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Henry Starnes, 1816-1896
Ajouté le 10/31/2017 05:30:19

 

Tout au long de sa vie, Henry Starnes est actionnaire et administrateur de plusieurs compagnies de transport au Canada.  Banquier et neuvième maire de Montréal, il réorganise les finances de la ville en adoptant un nouveau mode de taxation des citoyens montréalais.  À titre de conseiller législatif, il appui les gouvernements tant libéraux que conservateurs de la province de Québec.  Selon ses contemporains,  « Starnes se trouve toujours à coup sûr dans les rangs du gouvernement, quels que soient l’uniforme ou la couleur du drapeau »  L’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce nomme la rue Starnes en son honneur, le 28 novembre 1950.

 

Henry Starnes

 

Henry ‘Nathan’ Starnes, fils de Benjamin Starnes, d’ascendance écossaise et de Élizabeth Mainville, est né le 13 octobre 1816 à Kingston, Ontario. Son grand-père, loyaliste américain de New-York, était venu s’établir au Canada à la fin de la guerre de sécession. Henry Starnes épouse Eleanore Stuart, le 5 août 1840, dans la paroisse Notre-Dame de Montréal et huit enfants naîtront de cette union:

Marie Elizabeth  baptisée le 07 mai 1841 a pour  parrain et marraine : Joseph Bourret (futur maire de Montréal en 1842) et Marie Marguerite Stéphanie Bédard, son épouse;

Marie Eugénie,  baptisée le 10 février 1843 a pour parrain et marraine : Louis-Victor Sicotte et son épouse Elizabeth Starnes, sœur d’Henry Starnes;

Louise Aurélie Latitia, née le 27 juin 1844 et baptisée le lendemain, a pour parrain et marraine : William Finsterwaltz-Lest et son épouse Aurélie Starnes (mariés le 11 sept. 1838 à Notre-Dame de Montréal).  Louise Aurélie est inhumée le 26 août 1853;

Emma Ursule Marguerite, baptisée le 22 octobre 1848, a pour parrain et marraine : John Collins et Émilie Johnson (née Starnes).  Emma est décédée en 1853;

James Leslie, baptisé le 06 juillet 1850, a pour parrain et marraine : Edmond Starnes (frère d’Henry) et Corrine Stuart.  James Leslie épouse Marie Angélique Juchereau le 02 octobre 1878.  James Leslie est inhumé le 11 juin 1880;

Georges Édouard, baptisé le 04 octobre 185, a pour parrain et marraine : George-Étienne Cartieret dame Rosalie Prévost.  Georges-Édouard est inhumé le 17 février 1879 à l’âge de 24 ans 6 mois;

Marie Adèle Eva, baptisée le 10 juin 1857, a pour parrain et marraine : Hon. Pierre-Joseph Olivier Chauveau et Adele Berthelot, épouse de Louis-H. Lafontaine; 

Marie Hortense Zaire, baptisée le 13 juin 1859, a pour parrain et marraine : Ovide Désilets (époux d’Élizabeth Starnes) et dame Eleonore Ostell.  Marie Hortense est inhumée le 05 août 1860.

 

Henry Starnes fait ses études au Montreal Academical Institution, fondée par le révérend Henry Esson, puis, en 1826-1827, au petit séminaire de Montréal (collège de Montréal).  Dans ces établissements,  il fait des connaissances de gens qui auront une très grande influence sur sa vie politique. On retrouve plusieurs de ceux-ci ou de leur épouse,  de cérémonie ou simplement présents aux baptêmes de ses enfants, tels George-Étienne Cartier, Pierre Joseph Olivier Chauveau, Louis-Hyppolite Lafontaine ou encore l’avocat et politicien Louis-Victor Sicotte et Joseph Bourret, future maire de Montréal. 

 

Dans les années 1830, Starnes travaille pour la « James Leslie and Company », société d’importation d’aliments dont le propriétaire est James Leslie.  Les deux hommes seront associés dans le commerce en gros sous l’enseigne de la « Leslie, Starnes and Company », de 1849 à 1859. 

 

Maire de Montréal, de 1856 à 1858 et de 1866 à 1868.

 

Dans les années 1850, plusieurs usines ouvrent leurs portes à Montréal et aux alentours de la ville.  Parmi celles-ci, on peut penser à la minoterie Ogilvie et à la raffinerie de sucre Redpath. Depuis 1855, Montréal jouit ‘d’un service postale régulier par mer’ avec l’Europe, bénéficie ‘d’une liaison directe avec Toronto par chemin de fer’ et la ville accueille de plus en plus de navires océaniques.  Il est peut-être intéressant de penser que c’est à cette période que Montréal tient le titre de métropole canadienne, titre que Toronto lui ravira une dizaine d’années plus tard.

 

En 1852, Starnes devient conseiller municipal du quartier Ouest de Montréal.  Il se fait ensuite élire à la mairie de Montréal, pour la première fois en 1856.  Il faut se rappeler que lors du premier mandat de Henry Starnes,  aucune rémunération n’accompagnait les fonctions du premier magistrat de la ville.  Dans l’esprit du nouveau maire,  « l’administration de la municipalité devrait être du ressort de gens connus et reconnus pour leurs réussites en affaires, possédant déjà l’expérience et la connaissance des importantes fonctions du poste »

 

De 1856 à 1866, la population de Montréal passe de 55,000 à 100,000 habitants ce qui occasionne des problèmes d’approvisionnement d’eau potable.  Après avoir consulté les personnes compétentes en la matière, Starnes propose l’augmentation de la capacité de l’aqueduc mais ce n’est qu’en 1868 que la première pompe à vapeur sera installée afin de commencer à résoudre le problème.

 

Gestionnaire rigoureux, Starnes propose un mode de taxation et de perception des revenus de la Ville. ’reposant sur la valeur réelle des immeubles et la responsabilité des propriétaires contribuables’.  C’est durant son deuxième mandat que la ville achète le ‘terrain actuel’ de l’hôtel de ville de Montréal en 1867.

 

 

Banquier

 

En 1817, Henry Starnes est actionnaire et  cofondateur de la banque de Montréal.  De 1851 à 1853, il administre la Banque du Peuple, puis de 1852 à 1876,  la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal. Il dirige aussi la succursale montréalaise de la Banque d’Ontario de 1859 à 1871.

 

Henry Starnes, à la tête d’un groupe de financiers, est cofondateur de la Banque métropolitaine en 1871.  Il en est le premier et dernier président  jusqu’à sa fermeture en 1876.  Installée sur la rue Saint-Jacques à Montréal, l’institution financière prend rapidement de l’expansion.

 

En 1873, un système d'escompte d'origine anglaise est mis en vigueur, procurant des profits immédiats pour la banque mais lors de la crise de 1875, la Métropolitaine ne peut faire face aux emprunts faits à d’autres institutions bancaires.  La fusion envisagée avec la banque Ville-Marie ne se fait pas et Starnes délaisse la présidence en 1876. La banque Métropolitaine, qui ne peut résoudre ses problèmes ferme définitivement ses portes en 1877.  Elle sera ‘la première banque  à faire faillite pendant la crise économique de 1873’ (sic). Starnes, amené en justice et accusé de faire « de la spéculation boursière », gagnera tous ses procès, mais, lui qui rêvait de devenir lieutenant-gouverneur de la province de Québec venait de voir son rêve détruit à tout jamais. 

Scandale du Pacifique

 

Pendant la campagne fédérale que mène George-Étienne Cartier, en 1872, Starnes est mêlé au ‘scandale du Pacifique’ car c’est lui qui administre l’argent du parti des « bleus ».  Rappelons que Cartier cherchant à se faire élire dans Montréal-Est, accepte une grosse somme d’argent de Hugh Allan, transaction qui est fait par la Banque Métropolitaine alors sous la présidence de Henry Starnes. Cartier promettait « un contrat du chemin de fer qui devait se rendre jusqu’au Pacifique, » (sic).  Cette  dangereuse correspondance est rachetée par Starnes aux prix de 37,500.$  pour étouffer l’affaire mais le tout est quand même rendue publique.  En plus d’entraîner la chute du gouvernement en place en 1873, la réputation de Starnes est entachée considérablement.

 

Vie politique,  Actionnaire et administrateur

 

Henry Starnes se présente aux élections générales de 1857 à titre de candidat libéral-conservateur dans la circonscription de Montréal mais sans être élu.  L’année suivante, ii devient député conservateur de Châteauguay, poste qu’il occupera jusqu’en  1863.  Quelques années plus tard, il est nommé conseiller législatif de Salaberry et prête serment  le 27 décembre 1867. Il devient président du Conseil législatif dans le gouvernement libéral (du 8 mars 1878 au 31 octobre 1879). 

 

Pendant les années 1880, Starnes occupe plusieurs fonctions sous le gouvernement provincial : commissaire des chemins de fer(du 1er août 1882 au 11 février 1884), commissaire de l’Agriculture et des Travaux publics (du 27 au 29 janvier 1887), président du Conseil législatif  (d’avril 1889 à mars 1892).  Il travaille ensuite pour le parti libéral jusqu’à son décès.

 

Outre sa vie politique, Starnes fut Vice-président du Bureau de commerce de Montréal et de l'Association Saint-Jean-Baptiste.  Il a été aussi actionnaire ou administrateur d’un grand nombre de compagnies : la Compagnie des consommateurs de gaz de la cité et du district de Montréal, la Compagnie d’emmagasinage de Montréal, la Compagnie de navigation du Richelieu, la Compagnie canadienne pour la fabrication des locomotives et machines (La Locomotive and Machine Company of Montreal Limited créée en 1883 pour fournir au marché intérieur canadien des locomotives à vapeur), la Compagnie du chemin à lisses de colonisation du nord de Montréal (Formé en 1875 par la fusion de la Compagnie du chemin à lisses de colonisation du nord de Montréal et de la Compagnie du chemin de fer de la rive Nord et de la navigation des terres du St-Maurice), la Prince Edward County Railway Company en Ontario (formé à l'origine sous le nom de Chemin de fer du comté de Prince Edward en 1879) et la Compagnie du chemin de fer de jonction de Beauharnois (Constitution de la Beauharnois Junction Railway Company, 1887,  pour construire et exploiter un chemin de fer entre Sainte-Martine et Salaberry-de-Valleyfield). 

 

Décès

En janvier 1895, Monsieur Starnes paralyse du côté gauche.  C’est à sa résidence du 911, rue Dorchester (actuelle René-Lévesque) que Henry Starnes meurt le 3 mars 1896.  Il est alors âgé de 79 ans 4 mois.  Le 6 mars suivant, le convoi funèbre se rendant au Gésù, lieu des funérailles, était composé d’un détachement de 100 pompiers, d’une fanfare de la police, d’un détachement de la force municipale de 108 hommes dont Monsieur Richard Wilson-Smith, maire de Montréal.  La dépouille mortelle repose maintenant dans le caveau familial dans la ‘Section C, Lot 00006’ du cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

 

Lise Jolin

 

Sources :

 

Ancestry.ca

BMS2000

Dossiers personnels

 

http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/starnes-henry-5407/biographie.html  (Assemblée Nationale)

http://www.biographi.ca/fr/bio/starnes_henry_12E.html(Dictionnaire biographique du Canada)

http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=13122&type=pge#.WdNbDmjWy70

http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/maires/starnes/index.shtmhttp://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/maires/starnes/index.shtm

https://archivesdemontreal.ica-atom.org/henry-starnes-18

https://books.google.ca/books?id=Csc_AQAAMAAJ&pg=PA2&lpg=PA2&dq=henry+starnes%27& ;source=bl&ots=Ar_cMNhOaP&sig=k2rhiNx9jnkucDhSps73yJCYpmg&hl=fr &sa=X&ved=0ahUKEwjLhp7XkdTWAhUm2oMKHQL6Bl44ChDoAQg-MAQ#v=onepage&am p;q=henry%20starnes'&f=false

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Starnes

https://www.facebook.com/Patrimoine.Funeraire.Mtl/posts/991824977618230
 

Mots-clés: Starnes Marchand Banquier Maire Montréal Assemblée-législative


Henriette Cadieux de Courville, veuve de Lorimier (1815-1891)
Ajouté le 09/24/2017 07:33:24

Dernièrement j’ai lu un roman historique intitulé ‘Madame de Lorimier, un fantôme et son ombre, de Marjolaine Bouchard. Cela relate l’histoire d’Henriette Cadieux de Courville, fille de Jean-Marie Cadieux, notaire de Montréal et de Marie-Marguerite Roy, et veuve d’un des plus célèbres patriotes de la Rébellion de 1837-1838.  Pour ceux et celles qui connaissent la ville de Montréal, l’avenue de Lorimier (1883) portait  ironiquement le nom de ‘Avenue Colborne’, du nom de celui qui avait fait pendre celui qu’on appelait ‘ Chevalier de Lorimier ‘.

 

Henriette Cadieux, fervente catholique de 17 ans, a l’appui de son père, du choix qu’elle fait, d’unir sa destinée à celle du futur notaire François-Marie Thomas-Chevalier de Lorimier, de douze ans son aîné.  Pourtant, sa mère avait d’autres vues pour sa fille, dont un particulier, qu’elle devienne religieuse.  Elle en voudra toute sa vie à Henriette  de la décision qu’elle a prise face à ce mariage qui sera célébré le 10 janvier 1832.

 

Henriette Cadieux et Chevalier de Lorimier auront cinq enfants dont deux seulement parviendront à l’âge Adulte.  Il s’agit de ‘Marie–Adélaide-Zénoise-Léopoldine’ et de Stéphanie.  Toutes deux resteront célibataires et sans descendance.  La première, âgée d’environ 65 ans, a été inhumée le 15 mars 1898 à L’Assomption et la seconde, âgée de 66 ans, a été inhumée fin mars 1904 dans la même paroisse. Deux autres filles meurent en bas âges : Marguerite-Henriette est baptisée le 28 décembre 1832, et Henriette-Rachel-Adelaide est baptisée le 16 décembre 1833.  Cette dernière, morte à l’âge de 4 mois 18 jours, a été inhumée à Montréal, le 18 mai 1833.

 

Comme toute bonne épouse, Henriette Cadieux supporte les idées de son mari envers le parti des Patriotes et l’appui à cent pour cent, sans toutefois y prendre part directement elle-même.  Tout ceci n’est pas sans inquiétude car bientôt, Chevalier de Lorimier se rallie au mouvement de résistance et ‘prend la direction des Frères Chasseurs, association clandestine qui veut libérer le pays de l'emprise des Britanniques’ (sic). Henriette Cadieux, comme beaucoup d’autres épouses de Patriotes ‘boycottera’ les importations britanniques.  Malgré le manque d’argent et de nourriture, elle voit à la bonne marche de la maisonnée. 

 

Alors qu’il commande le soulèvement de Beauharnois, Chevalier de Lorimier est arrêté le 12 novembre 1838. Henriette ne verra plus son époux que très brièvement lors de ses visites à la prison ‘au Pied du Courant’ de Montréal.

