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La Biscuiterie Viau. 1867-2005 (1de 3)
Ajouté le: 01/12/2008 18:25:25
Qui de vous n’a pas un jour mangé des biscuits Village ou des Whippet… Voici  un peu l’histoire de la compagnie Viau et de son fondateur… Charles Théodore Viau (1843-1898).  

 

Charles-Théodore VIAU naît dans un paisible village à Longueuil en 1843.  Il quitte son village natal pour s'établir à Montréal à l’âge de 15 ans. Il se trouve un emploi à l'épicerie Poupart de la rue des Commissaires (auj. De la Commune) où il apprend à fond le commerce de l'épicerie. 
 

En 1866, alors qu’il est âgé de 23 ans, Ch.-T.  achète le commerce de « Poupart » en s'associant à Toussaint Dufresne.  Sous le nom de  VIAU & DUFRESNE  les deux comparses abandonnent le commerce de l'épicerie pour se spécialiser dans la vente de la farine:  Viau & Spécialité: vente de farine Dufresne.  En 1867, ces messieurs Viau et Dufresne fondent la compagnie VIAU.   À l’origine, ils installeront la biscuiterie sur une vaste ferme, aux 518 à 524 de  la rue Ste-Marie (auj. Notre-Dame), à Montréal.

           
Le jeune Ch.-Théodore VIAU cuit son pain la nuit et le livre chez les épiciers très tôt.  Son travail de boulanger terminé, il reprend ses occupations, rue des Commissaires.  Pour remplir les moments creux de la journée et utiliser le four de sa boulangerie au maximum, C-Th. VIAU fit quelques expériences culinaires et inventa le biscuit « VILLAGE ». Celui-ci connaît immédiatement un grand succès. Le « Village » a résisté à tous les remous des 127 dernières années, il est toujours là à la fermeture de l’usine en 2005.
http://genealogie.planete.qc.ca/file/pic/gallery/342472.jpg 
 

En 1868, les affaires vont si bien que VIAU s'agrandit en occupant la maison voisine de la sienne.  La biscuiterie Viau de Montréal  utilisait un four à plateau mobile depuis cette année là, pour la cuisson des biscuits. En 1870, il lui faut agrandir à nouveau mais il est à court de capitaux.  Charles-Théodore se sépare de Dufresne et s'associe à Michel Viger.  Le magasin de la rue des Commissaires est fermé au profit de la boulangerie mais VIAU & VIGER n'abandonne pas le commerce de farine, renommée pour sa légèreté.
 

En 1873, Charles-T. Viau achète les intérêts de Viger.  Au  pain et aux biscuits, il ajoute le chocolat et les bonbons.  Le nom devient "VIAU & FRERES" malgré que son frère Napoléon ne soit pas son associé mais seulement un de ses employés.

 

Le 17 juin 1875,  la fabrique de la rue Sainte-Marie est détruite par les flammes. Sans se laisser abattre, Ch.-T. reconstruit immédiatement une manufacture beaucoup plus vaste et moderne.  La production venait à peine de reprendre qu'à l'automne, une des pires crises économiques s'abat sur l'Amérique et se propage au monde entier.
 

En 1876 paraît la première réclame publicitaire de "VIAU & FRERES".   On y annonce une grande variété de biscuits et de bonbons, la fameuse farine "self-raising" et le "bon pain français vendu aux épiciers".  En anglais, c'est le "French aerated bread".  En 1878, malgré la crise, M. VIAU agrandit sa manufacture.  En 1884, l’'économie mondiale sombre à nouveau et les entreprises les plus solides faillissent les unes après les autres.   Ch.-T. VIAU  redouble d'effort et parvient même, contre le courant, à faire progresser son entreprise. 

Depuis plusieurs années déjà, M. VIAU et sa famille passaient l'été à Longue-Pointe, à quelques  kilomètres à l'Est de Montréal.  Il y établit une exploitation agricole qui saura lui fournir la grande quantité de lait frais que consomme son entreprise.  Il achète ensuite de la famille Molson (celle de la bière) une grande terre de 150 arpents.         
 

