré. C'est là que se tiennent de
préférence les bêtes en liberté. Là, elles
n'ont qu'à lever la tête pour apercevoir,
par-dessus les clôtures, du vert, du vert
encore, du vert toujours. Que l'herbe est
bonne dans ces espaces larges, où souffle
une illusion de liberté, loin du fouet, loin
du harnais, loin de l'homme et de sa tyran-
nie!... Bon! vous voilà maintenant à
quelque cent pieds du cheval. Attention!
n'allez pas gauchement exhiber votre licou.
Tenez-le plutôt soigneusement dissimulé en
votre dos, et, au bout de la main, agitez
dans la terrine séductrice, la belle avoine au
grain fort et doré! La Grise, elle, nous
regardait venir de loin, de très loin; elle
levait la tête entre deux gueulées, une
touffe de milou de trèfle aux dents, avec
l'air de se dire: [Bon! qu'est-ce qu'ils me
veulent encore?] Puis, quand,lui montrant
l'avoine enjôleuse, nous lui disions du ton
le plus câlin: [Viens-t'en, viens-t'en la
Grise], la Grise commençait d'abord par
faire un long circuit à l'entour de nous.
Elle tenait à nous faire comprendre, la fine
bête, qu'elle n'était point dupe. [Je con-
nais cela, allez, mes petits enfants], sem-
blait-elle dire. Mais bientôt l'esprit de
soumission à ses maîtres reprenait le dessus.
Elle approchait un peu, sentait la terrine,
puis résolument se mettait à manger. Pas
un moment à perdre, c'est l'instant psycho-
logique pour attraper un cheval. Ne faites
ni un ni deux; vite, pendant qu'il se penche,
saisisses au toupet une poignée de crin.
C'est fait: la Grise est attrapée. Quand le
toupet est pris, le cheval est pris. En un
tour de main vous lui passez le licou dans
les oreilles, vous faites jouer les ardillons des
boucles, vous prenez le bout de la corde et
maintenant Viens-t'en la Grise: le tour est
joué. Et alors, vous sentez, vous, petit
va-nu-pieds haut comme ça vous sentez
qu'au bout de la corde vous suit docile-
ment comme un prisonnier, un grand ani-
maI, [la plus noble conquête que l'homme
ait jamais faite.]
 
En hiver, quand les hommes pris par les
battages n'avaient pas le temps de venir
nous mener, c'est la Grise qui nous condui-
sait à l'école. Lorsque, vers huit heures la
vieille boîte-carrée bleue se trouvait pleine
d'enfants, que la mère avait fini d'emmitou-
fler les plus jeunes en leur ceinturant des
nuages et des crémones jusque par-dessus le
nez, que chacun tenait son sac de livres et
son dîner, alors les plus petits s'asseyaient
sur la paille au fond de la voiture, le père
leur jetait la robe de bison par-dessus la
tête, et nous autres, les plus grands, assis Sur
le bord de la boîte, nous menions. Marche la
Grise! Et la Grise nous emportait vers
l'école du village. Il y avait bien un mille
et demi à faire avant d'arriver, mais la
Grise était restée bien alerte, malgré son
grand âge. Rien ne l'arrêtait, ni les bancs
de neige, ni même les cahots que nous lui
faisions sauter au grand trot pour faire
endêver les petits du fond. Dans le temps
de le dire nous étions rendus. Vite, tout le
monde en bas. Nous attachions les guides
comme il faut dans le devant de la boîte
bleue. La Grise virait toute seule, et
toute seule encore, s'il vous plaît, reprenait
la route de la maison. N'allez pas croire que
c'était si facile. Il fallait compter trois rues
avant de prendre la grande rue de l'église
qui conduisait au rang du Bois-Vert. La
Grise comptait trois rues, et, à la quatrième,
sans regarder, tellement elle savait tout cela
par cœur, elle virait. Seulement, elle qui
aimait à raser les coins lorsque quelqu'un
tenait les guides, faisait alors un grand dé-
tour pour ne pas accrocher le poteau de télé-
graphe au coin de la rue de l'église. Elle
avait le sentiment de ses responsabilités.
Le long du chemin, elle faisait encore toute
seule les rencontres, se jetant toujours du
bon côté, à droite, et donnant le plus de
chemin possible pour ne pas se faire
accrocher. Pas de danger que personne la
prît pour un cheval écarté et l'arrêtât. On
se disait tout bonnement: [C'est la Grise à
Chose qui revient de l'école.]
 