 

Le 21 janvier1939, de Lorimier et onze de ses compagnons sont condamnés à être pendu.  La veille de leur exécution, Henriette Cadieux essaie d’avoir une rencontre avec le général John Colborne afin d'éviter la pendaison de son mari mais ne réussit qu’à obtenir un souper avec le prisonnier dans sa cellule.  Une requête écrite au général Colborne est aussi formulée comme suit :  « Votre requérante n’avait, disait-elle, pour vivre et supporter ses pauvres petits enfants que le produit du travail et de la profession de leur père; elle ne peut, sans anxiété, penser au moment fatal où elle sera laissée seule, sans aucun moyen d’existence.  Votre Requérante n’a pas l’intention de faire l’éloge de son mari, de parler des services que sa famille a rendus au gouvernement anglais pendant longtemps; c’est comme épouse et comme mère qu’elle s’adresse à Votre Excellence au moment où elle est menacée de perdre celui pour lequel elle a une affection dont ses paroles ne peut donner l’idée. »  (http://jeanprovencher.com/2012/12/08/madame-de-lorimier-nest-plus-premiere-partie/).

 

Il n’est pas vraiment nécessaire de préciser que le général Colborne ait resté sourd à la requête de la jeune femme quand on sait que le  lendemain 15 février 1939, Chevalier de Lorimier meurt aux côtés de Charles Hindelang, Amable Daunais, François Nicolas et Pierre-Rémi Narbonne. Le clergé reste derrière le gouvernement anglais en place et lorsque le patriote de Lorimier est exécuté, des funérailles catholiques lui sont refusées. 

 

Après le décès de son mari, Henriette vivra une très longue dépression surtout que le 4 avril suivant, son fils Napoléon qui a toujours été de santé fragile, rend l’âme pour rejoindre celle de son père. Henriette Cadieux et ses filles, se font regarder de travers et sont montrées du doigt par la population montréalaise.  On refuse même que sa fille aînée fasse sa Première Communion (selon le roman).  Suite à cette dernière offense, Henriette décide de quitter Montréal. 

 

La jeune mère de famille, aussi démuni face à ses devoirs familiaux, déménage donc à L’Assomption afin de pouvoir nourrir sa famille plus facilement tout en étant respecté par la population y habitant.  Henriette et ses deux filles Zénoise et Stéphanie, finiront leurs jours dans cette localité d’accueil.  Elles s’occuperont toutes les trois de blanchir le linge de plusieurs des habitants et de broder pour Monsieur le curé et les religieuses de l’endroit.  Parfois, la petite famille Cadieux-de Lorimier n’aura que des légumes du jardin à se mettre sous la dent mais se serrant les coudes, elles survivront pendant plusieurs années tout en gardant leur dignité. 

 

En 1883, le docteur Fortier fait paraître un article dans la Tribune de Montréal, dévoilant la pauvreté de la veuve de Lorimier et de ses filles.   Dès lors, une souscription est organisée pour leur venir en aide.  Très affaiblie par la maladie, Henriette Cadieux perd connaissance quand Honoré Beaugrand, fondateur du journal La Patrie, lui remet un chèque et qu’un hommage est rendu au patriote disparu. 

 

Le 06 décembre 1891, Henriette Cadieux, meurt à l’âge de 78 ans 9 mois et est inhumée au cimetière de L’Assomption en présence de ses deux filles, de son beau-frère Charles de Lorimier, juge à la Cour Supérieure et de plusieurs autres parents et amis.



 

Monument d'Henriette Cadieux de Courville

 

Cimetière de L'Assomption (Lanaudière) 

 

 

 

Le rôle des femmes dans le mouvement patriote...

 

 

En août 1837, des ‘Associations des dames patriotiques’ sont créées dans diverses régions telles Deux-Montagnes, Verchères et Richelieu.  On peut imaginer facilement Henriette Cadieux tissant ou cousant des vêtements en «étoffe du pays» pour éviter à avoir à consommer des produits textiles étrangers. Peut-être était-elle aussi parmi ces femmes à aider à la fabrication des cartouches de poudre ou à donner refuge à des fugitifs. Madame Cadieux de Courville a-t-elle aussi accompagné Mme Gamelin dans ses visites aux prisonniers patriotes afin de les nourrir ou de les soigner?  Hommage est faite à ces femmes courageuses qui n’étaient pas en première ligne dans la Rébellion 1837-1838, mais qui savaient se rendre utiles au mouvement impliquant leurs époux.

 

 

Lise Jolin

 

 

Sources :

 

http://www.nosorigines.qc.ca/genealogieQuebec.aspx?name=Henriette_Cadieux&pid=37634&lng=fr  (Généalogie du Québec et d’Amérique française)

http://www.nosorigines.qc.ca/biography.aspx?name=Henriette_Cadieux&id=37634&lng=fr  (biographie d’Henriette Cadieux)

http://canardscanins.ca/roots/portal.php?action=show&id=396

http://www.mrclassomption.qc.ca/index.php?id=340&parentId=culture-patrimoine&accordeonId=178#!prettyPhoto /0/  (Monument funéraire d’Henriette Cadieux)

http://www.hebdorivenord.com/communaute/2015/5/19/henriette-cadieux-notre-patriote-a-nous-4150904.html

https://www.ancestry.ca/interactive/1091/d13p_11781120/11413533?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsln%3 dde%2520lorimier%26gsln_x%3d0%26msbdy%3d1834%26msbdy_x%3d1%26msbdp%3d2%26ms ypn__ftp%3dMontr%25C3%25A9al%252C%2520Quebec%26MSAV%3d1%26MSV%3d1%26uidh%3d p01&backlabel=ReturnSearchResults

https://www.ancestry.ca/interactive/1091/d13p_11781120/11413533?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3f_phsrc%3drrf953%26_phstart%3dsuccessSource%26usePUBJs%3dtrue%26db%3dd rouinvitals%26so%3d2%26pcat%3d34%26gss%3dangs-c%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn %3dhenriette%2520marguerite%26gsfn_x%3d0%26gsln%3dde%2520lorimier%26gsln_x% 3d0%26msbdy%3d1832%26cp%3d0%26catbucket%3drstp%26MSAV%3d1%26MSV%3d1%26uidh% 3dp01&backlabel=ReturnSearchResults (Baptême de Marguerite Henriette le 28-12-1832)

https://www.ancestry.ca/interactive/1091/d13p_11781202/7355527?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3f_phsrc%3drrf943%26_phstart%3dsuccessSource%26usePUBJs%3dtrue%26db%3dd rouinvitals%26so%3d2%26pcat%3dBMD_DEATH%26gss%3dangs-c%26new%3d1%26rank%3d1 %26gsln%3dde%2520lorimier%26gsln_x%3d0%26msddy%3d1834%26msddy_x%3d1%26msddp %3d2%26msypn__ftp%3dMontr%25C3%25A9al%2c%2520Quebec%26cp%3d0%26MSAV%3d1%26M SV%3d1%26uidh%3dp01&backlabel=ReturnSearchResults   (Sépulture de Marguerite Henriette le 18 mai 1833)

http://www.1837.qc.ca/1837.pl?out=article&pno=5425#14

 

Lectures suggérées :


http://www.ledevoir.com/culture/livres/393323/les-femmes-de-1837-et-notre-imaginaire(Les femmes des patriotes...)

http://quebec.huffingtonpost.ca/anthony-bergeron/journee-nationale-patriotes-quebec-droit-de-vote-femmes -egalite_b_7265818.html(Comment le parti Patriote a retiré le droit de vote aux femmes)

http://cafejasette.blogspot.ca/2011/02/femmes-patriotes-le-texte-de-la.html(Femmes patriotes)

http://www.jonathanlemire.com/articles/histoire-de-1837-recueil-2006/marie-victoire-felix-une-grande- femme-patriote/(Marie Victoire Félix, une grande femme patriote)

 

 

Mots-clés: Cadieux DeLorimier Patriotes Rébellion 1837-1838


Léonard de Vinci, 1452-1519
Ajouté le 11/15/2016 19:19:19

 

Élevé au statut « d’homme universel », Léonard de Vinci a conçu, imaginé, pensé et touché à tous les domaines qui pouvaient améliorer le sort de l'humanité. Parfois il invente mais souvent il perfectionne ce qui est déjà tels : les horloges, le métier à tisser pour ne nommer que ceux-là.

 

Comme artiste, Léonard compte parmi les plus importants de la Renaissance italienne, aux côtés de Michel-Ange, Raphaël et le Titien. En ce temps-là, les artistes tels que lui voyagent de ville en ville et sont au service de protecteurs qui leur permettent de poursuivre leurs études et d'approfondir leurs connaissances.  Pour le peintre, « l'art est intimement lié aux sciences et techniques ».

 

En Europe, au XVième siècle, les patronymes étaient en usage seulement dans les grandes familles ou les tribus (ex: Lorenzo de' Medici). Dans le cas de Léonard, enfant illégitime, l’artiste n’employait pas le nom de son père mais signait simplement ses travaux « Leonardo ou Io, Leonardo (Moi, Leonardo) ». 

 

C’est le 15 avril 1452 que naît en Toscane en Italie, Leonardo (Léonard) fils naturel de ser Piero da Vinci, notaire, et d’une paysanne du nom de Caterina. Lui-même fils d’un notaire, ser Piero da Vinci célèbre un premier mariage avant 1457 avec Albiera Amadori.  Il se mariera ensuite à trois autres reprises. On sait qu’un  premier enfant, légitime cette fois, est né  en 1476 et sera suivi par au moins deux filles et plusieurs autres garçons.  Ser Piero exerce son métier auprès de la seigneurie de Florence en 1469 et s’éteint en 1504.

 

Léonard...

 

Leonard passe les quatre premières années de sa vie avec sa mère.  Vers 1457, l’enfant vient habiter avec son père à Florence, mais est  élevé par son grand-père paternel. Peut-être que sa passion future s’est-elle développée en ce temps-là car Leonard évolue en liberté dans la nature et semble développer son sens particulier de l’observation.

 

Formation et Apprentissage --- À l’âge de quinze ans environ, le jeune Léonard montre des dispositions pour le dessin et les caricatures.  Il entre faire son apprentissage à l’atelier d’Andrea del Verrochio (l’atelier Del Verouchi) à Florence.  Pendant six ans, Leonard côtoie les Sandro Boticelli, le Peruguin, Domenico Ghirlandaio.  En plus du calcul, il apprend les techniques les plus diverses : l'architecture, l'ingénierie, la sculpture, la peinture, la décoration et la gravure.

 

 

Mis à part le nettoyage des pinceaux, l’apprenti apprend à broyer les couleurs.  Ce n’est qu’un an plus tard ’qu’il peut commencer à peindre les drapés d’un personnage’.  À cette époque, Verrochio travaille au « Baptême du Christ » et permet à Botticelli et à Léonard de peindre le visage des deux anges ((celui de gauche est de Léoard).  Lors de ses années à l’atelier de maître Verrochio, Leonard comme beaucoup d’autres apprentis, aurait vraisemblablement participé à plusieurs autres œuvres collectives dont celle de ‘Tobie et l’Ange’ et de ‘ l’Annonciation‘.  


  

 

« Le Baptême du Christ », ’œuvre collective de l’atelier de Verrochio

et (détail) de l’ange de gauche peint par Léonardo


À l’âge de 20 ans, Léonard devient membre la Campagnia de Pittori, corporation des peintres de la Guilde de Saint-Luc de Florence. Devenu célèbre dans toute l'Italie, De Vinci reste cependant avec Verrocchio jusqu'en 1476.  Il travaille ensuite dans son propre atelier à Florence.  C’est là que naît la technique de ‘sfumato’ qu’il emploiera dans plusieurs de ces toiles : L’Adoration des Mages, La Vierge aux Rochers ou encore, La Cène.

 

L’homosexualité de Léonard est déjà suspectée.  En 1476, une dénonciation le met en cause pour sodomie mais l’innocence du jeune homme est prouvée lors d’un procès mené à Florence.  Quelques années  plus tard, on le voit toujours entouré de jeunes garçons ce qui ne veut certainemen rien dire.

 

En 1481,  Léonard envoie une lettre de motivation (demande d’emploi) à Ludovic Sforza dit le More, duc de Milan.  Il propose ses services de peintre, sculpteur, ingénieur et musicien dans une lettre qui débute ainsi : « Je crois pouvoir donner toute satisfaction à l'égal de quiconque en architecture, en construction d'édifices publics et privés, en adduction d'eau [...] ».  Il propose aussi des ‘ponts légers faciles à transporter (ancêtres des ponts Bailey du XXième siècle) et la construction de tunnels et le détournement de cours d’eau’. Le tout a du faire très forte impression au duc car le voici bientôt donnant  ses conseils pour la construction du palais de Vigevano et ‘fournir ses dessins pour la construction du dôme de la cathédrale de Pavie.

  

De 1483 à 1486, il exécute pour une église de Milan, la première version de ‘La Vierge aux rochers’. Après la vente de celle-ci, une deuxième version est peinte avec quelques petites différences : ajout des auréoles de la Vierge, de Jésus et de Jean-Baptiste, le bâton de Jean-Baptiste et l’ange ne pointe plus du doigt.  Vient ensuite en 1489, la commande de Ludovic Sforza pour une statue équestre ‘El Cavallo’  rendant hommage à son père, François.  Un moule en argile du cheval, de huit mètres de haut, est réalisé en 1493 mais le tout ne sera jamais coulé dans le bronze.  Six ans plus tard, le modèle sert de cible pour l’entraînement des soldats de Louis XII, puis la détérioration s’amplifie avec la pluie et le temps. 

 

La Cène ou Le dernier Repas --- En 1494, Ludovic Sforza décide de transformer l’église dominicaine de Santa Maria delle Grazie en mausolée personnel. Pour se faire, des modifications intérieures sont faites par  Bramante et Léonard se voit confier la décoration du mur du fond du réfectoire. Selon la tradition, l’artiste devra peindre « la Cène » avec au-dessus, les blasons des Sforza. 

 

La surface à couvrir est de 4,50 mètres sur environ 9 mètres.  Afin de mieux peindre directement sur le mur du réfectoire, Léonard demande à deux de ses élèves de poser un enduit protecteur.  Il ‘dessine d’abord les silhouettes, puis les arrières plans’.   La technique de la détrempe que Léonard utilise donne des couleurs vraiment très riches à la fresque.  Hélas c’était sans compter les sels et les acides qui se dégageraient des murs de la chapelle Sainte-Marie-des-Grâces.  ‘LaCène’ ou ‘Le dernier Repas’ illustre Jésus et ses douze apôtres autour de la table alors que Jésus-Christ annonce la trahison de l’un des leurs. 

Cette œuvre magistrale de Léonard, terminée en 1498, se détériore rapidement.  Au cours des siècles qui suivront, plusieurs restaurations (en 1726, 1770, 1821, 1901, 1947 et de 1978 à 1999) auront été faites mais pas toujours de la bonne manière. Les causes principales de sa détérioration sont l’enduit de protection originale posé sur les murs, l’humidité, les repeints et les instruments mal utilisés lors de certaines restaurations.

 

Pendant presque une vingtaine d’années à la cour de Sforza, Léonard établie des plans pour des décors de fêtes autant que plans de travaux hydrauliques et d’assèchement ou encore l’amélioration de quartiers pauvres.

