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genlady
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Commerçants de la fourrure.
Ajouté le: 02/21/2008 12:00:16

Bonjour ou bonsoir à toutes et tous,

Voilà déjà un bon moment que je n’ai apporté ma légère contribution et ‘produit’ un texte pour cette section du site de Planète Généalogie. Donc, en ce beau jeudi ensoleillé, je vous propose une très courte synthèse biographique portant sur mes dernières lectures, soit le monde des Coureurs des Bois ou commerçants de la fourrure.

Le sujet des coureurs des bois étant très vaste et la littérature disponible sur la Nouvelle-France du 17ième siècle et 18ième siècle et l’épopée de ces ‘Robin Hood s’y rattachant est d’autant plus considérable.

Bref, un sujet incroyablement époustouflant pour en faire un court et juste résumé. Malgré cette contrainte, voici ce que je vous livre aujourd’hui. Je vous souhaite donc, une très bonne lecture !!

Quand on pense au terme coureur des bois, on a l’image d’un ‘Davy Crockett’ qui nous vient en tête. On appelait ses hommes qui décidaient d’aller à l’intérieur des terres pour trapper eux même la fourrure, courage et canot, voyageurs et bien entendu, coureurs des bois.

Ces ‘runners of the woods’ apprenaient tout de la vie en forêt des Autochtones. Les coureurs des bois, apprenaient de ces derniers, les rudiments nécessaires de la survie dans cette grande étendue couverte d’arbres. Je disais donc, qu’on leur a inculqué à ses ‘Robin Hood’ à manœuvrer leur canot, s’habiller comme les Autochtones, manger la même nourriture que les Autochtones, utiliser des raquettes, se défendre contre des animaux trop envahissants, à chasser et pêcher, et enfin à bâtir des abris.

Si on pense que le coureur des bois avait la vie facile, ah ben là, on se trompe. Reconnus pour parcourir de très longue distance, ils quittaient leur domicile au printemps avec leurs canots remplis à craquer de provisions de toutes sortes, sans oublier les produits réservés à l’échange. L’été, les moustiques et d’autres petites bestioles les incommodent. L’hiver, ils devaient se tenir au chaud la nuit. Ils creusaient alors un trou dans la neige et tapissait cette ouverture de branches.

Évidemment, dans notre ère moderne d’aujourd’hui, le monde des coureurs des bois est bien révolu. Mais, il faut quand même être conscient et reconnaître que ces hommes, faisaient un travail difficile et dangereux en plus d’un pré-requis nécessaire : la force physique, pour le portage. Oui oui, ces hommes devaient être forts physiquement car ils devaient porter leur canot, pour aller d’un lac à un autre, contourner des rapides ou une chute d’eau…

À travers le temps, il y eu de nombreux coureurs des bois célèbres. Pour en citer quelques-uns, pensons à : Pierre-Esprit Radisson (1636-1710), Jacques de Noyon (1668-1745), Jean Nicolet (1598-1642), Étienne Brûlé (1592-1633), Louis Joliet (1645-1700) et son équipier le Père Jacques Marquette (1637-1675), et j’en passe d’autres tout aussi remarquables.

Mais, un autre de ces coureurs des bois célèbre fût Jean Cadieux et voici un bref tour d’horizon de son histoire.

Cadieux est né à Boucherville le 12 mars 1671 de l’union de Jean Cadieux et Marie Valade. Il épouse une Algonquine du nom de Marie Bourdon, fille de Jacques Bourdon et Marie Ménard dit Lafontaine le 30 mai 1695 à Boucherville et fonda une famille.

Jean Cadieux, était voyageur, interprète, poète, chasseur et trappeur. Son histoire n’est pas banale du tout. Par un beau jour de mai 1709, Jean Cadieux descendait avec quelques amis Indiens l'île Morisson à Montréal pour aller vendre ses fourrures. Lors d'une halte à l'Île du Grand-Calumet, un jeune Algonquin faisant parti du groupe, repéra des guerriers Iroquois venu tendre une embuscade aux voyageurs de l’équipe Cadieux pour s'emparer de leurs précieuses fourrures.

Le groupe de Cadieux devait donc se protéger d’une pluie de flèches. Finalement, la troupe de Cadieux trouva refuge au fond de leurs canots. Jean Cadieux avait réussi à échapper aux Iroquois, mais épuisé et affaibli par cette attaque, il s'était préparé à sa mort. Il a creusé sa tombe et à moitié ensevelli, y planta une croix après avoir composé sa complainte de la mort.