En 1885, la prospérité est revenue.   Les voyageurs de commerces de "VIAU & FRERES" sillonnent le Québec. et touchent à certaines parties de l'Ontario. L’année suivante, Ch-Théodore achète une terre de 550 arpents des frères Bruyères dans la municipalité de Maisonneuve au pris de 60,000.$.  Ses 700 arpents font de lui un des plus gros propriétaires terriens de Montréal.    Son domaine s'étend en bordure du St-Laurent jusqu'à l'actuel boulevard Rosemont, englobant une bonne partie du parc Maisonneuve, près de la rue Viau.   Il exploite ses vastes terres avec un directeur de ferme et plusieurs fermiers.

 

En 1890, la fabrication d'une centaine de sortes de biscuits et de bonbons absorbe toute l'attention du patron si bien qu'il abandonne la fabrication du pain.  Il ajoute encore plusieurs variétés de biscuits et modernise ses moyens de production.  M. Viau entreprend de fréquents voyages aux USA en quête de nouvelles machines.  Il se propose d'établir sur ses terres de Maisonneuve un centre domiciliaire.  Il aménage sur le bord du fleuve un jardin public avec des équipements pour la pratique du canotage et du yachting. Ce nouveau quartier, malgré son éloignement de la ville, se développe rapidement et est connu sous le nom de VIAUVILLE. 
 

Ch.-T. Viau contribue à la fondation de la paroisse St-Clément de Viauville. En mai 1898, le biscuitier-confiseur met à la disposition de Mgr Bruschesi, des terrains pour la construction d'une église, d'un presbytère, d'un couvent et d'une école; de plus, il s'engage à défrayer les coûts de construction de l'église et à absorber les frais du culte pendant un an. Il y avait cependant une condition, que l'église en question porte le prénom de son père «Clément». Une source d'eau sulfureuse jaillissant du sol de la rue Viau, certains dimanches, plus de 10 000 personnes (dont des dyspeptiques, personnes qui souffrent d'une digestion difficile et douloureuse) viennent boire cette eau moyennant un sou le verre.   M. VIAU verse la recette au fonds de la construction de l'église. Il a aussi logé gratuitement les soeurs de la congrégation du Saint-Nom-de-Jésus-Marie durant la construction, en 1902, de leur couvent sur la rue Adam. En gage de gratitude, elle donnèrent à l'établissement le nom de sa femme  «Emélie». 
 

En 1898, VIAU & FRERE prospère plus que jamais et VIAUVILLE en pleine croissance,  M. VIAU dépose à l'Assemblée législative de Québec, un projet de loi en vue de la création officielle de Viauville, en la séparant de Maisonneuve. Le 10 décembre suivant, Ch-T se plaint de douleurs à l'estomac.  On croit alors à une indigestion car il est gros mangeur et son embonpoint est légendaire à Monréal.   Quelques heures plus tard, il tombe foudroyé, il avait 55 ans. il laisse ses enfants dans le deuil: 


o       Théodore, l'aîné, dirigera plus tard, la production des biscuits pendant quelques années


o       Théophile participe plus activement à VIAU & FRERE


o       Wilfrid ne s'intéressera jamais à l'entreprise. Il possède une des plus fameuses écuries de chevaux de course d'Amérique et meurt à Paris.

o       Blanche épouse Ernest TÉTREAU, député de Dorion.

o       Emilie, la cadette, s'intéresse aux chevaux d'exposition. Elle remporte tous les principaux "rubans bleus" aux USA et au Canada.

 

Après le décès de Charles-Théodore, son beau-frère Jean-Baptiste Deguise qui était devenu son bras droit, assumera la direction de l'entreprise, secondé par 5 exécuteurs nommés par testament. Le projet de créer une Viauville distincte de Maisonneuve est abandonné.

 

À suivre…

 

Lise Jolin

 

Mots-clés: Industrie



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