 

Léonard commence à écrire ‘le Trattato della pittura’ vers 1487.  Après sa rencontre avec  le grand mathématicien Luca Pacioli en 1496, il délaisse quelque peu la peinture pour illustrer le livre de mathématique ‘De divine proportion’ de son ami.   Ce n’est qu’en 1513 qu’il termine ‘le Trattato’.  En plus d’instructions pratiques et théoriques pour des peintres,  ainsi que des essais, son ‘traité de peinture’ renferme d'innombrables dessins, sur divers sujets tels la botanique et l'anatomie.   

 

En 1502, Léonard est sous la protection de César Borgia, duc de Rome et Général des armés du pape Alexandre VI.  En tant qu’ingénieur général, ‘il doit inspecter toutes les fortifications et les citadelles’. Côté urbanisme, un autre projet de Léonard de Vinci non réalisé, est celui de diriger les eaux de surface et des égouts vers la mer.

 

Il passe ensuite au service de Charles II d’Ambroise, maréchal de France et gouverneur de Milan (1506).  Pendant les deux années suivantes, Léonard peint ‘La Sainte-Anne’ et réalise aussi les plans du nouveau palais de Charles II.  En 1514, Léonard se rend à Rome pour entrer au service du pape Léon X.  Il demeure au Vatican et ses expériences scientifiques prennent la première place dans sa vie.

 

François 1er et le LeClos Lucé, 1516 (autrefois manoir de Cloux) --- Sous l’invitation de François 1er, Léonard devient le ‘premier peintre, architecte et mécanicien’ du roi de France.  Pour venir s’installer au Clos Lucé, à Ambroise, Léonard de Vinci  voyage à dos de mulet avec ses serviteurs Battista de Villanis et Mathurine, puis son ami et disciple, Melzi.  Il apporte avec lui trois toiles déjà commencées : la Joconde dite Mona Lisa, Sainte Anne et Saint-Jean-Baptiste.  On dit que Léonard a voulu représenter le sourire de sa mère avec la Joconde (?).  Une fois terminée, la toile est immédiatement achetée par François 1er.  Ce dernier prend plaisir à discuter un Léonard qu’il apprécie indiscutablement et  alloue à son ami une somme de sept cents écus d'or par an.

 

Une paralysie de la main droite survient en 1517 ce qui ne l’empêche pas Léonard de continuer à dresser des plans et dessiner car il est gaucher.  Il imagine entre-autre pour son protecteur, la téléphonie, des portes se fermant seules, des maisons démontables pour la Cour.  Le dernier projet de Léonard était de mettre en place un système de canaux pouvant relier tous les châteaux de la Loire.

 

Organisateur, poète, musicien --- Léonard organise des fêtes comme ‘la fête du Paradis’ pour les Sforza à Milan en 1490, ‘la Danaé de Baldassarre Taccone’ en 1496 ou ‘les fêtes de la cour de François 1er’ (v. 1516). Poète, Léonard joue aussi du luth, chante, crée des devinettes et des rébus à sujet musical (bibliothèque Windsor). Selon l'Ambassadeur Galeazzo Visconti, témoin de l’une de ces fêtes,  dit que de Vinci a créé une machinerie évoquant la course des astres, fait la mise en scène et réalisé les costumes.  Dans un de ses carnets, il est dit qu’il aurait écrit un ‘Traité de la musique’ mais sans que nul ne l’ai retrouvé.

 

Maladie et décès --- Le 23 avril 1519, Léonard  de Vinci fait son testament léguant tous ses livres, dessins et instruments relatifs à la peinture à son fidèle ami Francesso Melzi, une partie de son jardin à Milan ira à son serviteur  Battista de Villanis tandis que sa servante Mathurine recevra des ‘draps et vêtements de qualités’.  

 

Le 2 mai suivant, Léonard de Vinci meurt après avoir reçu tous les sacrements de l’Église. Enterré à Ambroise, la sépulture de Léonard  est ‘profanée et détruite pendant les guerres de religion’. L'emplacement de sa sépulture du peintre est connu par la simple présence d'un buste de marbre blanc.  Après avoir fait des fouilles archéologiques, on exhume les ossements retrouvés et ont les transfère dans le transept droit de la Chapelle Saint-Hubert du château où ils se trouvent toujours.

 

Ses dessins et créations visionnaires --- Léonard de Vinci, cet homme qu’on a qualifié  tantôt d’un  colosse capable de tordre un fer à cheval dans ses mains et tantôt  d’un homme efféminé et rêveur, a été un artiste et un scientifique exceptionnel, un précurseur dans plusieurs domaines de la science --- À ses débuts, Léonard de Vinci ‘n'est scientifique, au sens de l'époque, que pour être meilleur artiste’

 

Tout au long de sa vie, Léonard de Vinci crée et améliore la vie de tous les jours.  Il dessine des projets, qu’il ne construira jamais lui-même, tels le parachute, l’hélicoptère, la caméra avec ‘flash’, mais qui aujourd’hui voient le jour grâce à ses travaux préparatoires.   Que dire du dessin de sa machine qui permet de hisser de grandes et lourdes échelles contre les remparts des châteaux?  N’est-ce pas ce genre de mécanisme qui aujourd’hui sert à élever la grande échelle des pompiers?

 

Beaucoup de ses œuvres ont été détruites ou perdues (à la mort de Melzi, tous les travaux légués par Léonard sont dispersés à travers le monde) mais heureusement ses nombreux croquis et dessins nous démontrent l’intelligence hors du commun de celui qui, de son époque à aujourd’hui, a été et demeure une référence pour beaucoup de gens. Léonard est considéré comme l’inventeur de nombreux dispositifs hydrauliques, telles les écluses qui permettent de contrôler le niveau d’eau dans les canaux.  Dans les dessins qu’il a réalisés à l’époque, on retrouve des portes d’écluses semblables à ce que l’on connaît aujourd’hui.

 

Parmi tous ses travaux, De Vinci fait de nombreuses découvertes sur les effets de la lumière et de la chaleur.  Il élabore une théorie de la rotation de la terre et est le premier à distinguer les animaux vertébrés des invertébrés.

 

Léonard de Vinci est un être ‘confus et dispersé’.  Ses projets restent pour la plupart inachevés.  Seulement quinze à vingt toiles ou fresques lui sont attribuées avec certitude.  Plusieurs de ses études ont probablement été utilisées dans ses ateliers par ses étudiants. Aucun de ses projets de livres ne paraît non plus de son vivant. 

 

Témoins du passé --- Les carnets de Léonard de Vinci sont ‘nos’ témoins des réflexions du savant.  Ses dessins et croquis représentent des études en anatomie, en géologie, en mécanique, en ingénierie et en beaucoup d’autres domaines.  Ils renferment aussi les nombreuses idées qui ont été attribuées ultérieurement à Galilée ou à quelqu’un d’autre. Les notes de Léonard de Vinci sont toutes écrites à l’envers, de droite à gauche. Était-ce pour ne pas se tacher d’encre ou encore pour ne pas se faire voler ses idées?  Quoi qu’il en soit, le lecteur doit s’en tenir à l’idée du miroir s’il veut lire les dites notes sans difficulté.

 

Les principes exprimés par de Vinci dans ses carnets comme par exemple ceux de la "machine volante", ont depuis lors été repris par l'aviation.  Beaucoup de ses collections de cartons, études, dessins et peintures ont été recueillis dans les bibliothèques et musées de Milan, Rome, Florence, Paris et à la National Gallery de Londres

 

Près de cinq siècles après sa mort, on loue toujours cet homme accompli, sa grande intelligence, sa vivacité, sa plume.  Son habitude de consigner dans ses carnets ses observations et ses recherches a su faire avancer la science pendant les siècles qui lui ont succédés.  Il faut seulement voir toutes les inventions réalisées le XVIIième siècle en rapport avec les dessins de Léonard.  Urbaniste à ses heures, il dessine une ville avec un centre commercial, pense à creuser des caniveaux le long des trottoirs, Ses carnets regorgent d’autres idées, réalisées ou pas : ‘un réveille-matin à eau, une rôtissoire mécanique, des moulins, excavatrices, grues, crics, pompes, fontaines, clepsydres (système d’horlogerie), candélabres, meubles pliants(très proches du matériel de camping moderne), serrures de coffre-fort, une porte à fermeture automatique, un fauteuil physiothérapique, etc’.  (http://www.lexpress.fr/culture/art-plastique/tout-ce-que-nous-devons-agrave-l-eacute-onard-de-v inci_496201.html0`Même si ses inventions n’ont pas toujours été réalisées, comme le chauffage solaire et la calculatrice,  de Vinci est reconnu comme l'un des inventeurs les plus prolifiques de tous les temps. 

 

 

François 1er dira de Léonard de Vinci « ... qu'il ne croyait pas qu'aucun homme possédât autant de connaissances, aussi bien en sculpture qu'en peinture ou en architecture que Léonard, qui était, de ce fait, un très grand philosophe. » 

 

Lise Jolin

 

Sources

 

http://discipline.free.fr/vinci.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onard_de_Vinci

http://gallica.bnf.fr/themes/SciXVI4.htm

http://mapage.noos.fr/crosin000v/Leonard_Clos_Luce_COMPLET.htm

http://noe-education.org/vinci/D12101D01.php3

http://renaissance.mrugala.net/Leonard%20de%20Vinci/Leonard%20-%20galerie.html#anna

http://renaissance.mrugala.net/Leonard%20de%20Vinci/Leonard%20de%20Vinci.html

http://test.edu.iweps.com/corpus.php?nref=K103201

http://www.apiguide.net/06eco/01emploi/lettre_motivation35.html

http://www.goldbergweb.com/fr/magazine/essays/2005/02/30641.php

http://www.httr.ups-tlse.fr/jobs/leonard.html

http://www.insecula.com/contact/A005919.html

http://www.lexpress.fr/mag/arts/dossier/devinci/dossier.asp

http://www.linternaute.com/savoir/encyclopedie/de-vinci.shtml (génie de la Renaissance)

http://www.loire-france.com/personnalites/artistes/leonard-de-vinci.htm

http://www.momes.net/dictionnaire/l/leonarddevinci.html#personnalite

http://www.oneplayer.com/5/Puzzle/FR/Art_LV_fr.asp

http://www.renaissance-amboise.com/dossier_renaissance/ses_personnages/leonard_de_vinci/leonard_de_vinci.php

http://www.repro-tableaux.com/a/leonard-de-vinci.html

http://www.wikiwand.com/fr/Le_Bapt%C3%AAme_du_Christ_(Verrocchio).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_du_Clos_Luc%C3%A9

Mots-clés: Léonard-de-Vinci Peintre Architecte Ingénieur Sculpteur Carnets Dessins


Marcelle Ferron, peintre verrière (1924-2001)
Ajouté le 03/26/2016 08:33:20

À l’âge de trois ans, la jeune Marcelle Ferron est atteinte de ‘tuberculose osseuse’. Ce sont surtout ses séjours fréquents à l’hôpital qui marqueront  son désir de vivre et de créer.  A une époque où les femmes étaient très peu nombreuses à percer dans le domaine des arts visuels au Québec, Marcelle Ferron a dû faire sa place et travailler très fort pour s'imposer dans ce milieu d'hommes.  Signataire du Refus global et première femme à recevoir le prix Paul-Émile-Borduas, Madame Ferron est aujourd'hui une inspiration pour les jeunes femmes artistes qui débutent dans le métier.

 

 

Marcelle Ferron, femme et artiste

 


Marcelle Ferron

https://www.collectionscanada.gc.ca/obj/030001/f1/nlc004293-v5.jpg

 

Fille d’Alphonse Ferron  et d’Adrienne Caron, Marcelle naît le 29 janvier 1924 à Louiseville.  C’est à la cathédrale l’Assomption de la paroisse Immaculée-Conception (Trois-Rivières) que Monsieur l’abbé  H. Deschênes, curé suppléant, baptise Marie Valéda MarcelleFerron le 30 janvier suivant.  L’enfant a pour parrain et marraine, son oncle,  Émile Ferron, avocat et  Valéda Robichaud, celle qui deviendra  l’épouse de ce dernier le 5 août de la même année.

 

Dans sa prime jeunesse, la ‘tuberculose osseuse’ de Marcelle l’oblige à faire plusieurs séjours à l’hôpital. Durant des journées entières, elle observe le spectacle du ‘passage de la lumière et ses réfractions colorées à travers la vitre biseautée de sa fenêtre, de là, sa fascination pour la lumière et la couleur. 

 

Adrienne Caron, mère de la jeune Marcelle âgée de 7 ans, meurt de la tuberculose le 5 mars 1931 et est inhumée le 9 mars suivant dans le cimetière de la paroisse St-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup à Louiseville.  Suite à la disparition de sa femme, le notaire Alphonse Ferron emménage à la campagne avec sa petite famille où il donne à ses enfants une éducation très libérale.  Garçons et filles sont élevés sur un pied d'égalité et tous deviendront ‘des personnes très indépendantes et engagées dans la transformation de la société québécoise des années 1940.’  (sic)  Outre Marcelle, il y a Jean-Jacques, médecin humaniste et Madeleine écrivainequi sont aussi reconnus dans le monde entier, Thérèse est journaliste et Paul, médecin de famille.  « La couleur était quelque chose de vital pour mon père. Orphelines de notre mère, nous avions toutes, les trois sœurs, été habillées en rouge pour lutter contre la mort et le deuil ». (Marcelle Ferron)

Marcelle Ferron fait ses études secondaires chez les Sœurs Sainte-Anne à Lachine, puis au collège Marguerite-Bourgeois.  Ce n’est que cinq ans après la mort de sa mère que la jeune fille décide de devenir peintre et de vivre de son art : « Je serai peintre, je ferai ce que ma mère n’a pas pu faire...»  En 1941, Marcelle s’inscrit à l’École des beaux-arts de Québec et étudie sous la direction de Jean-Paul Lemieux et Simone Hudon.  Suite à un désaccord avec son professeur, elle abandonne ses cours pour revenir à Montréal. Elle rencontre Paul-Émile Borduas à l’école du Meuble. « Avant ma rencontre avec Borduas, dit-elle, je peignais des tableaux représentant un homme et une femme, c’était assez sinistre, toujours dans des cimetières ».  Sur la suggestion de Borduas, elle  supprime les personnages de ses cimetières, qu’elle peint à la spatule. Dès lors, elle se crée un style bien personnel. Elle intègre ensuite le groupe Automatiste (1946) mais n’expose avec ce groupe que beaucoup plus tard, à partir de ‘l’étape des vivants’

 

Le 15 juillet 1944, à St-Antoine-de-Padoue, Louiseville (Maskinongé),  Marcelle Ferron épouse Louis-René Hamelin, fils de Romuald Hamelin et Juliette Lalonde. Trois filles naissent de cette union : Danielle, Diane et Babalou.  En 1948, la jeune femme de 24 ans est l’une des signataires du Refus global. La librairie Tranquille, propriété d’Henri Tranquille ouverte en 1937, se fait connaître grâce à la publication et la mise en vente des 400 exemplaires de ce manifeste.  C’est dans cette librairie que Marcelle, en 1949, y tient sa première exposition. 