Je n'en finirais pas de vous raconter les
prouesses de cette jument sans pareille.
Les enfants, la mère et le père pensaient à
toutes ces choses sans doute pendant que
ce soir-là ils achevaient en silence de
prendre leur souper. Le lendemain, drès
le matin, on vit arriver sur quatre roues
criardes, une boîte sale et branlante, comme
en ont les Gipsy, traînée par un vieux cheval
aussi efflanqué qu'un squelette. De la
voiture descendit un petit vieux à figure
d'Abraham, attelé comme la chienne à
Jacques: c'était l'acheteux de guénilles. Le
père alla chercher la Grise à l'écurie.
L'acheteux lui tâta les côtes, lui regarda aux
dents et ronchonna d'un ton qui nous blessa
beaucoup: [C'est pas une pouliche.] Le
père se contenta de répondre: [C'est vieux,
mais ç'a encore du coeur, allez!] Quant à
nous, nos yeux ne se détachaient pas du
cheval de l'acheteux si rosse et si maigre
qu'on aurait pu lui compter les côtes de
chez le voisin. À la pensée qu'on réservait
peut-être le même sort à notre chère vieille
Grise, nous nous sentions presque une envie
de pleurer. L'acheteux mit la main dans sa
poche, en tira, mêlé à des bouts de corde et
à des clous rouillés, un petit rouleau de
billets de banque tout sales de poussière
de tabac. Un à un, il jeta les billets dans la
main du père, lentement, de l'air d'un
homme qui a conscience de jeter de l'argent
à l'eau. Le bigre! quand on y songe! il
achetait la Grise pour trente piastres. Oui,
mes amis, pour trente piastres. C'était pour
rien. Puis, l'acheteux passa une corde au
cou de la jument et l'attacha derrière sa
voiture. À ce moment nous nous appro-
châmes de la Grise pour lui toucher une
dernière fois: [Adieu la Grise!] --- La Grise
partit. Au détour du jardin, comme elle
prenait le chemin du roi, la pauvre bête
parut se douter qu'elle s'en allait pour
toujours. Elle se tourna vers la maison,
vers ses anciens maîtres, vers l'écurie, vers
la terre tant de fois labourée et poussa un
hennissement plaintif. La mère rentra.
Nous autres, nous restions là à la regarder
s'en aller. Souvent elle se tournait encore
pour hennir. Elle passa chez les Landry,
puis chez les Campeau, puis chez la Bou-
chard. Nous ne la voyions plus qu'un
peu et de temps en temps, derrière la boîte
de l'acheteux, dans les éclaircies des feuillages
du chemin. Quand, à la quatrième terre,
elle fut sur le point de disparaître pour
toujours au coude de la route et derrière le
bois des Boileau, nous la vîmes tourner la
tête encore une fois et le vent nous apporta
un dernier hennissement, long, plaintif,
déchirant comme un adieu. L'un des
enfants, je ne sais plus lequel, se mit à
pleurer. [Pauvre Grise!] dit l'aîné. [Pau-
vre vieille! dit le père, c'est de valeur
encore, à cet âge-là!]

 

Fin


 

Source: Les Rapaillages [Vieilles choses, vieilles gens], par Lionel Groulx, abbé

Mots-clés: Adieuix Grise Cheval


Le dernier voyage
Ajouté le 12/13/2012 14:11:51

Permettez-moi, ami-planète et membre-planète, de vous présenter quelques textes extraient de Les Rapaillages  [Croquis et souvenirs rapaillés le long des routes de chez-nous, dit l'auteur]qui sauront, j'en suis sûr, vous tirer quelques larmes de nostalgie. Bref, sans tarder, voici déjà le premier et non le moindre.

 


 

Le dernier voyage


 
Le père avait dit en se mettant à table: [Les enfants, on va faire comme les Récollets; on va bien manger, puis on va s'embarquer. Vous savez, les Campeau en ont pas pour bien long. Il faut rentrer notre dernier voyage avant la tombée de la nuit.] Et ce midi-là nous étions partis pour l'autre terre, au grand trot des chevaux, appuyés sur nos manches de fourches, dans le trie-trac des échelettes et des berceaux de nos charrettes à foin.
 
Le dernier voyage! mots très simples que ceux-là! Et cependant comme ils éveillent des sentiments mêlés dans l'âme de nos gens! Ce voyage, ils sont contents de le rentrer dans la grange. Avec lui, c'est la fin des grandes journées au soleil qui plombe, la fin des durs travaux de l'été, qui se prolongent parfois jusqu'à la tombée du serein et même jusqu'aux étoiles. Mais ce n'est pas tout. Ce dernier voyage, il en a été parlé jusque sur le perron de l'église. Eh! oui, d'abord que je vous le dis. Le dimanche, à la sortie de la grand'messe, les hommes se groupent près de la tribune du crieur, et là, ils se donnent des nouvelles de leurs travaux. Écoutez-les: [Un tel est pas mal avancé - un tel autre fait rien que commencer, mais aussi ce monde-là ça va comme l'ombre du midi ... Celui-ci aurait fini asteure, mais il a cassé sa moissonneuse: c'est un malchanceux qui a toujours quelque chose de débretté. .. Celui-là aurait rajué y a longtemps; mais il a été détourné. Ça parle au sort: les sauvages ont passé --- je vous demande, choisir un temps pareil --- Et comme la grande fille et le grand garçon se sont trouvés de cérémonie, Mon Dieu! ... ce n'est pas tous les jours qu'on lâche la queue du chat]... Les plus heureux sont bien ceux-là qui entendent chuchoter: [Un tel achève... il n'a plus qu'une pièce à rentrer.] Mais surtout quel enivrement d'entendre proclamer: [Chose a fini!] --- Et vous, ce monsieur Chose, il se trouve que vous avez fini le premier du rang et peut-être le premier de toute la paroisse! Vous passez donc pour travaillant, pour ne pas lambiner à l'ouvrage, pour remuer plus que les autres. Et quelle gloire vaut mieux que celle-là!

