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Simone Bélisle, 1911-1948
Ajouté le: 06/22/2008 05:18:35

Simone Bélisle, fille de Adonias et Alexina Lauzon est née le 10 novembre 1911 à Ste-Anne des Plaines. Elle avait 5 frères et 6 sœurs : Lucien, Léopold, Roger, Sylvio, Léo, Germaine, Gracia (Sr Marie-Pierre-Amédée), Marie-Jeanne, Aurore, Marie-Rose et Thérèse (Sr  Marie-Madeleine).  http://genealogie.planete.qc.ca/file/pic/gallery/335766.jpg

 

 

 

Tante Simone

 

 Vous étiez décédée depuis moins d’une semaine lorsque je suis née.  Je vous connais seulement à travers les témoignages recueillis dans la famille. Quoi que vous disiez ou que vous fassiez, tout était beau, vous aviez le respect et l’amour inconditionnel de vos parents. 

 

 

 

 

 

     Tout le monde est unanime, vous étiez une personne accomplie.  Vous étiez très habile dans tout ce que vous faisiez, que ce soit le travail de maison, la broderie ou la couture.  Quel besoin aviez-vous lorsqu’il y avait de la visite chez grand-mère, de repousser vos sœurs en leur disant : « enlève-toi de là, t’es pas capable de rien faire de bon ». Vous saviez bien que ce n’était pas vrai, c’était juste une façon de vous mettre en valeur aux yeux des étrangers. N’avez-vous pas perdu un soupirant à cause de cette façon de faire?

 

     Oncle Ubald Lauzon, qui était unijambiste, venait souvent visiter votre mère, sa demi-sœur Alexina.  Il en profitait pour vous apporter ses bas à repriser. Puis une fois que vous n’étiez pas là,  maman (Marie-Jeanne) lui a dit « moi aussi je sais raccommoder ».  Après cette première fois, l’oncle Ubald a toujours voulu que ce soit elle qui répare ses bas.   «Le raccommodage est un art, disait-il.  Marie-Jeanne ne fait pas de bosses en réparant mes bas et avec mon moignon, ça me blesse beaucoup moins ».  Après cet épisode, votre orgueil en a pris un coup car après cela, oncle Ubald ne vous l’a plus jamais redemandé.

 

 

     En 1938, les temps étaient durs et mes parents voulaient se marier.  Quelques mois avant la cérémonie, maman vous a emprunté de l’argent et vous a donné son coffre de cèdre et tout son contenu en gage. Dans son coffre, maman y gardait entre autres choses, ses nappes et taies d’oreiller qu’elle avait brodées avec amour.  Vous n’avez jamais remis le fameux « coffre d’espérance » à maman après le remboursement total de sa dette.  Ce qui est arrivé à ses effets qu’elle gardait comme des trésors, maman n’en a jamais rien su.  Grand-maman Alexina en a probablement hérité à votre décès, puis tante Germaine.  

 

     Vos parents avaient acheté leur première maison en 1925, rue Des-Carrières, coin Des-Écores, à Rosemont.  Maman se rappelait être arrivée là alors qu’elle avait dix  ans et chose curieuse, en 1958 à l’âge de dix ans, moi aussi j’emménageais dans ce même logement avec mes parents.  En 1939, la deuxième guerre mondiale était déclarée, l’argent se faisait rare.  Depuis leur mariage le 27 décembre 1938,  papa et maman (Marie-Jeanne et Rosaire) demeuraient encore là, dans la maison paternelle des Bélisle.  Maman est sortie de l’hôpital quelques jours après la naissance de ma sœur Gisèle, née le 12 décembre 1939, vous vous êtes empressée auprès de votre nièce sans laisser le soin à maman de s’occuper de sa propre fille.  Tante Simone, étant la troisième des filles aînées après Germaine et Gracia, vous étiez habituée à vous occuper de vos neuf autres frères et soeurs et vous vouliez sans aucun doute bien faire. Ce  n’était cependant pas une raison de vouloir empêcher maman de s’occuper de son premier bébé naissant.  Maman m’a dit un jour  « Encore une chance qu’elle ne pouvait pas allaiter à ma place.  Si elle avait pu, je crois qu’elle l’aurait fait ».  Vous savez tante Simone, le métier de mère s’apprend tout naturellement.  Maman n’en pouvant plus, papa a décidé d’amener sa petite famille vivre ailleurs afin que maman puisse être autonome.     

 

     Nous savions dans la famille que vous faisiez de l’urémie mais personne n’a jamais pu me dire ce que c’était avant l’année dernière. Le médecin spécialiste de mon mari qui est néphrologue, m’a expliqué que l’urémie ou mal de Bright était une atteinte progressive, importante et définitive de la fonction rénale. http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_449_i_renale_chronique.htm.  Il semble que dans les familles Bélisle ou Lauzon, vous êtes la seule qui a eu des problèmes de reins, alors on peut presque affirmer que ce n’est  pas héréditaire.

 

 

     Oui tante Simone, vous étiez très malade et chacun le savait. Grand-maman mettait des sacs en plastique ou des journaux tout autour de votre chaise car vos jambes coulaient.  Tous disaient que vous pourrissiez  vivante, que ce n’était pas beau à voir.  Une personne bien intentionnée a répété  à maman des paroles que vous aviez prononcées : « Marie-Jeanne est sans cœur, elle ne vient pas me voir… Le bon Dieu va la punir, le bébé qu’elle porte sera tout écrabouillé, tout fripé... » Vous savez, maman était prête à aller vous voir.  C’est notre médecin de famille, le docteur Émile Delorme qui lui avait défendu d’aller vous rendre visite malgré tout l’amour qu’elle vous portait.  Il avait peur pour le bébé car l’accouchement s’annonçait pour bientôt.  Lui en vouliez-vous tellement pour lui dire des choses si méchantes alors que porter un enfant doit être une chose si merveilleuse?

 

     Je suis née le 25 mars 1948 trois jours après votre décès. Chère tante, je ne vous en veux pas vraiment de ce que vous aviez dit à propos du bébé que maman portait.  Dans un sens, vous aviez raison sur un point, j’ai toujours eu la peau toute fripée comme maman et grand-maman, car j’ai hérité de leur eczéma.  Étant jeune, j’avais les mains qui ressemblaient à celles d’une dame de soixante ans.  Maintenant  que je les ai, je regarde mes mains et je me fais une raison, elles paraissent l’âge qu’elles ont.

 

     Toujours célibataire, vous êtes décédée à Montréal-Nord le 22 mars 1948 à l’âge de 36 ans et 4 mois.  Ma soeur Gisèle se souvient avoir été à votre enterrement avec grand-maman.  Vous avez été inhumée au cimetière de Ste-Anne des Plaines, le 28 mars suivant et votre nom est inscrit sur le monument de vos parents ainsi que celui de votre frère Léopold.

 

 

     Ce qui m’a marqué de tout ce que vos proches m’ont révélés à votre sujet, c’est que vous aviez des doigts de fée.  Il me semble que vous m’auriez appris à faire beaucoup de belles choses. Tante Simone, comme j’aurais aimé vous connaître!

 

 

 

Votre nièce,

Lison

Mots-clés: Simone Bélisle Urémie Ste-Anne-des-Plaines



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