 

Paris, France

 

Alors que le groupe Automatiste connaît ses dernières heures (1945-1954),  Marcelle quitte son mari et amène ses filles en France pour étudier la gravure et la lithographie.  Elle loue une maison à Clamart, en banlieue de Paris.  Marcelle fréquente les cafés de Paris où elle rencontre plusieurs autres peintres dont Léon Bellefleur et Jean-Paul Riopelle. 

 

Sa peinture pleine de lumière est remarquée par Herta Wescher qui prend la jeune femme sous aile.   Ferron expose à Bruxelles, Munich et Paris.  Dans cette dernière ville, Marcelle Ferron participe ‘au Salon des Réalités nouvelles (1957-1960), Comparaisons (1957-1965), aux expositions ‘phases de l’Art Contemporain’.  Vers 1957-1958, le Conseil des Arts du Canada octroie  une bourse importante à la jeune peintre.  De 1958 à 1960, l’artiste travaille la gravure et illustre le recueil ‘Voyage au Pays de Mémoire’ de Gilles Hénault.  En 1961, elle représente le Québec et remporte la médaille d’argent à la biennale de Sao-Paulo, au Brésil, unique prix gagné par une Québécoise.

 

Ce sont apparemment les convictions politiques de Marcelle Ferron qui seront la cause de son retour au Québec, en 1966. « Je suis rentrée de France parce que j’ai été accusée d’espionnage. À ce moment-là, ça voulait dire que la carrière internationale qui s’ouvrait à moi était finie.... alors je me suis mise à l’art public. Tout ça, ça a beaucoup réorienté ma vie. » (Marcelle Ferron)  De retour au Québec, Ferron  enseigne l'architecture et l'art à l'université Laval.  Elle donne aussi des conférences en Europe et en Amérique sans toutefois délaisser la peinture.

  

Le verre et les couleurs

 

Alors qu’elle réside toujours en France, Marcelle Ferronétudie le travail du ‘verre’ avec Michel Blumm, ce qui marquera un tournant dans sa vie d’artiste.  À partir de 1964, elle s’y consacre exclusivement.  Déterminée ‘à explorer à fond la lumière et les couleurs’, elle  s'associe à la firme Superseal de St-Hyacinthe.  Avec une équipe d’ouvriers, l’artiste met au point une méthode permettant de réunir des parois de verre par joints invisibles, pour en faire ‘un mur de lumière’.

 

Avec l’architecte Roger d’Astous, Ferron réalise une immense verrière pour le pavillon CIT de l’Expo 67, mais c’est pourtant celle de la station de métro Champ-de-Mars qui la fait ‘connaître et apprécier’ des Québécois. Commandité par la ville de Montréal en 1966, sous le maire Jean Drapeau, cette première œuvre non figurative ’est mis en place avec le concours du maître verrier Aurèle Johnson’ à la station de métro Champ-de-Mars, à Montréal en 1968. De larges bandes rouges, bleues et vertes semblent danser sur trois baies vitrées de la mezzanine sur une longueur de 60 mètres par 8-9 mètres de hauteur.  Ce chef-d’œuvre de Ferron est restauré par Johnson en 1999.

 

« Je veux que mon art entoure le monde ordinaire de bonheur et de couleur» (Marcelle Ferron)  L’ambition de la jeune femme est comblée lorsqu’elle voit une entrevue à Radio-Canada.  Lorsque le présentateur demande à une vieille femme pourquoi elle descend toujours à la station de  métro Champ-de-Mars, la dame lui répond : «Qu’il fasse beau, qu’il fasse mauvais, ces grandes formes qui dansent me font chaud au coeur(https://voir.ca/societe/2001/11/29/marcelle-ferron-1924-2001-)   Plusieurs édifices publics se sont aussi enrichis des œuvres de Ferron : le Palais de justice de Granby, l’hôpital Sainte-Justine à Montréal et l'hôpital de Trois-Rivières pour ne nommer que ceux-là.  Toujours active en 1985, elle conçoit et crée une verrière à Tokyo, pour le célèbre architecte Kikutake.

 

Marcelle Ferron participe à la grande exposition « Borduas et les Automatistes » aux Galeries Nationales du Grand Palais, à Paris, à l’automne 1971.  En 1996, elle publie son autobiographie ‘L'esquisse d'une mémoire’ aux Éditions Les intouchables. Âgée de 77 ans, Mme Ferron meurt à Montréal le 19 novembre 2001.  Les funérailles de la peintre québécoise sont célébrées le samedi suivant en l’église Saint-Viateur d'Outremont.

 

  

Banc et Monument funéraire de Mme Ferron au Cimetière Mont-Royal

Photos de Lise Jolin, sept. 2015

 

Hommages

 

Au cours de sa vie, Mme Ferron est honorée de différentes façons. Elle est reçue membre de l’Académie royale du Canada (1972), reçoit le Prix Louis-Philippe-Hébert du Québec (1976 ou 77). Elle est faite Chevalier le de l’Ordre national du Québec (1985) puis, reçu au rang de Grand Officier (2000).  En 1983, Marcelle Ferron reçoit le prix Paul-Émile-Borduas, la plus haute distinction en arts visuels décernée par le gouvernement québécois.  L’artiste peintre-verrier devient ainsi la première femme à recevoir ce prix ‘pour son engagement continu à promouvoir l'expression artistique, de même que pour son activité dynamique et inspirante de caractère nettement international’En 1989 la cinéaste Monique Crouillère réalise un documentaire sur  la vie Marcelle Ferron, ses rêves, son parcours, ses expériences, etc. (http://www.onf.ca/film/ferron_marcelle).   Une rue et une place porte son nom dans Outremont puis en 2005, une rue prend aussi son nom dans le quartier Tétreaultville, arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. 

 

Expositions

 

En 1970, puis en 2000, le Musée d’art contemporain de Montréal présente une rétrospective majeure des œuvres de Marcelle Ferron.  La galerie Simon Blais organise l’exposition «hommage à la disparue» en 2003, puis, cinq ans plus tard, «Marcelle Ferron: rétrospective 1947-1999».  Cette dernière exposition présente une soixantaine d’œuvres, des grandes toiles et de petites œuvres sur papier dont plusieurs sont inédites. Cette rétrospective souligne trois faits marquants de la carrière de Ferron : le 60ième du Refus global, le 40e de la verrière du métro Champ-de-Mars et le 25e du prix Borduas.

 

La galerie Michel Guimont organise une exposition (2001) qui couvre la production de Marcelle Ferron, de 1950 à 1990.  On y voit des huiles sur toile et sur bois, des oeuvres sur papier, rarement montrées au public.  « Mes papiers sont ma musique de chambre », disait Marcelle Ferron.  Selon sa fille, Diane Hamelin, «Ce sont les morceaux manquants de la production de ma mère, des pièces révélatrices, puisqu'elle a passé une douzaine d'années à ne peindre que sur papier».

 

Membre du Groupe canadien de peintres et sculpteurs, Marcelle Ferron ‘a contribué aux recherches en arts appliqués dans le domaine de l'architecture au Québec par son travail de verrière  (...) Sa vie de peintre, ses prises de position politiques et sociales tout au cours de sa vie en font une artiste incontournable dans notre paysage culturel’. Sic

 

Lise Jolin

 

 

Sources

 

http://artistespourlapaix.org/?p=887

http://fr.mayberryfineart.com/artist/marcelle_ferron

http://genealogieplanete.com/blog/view/id_4266/name_lisejolin/title_Madeleine-Ferron-crivaine-1922-2 010/

http://interactive.ancestry.ca/1091/d13p_25500391/8553111?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn%3 dmarie%2bvaleda%2bmarcelle%26gsfn_x%3d0%26gsln%3dferron%26gsln_x%3d0%26msbd y%3d1924%26msbdy_x%3d1%26MSAV%3d1%26uidh%3dp01%26ssrc%3dpt_t32456929_p18262 543560&ssrc=pt_t32456929_p18262543560&backlabel=ReturnSearchResults

http://interactive.ancestry.ca/1091/d13p_25500391/8553111?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn%3 dmarcelle%26gsfn_x%3d0%26gsln%3dferron%26gsln_x%3d0%26msbdy%3d1924%26msgdp% 3d2%26MSAV%3d1%26uidh%3dp01&ssrc=&backlabel=ReturnSearchResults(baptême)

http://microculture.ca/2013/08/20/banc-public-tricote-les-amis-de-la-place-marcelle-ferron-jour nees-de-la-culture/

http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/marcelle-ferron/

http://www.francoidentitaire.ca/quebec/texte/T3029.htm

 http://www.galerievalentin.com/art-du-canada/marcelle-fer ron/biographie.php     

http://www.guildegraphique.com/#!marcelle-ferron/c1f2m

http://www.heffel.ca/links/Sales_F.aspx?ID=5E5D5756

http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/expositions/201109/26/01-4451626-marcelle-f erron-chez-guimont-papiers-intimes.php

http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/191093/la-sensualite-chez-marcelle-ferron

http://www.macm.org/activites/marcelle-ferron/

https://fr.pinterest.com/orimi20/marcelle-ferron/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Tranquille

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcelle_Ferron

https://plateauartsetculture.wordpress.com/2013/12/02/marcelle-ferron-%E2%80%A2-epilogue/

https://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1160-f.html

https://www.lharmattan.com/v2/oeuvres_v2.asp?langue=f&galerie=1&option=2&artisteID=75&offset=6&p nouveaute=0

https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=221

Mots-clés: Marcelle-Ferron Peintre Vitrail Verrière Refus-Global


Jean-Antoine Aide-Créquy, prêtre-curé et peintre
Ajouté le 12/14/2015 05:33:07

Jean-Antoine Aide-Créquy (1749-1780) a une vie bien remplie malgré ses quelques trente et une année d’existence. Dès son ordination en 1773, il se voit confier la cure de Baie Saint-Paul  et la desserte des Éboulements et de L’Isle-aux-Coudres.   De faible santé, il parvient non seulement à s’occuper de son ministère, mais occupe ses loisirs à sa passion : peindre des scènes religieuses.  L’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy est considéré comme le premier peintre d’origine canadienne.

 

Fils de Louis Aide-Créquy, maçon de la basse-ville de Québec, et de Marie Hélène Lefebvre, Jean-Antoine Aide-Créquy (prénommée Louis au PRDH), naît le 05 avril 1749.  En 1769, le jeune homme fait ses études philosophiques et théologiques au séminaire de Québec, puis au Collège des Jésuites.

 

Prêtre-curé

 

Jean-Antoine Aide-Créquy est ordonné prêtre le 24 octobre 1773.  Dès le mois suivant, il obtient la cure de la paroisse Baie-Saint-Paul laquelle était desservie par l’abbé Jean-Jacques Berthiaume (curé de L’Îles-aux-Coudres) depuis la mort de son ancien curé en 1771.  L’abbé Aide-Créquy est ‘le premier curé à tenir les comptes de sa paroisse’. Dans sa cure, il est habilement secondé par son sacristain et chargé d’affaires, Monsieur Élie Mailloux.

 

À cette époque les curés circulent d’un village à l’autre pour desservir  les habitants des divers endroits. L’abbé Créquyest donc chargé de la desserte de Saint-François-Xavier-de-la-Petite-Rivière ((Petite Rivière Saint-Francois).  Pour s’y rendre,  il achète une embarcation.  En 1773, le révérend Aide-Créquy et les paroissiens de Saint-François-Xavier tiennent une assemblée dont le sujet  est de rebâtir une petite église au pied du cap.  Le bois est déjà en partie coupé mais la fin de construction sur colombage se termine seulement en 1778.  La petite église, comprenant la sacristie, a 50 pieds de longueur par 30 de largeur et 17 de hauteur.  Elle sera démolie en 1903.

 

En 1777, Monsieur le curé Aide-Créquy  sert d’intermédiaire dans le conflit qui existe entre les travailleurs à la remise en état du moulin de la Baie Saint-Paul et leurs propriétaires, les prêtres du séminaire de Québec. En reconnaissance, ‘le séminaire lui concède un terrain à la fabrique de sa paroisse’.

 

L’abbé-peintre

 

On ne connaît pas très bien le chemin qu’a dû suivre l’abbé Créquy pour sa formation en peinture. Où prend-il ses couleurs et de quel artiste tient-il la connaissance de son art? Chose certaine, le jeune peintre Aide-Créquy analyse et apprend à composer à partir de certaines œuvres déjà existantes dans les églises de l'Ange-Gardien, du Château-Richer et de Sainte-Anne, et autres.  Sa peinture est assurément influencée par celle du Frère Luc (Claude François, 1614-1685) mais on y trouve quand même son cachet personnel. Sa composition n’est peut-être pas originale, mais elle révèle un certain talent et une volonté réelle de réussir.

 

L’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy «... n'était pas un Raphaël, mais cependant on voit qu'il avait du goût et de l'aptitude pour cet art.» (l’abbé Charles Trudelle, 1857).  ---  Seulement une douzaine des oeuvres de l’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy sont parvenues jusqu’à nous.  Ce sont peut-être des copies s’inspirant de toiles du Frère Luc ou d’autres peintres européens dont possédaient déjà les églises ou les monastères en Nouvelle-France, mais il faut savoir qu’après la conquête de 1759, tout était restreint, le matériel autant que les peintures qui pouvaient entrées au pays. 

 

Les œuvres de Jean-Antoine Aide-Créquy représentent des scènes religieuses : --- «La Vierge tenant l'Enfant Jésus» : cette toile peinte en 1774 pour l’hôpital Hôtel-Dieu de Québec, est la plus ancienne des oeuvres connues de l’abbé Aide-Créquy.  Mesurant ‘environ deux pieds neuf pouces de hauteur’, elle est malheureusement restaurée en 1926 de telle façon qu’on ne reconnaît plus vraiment l’ouvrage du peintre-abbé.     --- « La Vision de sainte Angèle» est un grand tableau de 208 cm x 178 cm créé pour le monastère des Ursulines de Québec en 1775. Selon Gérard Morisset, Aide-Créquy se serait inspiré d'une gravure de l'Italien Marco Carloni que possédait les Ursulines à cette époque.  Il a  été restauré en 1935.