 

Vous le dirai-je, néanmoins? Je ne suis pas sûr qu'au fond de tout ce contentement ne se mêle un brin de tristesse pour l'homme des champs. Voyez-vous, entre lui et la terre qu'il n'a pas quittée depuis quatre ou cinq mois, qu'il a parcourue en tous sens, où ne se trouve plus une motte qu'il n'ait remuée ou foulée, s'est ravivée la vieille et profonde amitié. Au printemps l'homme et elle se sont parlé d'espérance; ils ont échangé des promesses et des confidences: [Vieille terre paternelle, disait le laboureur, je t'apporte mon travail, ma fidélité; mais en retour, je t'en fais ma prière, cette année encore donne-moi ma vie, donne-moi le pain de la femme, le pain des enfants.] --- [Oui, répondait la terre maternelle et loyale, oui, donne-moi ton labour, donne-moi tes sueurs, la semence de ton blé; je m'en ferai d'abord contre le soleil une robe de verdure, puis à l'automne je te rendrai comme toujours une belle moisson d'or.] --- Puis est venue la fin de l'été, le temps des grandes fauchées. Et la terre disait alors triomphale: [Vois, mon vieux maître et mon fils, vois si j'ai tenu mes promesses et si je demeure loyale au travail.] --- Et lui, il chantait son hymne de joyeuse reconnaissance: [Ah! la bonne terre! c'est vieux, mais c'est encore bon comme une terre neuve, c'est bon comme la vie!] s'en allait-il, pendant qu'autour de la pièce la

moissonneuse évoluait dans la chanson de sa faux d'acier, et que le vol des râteaux suffisait à peine sur la grande table à faire glisser les blondes et pesantes javelles. --- Ah! oui, ils s'aiment ces deux-là. À mesure que nous montions vers le haut du champ, je regardais mon père à l'avant de la voiture. Pensif, un peu triste, il observait, à droite et à gauche du chemin,les carreaux verts et jaunes du grand damier de sa terre, et je me disais: [Pendant les longs mois d'hiver comme ils vont s'ennuyer l'un de l'autre!]

 

Moi aussi j'étais parti le coeur gros pour ce dernier voyage. Pour moi, ce serait le vrai dernier, ce serait l'adieu à ma campagne chérie. [L'année qui vient, tu auras fini tes études, tu ne reviendras plus aux champs], m'avait dit mon père. Et je sentais grandir dans mon âme une envahissante tristesse. Il me semblait que toutes les choses me criaient un adieu, et me ramenaient la nostalgie de mes plus chers souvenirs. [Te souviens-tu?] me disait là-bas, à l'orée du bois, le frêne de la Baie des Ormes; et je me souvenais que c'était le frêne de l'herbe écartante. [Te souviens-tu?] me disaient à leur tour les cerisiers du Coteau, et je pensais aux angelus récités là dans les ardeurs du midi. [Te souviens-tu?] me disait encore le poirier sauvage de la pièce de la Butte, et ici mes souvenirs prenaient de l'ampleur et se précisaient. Combien de fois ne m'étais-je pas assis sous cet ombrage fraternel, quand, les chemins finis et les javelles rapprochées, j'attendais le retour des autres partis vers la grange avec un voyage. Ah! vous ne la connaissez pas, j'en suis sûr, la douceur de ces repos, entre deux rudes besognes au soleil, pendant que le vent tiède vient boire les sueurs à votre front, que de partout vous arrivent la chanson des oiseaux et des cigales et la voix métallique des moulins. Alors, pour faire écho à la romance du vent qui vibre dans le feuillage, vous ouvrez un livre apporté sous votre chemise. Ce livre s'appelle Mireille, et, petit collégien passionné de rêve et de poésie, transporté soudain là-bas dans la lumière chaude des champs

d'oliviers et des mas de Micocoules, vous entonnez avec le grand Mistral: [Chantez, chantez magnanarelles! Car la cueillette aime les chants... Chantez, chantez magnanarelles! Mireille est à la feuille un beau matin de mai... Des mûriers le feuillage est beau... 0 magali, magali, ma tant amado!] ...

 

[Te souviens-tu?] me criait maintenant la voix d'un pivert, de son coin d'ombre dans l'enfoncement du bois. Et je me rappelais les heures de bonne rêverie passées là chaque

année à faucher des rapaillages. Ah! vous ne savez pas non plus, je parierais, le bonheur que peut goûter un petit campagnard à faucher des rapaillages. D'abord, les rapaillages, c'est presque toujours à l'ombre du bois, là où les grandes faucheuses ne peuvent aller à cause des pierres et des souches. Il faut donc les faucher doucement, par petits andains, à la petite faux. Et dans ce foin des rapaillages, que de gentilles choses il y a! Il y a des herbes de senteur, du baume, du thé des bois, du trèfle d'odeur, de la fougère, et tous ces parfums secoués par la faux vous montent délicieusement à la figure. Il y a aussi des fruits, des fraises des champs, et de belles et de juteuses qui ont crû à l'ombre; il y a des framboises, des catherinettes, quelquefois même les premières mûres, quand il n'y a pas dans le feuillage au-dessus de votre tête, des cerises, des