Cadieux est devenu une légende célèbre pour avoir écrit sur un long morceau d’écorce de bouleau son "chant de mort". C'est sur cette écorce qu'il écrit une chanson Complainte de Cadieux relatant les circonstances de sa mort en 1709.

Il y a déjà de disponible, une imposante biographie sur la vie de Jean Cadieux. Une petite recherche sur (Google) à l’aide de deux ‘clics’ de souris vous donnera un vaste éventail de liens, dont celui-ci :

http://aquapontiac.ca/legende_cadieux.htm

Pour clore cet article d’une manière agréable, et dans le même esprit que le chant de mort de Cadieux, je vous offre ici la plainte du Coureur des Bois, écrite par le Beauceron Marius Barbeau (1883-1969).

Bonne journée,

Genlady

Le six de mai, l’année dernière
Là-haut, je me suis engagé,
Pour y faire un long voyage,
Aller aux pays hauts,
Parmi tous les sauvages.
Ah! que l'hiver est ennuyant!

Nuit et jour, mon cœur soupire,
De voir le doux printemps,

Le beau et doux printemps,
Car c’est lui qui console
Les malheureux amants,
Avec leurs amours folles.
Quand le printemps est arrivé,
Les vents d’avril soufflent dans nos voiles,
Pour revenir dans mon pays.
Au coin de Saint-Sulpice,
J’irai saluer m’amie,
Qui est la plus jolie.

Qui en a fait la chanson ?
C’est un jeune garçon,
S’en allant à la voile,
La chantant tout au long.
Elle est bien véritable,
Adieux, tous les sauvages,
Adieu les pays hauts,
Adieu les grand's misères !

L’original de ce poème-chanson se trouve dans l’œuvre de Marius Barbeau intitulée Romancero du Canada 1937, 254 pages.

¤ Moi, ce poème était dans mon livre : Littérature Canadienne-Française, édition de 1957, page 42.

Mots-clés: Jean Cadieux Iroquois Boucherville Fourrure Marius Barbeau



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Visionner 1 - 3 de 3 Commentaires

De: Ritchot_Nason
03/03/2010 10:12:59
Sur plusieurs sites internet, on trouve l'affirmation selon laquelle Marie Bourdon, épouse de Jean Cadieux, soit une Algonquine. On la surmomme « Mewhatta » et certains l'associe au clan Pachirini C'est une légende !

Toutes les sources confirment les origines françaises de Marie Bourdon. Elle est né le 8 novembre, et a été baptisée le 11 novembre 1675 à Boucherville Il n'y a aucune mention qu'elle ait été adoptée.

Aucun document n'a été trouvé la reliant à une nation amérindienne.

L'association des familles Bourdon, Cadieux et Quenneville à la traite des fourrures ne signifie pas que Marie Bourdon soit une Amérindienne.

Cette légende origine d'un poème d'Isabel Ecclestone Mackay, lui même inspiré de la « Légende de Jean Cadieux ».

Son poeme « The Passing of Jean Cadieux » évoque la mort de Jean Cadieux au Portage des Chutes.

http://digital.library.upenn.edu/women/garvin/poets/mackay.html

La rumeur a fait son chemin et l'erreur s'est perpétuée jusqu'à nos jours.





De: Daniailes
02/21/2008 19:16:31
Très belle recherche Genlady!

Dans une des lignées de mon conjoint, je suis arrivée sur Jean Nicolet dit de Belle-Borne. Il a eu une fille avec "sauvagesse Nipissing" selon le dictionnaire Drouin. Je n'ai pas fait de recherche encore sur le sujet. Par contre, je me promet de chercher là-dessus car il y a le lac Nipissing à environ une heure et demi d'ici, en Ontario.
Jean Nicolet s'est marié avec Madeleine Couillard, le 7 octobre 1637, à Québec. Je ne sais pas si l'enfant métisse est née avant ou après.


De: longdodo
02/21/2008 12:40:33

Bonjour,

Je suis d'accord avec Andregar, vous nous offrez là une très bonne synthèse sur le sujet.  Permettez-mloi d'ajouter un petit grain de sel.  Le terme coureur des bois est passé dans la langue populaire  en Nouvelle-France, mais officiellement, on les désignait sous le nom de «voyageur».  Ceux-là possédaient un permis de traite délivré par les autorités.  Quant au  «coureur des bois», ne possédant pas le dit permis, il était celui qui pratiquait la traite des fourrures illégalement.  Il n'en demeure pas moins que l'un comme l'autre travaillaient dans les mêmes conditions que vous nous avez si bien décrites.

Longdodo 




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