--- « L'Annonciation de l'église de l'Islet» : Signée et datée 1776,  cette toile d'environ neuf pieds de hauteur sur six de largeur, est peinte pour orner le maître-autel de l’église Notre-Dame-de-Bonsecours de L’Islet.  Son «Annonciation» inspiré des oeuvres du peintre français Charles de La Fosse ‘est considérée bien supérieure à celle que l'Allemand Wolff peignit en 1765 pour l'église Notre-Dame-des-Victoires’. --- « La Vision de saint Roch » :  La paroisse St-Roch-des-Aulnaies lui commande un portrait de son Saint-Patron. Le tableau est réalisé d’après un ‘Saint Roch’ apparaissant dans la chapelle des Récollets de Québec, en 1759.  Le tableau d’Aide-Créquy orne donc cette église depuis 1777. --- « Saint-Louis de France tenant la couronne d'épines » : Ce retable central exécuté pour l’église Saint-Louis de l’île aux Coudres est aujourd’hui conservé à l’évêché de Chicoutimi. Datée de 1777, la toile a été retrouvée dans le grenier de la sacristie de la paroisse.  Restaurée et repeinte, elle ‘semble être une transcription d'une gravure du XVIIIe siècle et représente Saint-Louis sous les traits de Louis XV, enfant (sic)  --- Saint Joachim offrant la Vierge au Très-Haut :  Ce retable central peint pour décorer le maître-autel de l’église de Saint-Joachim est signée et datée  A. Créquy PXIT 1779.  Le ‘Saint Joachim’ est une copie de celui du Frère Luc exécutée pour le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré (1676) et la ‘Vierge-enfant’ qu'il tient dans ses bras est la copie de celle qui apparaît dans un tableau de Bécancourt conservée dans l’église de Sainte-de-Béaupré.

 

Selon l’abbé Charles Trudellle (1857), « Deux autres peintures de l'abbé Aide-Créquy ornaient autrefois l'église de Saint-Joachim (Montmorency)». Les tableaux auraient été remplacés en 1869 par des œuvres d’Antoine Plamondon.  --- «Une Sainte-Famille » : M. Aide-Créquy peint cette toile vers 1775 ‘pour remplacer une composition de même sujet que le Frère Luc avait exécuté en 1671’ pour l'église Notre-Dame de Québec.  En 1837, le curé de la cathédrale demande au peintre Joseph Légaré de restaurer la toile d’Aide-Créquy. Légaré refuse en précisant que ‘Les couleurs du tableau de la chapelle Sainte-Famille sont presque entièrement passées..." et qu’il serait préférable de remplacer la toile par une de sa propre composition. La dite toile a-t-elle été finalement restaurée?  On sait véritablement que ‘La Sainte Famille’ a été détruite dans l’incendie partiel de la cathédrale Notre-Dame de Québec en 1866.   --- « Saint Pierre et saint Paul » :  Peinte pour l’église de la Baie Saint-Paul, Aide-Créquy signe à l’endos de sa toile ovale.  Placée sur le tombeau du maître-autel, l’oeuvre disparaît dans l’incendie qui détruit tout l’intérieur de l’église , le 20 décembre 1962.  --- « Saint Pierre» et « Saint Paul » : Ces deux toiles réalisées d’après des gravures de Jean Morin que lui-même avait fait d’après Philippe de Champaigne’ sont conservées à l’Hôtel-Dieu de Québec.  --- L’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy nous a laissé presque sans aucun doute plusieurs autres peintures qui nous sont inconnues. L’une d’entre elles, le « Portrait au crayon »  est conservé au Musée du Château Ramezay, à Montréal.

 

Atteint ‘d'une maladie de poitrine’, l’abbé Aide-Créquy entre à l'Hôtel-Dieu de Québec en juin 1780. C’est l’abbé Pierre-Prisque-Amable Gagnon qui lui succède à la cure de sa paroisse de la Baie Saint-Paul.  Moins de six mois plus tard, l’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy meurt le 6 décembre à Québec, à l’âge de 31 ans 8 mois. Après des funérailles célébrées le 8 décembre suivant en la paroisse Notre-Dame de Québec, la dépouille mortelle est inhumée près de l’autel dans la chapelle Ste-Famille dans l’église-cathédrale en la présence de Mgr Jean-Olivier Briand, évêque de Québec.

 

L’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy n’a peut-être vécu que trois décennies, mais il a su laissé sa marque dans plusieurs des églises de la Nouvelle-France.

 

Lise Jolin

 

Sources

 

http://forum-lozere.boardsmessage.com/t2747p80-canada-ce-jour
http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.dfm?PgNm=TCE&Params=f1ART10000083

http://messe.forumactif.org/t5552-la-peinture-sous-le-regime-francais-en-nouvelle-france

http://www.biographi.ca/fr/bio/aide_crequy_jean_antoine_4F.html

http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/aide-crequy-jean-antoine/`

http://www.er.uqam.ca/nobel/r14310/Morisset/1934.12.20.html

http://www.famillesbelanger.com/eglise_islet.html

http://www.hotelcapauxpierres.com/quoi-faire/region/

http://www.jstor.org/stable/42615834?seq=1#page_scan_tab_contents

http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=11178&type=pge#.Vkr6GHYve70

http://www.petiteriviere.com/vie-municipale/histoire-et-patrimoine

https://archive.org/stream/catalogueducht00mont/catalogueducht00mont_djvu.txt

https://books.google.ca/books?id=Eg2-J36V-IYC&pg=PA115&lpg=PA115&dq=%27AIDE-CR%C3%89 QUY,+Jean-Antoine%27+peintre&source=bl&ots=c1RltbzG4j&sig=fRUVL xZgRtmx4TemwsgG2Mf1Fvk&hl=fr&sa=X&ved=0CEcQ6AEwBjgKahUKEwic6sfC nJfJAhUGOiYKHQ3zAZk#v=onepage&q='AIDE-CR%C3%89QUY%2C%20Jean-Antoine'%20 peintre&f=false     (Trois souvenirs (Livre numériqe GRATUIT )

https://books.google.ca/books?id=Eg2-J36V-IYC&pg=PA115&lpg=PA115&dq=%27AIDE-CR%C3%89 QUY,+Jean-Antoine%27+peintre&source=bl&ots=c1RltbzG4j&sig=fRUVL xZgRtmx4TemwsgG2Mf1Fvk&hl=fr&sa=X&ved=0CEcQ6AEwBjgKahUKEwic6sfC nJfJAhUGOiYKHQ3zAZk#v=onepage&q='AIDE-CR%C3%89QUY%2C%20Jean-Antoine'%20 peintre&f=false

https://e74e978e-a-7918872c-s-sites.googlegroups.com/a/petiteriviere.com/prsf/vie-municipale/histoire-et-patrimoine/ancienne%20eglise.jpg?attachauth=ANoY7cr6Al5IRA90ZHm3GEibkoq4kXie6irJFdBZKrppj_ya1KKn1uTqkvTN kFQmC3KRfBFWT17yI2xYL_Ii8URbXrL5NwnBiWJGRobAPcGIqA6DAATTx3OK4Y-U8-_QtKhHX9b MLtm04JD2B3xc8lIS1-jFUYBaTGvvmIwRMSlN0hc4p9gJkTYR3j8uLwVzRvoDLNXQI9r8RvNHIn ts9-ZcRh00zBuna5gczwZOW1gaVsSv4zJpvIJybUn_JwXRElisFafzA3a15Dnl-LtZ6QAVHyyiR fHQeA%3D%3D&attredirects=0

 

Mots-clés: Jean-Antoine Aide-Créquy Prêtre Peintre Baie-St-Paul


Étienne Bouchard, maître-chirurgien (1622-1676)
Ajouté le 11/19/2015 04:22:50

Étienne Bouchard, maître-chirurgien, arrive en Nouvelle-France avec ‘La Grande Recrue de 1653’. On peut presque affirmer qu’il est l’instigateur de l’Assurance-Maladie au Québec, puisque le 3 mars 1655, il met sur pied des soins de santé pour la famille, moyennant un certain montant annuel.  L’ancêtre Étienne Bouchard demeure à Montréal pendant vingt-trois ans où ‘son influencecomme chirurgien et comme citoyen sera très importante dans le développement et l’évolution de la colonie naissante’ (sic).

 

Étienne Bouchard, sa famille

 

Fils de Pierre Bouchard et Nicole Charland (Challan), Étienne Bouchard est né vers 1622, dans la paroisse Saint-Paul, à Paris, France. 

 

Mariage et famille --- Âgé de 36 ans, Étienne Bouchard décide qu’il est temps de prendre femme.  Il passe un contrat de mariage devant maître G. Audouart dit Saint-Germain à Québec, le 23 juillet 1657.  Le 06 août suivant, dans la paroisse Notre-Dame de Québec, il épouse la jeune Marguerite Boissel, 14 ans, fille de Jacques Boissel et Marie Héripel. Entre 1661 et 1675, sept enfants naissent de ce couple : --- Zacharieest baptisé sous condition le 17 avril 1661 à Notre-Dame de Montréal.  Son parrain est Zacharie Du Puy Aide major de la garnison et la marraine est Marie Graudin, femme de Jacques Picot. --- Paul est baptisé à la paroisse Notre-Dame de Montréal, le 10 février 1663. Monsieur Paul Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de la ville est son parrain. La marraine est Catherine Le Gardeur (fille du Sieur Pierre Le Gardeur de Repentigny / Marie Favery), et femme de Charles D’Ailleboust, lieutenant de la garnison. Paul épouse Louise Leblanc (Léonard Leblanc / Marie Riton), veuve de Guillaume Boisel.  Paul meurt à l’hôpital Hôtel-Dieu de Montréal le 25 août 1734. Il est inhumé dans le cimetière proche de l’église Notre-Dame de Montréal; --- Marie-Françoise est baptisée à Notre-Dame de Montréal le 09 avril 1665. Les parrain et marraine sont Charles Joseph D’Ailleboust des Musseaux et Marie Moyen fille de feu de Jean-Baptiste Moyen. La jeune fille Françoise se fait religieuse de la Congrégation de Notre-Dame sous le nom de Sœur Saint-Paul.  Elle est inhumée le 27 janvier 1677 ;  --- Jean-Marieest baptisé le 04 août 1667 (né d’hier) à la paroisse Notre-Dame de Québec. Le parrain est le docteur Jean Madry et Marie Moyen a été la marraine.  Le 15 décembre 1737, Jean-Marie est enterré dans le cimetière de cette même paroisse ; --- Antoine est baptisé le 04 décembre 1669 à la paroisse Notre-Dame de Montréal.  Le parrain et la marraine sont  Antoine Forestier, chirurgien militaire dans le régiment Carignan-Salières (compagnie de M. de Lamothe) et Madeleine Lecavalier, future épouse du parrain. D’après les registres de Hôtel-Dieu de Montréal, Forestier est problablement le successeur d’Étienne Bouchard comme officier-chirurgien de l’hôpital;  ---Marie-Anne est née et baptisée à la paroisse Notre-Dame de Québec, le 25 décembre 1673. Le parrain est le conte de Frontenac, gouverneur de la colonie, et la marraine est Marie-Anne Fleureau, femme de Jean De Laynay, chirurgien. Marie-Anne épouse Jean Roy (Jean Roy / Françoise Bouet) à Notre-Dame de Montréal, le 06 février 1690. Marie-Jeanne est enterrée à Montréal le 22 avril 1746 ; --- Marie-Jeanneest née et baptisée le 10 juillet 1675, à Notre-Dame de Québec.  Son parrain est Jean Gareau, marchand et sa marraine, Marie-Jeanne Pelerin, fille de Pierre Pelerin de St-Amand.  À Montréal, le 22 juin 1699, elle épouse François Pampalon dit La Branche (fils de feu Léonard Pampalon).  Elle meurt le 11 décembre 1737 et est inhumée le lendemain à Québec.

 

Engagement  et voyage  (La Grande Recrue)  --- On ne connaît pas les raisons qui poussent Étienne Bouchard à venir s’intaller en Nouvelle-France car on sait que les hostilités de la nation iroquoise rendent la situation très risquée dans la colonie montralaise.   Pourtant, le 10 mai 1653 devant le notaire royal Pierre de La Fousse, Étienne Bouchard signe un contrat envers Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de l’île de Montréal, et Jérôme Le Royer de La Dauversière, procureur de la compagnie des associés.  Par ce contrat, Bouchard s’engage à servir la colonie à titre de chirurgien.  Pour la durée de ces cinq années, messieurs de la Dauversière et de Maisonneuve lui promettent nourriture, logement, coucher et les instruments de chirurgie nécessaires à son métier, aussi, des gages de cent cinquante livres lui seront attribués annuellement.  Après le terme de son contrat, si Bouchard désire retourner en France, les frais seront aux dépends de ses employeurs.

 

Le  Saint-Nicolas de Nantes, navire qui doit amener les Recrues jusqu’au Nouveau-Monde, appartient à Charles Lecoq de la Baussonnière.  C’est sous le commandement du capitaine Pierre le Besson que le départ se fait de Saint-Nazaire, le 20 juin 1653. Après avoir parcouru quelques 350 lieues, le navire rebrousse  chemin car l’eau s’infiltre de toute part. Afin d’éviter la désertion des engagés, M. de Maisonneuve fait débarquer les recrues «sur l’île de Saint-Nicolas-des-Défunts, au large de Saint-Nazaire» (Sœur Marguerite Bourgeoys).  Après trois semaines de réparations, le Saint-Nicolas-de-Nantes prend un nouveau départ le 20 juillet de la même année. (certains sites nous donnent le Sainte-Marguerite comme navire de remplacement qui amèneront les Recrues jusqu’à l’île de Montréal).  La traversée dure deux longs mois et le navire arrive à Québec le 22 septembre 1653. Cependant Étienne Bouchard et ses compagnons arrivent à Montréal seulement le 16 novembre suivant car le gouverneur Lauzon avait refusé de leur fournir les barques prévues pour leur transport vers Montréal.  C’est sous la neige qu’Étienne Bouchard et les autres nouveaux arrivants (dont les chirurgiens Louis Chartier et Pierre Piron) sont accueillis avec joie et soulagement par les habitants e l’île de Montréal.

 

En 1654, en échange d’une promesse de rester définitivement à Montréal, Bouchard  reçoit 1000 livres du sieur de Maisonneuve.   Au cours de la même année, Bouchard achète une terre d’Anne-Françoise Bourdureau, femme de Louis Artus de Sailly.  Cette terre de 30 arpents x 30 arpents est située entre la terre d’Hodeau et de celle de Lambert Closse, à l’est du boulevard Saint-Laurent et aux environs de l’hôtel de ville de Montréal.  Bouchard y bâti maison sur la place Jacques-Cartier actuelle, à la hauteur de la rue Saint-Paul.  Après avoir quitté Montréal pour Québec avec sa famille en 1673, il revient seul à Montréal deux ans plus tard.  Presque ruiné financièrement, il cède sa terre et sa maison de la rue Saint-Paul (place Jacques-Cartier) au gendarme de la garde du roi et explorateur,  Daniel Greysolon du Luth (en 1678).  Cette maison sera connue plus tard sous le nom de château de Vaudreuil (1723) avant d’être occupé par le collège Saint-Raphaël en 1773 (Collège de Montréal).  C’est depuis l’incendie de 1803 qui a détruit le collège, que le site devient une place publique.

 

En août 1655, étant satisfaits des services du chirurgien, les seigneurs de Montréal concède à Bouchard une terre d’un demi-arpent, terre qui s’étend de la rue Notre-Dame jusqu’à l’Hôpital Hôtel-Dieu. Quand est-il exactement des finances de Bouchard? Toujours est-il que le chirurgien emprunte  300 livres, en 1658, de messieurs Paul Benoit et Nicolas Millet. Peu de temps après il leur rembourse la moitié de ce prêt. Ce remboursement vient peut-être de la vente sa maison et sa concession près de l’Hôtel-Dieu qu’il vient de faire, pour une somme de 2 700 livres?  En 1659 cependant, tout semble rentré dans l’ordre car il achète une nouvelle maison pour 300 livres, puis encore une autre demeure et un emplacement à Simon Galbrun pour la somme de 1 000 livres.