étrangles et des petites merises. Dans les rapaillages il y a encore des chants d'oiseaux; il y a des nids bien cachés que vous mettez à vue en coupant l'herbe, et voici des petits oeufs, gris, blancs ou bleus, enveloppés de crin et de duvet, et voici encore des oisillons frileux qu'il est si doux de tenir dans sa main. Dans les rapaillages du bois de par chez nous il y avait aussi un vieux puits abandonné, recouvert d'une margelle en bois. Chaque année, en fauchant, nous levions le couvercle. Penchés sur le bord nous écoutions les gouttes d'eau qui, des pierres humides des parois, tombaient avec rythme sur la surface du fond immobile et noire. Et cette solitude et ces larmes secrètes du vieux puits qui pleurait son abandon, nous emplissaient l'âme de mélancolie et de mystère... Oui, dans les rapaillages de par chez nous, il y avait tout cela, tout cela. Ah! qu'il ferait bon quelquefois dans la vie trouver encore quelque bout de rapaillage à faucher!

 

[Te Souviens-tu?]  me dit enfin quand le soir se mit à descendre, [te souviens-tu?] me dit à la lisière de la forêt, la voix mélancolique d'un bois-pourri. Et c'est étrange comme nos souvenirs s'associent et comme un rien peut aller les remuer profondément! Parce que ce bois-pourri venait de chanter, VOICI que tout un paysage ancien me revenait en mémoire avec la foule des souvenirs alors évoqués. C'était dans mes premières années de collège, par un soir de fin de juin, un soir de fenaison. Nous retournions au foyer, les jambes pendantes au bord de nos grand-charrettes, le chapeau sur l'arrière de la tête, une tige de mil entre les dents. Les chevaux s'en allaient lentement, de leur pas fatigué. De larges bandes de lumière retraitaient de clôture en clôture et se repliaient rapidement du côté de l'ouest, où le soleil, derrière le rideau des arbres, achevait de

s'éteindre comme une lampe qu'on vient de baisser. Cependant il rougissait encore la grande pièce de mil en bas des coteaux que tout-à-l'heure, en prévision du serein, nous avions mise en veillottes. À l'entrée de la forêt un bois-pourri reprenait éperdûment son chant monotone, et, du fond lointain, lui répondait à intervalles bien marqués le cri solennel du héron. Soudain du village là-bas s'en vint le bonsoir de l'angelus. Nettement, dans l'apaisement de tous les bruits, la cloche tinta ses rumeurs de prière. Presque

en même temps les derniers moulins venaient de cesser leur chanson, et seule, au bout des terres, continuait de résonner la voix claire d'un enfant qui appelait ses vaches.
 
Quelle association mystérieuse avait soudainement attaché à ce paysage la cohorte de tant de souvenirs? Je me le rappelais avec précision: le spectacle de toutes ces petites

meules de foin alignées sur une longue pente au bord du bois, m'avait donné dans ce temps-là l'image d'un vaste campement indien. De là, en un clin d'oeil je m'étais reporté à mes premiers livres et à l'ivresse de mes premières lectures. Je m'étais revu à l'âge de dix ans, le soir, sous les feux de la lampe, plongé dans les romans de Fenimore Cooper ou le François de Bienville de Marmette, et je revivais les drames lointains des forêts américaines ou m'enivrais d'histoire héroïque. Et parce que les bois-pourris chantaient

ainsi autrefois dans l'érablière de chez nous et que le héron leur jetait en réponse son cri solennel, voyez donc: ces chants d'oiseaux m'avaient ramené après cela les longues et inoubliables soirées de la sucrerie, alors qu'assis au bord de la crémaillère devenue très rouge dans la nuit, nous attendions en surveillant les grandes marmites, l'achèvement du sirop. Enfin, la sonnerie de l'angelus et les appels du petit bouvier, dans le calme du soir et les odeurs du mil coupé, avec ces chants nocturnes et tout ce

décor, créèrent dans mon imagination d'adolescent la beauté d'une pastorale unique au monde et qui me fit trouver bien fades, hélas! mes pastorales virgiliennes du collège ... Bois-pourri, bois-pourri, je n'entends plus nulle part ton cri mélancolique, que ne me reviennent tous ces, souvenirs et toute mon enfance avec une nostalgie indéfinissable!
 
[Te souviens-tu? te souviens-tu?]... Cette voix-là continuait de me venir de tous côtés, de toutes les choses et, si prenante! Mais je n'avais plus le temps de l'entendre, La nuit s'en venait et nous chargions le dernier voyage, et c'est moi qui chargeais. Pour mon dernier, j'y mettais tout mon art et toute ma conscience. Car c'est un art que de bien charger un voyage. Voyez plutôt ces gens de la ville quand ils viennent vous aider. Eux qui n'ont jamais pris une fourche dans leurs mains, ils vous font des voyages étroits, à la largeur des échelettes, éclanches comme des harengs, ou bien encore des voyages ventrus, tout d'un côté, et qui tout-à-l'heure débouleront au passage de la première rigole. Cette fois-là, comme il y avait un peu de jargeau et que la paille se tenait bien, mon voyage débordait les échelettes de plusieurs pieds et pas une javelle qui dépassait l'autre, pas un poil qui pendait. --- Mon père était ravi: [Attention, disait-il, pour un dernier, c'est pas battu; ce sera juste pour l'entrer dans la grange.]
 
Mais le soir s'en vient toujours. Quand, au bout des dernières planches, on peut compter le reste des javelles, les donneurs se mettent à travailler fiévreusement. Enfin, Jules, le grand frère, passe sa fourche sous la dernière, la balance quelque temps au bout de ses bras, puis la fait voler sur le milieu du voyage avec un énergique Ça y est. Tous ensenmble alors nous jetons un coup d'oeil à droite et à gauche, dans les champs voisins. Les Landry, les St-Denis, les Campeau chargent toujours. Trois vigoureux hourrahs, nos chapeaux au bout de nos fourches, annoncent aux gens du Bois-Vert que nous avons fini les premiers. En un tour de poignet l'un de nous casse de hautes branches de feuillage et les fixe en guise de panache à la frontière des brides. Puis, tout le monde sur le voyage, les trois fourches plantées droit dans les javelles ainsi que des mâts,

nous descendons à la grange en chantant. De temps à autre, Jules criait aux Landry narquoisement: [Dépêchez-vous, la pluie s'en vient.] Charles, lui, les mains en porte-voix,

criait de l'autre côté aux Campeau: [Vous faut-il un coup de main?]
 
Le soir à la brunante nous rentrions à la maison par le chemin du roi. Le père conduisait lui-même les chevaux, debout à l'avant de la charrette, la main droite appuyée sur sa fourche comme sur un sceptre. Derrière nous, suivait un long bruit de ferraille: c'étaient les agrès que nous ramenions à leurs quartiers d'hiver. La moissonneuse s'accrochait à la charrette, et à la moissonneuse s'accrochait le grand râteau et au grand râteau le moulin à faucher. Mes frères toujours en verve chantaient à pleins poumons:
 
Nous étions trois capitaines [bis]
De la guerre s'en revenant
Brave, brave,
De la guerre s'en revenant
Bravement.
 
Moi je ne chantais pas. J'avais l'âme encore toute pleine des souvenirs et des émotions de l'après-midi. Quand les charrettes, le râteau et les moulins furent rentrés dans la batterie, [Éh bien, me dit mon père, puisque tu as fini pour toujours, c'est toi, mon garçon, qui vas fermer les portes.] Je fermai lentement les grandes portes de frêne. Le soleil qui descendait à ce moment derrière les arbres et les clôtures du trécarré, entrait dans la batterie et projetait sa lumière rouge sur l'or des hautes tasseries. À mesure que les portes se rapprochèrent, je vis l'obscurité noire chasser la lumière mourante dans la grange. Subitement une grande et vive tristesse me noya l'âme. Il me parut que je venais de fermer sur mon enfance des portes inexorables... Ah! ces grandes portes de frêne, je les entends toujours se fermer avec leur gémissement, et, à la pensée des larmes que je versai ce soir-là, je me sens encore une envie de pleurer.

 

Fin.


Source: Elle vous sera dévoilée sitôt après la livraison du dernier texte... .

Mots-clés: Voyage Souviens Campagne


D'Aristote à Aristide
Ajouté le 06/05/2012 08:43:06

Deux époques dans l'évolution du Monde

 

 

 

D'Aristote à Aristide

 

 

Aristote   ---   véritable encyclopédiste

 

Il y a 2 334 ans, mourait Aristote, véritable Encyclopédiste,,, , Son époque est marquée par le renouveau du royaume de Macédoine et le déclin de l’influence de la démocratie athénienne.

 

 

Aristide Quillet, Encyclopédiste populaire et militant socialiste

 

Il y a cinquante-sept ans, mourait Aristide Quillet. Il avait consacré sa vie a éditer des ouvrages à caractère encyclopédique, soit thématiques [la médecine, la géographie etc.], soit généralistes. Fils d'ouvrier, il pensait qu'il n'y a pas de libération sans culture ni savoir. Attaqué par les officines antimaçonniques, pourchassé et spolié par les polices allemande et française, il s'était engagé très tôt dans la franc-maçonnerie, où il fut très actif, et dans le socialisme, dont il ne se détournera que tardivement.

 

Fils d'un ouvrier carrier, Aristide Quillet naît en octobre 1880, à Villiers-Adam, à l'époque une commune de Seine-et-Oise. Très tôt orphelin de père, puis de mère, il doit travailler dès l'obtention de son certificat d'études, tout d'abord comme apprenti menuisier, [mais le travail est trop pénible pour ses 12 ans, il tombe malade. Son oncle le prend alors en charge, et consulte un docteur. C'est le médecin de la baronne James de Rothschild. Celle-ci fait soigner le jeune Aristide dans l'hôpital qui porte son nom à Berck. Là, il apprend la langue allemande auprès d'un camarade israélite, et s'initie à la philatélie, qui lui donne bien vite le goût de la géographie.