 

Le travail ne manque pas pour Étienne Bouchard car est responsable des soins médicaux des habitants de Montréal, que ce soit les colons, les soldats,  les Autochtones réfugiés dans l’enceinte du fort de Ville-Marie aussi bien que les patients de l’Hôtel-Dieu et le tout gratuitement.  Ce poste avait été occupé par le maître-chirurgien Jean Poupée, depuis la fondation de l’hôpital en 1642  jusqu’en 1651.  Jeanne Mance a ensuite succédé à Poupée jusqu’à l’arrivée d’Étienne Bouchard.  À partir de 1659 , il est aussi responsable des soins médicaux apportés aux religieuses Hospitalières de l’endroit.

 

L’Assurance Maladie --- Étienne Bouchard veut  augmenter ses revenus, et pour cela, il demande l’autorisation de rompre son contrat passer deux ans plus tôt.  Ce privilège lui est alloué dès 1655.  C’est devant Monsieur de Maisonneuve, gouverneur de l’île de Montréal et Lambert Closse,  commis au greffe en tabellionnage de l’endroit que Bouchard signe un ‘Marché de soins médicaux’ avec 26 nobles de la place, le 30 mars 1655. Par ce contrat, Bouchard s’engage auprès de ces familles, moyennant 100 sous par an, payable en deux versements, à les soigner, sans frais, de toutes sortes de maladies sauf la peste, la petite vérole, etc.  Avant-gardiste, le chirurgien Étienne Bouchard venait de mettre sur pied le ‘régime d’assurance-maladie’.

 

Les signataires (les assurés) de ce fameux contrat sont : le puisatier Jacques Archambault et ses gendres, Urbain Tessier dit Lavigne (scieur de long), Jean Gervaisse (défricheur et boulanger) et Gilles Lozon (chaudronnier);les père et fils Jean Du May (charpentier de navire) et André Du May (fermier); Louis Guertin dit Le Sabotier (laboureur et sabotier), Nicolas Millet dit Le Beauceron (maître menuisier), Jean Olivier dit Le Petit Breton et Jacques Morin (défricheurs), Marin Jeanneau (Janot ou Jeannot) dit Lachapelle (charpentier), Jacques Mousseau dit Laviolette (scieur de long); et aussi messieurs Jean Aubuchon, Gilbert Barbier, Jacques Beauvais, Louis Boussault, Louis de la Saudraye, Bertran de rennes, Jean Descarryes, Jullien Dobigeon, Simon Galbrun, Robert Godebou, Jean Grimart, Gabriel le Scel dit du clos, Sebastien Odio dit la flesche et Jean Valays.

 

Parmi les témoins de ce contrat citons le charpentier René Bondy,le défricheur Mathurin Langevin dit Lacroix, le charpentier Pierre Gaudin (Godin) dit Chastillon, le défricheur et chirurgien Pierre Piron.  Un plus tard, d’autres, comme le tanneur Jean Auger dit Le Baron, le charpentier Paul Benoit dit Livernois (Nivernois), le meunier PierreChauvin dit ‘le Grand Pierre’, Jean Lemercher dit Laroche, MarinHurtebise (Hurtubise), Étienne Laird  et plusieurs autres, requièreront les soins du chirurgien Étienne Bouchard.

 

La fonction de Bouchard n’est pas de tout repos.  Outre les soins réguliers apportés à ses patients, tantôt il poursuit en justice les mauvais payeurs, tantôt il héberge un patient tel Jean Valliquet, un soldat blessé lors d’une rixe. --- Ayant reçu un coup de poing à la tête lors d’une altercation avec son gendre Jean Mardor, Mme Louise Garnier vient consulter le médecin.  D’après le rapport d’Étienne Bouchard, il est dit qu’il ne coûte rien, dû à une assurance que Jacques Morin a contracté avec le maître chirurgien. --- Le 28 janvier 1657, Bouchard réduit la fracture du poignet que Jeanne Mance s’est fait en tombant sur la glace, mais sans toutefois en reconnaître la disloquation.  Le chirurgien du Roi de Québec, Jean Madry, appelé en consultation auprès de la patiente, confirme le diagnostic de Bouchard, ce qui aura comme conséquence ‘d’une impotence fonctionnelle de l’avant-bras et atrophie du bras droit’ de  Mlle Mance.  La même année, lors d’une escarmouche avec les blancs de la colonie, le chef des Agniers nommé « La Barrique » est cribé de balles. Pendant que ses troupes s’enfuient, le corps du grand chef est transporté à l’Hôtel-Dieu où Bouchard réussit à le sauver.  La Barrique reconnaissant de l’assistance qui l’a reçu, se rend auprès de son frère venu pour le venger et l’accuse ‘de s’en prendre à ses meilleurs amis’. 

 

Bientôt  le chirurgien Étienne Bouchard s’associe avec Jean Martinet de Fonteblanche et doit embaucher des apprentis.  En janvier 1654, Jean Auger dit Le Baron prend son service auprès d’Étienne Bouchard(Jean de Saint-Père, notaire ), suivi d’Étienne Morelle (Basset, 13 mai 1660). Vient ensuite Nicolas Colson (ou Courson) engagé sous le titre de compagnon-chirurgien. Selon son contrat notarié, Corson a droit à un salaire de 150 livres et sera nourri et logé. (Basset, 15 novembre 1660).   Puis le serviteur-chirurgien François Caron est engagé pour 200 livres. (Basset, 02 déc. 1660). En remplacement de Caron en 1665, Bouchard engage ensuite Gilles Devennes, au salaire de 280 livres.  En 1667, c’est Jean Petit qui prend le poste pour 120 livres.  *** Les salaires des apprentis-chirurgiens mentionnés ci-haut sont des montants payés annuellement. À cette époque, ‘il n’y avait pas d’école de médecine à Montréal, celui qui voulait devenir médecin ou chirurgien devaient devenir apprenti auprès des maîtres chirurgiens ou s’exiler aux États-Unis ou en Europe pour faire école de médecine’ (sic).

Justice --- On retrouve souvent Bouchard dans les procès comme poursuivant, comme accusé ou simplement comme témoin.  Celui le plus marquant est celui de Marguerite Boissel, sa jeune femme ‘adultère’.  « Ouais ! J’ai pogné Jean Aubuchon en flagrant délit avec ma femme ! Je l’ai poursuivi et le gouverneur m’a donné raison ! Y a banni Aubuchon à Trois -Rivières ! » (Étienne Bouchard)

 

Le 17 juin 1660, Marguerite Boissel et son amant Jean Aubuchon, époux de Marguerite Sédillot (Louis Sédillot / Marie Grimoult), sont trouvés coupables d'adultère.  Bouchard les amenant en justice, le marchand de Villemarie est condamné par Monsieur de Maisonneuve lui-même.  Il doit verser une amende de 600 livres au chirurgien Étienne Bouchard et est banni ‘perpétuellement’ de la ville.  Pourtant, après quelques années, il revient à Montréal (1672).  L’église semble lui avoir pardonné car il se retrouve marguillier en chef de la paroisse Notre-Dame.  Pour la jeune Marguerite, Bouchard a le choix de ‘l’enfermement’ ou de retourner sa femme chez ses parents.  Il appert que Bouchard choisit l’enfermement pour Marguerite, mais saura-t-il pardonner à son épouse?  Probablement pas car en 1675, il revient vivre seul à Montréal.  Dix jours avant sa mort, devant le notaire Béniqne Basset, il déclare que sa femme ‘continue de mener une vie scandaleuse à Québec. Il lui demande de cesser immédiatement ces offenses qu’elle commet et entraîne d’autres à commettre devant Dieu’.

D’une cause à l’autre ... En 1660, Bouchard est condamné pour la vente et le trafic d’eau-de-vie avec les Autochtones.  L’année suivante, agressé physiquement sur la voie publique par Françoise Bénard, épouse de Marin Janot, Étienne Bouchard poursuit la femme en justice pour coups et blessures.  Le 29 octobre 1661, Mme Bénard  est condamnée à verser 25 livres au chirurgien ainsi qu'à l'Église.  À plusieurs reprises, le médecin légiste Bouchard doit aider la justice dans des cas de décès  ou de calomnie, etc... --- En mai 1669, Simon Galbrun est trouvé assassiné à Montréal.  Après avoir examiné le cadavre, Bouchard doit donner son rapport au Sieur d’Ailleboust, juge de Montréal.  --- À Québec, le 16 octobre 1674, il témoigne lors d’un procès criminel.  Christophe Gerbault dit Bellegarde, agressé par trois charpentiers de navire, François Mercier, Isaac Leconte et Jacques Beaudin,, vient se faire soigner par Bouchard. Les conclusions de Bouchard devant la cour sont que l’arme du crime est ‘un instrument contondant, froissant et rompant. ‘

 

Étienne Bouchard est témoin à la maison de Jacques Morin, sur l’île St-Paul, concernant un contrat de donation (d’une terre de dix arpents sise à la pointe Saint-Charles et celle du fief de Verdun achetée de Jacques Morin) de Louis-Lafontaine à son jeune filleul de 11 ans, Louis Pichard, beau-fils de Jacques Morin, tuteur de l’enfant. (notaire Basset, 23 février 1672)

Décès --- À son retour à Montréal en 1675, Bouchard demeure chez son confrère Jean Martinet de Fonblanche où ce dernier constara le décès de son ami le 19 juillet 1676.  Bouchard est inhumé le 20 juillet suivant au cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal. D’après Monsieur de Fonteblanche, Bouchard « laisse une femme et six enfants dans la dernière pauvreté»  Le 24 juillet suivant, le notaire Bénique Basset dresse un inventaire des biens de Bouchard.  Le produit de la ferme du défunt est décrit comme suit : « il pousse quelque quinze cens choux pommez... deux ou trois tombereaux de Rabiolles... ainsi qu’um tombereau de plusieurs sortes de racines...»

 

Le 21 octobre 1676, la veuve Bouchard vend sa maison de la rue Notre-Dame à Mathieu Hubou-Deslongchamps, procureur fiscal au bailliage de l’île de Motréal.  En 1682, Marguerite Boissel ‘donne naissance à un enfant né d’une relation avec Pierre Chenet dit Dubreuil’ puis cinq ans plus tar, elle épouse le soldat Julien Joyan dit d’Olonne, à Québec 07-01-1687.  Marguerite (né le 20 septembre 1643),  meurt à Montréal le 12 avirl 1731

 

Hommages  --- L’Ile Bouchard rappelle le souvenir du chirurgien de Montréal, Étienne Bouchard. L’île, formée de deux petites îles, ‘fait partie des îles de Verchères, dans les limites de la municipalité de Saint-Sulpice, sur la rive nord’.  (Variantes : Island of Brousard; Île au Rat; Île Agnelle).  La rue Étienne-Bouchard, nommée aussi en souvenir du maître-chirurgien,  est située entre les rues Beaubien et Bélanger, dans l’arrondissement Anjou à Montréal. 

Lise Jolin

Sources

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http://en.wikipedia.org/wiki/Gilles_Lauzon

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Bouchard

http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=56452 

http://grandquebec.com/histoire/recrues-montreal-1653/  http://www.marinjannot.org/grande_recrue_tr.html

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http://www.migrations.fr/FILLE_A_MARIER/FILLEAMARIER.htm#B

http://www.migrations.fr/lesaintnicolas1653.htm 

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http://www.toponymie.gouv.qc.ca/CT/toposweb/fiche.aspx?no_seq=7187

http://www.unicaen.fr/mrsh/prefen/notices/6170eb.pdf

http://www.zonecousinage.com/getperson.php?personID=I2311&tree=entier   

http://www.zonecousinage.com/getperson.php?personID=I6230&tree=entier

http://www.zonecousinage.com/getperson.php?personID=I6438&tree=entier
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https://books.google.ca/books?id=CpQY79rNwTsC&pg=PA26&lpg=PA26&dq=%27etienne+bouchar d%27+%2B+notaire&source=bl&ots=ux7VxzINRn&sig=rnlewwQvmUW2a5Ld2 0YCcFidRck&hl=fr&sa=X&ved=0CEIQ6AEwCGoVChMIpoXZ2LGayAIVTgmSCh1t bQW8#v=onepage&q='etienne%20bouchard'%20%2B%20notaire&f=false(page 31)

https://books.google.ca/books?id=cysuJ8JMIdMC&pg=PA143&lpg=PA143&dq=%27etienne+bouch ard%27+%2B+notaire&source=bl&ots=hL1aRTzWms&sig=YywQLUuupq5ERam EKyfeqNcXt5Q&hl=fr&sa=X&ved=0CC8Q6AEwA2oVChMIpoXZ2LGayAIVTgmSCh 1tbQW8#v=onepage&q='etienne%20bouchard'%20%2B%20notaire&f=false

https://books.google.ca/books?id=LdSm5sGXWzcC&pg=PA22&lpg=PA22&dq=%27etienne+bouchar d%27+%2B+notaire&source=bl&ots=xf5d7Do2AO&sig=5EonyPnb-lTgmqIZX 4-CkSTNEFE&hl=fr&sa=X&ved=0CEQQ6AEwBjgKahUKEwiv-sH0v5rIAhUNOpIK HY8wAnI#v=onepage&q='etienne%20bouchard'%20%2B%20notaire&f=false

Mots-clés: Chirurgien St-Nicolas-de-Nantes Montréal


Jean Vauquelin, officier de marine
Ajouté le 09/05/2015 06:31:03

Faisant suite à Place Vauquelin, d’hier à aujourd’hui, j’ai voulu vous faire connaître ‘Jean Vauquelin’   l’homme, célèbre par sa bravoure, dont le nom est plutôt ignoré de beaucoup de Québécois.

 

Jean Vauquelin

 

Jean Vauquelin, né en février 1728 à Dieppe, Seine-Maritime, France, est fils d’un capitaine de la marine marchande.  Âgé de douze ans, il accompagne déjà son père sur les navires.  En 1745, alors qu’il a seulement 17 ans, Vauquelin se distingue par son sang-froid et son courage lorsqu’il sert sur une frégate armée pendant la guerre de la Succession d’Autriche (1740-1748).

 

En 1750, il s’achète un voilier et devient, comme son père, capitaine de la marine marchande.  Il effectue plusieurs transports puis voici qu’éclate la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Ce conflit ‘mondial’ regroupe plusieurs puissances antagonistes  et se déroule sur plusieurs continents à la fois.  Au début de cette guerre, les officiers se font rares et Vauquelin est recruté par la marine au Havre ‘pour  servir comme officier bleu1 (dans la marine royale, officiers marchands ou officiers mariniers qui servaient volontairement, à titre temporaire et sans brevet, en qualité d’officiers subalternes sur les bâtiments du roi.) et le jeune homme prend le commandement de la frégate l’Aréthuse. 