 

En effet, Aristide Quillet naît le 12 octobre 1880 au lieu-dit [Les Maréchaux] à Villiers-Adam, Seine et Oise. Dès son plus jeune âge sa mère lui donne le goût du travail aux champs. [Tout est dans la terre, ne l’oublie jamais… ] Il s’en souviendra toujours. Les anciens du village avaient coutume de dire: [Il aurait eu les plus belles fleurs du monde s’il était resté le paysan qu’il aurait du être].

 

De son père il a gardé le goût du travail bien fait. On l'a dit, il est le fils d’un contremaître carrier: Napoléon-Ambroise décédé à 42 ans, en 1891, des suites d’un accident survenu l’année d’avant dans une carrière de Villiers-Adam. Le petit Aristide a 10 ans lorsqu’il voit ramener son père, grièvement blessé sur une brouette, à la maison familiale. Cette vision douloureuse restera à jamais encrée dans ses souvenirs.

 

Sa mère, née Victorine-Pierrette Tuquet ne supportera pas le choc de cette effroyable tragédie. Trois ans plus tard, âgée de 38 ans, elle s’éteint à son tour laissant un orphelin dont les seuls biens sont constitués par une modeste maison, sise 8 rue des Rivalaises à Villiers-Adam(aujourd’hui rue J.B. Lechauguette) et quelques lopins de terre. Le jeune Aristide est alors âgé de 13ans. Il quitte l’école et son instituteur alsacien, Monsieur Hasenfratz, avec le certificat d’études primaires à l’age de 12 ans. Le jeune orphelin est affectueusement pris en charge par l’un de ses cousins: J.B. Léchauguette, un homme formidable de gentillesse. Ce sera la chance d’Aristide. Ce jeune homme sympathique sera toujours soutenu par des amis de rencontre qui sauront l’entourer dans les moments difficiles.

 

Il quitte Berck en 1895, et travaille quelque temps chez son oncle, libraire à Bessancourt. Il s'y découvre une passion pour les livres et la lecture. Puis il devient comptable dans une maison de tissus à Paris, avant de créer, en 1898 semble-t-il, une affaire d'édition de cartes postales.

 

En 1902 [la date est incertaine], il lance la Société Aristide Quillet qui diffuse des ouvrages publiés par d'autres éditeurs, avant d'éditer elle-même des ouvrages pratiques de caractère encyclopédique, la plupart du temps vendus par courtage à domicile!

 

Il voulait distribuer le savoir à ceux [à qui ont manqué les ressources de l'école]. L'objectif est de toucher une clientèle populaire avec des ouvrages de vulgarisation marqués du sceau de la qualité.

 

Féru de géographie, Quillet est aussi l'éditeur de L'homme et la terre, ouvrage du grand géographe et militant anarchiste Élisée Reclus. En 1912, il se lance dans une vaste entreprise, avec une Histoire illustrée des pays et des peuples.

 

 

 

Autodidacte lui-même, il voulait tout apprendre et le publier dans ses encyclopédies multiples

 

Sa société a aussi publié L'Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l'Internationale ouvrière, dirigée par Adéodat Compère-Morel et Jean Lorris. Le premier de ces deux hommes est le véritable maître-d'oeuvre de l'opération, le second contribue à la diffuser. Tous deux sont des vulgarisateurs et des propagandistes dans l'âme. On estime le tirage de cette entreprise à 4 ou 5000 exemplaires. Cette encyclopédie comprend douze beaux volumes solidement reliés d'une couverture rouge qui ont longtemps trôné dans les bibliothèques des militants ouvriers. Neuf volumes ont été publiés de 1912 à 1914. Il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour voir l'achèvement de cette oeuvre considérable: un volume en 1919, les deux derniers en 1921.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, Quillet fut mobilisé comme simple soldat avant de s'élever en grade, devenant sous-lieutenant et recevant la Légion d'Honneur. Il a servi comme adjoint au médecin inspecteur général Jacob, directeur de l'hôpital du Val-de-Grâce. C'est à partir de cette expérience qu'il publie après la guerre, un grand ouvrage, Science et dévouement, consacré au service de santé des armées.

 

Il reprend ensuite ses activités d'éditeur, multiplie les encyclopédies, les atlas, toujours dans l'optique qui est la sienne: une Histoire générale des religions, un Art d'écrire et de bien rédiger et, surtout, son Dictionnaire Quillet de la langue française en six volumes, paru en 1936. Parmi les éditeurs [moyens], avec ces publications ambitieuses, il est le seul à vouloir se faire une place dans la cour des grands, aux côtés de Larousse. Il rachète même, en 1934, la librairie Maloine, une maison du Quartier latin spécialisée dans l'édition médicale.

 

Aristide Quillet fut par ailleurs un homme engagé dans la vie de son époque. Militant socialiste à partir de 1906, il a été candidat en 1908 aux élections municipales dans sa commune natale, Villiers-Adam. Élu maire en 1929, il conservera son mandat jusqu'en octobre 1940. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses biens alsaciens sont confisqués par les Allemands. Il se replie sur Bordeaux, où il fait reparaître Les Dernières nouvelles de Strasbourg, puis se réfugie à Montpellier, où il lance une nouvelle publication, L'Écho des réfugiés, qui est interdite par les Allemands en novembre 1942 quand la [zone libre] est occupée. Avec le retour de la démocratie, il retrouve son mandat de maire, qu'il exerce jusqu'à sa mort en 1955. Il est alors un notable, titulaire de la Médaille de la Résistance, somptueusement honoré par la République, qui, en 1848, fit de cet auto-didacte un Grand Officier de la Légion d'Honneur.

 

En bref, Aristide QUILLET est né  en 1880 dans une petite commune du Val d’Oise, Villiers-Adam. Il fut maire de cette commune pendant 22 ans. Autodidacte, Aristide Quillet consacra sa vie à publier des ouvrages à caractère Encyclopédique.

 

Son époque est marquée par le renouveau du Royaume Anglo-saxon au Canada-Anglophone, avec Stephen Harper et sa petite faiblesse pour ce Royaume, et le déclin de l’influence de la Démocratie Canadienne de ce qui reste du territoire de la Province of Quebec, en Amérique-Du-Nord, là où l'on dit que règne la Corruption et la Répression, avec John James Charest.

____


Source:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aristote

et

Denis Lefebvre
Chaine d'Union n° 52 - avril 2005

et

http://www.aristidequillet.fr/index.html

Mots-clés: Aristote Aristide Quillet évolution


Anglo-Saxons
Ajouté le 05/09/2012 15:18:19

 

 

[... Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l'histoire de France voici un court aperçu historiques des Normands et des Bretons.] Ainsi, commence la partie historique de l'ouvrage du père Alphonse Claude-Laboissière, Franciscain, dans son ouvrage portant sur la généalogie de sa propre famille.

 

Voyez,


 


Les Normands
 
Les Normands ou Northmen [hommes du Nord] venaient du nord de l'Allemagne. C'était une tribu germanique belliqueuse, bien organisée, qui pendant longtemps avec l'aide

des Saxons et des Angles tint tête à la puissante armée de l'empereur Charlemagne, dont l'empire comprenait alors L'Allemagne, la France, Les Pays-Bas et une partie de

l'Italie. Après de longues guerres Charlemagne parvint à se débarrasser de ces tribus belliqueuses. La majorité des Angles et des Saxons émigrêrent en Angleterre oû

ils formèrent la race anglo-saxonne. Les Normands étaient alors établis en Saxe et en Prusse. Une partie de ces Normands gagnèrent la vallée du fleuve Dnieper,

s'emparêrent de Kiev et de Smolenks et sous l'habile direction de leur chef, Igor, poussèrent leurs conquête jusqu'à Constantinople. Une autre partie de Normands

furent refouler vers la Scandinavie et colonisèrent le Danemark et la Norvêge, où ils formèrent la race normande des vikings. De là, organisés en petites bandes et

montés' sur de grandes barques, appelées drakkars, ces hardis marins-soldats firent chaque année de nombreux et fructueux raids sur les côtes de l'Angleterre,

d'Ecosse, d'Irlande et de France qui durent payer de fortes sommes d'argent pour s'en débarrasser.

 

En 886 Les Normands remontèrent la Seine dans leurs longs canots et assiégèrent Paris, vaillamment défendue par le duc Eudes et l'évêque Gozlin. Le roi, Charles le

Gros, traita honteusement avec eux et s'en débarrassa en les envoyant piller la Bourgogne. Enfin le traité de S. Clair signé en 911 par le roi de France, Charles le

Simple et Rollon, chef des Normands mit fin à ses incursions dévastatrices. Le roi donnait aux Normands la plus riche partie du nord-ouest de la France qui devint le

duché de Normandie. De son coté, Rollon reconnaissait le roi de France comme son suzerain, promettait de vivre paisiblement avec ses vikings et de se faire chrétien.

Les Normands tinrent leurs promesses; ils reçurent paisiblement des missionnaires et devinrent chrétiens en peu de temps. Ils montrèrent autant d'énergie à cultiver

leurs terres qu'ils en avaient mis à piller les pays voisins et à massacrer ceux qui avaient osé leur résister.

 

Les Normands donnèrent à la France, leur patrie d'adoption, des hommes d'etat et de lettres immiments, de vaillants guerriers, entre autres, les Pierre et Thomas

Corneille, Fontenelle et Malherbe. Le plus célêbre fut Guillaume le Conquérant, duc De Normandie, qui avec l'aide de ses vaillants barons, envahit les côtes

d'Angleterre en 1066 et tailla en pièces l'armée de l'héroique roi Saxon, Harold, à Hastings et se proclama roi d'Angleterre. Les Normands firent beaucoup pour les

lois et les lettres dans ce pays. Les rois normans d'Angleterre contribuèrent grandement à faire de ce pays une grande puissance.