 

En avril 1757, commandant de la frégate Tourelle, Vauquelin part en mission à l’île Royal, en Amérique du nord.  L’année suivante, il devient lieutenant de frégate dans la marine royale.  Le 09 juin 1758, le lieutenant Vauquelin, commandant de la frégate ‘l’Aréthuse’ (autrefois la Pèlerine) qui est armée de trente canons, force le blocus d’Edward Boscawenet entre dans le port de Louisbourg pour participer à la défense de la place.  Les tirs de l’Aréthuse provoquent de lourdes pertes chez les anglais et retarde l’avance du général Wolfe. Le 15 juillet, Vauquelin est dépêché en France auprès du ministre de la marine pour l’informer des faits en cours et de demander des secours.  Il appareille dans la nuit et l’Aréthuse réussit à se défiler à travers le brouillard. « Si je l'avais sous mes ordres, dit plus tard l'amiral Boscawen, je le nommerais sur-le-champ commandant de vaisseau. ». 

 

«M. de Vauquelin est une personne qui mérite vos faveurs. Toute la colonie l’a vu se conduire en héros, entouré qu’il était de deux batteries de canons et de 18 mortiers, qui faisaient pleuvoir sur sa frégate coups et bombes, durant quinze jours; lui, il continuait à se battre et à bombarder constamment les retranchements ennemis, leur infligeant de grandes pertes et dommages, selon le rapport fait par six déserteurs anglais. Je ne puis vous cacher que les opérations effectives de la mer ont dépendu de l’énergique habileté de cet officier, fort ca­pable de rendre encore de plus grands services au Roi.» (Lettre du commissaire-ordonnateur de Louisbourg Prévost écrit au ministre, le 7 juillet 1758). Suite à cette lettre, Vauquelin reçoit une lettre de félicitations du ministre :« les témoignages qui m’ont été rendus de votre conduite à Louisbourg pendant le temps que vous y êtes resté vous sont entièrement favorables et je ne puis qu’être content de la célérité de votre navigation pour votre retour, surtout dans l’état où est la frégate ».

 

Beaucoup d’incertitudes ont été écrites sur Vauquelin mais voici ce qui s’est passé ‘d’après le journal de bord de Vauquelin’ concernant la bataille à Neuville.

 

«À l’hiver 1759-1760, nous avons hivernés avec nos bâtiments sur la rivière de Sorel (Richelieu). Nous levons l’ancre le 20 avril 1760 en direction des côtes de la rive nord.  Nos bâtiments, la Pomone, l'Atalante et la Pie, sont chargés de canons, poudre, ustensiles et divers autres effets destinés à l’armée de M. de Lévis.  Le 28 avril suivant, nous livrons notre cargaison à l’armée des Plaines d’Abraham.

 

Le 9 mai suivant, nous avons la surprise d’apercevoir une frégate anglaise qui voguait vers nous.  Pour contrer à toute éventualité, j’ai demandé à M. de Lévis de me fournir soixante hommes afin de leur faire face si besoin est.  Dès le surlendemain, les tirs de nos onze canons entrent en fonction. Les vaisseaux ennemis continuant d’avancer,  j’envoie un de mes officiers prendre les ordres de ‘M. le Chevalier’.  Sachant que d’autres voiliers rejoignaient la frégate anglaise, j’appareille immédiatement. 

 

Le 16 au matin, en apercevant trois voiliers ennemis, je fais lever les voiles.  La Pomone est touchée et s’échoue dans l’Anse-au-Foulon.  Nous continuons notre route toutes voiles dehors, mais les frégates s’approchant dangereusement de nous, je dirigeai mes bateaux dans la rivière Cap-Rouge.  Cette manœuvre visant à faire diversion, le dépôt de l’armée se retrouve protégé. Les tirs continuent, un bateau du roi et les chaloupes sont perdues.  Voyant qu’une des frégates anglaises s’approchait de trop près, j’ai décidé de chercher un endroit où je pouvais échouer l’Atalante tout en sauvant l’équipage. 

 

Échoué à Pointe-aux-Trembles (Neuville, Québec), nous continuons de faire feu sur l’ennemi. Notre frégate s’incline, je fais donc couper le grand mat.  Bientôt, l’eau recouvrant les barils qui rend la poudre inutilisable, nous laisse seulement les mousquets pour notre défense.  Les habitants nous envoient un bateau pour faire évacuer le plus de gens de mon équipage. Malheureusement, le cordage laissé à lui-même, le bateau s’est retrouvé à sec et ne pouvant plus nous servir. 

 

L’Atalante s’incline de plus en plus, nous ne pouvions plus nous tenir debout sur le pont.  La frégate ne pouvant pas être renflouée, j’ai ‘idée’ de brûler le bateau toujours sous les feux de l’ennemi. Fabriquant un radeau, la plupart de mes hommes qui étaient encore sur le bateau ont pu être sauvés.  Mais les canots anglais arrivant, leur capitaine me fait prisonnier ainsi que cinq de mes officiers (les lieutenants  Sabourin et Thomas, l’enseigne  Deshaies, l’écrivain Chaumillon et monsieur l’aumônier Bassens) et  six hommes d’équipage.  Le Sieur Sabourin et moi sommes conduits à bord de la Diane sous les ordres du sieur de Schomberg tandis que les autres officiers vont à bord du Lowestoff, commandé par M. Deane.   Je ne sais pas combien, mais il y a un très grand nombre de morts ou de blessés parmi les miens.

 

Le 17 mai, des canots anglais sont envoyés à bord de l’Atalante pour récupérer les choses qui auraient pu leur être utiles mais reviennent bredouille.  La voyant inutile, le capitaine Schomberg fait mettre le feu à l’Atalante. »

 

À Neuville (Pointe-aux-Trembles), les vaisseaux français de Vauquelin se sacrifient afin de protéger la retraite des troupes de Lévis vers Montréal.  ‘Cet épave de l’Atalante est presque devenue un monument historique et une plaque commémorative posée sur le mur de l’église rappelle son souvenir.’  (http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/oneImage.do?refImage=2561)

 

 

Suite à la bataille de Neuville, Vauquelin  est rapidement libéré et rentre en France. Promu au grade de capitaine de brûlot en pied, puis de lieutenant de vaisseau, il part pour différentes missions au cours des années suivantes dont à la Martinique, à Saint-Domingue, puis vers la Guyane, en 1765. Deux ans plus tard, ‘une longue campagne l’amène dans l’océan Indien où il sera ‘aux ordres du gouverneur général de l’île de France (île Maurice)’.

 

En 1768, Vauquelin se rend à Madagascar avec à son bord, Louis-Laurent de Féderbe, comte de Maudave, qui allait tenter d’y créer une colonie française.   À bord de la Garonne, Vauquelin fait des voyages ‘de traite de Noirs et de bétail entre l’île de France, le Mozambique et Madagascar.’  Suite à cette mission, Vauquelin est accusé ‘de commerce illicite de traite des noirs’.  Sous l’ordre du roi, il est alors emprisonné au château du Taurau, dans la baie de Morlaix, puis trois mois plus tard, il est transféré à Nantes pour cause de santé. Les soupçons semblent non fondés car il retrouve sa liberté.  Vauquelin fait encore divers voyages au commandement de différents navires avant de tomber malade et de mourir à Rochefort, en 1772.

 

Hommages

 

En plus d’un monument et de la place nommé en son nom à Montréal, une rue et un monument porte le nom de Vauquelin à Dieppe. Une rue qui longe le fleuve St-Laurent et un club nautique de Neuville (Québec) portent aussi son nom. Dans la marine nationale, un contre-torpilleur a porté son nom ainsi qu’un escorteur d’escadre (de 1955 à 1986). (https://fr.wikipedia.org/wiki/Escorteur_d%27escadre) 

 

Lise Jolin

 

Sources

 

http://archivesdemontreal.com/2005/07/07/jean-vauquelin-heros-de-nouvelle-france/

http://bataille.ccbn-nbc.gc.ca/fr/siege-de-quebec/forces-en-presence/armee-francaise-canadiens-amerindi ens/la-marine-francaise.php 

http://croquisdevoyage.blogspot.ca/2008/01/la-place-vauquelin.html

http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/encyclopedia/JeanVauquelin.html 

http://famille-sabourin.net/veteran.php

http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/867776

http://grandquebec.com/gens-du-pays/jean-vauquelin/

http://memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Vauquelin_%28Jean%29&printable=yes 

 

 

http://quebecoisdesouche.info/index.php?1760-bataille-navale-a-neuville

http://www.biographi.ca/fr/bio.php?id_nbr=2198

http://www.cmhg.gc.ca/cmh/image-228-fra.asp?page_id=263

http://www.lessignets.com/signetsdiane/calendrier/juin/22.htm

http://www.ville.neuville.qc.ca/culture-et-patrimoine/histoire-militaire/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%BBlot_(navire)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Vauquelin

 

Lire aussi :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_d'Autriche

Mots-clés: Vauquelin Militaire Marine Neuville


Place Vauquelin, d’hier à aujourd’hui
Ajouté le 08/25/2015 07:44:29

Nombreux sont les résidents de Montréal et des alentours qui connaissent la Place Vauquelin côtoyant l’hôtel-de-ville de Montréal et son ancien palais de justice.  Mais combien d’entre eux connaissent-ils son histoire et le personnage dont il honore la mémoire ?

 

Situé entre les rues Notre-Dame et Saint-Antoine (anc. Craig) dans le Vieux-Montréal, Arrondissement Ville-Marie, le site actuel de la Place Vauquelin fait d’abord partie d’un fief concédé à Lambert Closse par Monsieur de Maisonneuve en 1658. Il est occupé ensuite par des institutions religieuses, pénitenciers, puis militaires.  Deux siècles plus tard, le site devient place publique. Une plaque est apposée sur le mur de la face Ouest de l’édifice de l’hôtel-de-ville de Montréal

 


Plaque adossée à l’hôtel de ville de Montréal

Photo lisejolin 17-07-2015

 

Résidence des Jésuites (Société de Jésus)

 

Le tout débute avec la ‘Compagnie de Jésus’, petite communauté religieuse qui  dessert la colonie de Ville-Marie jusqu’en 1657, bien que leur mission est établit près de la ville de Québec.   Ses membres, appelés ‘Jésuites’, obtiennent la permission de l’évêque seulement en 1692 de s’établir de façon permanente à Ville-Marie (Montréal). Cette même année, ils achètent une bande de terre située sur le site actuel de l'ancien Palais de justice et de l'Hôtel de Ville de Montréal. Par manque de fonds, la construction de la résidence en bois (1692), de la chapelle de la Congrégation de la Très -Sainte-Vierge (1694) et de l’église (1719)  s’étendra sur quelques dizaines d’années. En 1742, la résidence de deux étages, en pierres, abrite quelques missionnaires et leurs domestiques. D’autres Jésuites s’y installent temporairement en attendant leur départ en mission.  On y tient aussi des cours den génie et en mathématiques. En 1754, une partie de l’ensemble conventuel passe au feu.  Ça va de mal en pis.  Après la rectification du Traité de Paris de 1763 qui fait de la Nouvelle-France une possession britannique,  le gouvernement interdit à la Société de Jésus de recruter de nouveaux membres. Fin des années 1760, début 1770, la résidence des Jésuites est transformée en prison.  Pour sa part, l’ancienne église des Jésuites devient en 1789,  une église anglicane qui est détruite par le feu en 1803.

 

Plan situant l’ensemble conventuel des Jésuites

https://www.flickr.com/photos/urbexplo/5604683617

 

La Prison

 

«Pendant que les prisonniers croupissaient au cachot, des pendaisons avaient lieu sur la place du Champ-de-Mars. C'était une grande place, qui pouvait accueillir le plus de spectateurs possible. (...) À l'époque, c'était mal vu de ne pas assister aux exécutions. On encourageait même les citoyens à y emmener leurs enfants, pour montrer qu'on était un honnête homme(Manon Perron, guide, 2009)

 

De 1764 à 1768, l’organisation judiciaire britannique s’installe dans l’ancienne résidence des Jésuites.  Auparavant, une vieille maison servait de lieu de détention. C’est seulement en 1808, que sera construite une véritable prison selon les plans de l’architecte montréalais J.A. Charland.  Cependant, un peu plus de deux décennies plus tard, la prison est surpeuplée et jugée inadéquate.  Selon un rapport du ‘Grand Jury’, elle tombe en ruines.  Les prisonniers sont dans de petites cellules,  souvent sans couvertures pour les protéger du froid. Une cinquantaines de cachots, à plafond bas, sans fenêtre et sans aucune aération, abritent des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants.  Dans une même cellule, on y trouve parfois des petits voleurs, des meurtriers et même ‘les enfants d’une femme condamnée’ ou des prostituées.

 

Dans le milieu des années 1820, le gouvernement du Bas-Canada pense déjà à construire une autre prison.  Malgré l’acquisition du terrain en 1830 et le début de sa construction l’année suivante, la prison ‘Au-Pied-du-Courant n’ouvre ses portes qu’en 1836 même si elle n’est pas entièrement complétée. L‘ancienne prison de la place Vauquelin accueille encore plusieurs prisonniers Patriotes de la Rébellion de 1937-1938 mais l’année auparavant, le bâtiment est occupé par ‘House of Industry.  En 1840, le gouvernement cède le bâtiment de la prison ‘aux principaux officiers de l’artillerie et devient la caserne Queen’s’. 

 

Suite à l’incendie qui détruit le palais de justice adjacent à la prison dans la nuit du 17 au 18 juillet 1844, les tribunaux et les greffes s’installent dans ce bâtiment de la prison jusqu’en 1846, année de sa démolition.  Comme on a seulement besoin de la partie ouest de la place pour la construction du nouveau palais de justice en 1850, une place reste vacante.

 

En 2015, les entrailles de la ville recèlent encore les premiers cachots de Montréal sous ce qu’on appelait alors «la rue des Palais de justice» (auj. Notre-Dame) (Manon Perron).  Dans le sous-sol du Vieux Palais de Justice de la rue Notre-Dame, on retrouve un anneau de fer où pouvait être enchaîné un prisonnier.  Par un long couloir de l’hôtel de ville, on peut rejoindre les anciennes cellules qui sont maintenant traversés par des tuyaux de plomberie.

 

Début d’une place publique : Place Neptune, place de l’Hôtel-de-Ville, place Vauquelin

 

Faisant face à la place Jacques-Cartier, sur l’emplacement laissée libre par la démolition de l’ancienne prison, place Neptune est aménagée dès 1858.   En son centre, une fontaine à vasques est surmontée d’une petite sculpture du dieu Neptune, dieu de la mer.  En 1895, un kiosque à journaux en forme de bouteille fait l’annonce d’une marque de cognac, du côté sud-ouest de la place.  À partir de 1902, le terrain appartenant la Ville de Montréal est loué pour la somme d'un dollar par année.

 

À l’est de la place Neptune, la construction de l’hôtel de ville de Montréal débute en 1872.  Un grave incendie détruit l’édifice le 3 mars 1922.  Du bâtiment, il ne reste plus que les murs de pierre. Heureusement, les archives de la Ville installées au sous-sol et protégées par un mur épais, avaient été déplacées l’année précédente. Pendant que l’intérieur du bâtiment est entièrement reconstruit de 1923 à 1926, la place Neptune prend le nom de place de l'Hôtel-de-Ville (1924). 