La majorité des Canadiens-français ont du sang normand dans les veines. Les Normands vinrent nombreux au Canada. Ils ne craignirent pas les périls de la mer et les

durs travaux de défrichement au milieu d'hostiles sauvages. La plus célébre famille normande venue au Canada est celle des Lemoyne qui nous a donné plusieurs héros,

entre autres, Lemoyne d'Iberville, et son frère, le baron Lemoyne de Longueil, tous deux la terreur des colonies anglaises en Amérique et un autre frère, Lemoyne de

Bienville, organisateur et pendant longtemps gouverneur de la Louisiane.

 

 

 

Les Bretons

 

Les Bretons sont les habitants de la province moderne de France que l'on appelle Bretagne; ils sont les descendants des indigènes de La Britannia des Romains, appelée

de nos jours Grande Bretagne ou Angleterre. Au 1Vième siècle ils furent chassés de l'Angleterre par les Angles, grande tribu germanique qui venait du Slevig-Holstein,

près du Danemark. Après l'arrivée de leurs compatriotes, les Saxons, ils s'unirent pour former la nouvelle race anglaise, anglo-saxonne.

 

Chassés de leur pays, les Bretons émigrèrent sur les côtes nord de la France au pays d'Armorique, qui devint le duché de Bretagne. Les Bretons sont de race celtique

comme leurs anciens compatriotes de Grande Bretagne: les Écossais, les Gallois et les Irlandais. Beaucoup de Bretons parlent encore le gaelique, un idiome celtique qui

ressemble au gaélique des Ecossais et surtout à celui des habitants du pays de Galles. De leur pays d'origine, ils ont conservé comme instrument de musique la

cornemuse, si chère aux Écossais. Sous François I la Bretagne devint une province de France.

 

Les Bretons sont de durs et tenaces travailleurs, d'habiles pêcheurs et marins intéprides. Ardents royalistes, attachés à la foi catholiques, ils ne craignirent pas de

s'opposer à la Révolution française. Ils s'allièrent aux Chouans de Vendée et firent une longue guerre de guérilla aux troupes de la république, pour la défense de

leurs droits civils et religieux. De nos jours encore les Bretons sont en général de bons catholiques pratiquants et donnent à l'église de nombreux missionnaires.

 

La Bretagne a donné à la France plusieurs grands hommes d'état et de lettres, des marins et des généraux fameux, entre autres, Jacques Cartier, le découvreur du

Canada, Chateaubriand, le général Lamoricière, défenseur des états pontificaux, les illustres marins et corsaires: Surcouf et Duguay-Trouin. Les corsaires bretons se

rendirent redoutables aux Anglais du XVI au XIX iême siècle.

 

Source: Père Alphonse Claude-Laboissière, Franciscain, dans son ouvrage portant sur la généalogie de sa propre famille.
http://search.ancestry.com/Browse/BookView.aspx?dbid=29003&pageno=1
et
http://www.erudit.org/revue/haf/1958/v12/n2/301912ar.pdf

 

________

 

 

Note; le présent blogue se veut un complément à celui intitulé [Confusion], écrit précédemment. En effet, les précisions portent surtout sur les événements amenant l'Angleterre à devenir un pays qualifié d'anglo-saxon.


Confusion
http://genealogie.planete.qc.ca/user/blogs/view/name_Pilote_Qc/id_4056/title_Confusion/


Mots-clés: Angle Anglo Saxon Canadien Nationalité Anglais Normand Breton


Madeleine Parent
Ajouté le 03/13/2012 10:38:21

 

Décès: La syndicaliste Madeleine Parent

 

Madeleine Parent, figure de proue du syndicalisme et de la lutte contre les inégalités sociales au Canada, s'est éteinte cette nuit au Centre hospitalier de soins de longue durée Reine-Elizabeth, à Montréal, à l'âge de 93 ans.

 

Les jeunes descendent dans la rue et reprennent sans le savoir la lutte pour l'égalité que Madeleine Parent aura menée toute sa vie et jusqu'au bout de ses forces.

 

Cette grande militante s'est éteinte dans la nuit de dimanche à lundi.

 

Madeleine Parent a oeuvré toute sa vie pour plus de justice sociale. Dès les années 1930, elle revendiquait pour les jeunes un droit d’accès universel à l’éducation, en même temps qu’elle militait pour obtenir le droit de vote des femmes.

 

Elle est photographiée ici en 1949, à Montréal, par George Nakash.

 

 


La grève menée par les employés de la [Montreal Cottons] à Salaberry-de-Valleyfield est un exemple parfait de tous les moyens qui seront utilisés contre les ouvriers par le patronat et le gouvernement Duplessis dans toutes les grèves qui suivront.


Vive Madeleine Parent!

 

________

 

http://finances.sympatico.ca/accueil/contentposting/deces_la_syndicaliste_madeleine_parent_est_decede e/a5b38b85
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/344929/madeleine-parent-1918-2012-de-tout es-les-luttes-jusqu-au-bout
http://www.thefreelibrary.com/Cent+jours+dans+la+vie+des+Campivallensiennes.+La+greve+de+1946+a...-a0190697457

 

Mots-clés: Madeleine Parent Syndicaliste Valleyfield




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