 

Monument et place Vauquelin

 

Au nord de la place Jacques-Cartier, vis-à-vis de la place Neptune, s’élève un monument de l’amiral britannique Horatio Nelson, vainqueur de la bataille navale de Trafalgar contre la flotte de Napoléon. En 1927, la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a l’idée d’ériger un monument à Jean Vauquelin, officier de marine français qui s’est démarqué à la ‘bataille de Neuville’ en 1760. Un comité est vite formé et une vaste souscription populaire est lancée afin de financer le projet.

 

Place Vauquelin où le monument de Vauquelin fait face à celui d’Horatio Nelson

Photo

lisejolin 17-07-2015

 

Le monument de Vauquelin, l’un des derniers héros français de l’époque de la Nouvelle-France est, selon certaines personnes, ‘l’expression d’une réaction de l’élite canadienne-française face à un symbole de la domination britannique.’ (sic)

 

Dès 1927, la statue de Vauquelin est commandée au sculpteur français Eugène Benêt.  Une fois terminée, elle représente Vauquelin ‘alors qu’il défend sa frégate contre les anglais’.  Mesurant environ 2,6 à 2,8 mètres, la statue s’élève sur un socle de quatre mètres de hauteur avec l’inscription suivante : «Vauquelin, Lieutenant de vaisseau, 1728-1772, Louisbourg, Québec».

 

Le 22 juin 1930, une foule de quinze à vingt mille personnes se déplace pour le dévoilement du monument.  Au centre de la place, la petite sculpture du dieu Neptune de la fontaine disparaît mais sa fontaine et ses jets d’eau qui font le bonheur de tous demeure en centre de la place.   Au mois de juillet suivant, la Ville de Montréal renomme officiellement la place Vauquelin en hommage à ce héros. La même année, le gouvernement Canadien offre une réplique exacte de la statue à la ville de Dieppe, ville d’origine de Vauquelin. 

 

Depuis 1966, la place Vauquelin est telle qu’on la connaît aujourd’hui.  Il n’y a plus de voitures qui circulent sur la place et la statue de Vauquelin est déplacée plus au nord mais faisant face ‘au plus ancien monument au Québec’ qu’est la Colonne Nelson, qui est lui, de dos au fleuve. Des bancs sont adossés à l’ancien palais de Justice où les visiteurs peuvent s’y reposer et profiter de la nature.

 

  

Lise Jolin

*** à surveiller : Jean Vauquelin, officier de marine

 

Sources

 

http://archivesdemontreal.com/2014/10/27/chronique-montrealite-no-16-la-prison-au-pied-du-courant/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Vauquelin

http://grandquebec.com/histoire/jesuites/ 

http://grandquebec.com/montreal-touristique/place-vauquelin/

http://www.toutmontreal.com/guide/php/fiche.php?e=1&s=Edifices&m=categories&l=F

http://imtl.org/image.php?id=2917   (Monument de Jean-Vauquelin)

http://lesbeautesdemontreal.com/2010/06/27/ 

http://www.lactualite.com/multimedia/photoreportage-multimedia/dans-les-coulisses-de-lhotel-de-vi lle-de-montreal/

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/263245/macadam-petite-visite-dans-les-vis ceres-maudits-de-la-ville  

http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Soci%C3%A9t%C3%A9_Saint-Jean-Baptiste_de_Montr%C3%A9al-SJBM_%28in stitution_culturelle%29

http://www.metrodemontreal.com/orange/champdemars/history-f.html http://monarchomaque.org/2011/01/03/place-vauquelin/

http://www.mtlurb.com/forums/showthread.php/22723-Place-Vauquelin  

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_art.php?id=6

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=59 

http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_gro.php?id=145&sec=a

 

Lire aussi : http://erudit.org/iderudit/301623ar

Mots-clés: Vauquelin Place Jésuites Prison Monument Montréal


Carrie Derick, 1862 -1941
Ajouté le 07/05/2015 11:08:07

Carrie Derick, 1862 -1941

 

Première femme professeure d'université du Canada, Carrie Derick, botaniste, a aussi été chercheure, conférencière, bénévole et écrivaine.  Tout au long de sa vie, elle a défendu plusieurs causes sociales telles le contrôle des naissances, l’éducation industrielle et technique, les soins pour les enfants anormaux et la fréquentation scolaire obligatoire.

 


Carrie Derick, botaniste

http://fr.wikipedia.org/wiki/Carrie_Derick

 

Fille de Frederick U. Derick et Edna Colton, Carrie Derick naît le 14 janvier 1862 à Saint-Georges de Clarenceville, au Québec. Elle est baptisée le 28 septembre suivant sous les prénoms de Carrie Matilda Derick. Son grand-père, Phillip Derick, était un loyaliste arrivé au Canada au début de 1783.

 

Vers l’âge de 15 ans (v. 1876), Carrie Derick commence à enseigner à l’école locale de Clarenceville.  Six ans plus tard, après avoir terminé ses études à l’école normale de McGill, elle obtient le poste de directrice du ‘Clarenceville Academy’.  (L’École normale de McGill, ancêtre de la Faculté des sciences de l’éducation, était dirigée par Mary McCracken lors de son ouverture en 1857.  Elle offrait la première formation professionnelle en langue anglaise aux femmes à Montréal.’     (https://www.mcgill.ca/about/fr/histoire/10-histoires-en-vedette/les-femmes-de-mcgill)  Lors de sa graduation en 1881, Carrie Derick obtient la ‘médaille du Prince de Galles’.

 

En 1886, Carrie Derick est une des premières étudiantes à être admise à l’Université McGill.  Elle obtient son diplôme avec ‘la plus grande distinction’ en 1890 et remporte la médaille d’or Logan. (LMédaille d’Or Logan en Sciences de la Nature est remise encore aujourd’hui aux scientifiques qui se distinguent dans les sciences de la nature.)   Dès lors, elle est ‘chargée de travaux pratiques à temps partiel devenant ainsi la première femme à faire partie du personnel enseignant de cet établissement’. Simultanément, elle enseigne à l’Institut Trafalgar pour les filles.  En 1891, Mme Derick commence une ‘maîtrise en Botanique’ avec le professeur David Penhallow.   Cinq ans plus tard (1896), le Conseil des Gouverneurs de l'Université ne permet pas encore aux femmes d’occuper le poste de charger de cours en permanence, Mme Derick accepte donc le poste de la ‘botanique démonstrateur’ à temps plein. Avec les mêmes qualifications et accomplissant le même travail que son homologue masculin, elle est payée à moindre salaire. (http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://aoc.mcgill.ca/greatest-mcgillians/carrie-derick&prev=search).   Après avoir obtenu sa maîtrise, Carrie Derick poursuit ses recherches au Marine Biological Laboratoryau Massachusetts ou à étudier à Harvardet à la Royal Academy of Science en Angleterre.  Les recherches faites en vue d’obtenir un doctorat de l’Université de Bonn en Allemagne ne lui permettent pas cependant de l’obtenir car en 1901,  cet Université n’octroie pas de doctorat aux femmes.  À son retour à McGill, Mme Derick enseigne et administre le Département de botanique.  Elle crée un cours de "Evolution et génétique", premier de son genre au Canada. En 1906-1907 elle est «Maître de conférences à temps partiel en génétique". 

 

Depuis la maladie du professeur Penhallow en 1909, puis sa mort en 1910, Carrie Derick assure la ‘Présidence  intérimaire du Service de botanique’ de l’Université McGill. Après trois ans d’intérim, elle pose sa candidature à ce même poste mais celui-ci est donné à un homme. Elle est alors nommée ‘professeur de morphologie comparée et de la génétique’, sans aucune augmentation de salaire.  Elle occupe ce poste jusqu'à sa retraite.

 

Carrie Derick ne se contente pas d’enseigner et de faire de la recherche.  Vice-présidente de la Société d'histoire naturelle de Montréal, elle écrit aussi de nombreux articles sur la botanique.  Certains de ces articles s’adressent au grand public, et d’autres, au monde de la science.  ‘The problem of the ’’burn-out’’ district of Southern Saskatchewan’, ‘The early development of the Florideae’ et ‘The trees of McGill University’ sont des écrits scientifiques. Ces collègues ‘lui démontrent leur respect en la faisant figurer dans l'American men of science en 1910’. (http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1403-f.html)

 

Ses activités sociales

 

« Carrie Derick avait acquis un grand nombre de connaissances pour elle-même et [...] elle était convaincue que ses connaissances étaient un bien qui devait être mis au service de l'humanité » (Byers, 1942).

 

Mme Derick travaille pour le mieux-être des femmes dans les domaines du travail, de la santé et de l’éducation.  Cofondatrice du ‘Conseil des femmes de Montréal’ avec Mme Maude Abbott (pionnière cardiologue, chercheuse en maladies cardiaques, conservatrice de l'Université McGill du Musée de la médecine) en 1893, Carrie Derick veut de meilleurs salaires et de meilleurs emplois pour les femmes célibataires.  Elle travaille afin que le "service domestique" reçoive le statut de profession et encourage les femmes à faire carrière dans l'agriculture.  En 1914, elle soutient Annie Langstaff dans sa tentative infructueuse pour être admis au barreau du Québec. 

 

Le contrôle des naissances est illégal au Canada de 1891 à 1969, mais sans être pour l’amour libre, Mme Derick pense que la femme a le droit de choisir.  Lorsqu’en 1915, elle fait face à la position de Sir Lomer Gouin (1er ministre du Québec) sur le contrôle des naissances, il aurait dit: «Comme elle me fait rougir, cette vieille fille de McGill. »

 

Cofondatrice de la Montreal Suffrage Association, Carrie Derick préside cet organisme pour le droit de vote des femmes de 1913 à 1919.  Elle s’implique aussi dans différents autres organismes dont ‘l’American Association for the Advancement of Science’, la ‘Federation of University Women of Canada’, l'Association canadienne de santé publique, laMontreal Folklore Society’ et plusieurs autres. 

 

Mme Derick donne aussi des conférences à Montréal et un peu partout au Canada.  Ces conférences ont pour sujets : - l'hérédité et le sexe; - la Biologie et social Réforme; - La biologie et le libéralisme; - le statut politique des femmes, les femmes et la guerre; - la déficience mentale.   En 1909, elle est coorganisatrice et préside la Section de l'éducation de la Conférence internationale organisée par le Conseil international des femmes, à Toronto.  De 1913-1919, Carrie Derick  fait partie du Comité protestant du Conseil de l'Instruction publique de la province de Québec (Protestant Committee of the Council of Education), première et seule femme à cette époque à recevoir cet honneur.  De 1919 à 1922, elle est dans le comité de direction du ‘Conseil national de l'éducation’ 

 

Première  femme américaine ‘cotée en hommes de science’, Carrie Derick est honorée lors de la ‘Journée internationale de la Femme’célébrée pour la première fois en 1911.  Dans la MRC Haut-Richelieu, la ‘Bourse Carrie Derick’ attribuée en l’honneur de la pionnière du féminisme, est réservée aux étudiantes et aux professionnelles qui œuvrent en sciences. Une rue à Pointe Saint-Charles porte aussi le nom de Carrie Derick.

 

Membre à vie de la Croix-Rouge, Carrie Derick reçoit la Croix-serbe de la Miséricorde.  Appelée aussi "Croix de la Charité" (http://www.medailles1914-1918.fr/serbie-misericor.html), cette décoration est créée en mai 1913 pour récompenser ceux qui se sont dévoués pour soigner les blessés et malades lors des guerres balkaniques. Elle est aussi décernée aux hommes ou aux femmes, militaires et civils, qui ont soigné les malades et les blessés pendant la Première Guerre mondiale (personnels sanitaires, Croix Rouge, etc.).

 

Lorsque Mme Derick prend sa retraite de l'Université McGill en 1929 à cause de sa mauvaise santé, l'université lui décerne le titre honorifique de ’professeur émérite’.  Carrie Matilda Derick, célibataire âgée de 79 ans, meurt le 10 novembre 1941 au Pavillon Ross Memorial de l’hôpital Royal-Victoria.  Lors de son décès, Mme Derick vivait au 3015 rue Sherbrooke Ouest, à Montréal.  Ses funérailles ont eu lieues à l’église anglicane Saint-Cuthbert le 12 novembre 1941 et sa dépouille a été inhumée au cimetière Mont-Royal .

 


Carrie Derick

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carrie_Derick 

 

Diplômée de la Faculté des Arts de l’Université McGill, Carrie Derick s’est distinguée au service de cet Université pendant trente-huit ans.  «Elle a dû se battre tout au long de sa carrière... Les efforts de Derick ont ouvert la voie pour les femmes dans le domaine académique.» (Ingrid Birker). Malheureusement, encore aujourd’hui, les différences sont encore existantes entre les femmes et les hommes dans les universitaires canadiens.

 

Lise Jolin

 

Sources

 

http://interactive.ancestry.ca/1091/d13p_1138d0764/1715111?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn%3 dcarrie%26gsln%3dderick%26msddy%3d1941%26MSAV%3d1%26uidh%3dp01&ssrc=&am p;backlabel=ReturnSearchResults  (sépulture de C. Derick)

http://interactive.ancestry.ca/1091/d13p_32531995/9638971?backurl=http%3a%2f%2fsearch.ancestry.ca%2fcgi-bin%2fsse.dll%3fdb%3ddrouinvitals%26gss%3dsfs28_ms_r_db%26new%3d1%26rank%3d1%26gsfn%3 dcarrie%2bmathilda%26gsln%3dderick%26msbdy%3d1862%26msddy%3d1941%26MSAV%3d1 %26uidh%3dp01&ssrc=&backlabel=ReturnSearchResults (naissance de C. Derick)

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://canadachannel.ca/canadianbirthdays/index.php/Carrie_Derick&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/encyclopedia/CarrieMatildaDerick-QuebecHistory.htm&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://montrealgazette.com/news/local-news/honouring-carrie-derrick-canadas-first-female-professor -on-international-womens-day&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://montreal.street-map.ca/rue-carrie-derick/&prev=search(carte – rue Carrie-Derick)

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://publications.mcgill.ca/reporter/2012/03/carrie-derick-canadas-first-female-professor-taught-at- mcgill/&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.capitalnews.ca/archive/index.php/news/carrie-derick-canadas-first-female-professor&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.science.ca/scientists/scientistprofile.php%3FpID%3D146&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/carrie-derick/&prev=search

http://translate.google.ca/translate?hl=fr&sl=en&u=https://thresholdgirl.wordpress.com/2015/04/25/the-montreal-council-of-women-carrie-derick-and-the-law-of-u nintended-consequences/&prev=search (héritage de Carrie Derick)

http://www.centrefemmeshautrichelieu.ca/bourse-carrie-derick

http://www.clarenceville.qc.ca/municipalite/a-propos-de-nous/carrie-derick/

http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1403-f.html

http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/derick-carrie-matilda/  

http://www.micheltrudel.tv/fr/contact.html

Mots-clés: Derick Botaniste Professeur McGill Recherches Éducation




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